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les questions et les décodages

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Il y a 34 jours
Le coronavirus se transmet-il plus facilement en milieu sec ou humide ?
Plutôt dans les climats froids et secs.
 
Le coronavirus responsable de la Covid-19 peut être transmis sous une grande variété de climat (y compris dans des villes situées sur l’Équateur comme Singapour). Deux études ont cherché à corréler la transmission de la Covid-19 avec le climat, en s’appuyant sur la fréquence des cas de transmission localement.
La première, provenant de l’université d’Oxford, a observé que le nombre de cas de Covid-19 semble inversement proportionnel à la température moyenne, au taux d’humidité absolue et à la vitesse moyenne du vent (après ajustements pour la durée du jour, la pression atmosphérique, les taux de précipitation et le taux d’ozone). Donc une transmission plutôt facilitée dans des climats froids et secs, comme la grippe saisonnière.
La seconde, irano-américaine, a identifié, pour mars 2020, un « corridor de forte transmissibilité » assez étroit : entre 30 et 50° de latitude, avec une température moyenne de 5 à 11°C, une humidité absolue de 4 à 7 g d’eau par m3 d’air et une humidité spécifique de 3 à 6 g d’eau par kg d’air, ce qui correspond de nouveau à un climat plutôt froid et sec.
Mais le coronavirus est un virus assez adaptable. Même si sa transmission semble plus facile sous un climat froid et sec, elle est également possible sous les climats chauds et humides comme le montre l’évolution actuelle de la pandémie dans les pays tropicaux.
 
Sources
L’étude d’Oxford, 20 mars 2020
L’étude irano-américaine, 5 mars 2020.
Il y a 34 jours
Est-il vrai que les poumons sont les organes principaux d’élimination des graisses lors de perte de poids ?
Oui, sous forme d’eau et de dioxyde de carbone, en fin de métabolisme.
 
Cette curieuse question est liée à un article publié en ligne qui affirme que les poumons éliminent la graisse lors de perte de poids. Cet article fait suite à un article d’opinion (pas une étude) publié en 2014 dans le British Journal of Medicine. Les auteurs de ce court article (en partie humoristique puisque publié pour les fêtes de Noël) souhaitent corriger la perception courante que la graisse perdue s’évacue en énergie lors de la pratique sportive.
En fait, pendant le sport, la graisse se transforme en triglycérides, source d’énergie pour les muscles. Cette production d’énergie à partir des triglycérides se fait au cours de diverses réactions chimiques (le « métabolisme »). À la fin de ces nombreuses réactions chimiques, les triglycérides ont été transformés en eau (éliminée par l’urine et la sueur) et en dioxyde de carbone (ou gaz carbonique, éliminé par les poumons).
Comme la masse des triglycérides est essentiellement due à sa richesse en atomes de carbone et d’oxygène, on peut effectivement dire que, une fois transformée (ce qui entretemps a produit de l’énergie pour les muscles), le plus lourd de ce qui reste de ce qui était la graisse (le dioxyde de carbone) est éliminé par les poumons.
Cette vision originale mais réelle est une vision de biochimistes qui souhaitent que l’on cesse de dire que « la graisse se transforme en énergie ». En réalité, elle se transforme en eau et en dioxyde de carbone, dans un processus qui dégage de l’énergie pour les muscles.
Mais au bout du compte, la graisse est toujours « brûlée » au cours du sport et nos poumons ne se mettent pas à produire du gras que nous devrions éliminer en toussant !
 
Sources
L’article en français sur cette question
L’article dans le British Journal of Medicine, 2014
Il y a 37 jours
Faire du sport à jeun fait-il brûler plus de graisses ?
Il semble que oui.
 
