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les questions et les décodages

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Le 17/06/2020
Le curcuma est-il vraiment un remède miracle ?
Non (en tout cas, pas encore).
Sur les réseaux sociaux et dans nos boîtes mail, le curcuma est vanté comme une sorte de panacée universelle par des entreprises commerciales qui en proposent à la vente. Cancer, cholestérol, allergies, arthrose… les usages médicinaux de cette épice ne semblent pas avoir de limites. Pourtant, malgré plus de 120 études cliniques, les preuves d’efficacité restent fragiles.
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Le 12/06/2020
Covid-19 : est-il bien raisonnable d'aller à ses rendez-vous de routine chez son médecin en ce moment ?
Raisonnable et indispensable !
 
Craindre d’attraper la Covid-19 ne doit, en aucun cas, retarder une prise en charge médicale. Le risque d’être contaminé par le coronavirus dans une salle d’attente ou un cabinet médical est fortement réduit par le port du masque et le respect des gestes barrières. De plus, de nombreux praticiens et établissements de soins ont des procédures strictes de désinfection entre les patients et à la fin de chaque journée de travail. Enfin, ils reçoivent le plus souvent sur rendez-vous, pour éviter que les patients se croisent.
Maintenant que le confinement est levé, il est essentiel de poursuivre son suivi médical (lorsqu’on souffre d’une maladie), de faire ses rappels de vaccination, de prendre soin de ses dents, de consulter lorsque des symptômes inhabituels apparaissent, etc.
Les médecins commencent tout juste à évaluer les dommages que la peur de consulter a provoqués pendant le confinement. Des centaines de personnes ont eu des infarctus et des AVC sans oser appeler les services d’urgence. Des personnes diabétiques ou souffrant de problèmes thyroïdiens, par exemple, ont vu leur traitement se déséquilibrer sans oser consulter. Des patients psychiatriques ont souffert de manque de suivi, parfois avec des conséquences dramatiques. Depuis le déconfinement, les services d’urgence psychiatrique sont submergés par ces patients.
Il est donc indispensable de respecter ses rendez-vous médicaux, en s’assurant de respecter les mesures de protection contre le coronavirus. Si vous avez un doute, appelez votre praticien pour connaître les mesures qu’il ou elle a mis en place pour protéger ses patients, ou pour envisager une téléconsultation si ce mode de consultation est compatible avec la situation.
 
Sources
« Accompagner les patients ayant une maladie chronique et/ou à risque de forme grave de COVID-19 dans la levée du confinement », Haute autorité de santé, 13 mai 2020
« Patients atteints de maladie chronique ou à risque de forme grave de COVID-19 : un déconfinement sous surveillance », VIDAL News, 13 mai 2020
Le 12/06/2020
Est-il prouvé que le coronavirus déposé sur des surfaces ne peut pas être contaminant ?
Non, et cela sera difficile à prouver.
 
Le rôle des surfaces contaminées par le coronavirus dans la transmission de cette maladie fait actuellement l’objet de débats acharnés au sein de la communauté scientifique.

Au début de l’épidémie, les autorités de santé ont supposé, en l’absence de données scientifiques sur cette nouvelle maladie, qu’elle pouvait se transmettre de la même manière que la grippe, par des contacts avec des surfaces contaminées, puis en portant ses doigts aux yeux, au nez ou à la bouche. Avec un recul de quelques mois et les travaux menés par les scientifiques sur ce virus, l’importance de ce mode de contamination (dit « manuporté », « porté par les mains ») paraît moins essentiel qu’envisagé au début de la maladie.
Premier élément de confusion : on ne sait pas vraiment la durée de vie du coronavirus sur les surfaces. Des études ont été faites mais avec des doses de virus plus élevées que celles présentes dans les particules de sécrétions respiratoires ou de salive. De plus, ces études ont recherché la présence de l’ARN du virus (ses gènes), mais cela ne dit pas s’il s’agit de virus complet (et infectieux) ou de morceaux de virus (inoffensifs). On parle de quelques heures de survie, mais ces données restent assez vagues.

Deuxième élément de confusion : dans les foyers épidémiques de Covid-19 (« clusters », là où il y a beaucoup de cas), il est impossible de distinguer si les personnes ne sont infectées en touchant des surfaces ou en respirant (puisqu’on fait généralement les deux). Dans certains cas, la contamination par voie aérienne semble principalement être en cause (cas des chorales qui ont respecté les gestes barrières, par exemple). Mais comment éliminer la possibilité d’un contact avec des surfaces contaminées ?

