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Il y a 11 jours
Est-il vrai qu’un quart des effets indésirables des vaccins contre la Covid-19 sont graves ?
Oui, mais ils sont néanmoins très rares.
 
Dans son dernier bulletin (fin juillet 2021) sur les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) donne les chiffres suivants :
  • en France, depuis le début de la campagne de vaccination, 73 millions d’injections ont été faites (dont 57 millions du vaccin Comirnaty – Pfizer BioNTech) ;
  • environ 70 000 cas d’effets indésirables ont été remontés à l’ANSM, soit chez environ 1 personne sur 1 000 vaccinées ;
  • un quart de ces effets indésirables (soit 17 500) sont considérés comme graves (une personne vaccinée sur 4 000).
Par effet indésirable grave, l’ANSM entend « un effet indésirable provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou une incapacité importante ou durable, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant le décès. Peut également être considéré comme grave tout effet indésirable jugé comme tel par un professionnel de santé. ». C’est une définition très large (elle ne distingue pas entre un bref séjour hospitalier et un décès…) destinée à permettre d’être alerté rapidement en cas de problème.
Quels sont les effets indésirables graves observés avec les vaccins contre la Covid-19 ? Sur les 17 500 cas signalés à l’ANSM, on retrouve essentiellement :
  • les troubles généraux et anomalies au site d’injection qui représentent 8 500 cas environ (réactions locales, réactivation d’infection virale latente, etc.) ;
  • les affections du système nerveux qui représentent 5 500 cas (en particulier la réactivation d’un zona et les troubles auditifs temporaires) ;
  • les affections cardiaques avec 2 200 cas (troubles du rythme cardiaque, myocardite chez les jeunes hommes en particulier).
Certaines personnes ressentent plusieurs troubles (mais sont comptabilisées comme un seul cas). Ces effets indésirables graves sont plutôt retrouvés chez des adultes de moins de 65 ans (comme cela avait déjà été décrit dans les études cliniques) et plutôt chez les femmes (mais elles sont plus nombreuses à se faire vacciner).
Les décès survenant dans les semaines qui suivent la vaccination continuent à être suivis avec soin. À ce jour, en France, aucun décès n’a pu être attribué directement aux vaccins à ARNm contre la Covid-19. Dans le cas du vaccin Vaxzevria (AstraZeneca), 13 décès ont été observés, dus aux thrombo-embolies qui ont fait réserver ce vaccin aux plus de 55 ans. Fin août 2021, ce vaccin n’est plus proposé en France.
 
Sources
Le compte-rendu de l’ANSM sur les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19, fin juillet 2021
La définition des effets indésirables graves, ANSM
Les conseils de l’ANSM sur l’attitude à avoir en cas d’effet indésirable après la vaccination
Il y a 15 jours
Le citron est-il contre-indiqué aux intestins fragiles ?
Non.
 
Peu sucré, riche en vitamines C et B9 (folates), en potassium, phosphore, fer et en anti-oxydants, le citron est, comme tous les agrumes, un aliment intéressant du point de vue nutritionnel, essentiellement comme source de vitamine C. Son jus est recommandé par de nombreux blogs et magazines pour toutes sortes de raisons pas forcément validées par la science.

Certaines personnes qui ont enrichi leur alimentation en jus de citron ont signalé avoir connu de plus fréquents épisodes de brûlures d’estomac ou de reflux acides. Pourtant, le jus de citron, certes acide, l’est moins que le contenu de l’estomac et contient de plus des citrates qui ont tendance à faire « tampon » (à neutraliser l’acidité). Il est donc probable que cet effet indésirable soit essentiellement présent chez des personnes qui ont déjà une tendance aux acidités gastriques.

Une fois parvenu dans l’intestin grêle, l’acidité du citron (et du contenu de l’estomac en général) est neutralisée par les sucs pancréatiques (qui contiennent du bicarbonate de sodium) : de ce fait, le pH de l’intestin devient basique (pH autour de 8,3).

Se pose ensuite la question de la concentration du citron en fructanes, ces polymères du fructose auxquels certaines personnes sont sensibles au niveau de leurs intestins (ils font partie des FODMAP, ces glucides de petite taille qui sont peu absorbés par l’intestin grêle et peuvent être responsables d’inconfort intestinal). Les agrumes contiennent assez peu de fructanes et font partie des fruits recommandés aux personnes qui ont des intestins sensibles aux FODMAP.

Il n’y a donc aucune raison physiologique qui pourrait contre-indiquer le citron aux personnes qui souffrent d’intestins fragiles.
 
Sources
 
La composition du jus de citron maison (tables Ciqual, Anses)
Sur les sécrétions digestives tout au long de la digestion
Sur les FODMAP
Il y a 15 jours
Observe-t-on plus de cas de gastro-entérites que de cas de Covid-19 aujourd’hui en France ?
Début octobre 2021, c’est le cas.
 
Avec la réouverture des lieux publics et l’arrivée de la mauvaise saison (qui nous réunit dans des lieux clos), de nombreuses maladies infectieuses bénignes font leur retour après une quasi-disparition avec l’application généralisée des gestes barrières. C’est le cas des rhino-pharyngites et des angines, mais également des gastro-entérites.

