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les questions et les décodages

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Il y a 38 jours
L'huile de rose musquée est-elle la même que l'huile du rosier muscat ?
Oui.
 
L’huile de rose musquée ou de rosier muscat (pas de différence) est extraite des graines d’un rosier sauvage, Rosa rubiginosa, cousin de l’églantier, Rosa canina. Ce rosier est originaire d’Europe et de Turquie, mais aujourd’hui, il est essentiellement cultivé au Chili et en Argentine, pour la production d’huile largement utilisée en cosmétique.
Attention à ne pas confondre Rosa rubiginosa avec Rosa moschata, également appelée rose musquée, originaire du Moyen-Orient ou d’Asie centrale. Cette dernière n’est pas cultivée, mais elle a servi de porte-greffe à de très nombreux types de rosiers de nos jardins, en particulier ceux dits « rosiers Noisette ».
L’huile est uniquement extraite des graines de Rosa rubiginosa. Ce dernier est également appelé Rosier à odeur de pomme, Rosier rubigineux, Rosier rouillé ou Églantier à couleur de rouille.
 
Sources
Sur Rosa rubiginosa
Sur Rosa moschata
Il y a 38 jours
La fasciathérapie offre-t-elle de réels bénéfices ?
Elle pourrait être utile dans le traitement des troubles musculosquelettiques.
 
Les fascias, ou tissu conjonctif, sont les membranes qui enveloppent et soutiennent les organes. Très riches en collagène, ils peuvent être plus ou moins élastiques ou fibreux, selon les organes qu’ils enveloppent. Les fascias sont présents sous la peau, autour des muscles, autour de certains viscères, etc. Ce sont des tissus chargés du soutien et contribuant à la transmission des forces musculaires. Ils sont parcourus de fibres nerveuses et contribuent également à la sensation de notre corps dans l’espace (la « proprioception »).
Depuis quelques années, une forme de thérapie manuelle, la fasciathérapie, propose de contribuer à la santé à l’aide de massages et de mouvements contrôlés (un peu comme le fait la kinésithérapie). La fasciathérapie est censée être utile pour soulager les douleurs musculosquelettiques (par exemple le mal de dos ou les suites d’un accident), mais également le stress, l’anxiété, la migraine, etc. La fasciathérapie n’est pas remboursée par l’Assurance maladie.
Les études cliniques qui ont été faites sur la fasciathérapie concernent uniquement son application dans le traitement des troubles musculosquelettiques. Ces études, certes modestes mais de bonne qualité méthodologique (randomisation), suggèrent un intérêt dans le mal de dos, l’instabilité de la cheville (chez les footballeurs), le syndrome du canal carpien et plusieurs autres types de troubles articulaires ou tendineux. Par contre, aucune étude sérieuse n’a été publiée dans le contexte de l’anxiété, de la migraine, des troubles digestifs ou gynécologiques, par exemple.
Dès 2002, des travaux ont suggéré que l’acupuncture génère des modifications au niveau des fascias (et des cellules qui les composent, les fibroblastes). De fait, l’extrémité des aiguilles d’acupuncture, une fois posées, se trouve le plus souvent au niveau des fascias. Les auteurs de ces travaux suggèrent que l’effet de l’acupuncture serait lié à une restructuration locale des fascias en réaction au microtraumatisme local. Pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses dont on ne peut tirer ni conclusions, ni applications pratiques. Les liens entre acupuncture et fasciathérapie restent à éclaircir.
 
Sources
Quelques études sur l’intérêt de la fasciathérapie dans les problèmes articulaires
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25603750/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30691738/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31103114/
 
La première étude qui a décrit des liens possibles entre acupuncture et fascias, 2002
Il y a 39 jours
Mastiquer du chewing-gum aide-t-il à brûler des calories ?
Très marginalement, mais cela pourrait réduire le grignotage sucré.
 
Mâcher consiste à faire travailler les muscles de ses mâchoires. Tout muscle qui travaille consomme du glucose (sucre) et, donc, brûle des calories. Si le chewing-gum est sans calories, le bilan de la mastication est donc une consommation d’énergie.
Les muscles des mâchoires, les masséters, sont certes des muscles très puissants mais ils ne sont pas très volumineux. Il est donc hautement improbable qu’ils brûlent suffisamment de calories pour que cela ait un impact sur le poids. Leur consommation d’énergie, même en mâchant toute la journée, est très inférieure à celle des muscles des jambes par exemple.
Donc, plutôt que mâcher, mieux vaut marcher !
Par ailleurs, des études existent sur l’effet de la mastication de chewing-gum sur le grignotage entre les repas. Par exemple, une étude menée chez 50 femmes souffrant ou non d’obésité, avec un groupe témoin, a montré que mâcher du chewing-gum réduit significativement la sensation de faim et la consommation d’aliments sucrés entre les repas. Malheureusement, cela ne réduit pas la consommation totale de calories entre les repas, les personnes optant alors pour un grignotage d’aliments salés.
 