Troisième élément de confusion : le port du masque, efficace pour limiter la transmission, agit à la fois en limitant la transmission par voie aérienne, mais aussi en limitant la production de particules de sécrétions qui pourraient souiller les surfaces environnantes.
On voit donc qu’il est difficile de se prononcer aujourd’hui sur l’absence de rôle des surfaces contaminées dans la transmission de la Covid-19. Les scientifiques chinois qui ont analysé des centaines de clusters apparus dans des lieux fermés penchent pour un rôle très limité des contaminations par le biais des surfaces (pas plus de 10 % des cas), et donc un rôle prépondérant de la contamination par voie aérienne. Mais il est trop tôt pour affirmer cela de manière suffisamment catégorique pour ne plus avoir à respecter les gestes barrières.
 
Sources
L’étude chinoise sur l’analyse des clusters dans des lieux fermés, 24 avril 2020
Un article de synthèse sur ce que l’on sait des modes de transmission du coronavirus, 18 mai 2020
Le 12/06/2020
COVID-19 : les relations sexuelles peuvent-elles être dangereuses ?
Avec un partenaire occasionnel, elles augmentent le risque de contamination.
 
La réponse à votre question dépend du contexte. Il n’y a pas d’augmentation du risque de contamination si vous avez des relations sexuelles avec la personne qui partage votre domicile. Même si une étude chinoise a retrouvé des traces de coronavirus dans le sperme, aucun cas de contamination par voie sexuelle n’a été signalé à ce jour au sein de couples.
Le problème se pose lors de rapport sexuel avec un partenaire occasionnel, ou qui ne partage pas le domicile et n’est pas confiné. En effet, il s’agit là d’un contact social rapproché qui peut être à l’origine d’une contamination.
Le Strass (Syndicat du travail sexuel) a émis des recommandations qui peuvent être adaptées à toute personne ayant un rapport sexuel avec un partenaire occasionnel :
  • avant de commencer, mieux vaut bien se laver les mains au savon ;
  • bien sûr, pas de rapport sexuel avec une personne qui présente de la fièvre ou tout autre symptômes évocateur d’une infection par le coronavirus ;
  • évitez tout contact avec la salive (les baisers sont donc proscrits) ;
  • évitez les positions sexuelles en face à face, ainsi que les contacts avec la bouche et le visage de votre partenaire ;
  • le port du masque est préférable, ainsi que l’aération de la pièce (laissez une fenêtre ouverte) ;
  • ne portez pas vos doigts à votre bouche ou à vos yeux pendant le rapport ;
  • après le rapport, mieux vaut prendre une douche ou, au moins, se laver les mains en attendant de pouvoir se laver complètement ;
  • enfin, il est préférable d’avoir un seul partenaire régulier que plusieurs partenaires.
 
Sources
Les recommandations du Strass
L’étude chinoise sur la présence de coronavirus dans le sperme, 7 mai 2020
Le 11/06/2020
Covid-19 : les repas en famille ou entre amis sont-ils sources de risque ?
Oui. Mais il existe des mesures pour réduire ce risque.
 
Effectivement, les repas pris avec des personnes dont on ne partage pas habituellement le domicile représentent un risque de contamination par le coronavirus de la Covid-19. D’autant plus qu’on ne peut pas porter de masque en mangeant et que l’on touche forcément à des objets communs (plats, salières, bouteilles, etc.) sans se laver les mains à chaque fois.
Comment néanmoins réduire ce risque (sans pour autant l’annuler) ?

Première mesure : limiter le nombre de convives. Mathématiquement, on diminue le risque et il est possible de respecter davantage d’espace entre les invités.
Deuxième mesure : organiser un repas en plein air lorsque cela est possible. En terrasse, sous forme de pique-nique, etc. À l’extérieur, l’air circule et les particules de sécrétions respiratoires sont davantage emportées loin des convives. Si vous êtes contraints de rester à l’intérieur, aérez la pièce en permanence.
Troisième mesure : éviter de partager les couverts. Par exemple, ne laissez pas un couvert de service dans un plat, couvert qui serait manipulé par tous. Chacun se sert avec ses couverts, en s’assurant que ses couverts soient propres (en les lavant entre les services).
Quatrième mesure, plus difficile à respecter : abstenez-vous de crier, de rire ou de parler fort, voire de… chanter. Il a été clairement établi que ces comportements favorisent la production de particules de sécrétions respiratoires.
Cinquième mesure : évitez les repas qui s’éternisent. La contamination augmente avec le temps d’exposition à une personne infectée.
Sixième mesure : remettez votre masque entre les plats et après le repas. Moins longtemps votre visage sera à découvert, moins élevé sera le risque de transmission du coronavirus.

Si ces mesures vous semblent difficilement compatibles avec la convivialité, vous avez raison. Leur respect pourra être modulé selon la vulnérabilité des personnes présentes (ou de celles qu’elles côtoient habituellement, par exemple une personne âgée). À vous de les adapter au contexte et à votre attitude face au risque en général.
 
Sources
Les informations du Ministère de la Santé sur les modes de transmission de la Covid-19