Selon Santé Publique France, qui collecte les données épidémiologiques sur cette infection digestive, le nombre de cas de gastro-entérites a été :
  • de 82 cas pour 100 000 Français la semaine du 13 au 19 septembre 2021 ;
  • de 85 cas pour 100 000 Français la semaine du 20 au 26 septembre 2021 ;
  • de 103 cas pour 100 000 Français la semaine du 27 septembre au 3 octobre 2021.
Au cours de ces 3 semaines, le nombre de cas de Covid-19 a été, toujours selon Santé Publique France :
  • de 73 cas pour 100 000 Français la semaine du 13 au 19 septembre 2021 ;
  • de 57 cas pour 100 000 Français la semaine du 20 au 26 septembre 2021 ;
  • de 48 cas pour 100 000 Français la semaine du 27 septembre au 3 octobre 2021.
Ainsi, alors que le nombre de cas de Covid-19 est en recul, celui de cas de gastro-entérite est en augmentation (ce qui est habituel à cette période de l’année). Le pic des gastro-entérites est habituellement atteint au début de l’hiver, juste avant l’arrivée de la grippe saisonnière.
En conclusion, il est important de rappeler deux éléments :
  • la gastro-entérite est une affection bénigne chez les adultes, ce qui n’est pas le cas de la Covid-19. Son impact sur le nombre de personnes hospitalisées est sans commune mesure avec celui de la Covid-19 : les services de soins intensifs ne sont pas saturés par les cas de gastro-entérites, à l’inverse de ce qui est le cas avec la Covid-19 ;
  • la prévention de la gastro-entérite repose essentiellement sur l’hygiène régulière des mains (lavage ou gel hydro-alcoolique), celle de la Covid-19 essentiellement sur la vaccination, le port du masque dans les lieux clos et l’aération de ces lieux.
 
Sources
 
Les chiffres de la gastro-entérite en France semaine après semaine, Santé publique France
Les chiffres de la Covid-19 en France, semaine après semaine, Santé publique France
 
Il y a 15 jours
Quelles sont les sources fiables de chiffres officiels sur l’activité de l’épidémie de Covid-19 ?
Pour la France, Santé publique France et les sites qui analysent ses données brutes.
 
En France, les chiffres fiables sur l’épidémie de Covid-19 sont ceux donnés par Santé publique France, dont le travail est de suivre la situation épidémiologique de nombreuses maladies. Chaque semaine, Santé publique France publie un bulletin épidémiologique qui fait le point sur la semaine écoulée (voir Sources).

De plus, parce que les données brutes recueillies par Santé publique France sont en accès libre, des spécialistes du traitement des données proposent des visualisations de ces données qui sont plus faciles à appréhender que des tableaux de chiffres. Par exemple, deux sources fiables sont :
  • Visualisation Covid-19, proposé par Germain Forestier, qui présente les données par département, selon l’âge des cas, avec une visualisation de l’intensité de l’épidémie via un code couleur, etc. ;
  • CovidTracker, proposé par Guillaume Rozier, qui présente des données similaires ainsi que des données sur la vaccination.
Pour les autres pays du monde, la qualité des données est évidemment proportionnelle à la qualité des structures de santé publique locales. En gardant cette limite à l’esprit, deux sources de référence sont :
  • l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ;
  • le Centre de ressources Coronavirus de l’Université John Hopkins (États-Unis).
 
En France, l’épidémie est actuellement (début octobre 2021) en décroissance depuis un mois. La semaine du 27 septembre au 3 octobre 2021, le nombre de cas était de 48 pour 100 000 Français, alors qu’il était de 100 pour 100 000 la semaine du 6 au 12 septembre 2021.
 
Sources
 
Les bulletins hebdomadaires Covid-19 de Santé publique France
Visualisation Covid-19
CovidTracker
Les données de l’OMS sur la Covid-19
Le Centre de ressources de l’université John Hopkins
Il y a 25 jours
Peut-on être vacciné contre la Covid-19 avec plusieurs vaccins différents ?
Oui, cela est déjà pratiqué dans certains cas.
 
Le fait d’être vacciné avec, successivement, des vaccins différents s’appelle le « prime-boost hétérologue ». Cette stratégie vaccinale est parfois utilisée pour obtenir une meilleure immunité vaccinale. C’est le cas, par exemple, de la vaccination contre la fièvre Ebola.

Dans le contexte de la Covid-19 en France, cette stratégie hétérologue a été systématiquement recommandée chez les personnes âgées de moins de 55 ans qui avait reçu une première dose du vaccin AstraZeneca (VAXZEVRIA) et qui, à la suite des effets indésirables de type caillot sanguin exceptionnellement observés chez ces personnes, ont ensuite reçu une deuxième dose de vaccin à ARNm (COMIRNATY des laboratoires Pfizer BioNTech ou SPIKEVAX des laboratoires Moderna). Environ 500 000 Français ont été dans ce cas de figure. L’immunité obtenue semble plus élevée que celle obtenue avec deux doses du vaccin AstraZeneca.

Cette stratégie est également recommandée pour les personnes qui ont été vaccinées avec le vaccin Janssen / Johnson&Johnson (une seule injection). Désormais, ces personnes doivent également recevoir une injection d’un vaccin à ARNm au moins 4 semaines après leur vaccination avec le vaccin Janssen. De nouveau, cette stratégie semble aboutir à une immunité plus forte et plus durable.

Enfin, pour entrer sur le territoire français et obtenir leur passe sanitaire, les personnes qui ont reçu un vaccin non autorisé dans l’Union européenne (vaccin russe Sputnik V, vaccins chinois, cubain ou indiens) doivent recevoir une injection de rappel avec un vaccin à ARNm. C’est le cas par exemple de tous les ressortissants français vivant dans ces pays et qui ont été vaccinés localement.

Pour étudier de manière plus précise les avantages et inconvénients de ces « panachages » de vaccins, plusieurs études cliniques ont eu lieu ou sont en cours de finalisation. Par exemple (voir Sources), l’étude Com-COV au Royaume-Uni, déjà publiée, ou l’étude de l’Institut national de l’allergie et les maladies infectieuses (NIAID) aux États-Unis.
 
Sources
 
Sur la stratégie du prime-boost hétérologue, 2021
Les résultats de l’étude britannique Com-COV, 2021
L’étude de NIAID américaine, 2021