Sources
L’étude montrant les effets sur le grignotage entre les repas, 2016
Une autre étude qui montre que mâcher du chewing gum réduit l’envie de sucré, mais pas de salé, 2007
Il y a 42 jours
Le jus de citron est-il bon en cas d’insuffisance rénale ?
Aucune étude n’en parle.
 
Peu sucré, riche en vitamines C et B9 (folates), en potassium, phosphore, fer et en anti-oxydants, le jus de citron est, comme tous les jus d’agrumes, un aliment intéressant du point de vue nutritionnel, essentiellement comme source de vitamine C.
Pour justifier son supposé intérêt pour les reins, certains évoquent le fait que le jus de citron serait alcalinisant pour l’organisme (c’est-à-dire à même d’augmenter temporairement le pH du sang). Le souci dans cette affirmation, c’est que pour un effet alcalinisant, le jus de citron est bien moins efficace que le jus d’orange. En fait, il n’est quasiment pas alcalinisant selon une étude assez bien faite publiée en 2006. De plus, rien ne prouve qu’une alcalinisation temporaire du sang ait un effet bénéfique sur le rein, en particulier en cas d’insuffisance rénale.
Par contre, les jus d’agrumes font partie des mesures diététiques pour prévenir la formation de calculs urinaires, du fait de leur concentration en citrates (acide citrique). Pour les personnes qui ont tendance à présenter des calculs rénaux, la Société française d’urologie recommande de boire deux verres de jus d’oranges pressées par jour (parmi d’autres mesures diététiques).
 
Pour en savoir plus
La composition du jus de citron maison (tables Ciqual, Anses)
L’article d’un médecin néphrologue sur l’effet des jus d’agrumes sur le pH de l’organisme, 2018
L’étude de 2006 sur le pouvoir alcalinisant des jus d’agrumes (en anglais, expliquée en français dans la référence ci-dessus)
« Règles diététiques et calculs urinaires », Société française d’urologie, 2010
Il y a 42 jours
Que penser des nootropes ? Légende urbaine ou véritable intérêt ?
Si l’effet de certains nootropes est réel, attention aux dérives dopantes.
 
Les nootropes, ou psychotoniques, sont des substances censées améliorer nos fonctions cognitives, c’est-à-dire notre capacité à réfléchir et résoudre des situations. Elles agissent également en augmentant notre capacité de concentration.
Nos placards contiennent la plus courante des substances nootropes : la caféine, présente dans le café, le chocolat, le thé, les colas, etc. Ses propriétés psychotoniques ont été démontrées dans de très nombreuses études. Une autre substance nootrope couramment utilisée est la nicotine du tabac, avec les effets que l’on connait sur la santé.
En France, il existe un médicaments nootrope, le piracétam, qui est disponible sur ordonnance et prescrit en traitement d’appoint des troubles du comportement et de la mémoire liés au vieillissement ou de la dyslexie chez les enfants. Un autre médicament nootrope, la sulbutiamine, est prescrit dans les états de fatigue.
De nombreuses autres substances nootropes existent, par exemple de la famille des racétams : aniracétam, oxiracétam, etc., ou des acides aminés comme la L-théanine (présente dans le thé). Elles sont commercialisées sous forme de compléments alimentaires, en général associées à des vitamines (sans effet nootrope prouvé) et des plantes réputées nootropes comme Bacopa monnieri ou Huperzia serrata, par exemple.
Les effets psychotoniques de ces substances ont été évalués dans des études scientifiques plus ou moins sérieuses. Certains nootropes ont un effet temporaire (du fait de l’accoutumance, comme la caféine), d’autres sont addictifs, comme la nicotine. Leurs modes d’action étant variés, chaque substance nootrope a ses particularités.
Que penser de ces substances ? Elles peuvent avoir leur place pour un usage temporaire (par exemple pour réviser avant des examens), avec modération. Mais leur usage chronique peut entraîner de la fatigue chronique (certaines nuisent à la qualité du sommeil). Des cas de troubles psychiatriques induits par l’abus de nootropes ont également été décrits.
De plus, les nootropes participent d’une « démarche de dopage » qui peut évoluer vers la recherche de substances de plus en plus puissantes, voire à des addictions à des nootropes illégaux (amphétamines ou cocaïne, par exemple).
Attention, il ne faut pas confondre les nootropes « courants » et les médicaments qui sont prescrits aux personnes qui souffrent de narcolepsie ou aux enfants atteints de troubles de l’attention. Ces substances sont nootropes mais elles imposent un usage sous surveillance médicale. Malheureusement, il existe un trafic illégal de ces substances qui devient un véritable problème de santé publique, en particulier parmi les étudiants.
 
Sources
Un article scientifique sur les différents nootropes et leurs conséquences en termes de santé psychique, 2015
Un article de Radio Canada sur l’abus de nootropes chez les étudiants canadiens, 2014