Lorsqu’on fait du sport pour contrôler ou diminuer son poids, est-il plus efficace de le faire en ayant pris un en-cas léger auparavant (un repas complet est bien sûr hors de question pour des questions de confort pendant l’entraînement !) ou de le faire à jeun ?
Cette question a fait l’objet de très nombreuses études scientifiques. En 2018, une équipe irlandaise a publié une analyse croisée (méta-analyse) de 46 études de bonne qualité méthodologique sur le sujet.
D’après cette méta-analyse, il ne fait aucun doute que l’endurance est meilleure si le sportif a pris un en-cas avant l’entraînement. Cependant, en termes de sollicitation des graisses comme source d’énergie, il semble clair qu’il est préférable de s’entraîner à jeun.
En effet, lors d’exercice à jeun, les réactions métaboliques qui concourent à brûler des graisses pour assurer l’apport d’énergie sont plus efficaces qu’après un en-cas. Ceci peut être mis en évidence lorsqu’on mesure les concentrations sanguines en acides gras libres (issus du tissu graisseux et qui vont servir à la production de glucose nécessaire aux muscles) pendant et après le sport. Cette concentration est plus élevée lors d’exercice à jeun, montrant ainsi que les graisses sont plus efficacement brûlées dans ces conditions. Cet effet semble perdurer quelques heures après l’entraînement.
Il est donc préférable de s’entraîner à jeun lorsqu’on cherche à perdre ou contrôler son poids. Attention néanmoins à ce que cela ne diminue par le temps d’entraînement. Les graisses commencent à être sollicitées comme source d’énergie environ 20 minutes après le début de l’entraînement. Pour en brûler une quantité significative, il faut donc s’entraîner suffisamment longtemps… ce qui est plus difficile à jeun (l’endurance est réduite).
Il s’agit donc de trouver un équilibre, voire d’emporter un petit en-cas sucré en cas de « coup de pompe ». Car pour contrôler son poids, la durée de l’entraînement est un facteur important, peut-être plus important que le fait d’être à jeun ou non.
 
Sources
L’analyse croisée effectuée par l’équipe irlandaise en 2018
Il y a 37 jours
L’acide linoléique conjugué (CLA) empêche-t-il le stockage excessif de graisse ?
Non, selon les autorités de santé européennes.
 
L’acide linoléique conjugué (CLA) se trouve dans les matières grasses du lait et des produits laitiers, des œufs, de la viande de bœuf, de mouton ou de volaille, en particulier quand les animaux ont été nourris avec des aliments riches en acide linoléique comme le tournesol, le maïs ou le soja, par exemple.
Les fabricants de compléments alimentaires vantent les effets du CLA sur la réduction du tissu adipeux (masse grasse) au profit des muscles (masse musculaire). Il est donc proposé dans le cadre de la lutte contre l’excès de poids.
Le CLA est utilisé depuis plusieurs années par les vétérinaires pour augmenter la masse musculaire du bétail (viande) et diminuer sa masse grasse. Néanmoins, les nombreuses études menées chez l’homme ont donné des résultats contradictoires chez les personnes souffrant d’excès de poids comme chez les athlètes. L’existence de plusieurs formes de CLA, aux effets biologiques potentiellement différents, pourrait expliquer ces résultats contradictoires. À ce jour, il n'existe donc aucune preuve d'un éventuel effet du CLA sur le surpoids.
En 2012, les autorités de santé européennes (Autorité européenne sur la sécurité des aliments – EFSA – et Commission européenne) ont estimé que les compléments alimentaires contenant du CLA ne peuvent pas prétendre contribuer à maintenir un poids normal en luttant contre l’accumulation de graisses ou l’effet yo-yo dû aux régimes amincissants. Cette revendication d’effet est désormais interdite pour les produits contenant de l’acide linolénique conjugué.
 
Sources
Une synthèse des connaissances scientifiques sur CLA et contrôle du poids, 2015
La liste des allégations de santé interdites et autorisées par l’EFSA
Il y a 37 jours
Sport et production d'endorphines : mythe ou réalité ?
Réalité.
 
Depuis 30 ans, de très nombreuses études ont confirmé que l’exercice physique, mené avec une intensité et une durée suffisantes, stimule la production d’une endorphine, l’endorphine béta, par le cerveau. Cette sécrétion d’endorphine dans le sang réduit la douleur provoquée par l’effort, améliore la résistance des muscles aux lactates (responsables des crampes) et provoque un état légèrement euphorique. Par contre, un entraînement physique trop intensif nuit à la production de cette béta endorphine.
Contrairement à ce qu’on peut lire dans la presse grand public, la dépendance à l’activité physique, réelle chez certains sportifs, ne semble pas due à cette sécrétion d’endorphine et à un éventuel effet de manque provoqué par l’arrêt de l’activité physique.
Les endorphines ne sont pas les seules substances psychoactives qui sont sécrétées pendant le sport. C’est également le cas de la dopamine et de la sérotonine, deux messagers chimiques qui provoquent également une sensation de bien-être. Pour toutes ces raisons, et probablement d’autres qui restent à découvrir, la pratique régulière d’une activité physique ou d’un sport exerce un effet positif sur le moral. Pour les personnes anxieuses ou dépressives, l’activité physique fait même partie de la prise en charge thérapeutique.
 
Sources
« Les effets de l’activité physique sur le moral », Axa Prévention
Deux articles scientifiques sur la sécrétion d’endorphines pendant le sport
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1553453/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9257407/
Une étude sur la dépendance au sport et les endorphines