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les questions et les décodages

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Le 30/11/2020
Peut-on rééduquer son odorat après une Covid-19 ?
Avec une sélection d’huiles essentielles.
 
La perte de l’odorat (anosmie) est relativement fréquente lors de Covid-19, comme après plusieurs autres infections respiratoires virales. Une fois l’infection passée, l’odorat revient spontanément dans 90 à 92 % des cas (résultats obtenus sur une cohorte de patients européens atteints de Covid-19).
Pour soulager ce handicap, le traitement habituel, pendant l’infection, est le lavage des fosses nasales au sérum physiologique, ainsi que, parfois, l’administration de corticoïdes (dérivés de la cortisone) par voie orale pendant 7 à 10 jours. Une étude clinique est en cours pour vérifier l’intérêt de ce dernier traitement. Dans les semaines qui suivent une infection ayant provoqué une anosmie, certains médecins prescrivent la prise d’acide alpha-lipoïque et de vitamines B9 et B12 (sans preuves formelles d’efficacité).
Par ailleurs, face à une anosmie post-virale, les médecins ORL ont recours à des exercices de rééducation olfactive, au cours desquels le patient s’expose à une série d’odeurs familières 4 à 5 fois par jour. La plupart du temps, les médecins ORL utilisent comme odeurs (sous la forme d’huiles essentielles) les substances suivantes : vanille, café, aneth, thym, cannelle, clou de girofle, lavande, coriandre, menthe et cumin, ainsi qu’un vinaigre léger.
L’association de patients Anosmie.org propose un protocole de rééducation un peu différent, à pratiquer soi-même pendant 12 semaines, deux fois par jour, en utilisant 4 à 6 huiles essentielles : citron, clou de girofle, rose, eucalyptus, éventuellement associées à celles de menthe poivrée et de café. Ce protocole (en lien dans les sources de cette réponse) est détaillé et propose un ensemble de recommandations pour les personnes anosmiques.
 
Sources
 
L’avis de la Société française des médecins ORL, 2020
Le protocole de rééducation olfactive de l’association Anosmie.org, 2019
Le 25/11/2020
Un patient atteint du VIH peut-il espérer guérir de cette maladie ?
Guérir, non, mais vivre une vie pleine malgré le virus, oui !
 
Peut-on guérir de l’infection par le VIH ? Si par guérir on entend se débarrasser du virus et ne plus avoir à prendre de traitement, la réponse est actuellement « non ». Mais si par guérir on entend mener une vie normale, sans problème de santé majeur lié à l’infection, avec une espérance de vie normale, la réponse est d’ores et déjà « oui » !
En termes de guérison totale, sans trace du VIH, il n’existe que deux cas documentés, chez des personnes dont il a fallu détruire tous les globules blancs à cause d’un cancer du sang. Ces personnes ont ensuite reçu une greffe de moelle osseuse pour reconstituer leur immunité et les médecins ont constaté que le VIH avait disparu. On a pu donc parler de guérison « vraie », même si l’une de ces personnes est depuis décédée d’une récidive de son cancer. Mais il n’est pas envisageable de faire subir à toutes les personnes séropositives pour le VIH un traitement aussi lourd, dangereux et… coûteux.
En attendant que les chercheurs identifient un traitement radical qui supprimerait définitivement le VIH (comme cela se fait depuis quelques années pour celui de l’hépatite C), les traitements empêchant la progression de la maladie deviennent chaque jour plus efficaces, mieux tolérés et moins contraignants. Par exemple, des formes injectables retard (à faire une fois par mois, voire moins fréquemment) sont à l’étude.
Les personnes qui, grâce aux traitements actuels, n’ont pas de traces détectables du VIH dans leur sang bénéficient d’une santé similaire à celle des personnes séronégatives, y compris en termes d’espérance de vie. De plus, l’indétectabilité du VIH dans le sang supprime la possibilité qu’une personne séropositive infecte une personne séronégative. Pas de VIH détectable, pas de transmission du virus.
Grâce à ces avancées médicales, les personnes séropositives pour le VIH jouissent désormais d’une vie « normale », à la condition de prendre leur traitement comme indiqué, sans oublier de prises, et de se faire suivre régulièrement par un spécialiste de cette infection.
 
Sources
« L’éternelle quête de la guérison », AIDES
Le 24/11/2020
Les épinards sont-ils dopants ?
Ils contiennent de petites quantités d’une substance probablement dopante.
 
Votre question fait référence à une étude allemande récente qui a testé le pouvoir dopant (en augmentant la masse musculaire) d’une substance, l’ecdystérone, présente dans les épinards (mais aussi les asperges, la racine de Maral  - Rhaponticum carthamoides, ou le cyanotis – Cyanotis vaga).
L’ecdystérone a fait l’objet de nombreuses études sur les sportifs et on suspecte qu’elle ait été utilisée par les athlètes soviétiques dans les années 1980. Elle agit sur les récepteurs estrogéniques (ceux sensibles aux hormones sexuelles féminines), à l’inverse des stéroïdes « classiques » qui agissent sur les récepteurs à la testostérone. De nombreux compléments alimentaires destinés aux sportifs contiennent de l’ecdystérone.
Cette nouvelle étude a administré deux dosages d’ecdystérone à des sportifs et comparé leurs résultats à ceux d’un groupe témoin recevant un placebo. Les 46 sportifs de l’étude ont été soumis au même entrainement et aux mêmes épreuves.
L’administration quotidienne de 12 ou 48 mg d’ecdystérone pendant 12 semaines a significativement augmenté la masse musculaire des personnes qui en prenait (pour l’anecdote, les chercheurs pensaient administrer 200 et 800 mg d’ecdystérone, mais l’analyse a posteriori des gélules utilisées a révélé des concentrations bien inférieures).
Étrangement, l’administration d’ecdystérone a seulement augmenté les performances des muscles du haut du corps (mesurées sur un banc de presse), mais pas celles des muscles des jambes (mesurées par des sauts et des squats), malgré l’augmentation de volume de ces derniers. L’augmentation des performances des muscles du haut du corps était d’environ 11 % en moyenne. Les auteurs ont du mal à expliquer pourquoi l’effet était limité au haut du corps. Néanmoins, ils concluent que l’ecdystérone devrait être inscrite sur la liste des substances dopantes.
Combien faut-il manger d’épinards pour parvenir à ingérer 48 mg d’ecdystérone ? La réponse semble varier selon le mode de culture et le type d’épinard envisagé. Selon l’une des auteurs de l’étude, un kilogramme d’épinards contiendrait entre 50 et 800 mg d’ecdystérone. Il faudrait donc en consommer quotidiennement entre 65 grammes et 1 kg, selon le type d’épinard. N’est pas Popeye qui veut…
 
Sources
 
L’étude allemande récente sur l’ecdystérone, 2020
Le 24/11/2020
Peut-on laver les masques chirurgicaux ?
Il semblerait qu’on puisse les laver 10 fois.
 
La matière qui compose l’essentiel d’un masque chirurgical est un textile synthétique composé de polypropylène (plastique), superposé en 3 couches. A priori, les textiles synthétiques de ce type se lavent bien, sans trop de modification de structure, au moins pour les premiers lavages. Mais cela restait à confirmer dans le cas des masques chirurgicaux.
La revue Que Choisir a effectué des tests avec 3 modèles de masque chirurgical, achetés en grande surface et en parapharmacie. Leurs experts ont observé que ces masques conservent de très bonnes capacités de filtration après 10 lavages en machine à 60°C (filtration demeurant au-dessus des exigences minimales des masques en tissu portant la garantie filtration officielle Afnor/DGA). Après les lavages, les masques restaient également suffisamment respirables.
À l’état neuf, les masques testés arrêtaient plus de 98 % des particules de plus de 3 microns. Selon Que Choisir, « après 10 lavages, et autant de passages au sèche-linge et de repassages doux au plus faible réglage du fer, leurs capacités de filtration se sont maintenues à un niveau suffisant pour un usage grand public (…). Les attaches sont restées intègres. En dépit d’un léger feutrage, les masques chirurgicaux lavés font donc jeu égal, et au-delà, avec les plus performants des masques en tissu portant la garantie Afnor/DGA. »
Rappelons que le lavage à 60°C est une norme hospitalière et que, dans le cadre de l’infection par coronavirus et d’un usage non médical, il est tout à fait acceptable de laver ses masques à 40°C, le détergent étant suffisant, même à froid, pour détruire le virus.
Attention, il est important de se souvenir que, outre sa capacité de filtration, un masque est également efficace par son ajustement au visage. Pour les masques chirurgicaux, il ne s’agit pas d’une étanchéité parfaite comme pour les masques FFP2, mais simplement d’un ajustement pour réduire le plus possible la circulation d’air sur les côtés. Au moment de réutiliser un masque chirurgical lavé, vérifiez que les bords du masque restent suffisamment ajustés au visage pour limiter les fuites.
 
Sources
 
L’article de Que Choisir, 2020
Le 23/11/2020
Fumer la chicha occasionellement est-il vraiment nocif pour la santé ?
Oui. Et davantage que la cigarette.
 
Fumer une chicha revient à fumer 25 fois plus de goudron, 10 fois plus de monoxyde de carbone et 2,5 fois plus de nicotine que fumer une cigarette. Les études démontrent que fumer la chicha accroit fortement les risques de cancers du poumon, des lèvres, de la vessie et des voies aérodigestives supérieures (bouche, langue, pharynx, larynx). Même chez les petits fumeurs, pas de doute : la chicha, même occasionnelle, est nocive pour la santé.
La quantité de tabac placée dans une chicha est considérablement plus élevée que celle d’une cigarette. Selon l’OMS, une cigarette est fumée en 8 à 12 bouffées sur une durée de cinq à sept minutes, tandis que la chicha est fumée en 50 et 200 bouffées sur une durée de 40 à 60 minutes.
L’effet de l’eau sur la fumée est trompeur : les particules les plus grosses y sont piégées et sa température diminue, ce qui rend l’inspiration profonde plus facile. De plus, une partie de la nicotine se dissout dans l’eau. Pour obtenir le même effet, le fumeur va devoir s’exposer à davantage de fumée, donc davantage de substances toxiques.
Dans son livre sur le sujet, publié en 2007, le Pr Dautzenberg, pneumologue à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, précisait qu'une seule bouffée de chicha contient autant de particules de fumée qu'une cigarette entière, et que 40 bouffées de chicha apportent autant de monoxyde de carbone que deux paquets de cigarettes.
En 2016, une analyse croisée d’études a confirmé la grande toxicité du narguilé : un fumeur de chicha inhale 125 fois plus de fumée (74 litres contre 0,6 litres pour une cigarette) que lorsqu’il fume une cigarette, mais aussi 25 fois plus de goudron, 10 fois plus de monoxyde de carbone et 2,5 fois plus de nicotine.
De plus, la fumée de chicha contient des métaux qui proviennent du tabac, mais aussi du charbon, du revêtement du fourneau et de la colonne, du tuyau ou encore de la feuille d’aluminium qui sert à séparer le charbon du tabac.
Pour la chicha, comme pour la cigarette, les effets négatifs sur la santé se font ressentir même pour celles et ceux qui fument de temps en temps.
 
Sources
La Chicha et risques pour la santé, Institut national du cancer, 2009
L’analyse croisée d’études sur la chicha en 2016