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les questions et les décodages

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Il y a 37 jours
L'autoconfinement est-il efficace ?
Oui, pour soi ou pour ses proches, à condition de durer au moins 7 jours.
 
Les effets de l’autoconfinement sont de trois types : pour se protéger de la Covid-19, pour protéger ses proches de cette infection ou, à l’échelle d’une population, pour réduire la diffusion du coronavirus.
À l’échelle individuelle, l’autoconfinement est évidemment efficace puisqu’il permet de réduire les contacts avec d’autres personnes et donc mathématiquement, le risque d’entrer en contact avec le coronavirus. Son efficacité est maximale lorsque les rares contacts avec le monde extérieur se font en respectant scrupuleusement les gestes barrières et lorsque cet autoconfinement est respecté par tous les membres d’un même foyer.
Pour protéger ses proches (par exemple avant une réunion de famille), l’autoconfinement est efficace lorsqu’il a été respecté par tous les participants de la réunion de famille pendant au moins 7 jours (ou, mieux, 10 jours). En effet, une personne infectée devient contaminante 2 à 5 jours après le contact infectant. S’isoler une semaine permet ainsi de laisser le temps aux symptômes pour apparaître (ce qui justifiera alors un isolement pendant au moins une semaine après la fin des symptômes).
Mais que se passe-t-il si l’on développe une forme sans symptômes ? Dans ce cas, la personne semble être contaminante pendant 2 à 5 jours. C’est pour cela que l’autoconfinement doit être respecté au moins 7 (5+2) jours, idéalement 10 (5+5) jours. Les autorités de santé françaises ont choisi 7 jours (ce n’est pas le cas de tous les pays) en additionnant les durées moyennes d’incubation et de contamination (3,5 + 3,5).
À l’échelle d’une population, le confinement est évidemment efficace comme cela a été démontré au printemps, avec une estimation de 30 000 décès évités grâce aux deux mois de confinement. L’autoconfinement contribue, comme le confinement général, a réduire l’impact de la pandémie.
 
Sources
« Accompagner une fin d’année pas comme les autres », Conseil scientifique Covid-19, 14 décembre 2020
Il y a 38 jours
Quel aliment pour favoriser la pousse des cheveux ?
Aucun en particulier.

Si aucune étude scientifique n’a identifié d’aliment qui favorise la pousse des cheveux, une vitamine semble contribuer à la santé des cheveux en général. Après examen des données scientifiques, les autorités sanitaires européennes ont en effet estimé que :
  • les compléments alimentaires contenant de la vitamine B8 (biotine) peuvent prétendre contribuer au maintien de cheveux en bonne santé si et seulement si ces produits contiennent au moins 7,5 microgrammes de vitamine B8 (biotine) pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion. Par contre, les compléments alimentaires contenant de la vitamine B1 (thiamine) ou B5 (acide pantothénique) ne peuvent PAS prétendre être indispensables à la santé des cheveux, des ongles ou de la peau.
  • les compléments alimentaires contenant de la cystéine ou de la méthionine (acides aminés soufrés) ne peuvent PAS prétendre améliorer la pousse et la qualité des cheveux, ni arrêter la chute des cheveux.
  • enfin, les produits contenant de la levure de bière ou des extraits de levure de bière (béta-glucanes) ne peuvent PAS prétendre contribuer à la santé de la peau, des cheveux ou des ongles.
Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour ces compléments alimentaires à l’exception de ceux contenant de la vitamine B8 (biotine). Cette vitamine se trouve en quantités intéressantes dans le jaune d’œuf, le foie, les rognons, le lait, le soja, l’avoine, les champignons, les graines germées, la levure de bière et la gelée royale.
Par ailleurs, les vertus des algues pour la santé des cheveux n’ont jamais été démontrées.

Sources
L’avis de L’EFSA sur l’ensemble des substances abordées dans cette réponse, 2020
Il y a 45 jours
Les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19 sont-ils pires que la Covid-19 elle-même ?
Cela ne semble pas être du tout le cas !
 
Pour l’instant, on ne peut parler que des deux vaccins pour lesquels nous disposons de données à la date de cette réponse, le vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech et celui à virus recombinant d’Oxford-AstraZeneca.
Pour ces deux vaccins, les effets indésirables signalés (sur les dizaines de milliers de participants) sont essentiellement ceux qui suivent habituellement l’injection d’un vaccin (et qui sont liés à la réaction immunitaire qu’il déclenche) : fièvre, maux de tête, fatigue, courbatures, etc. Suite à la publication des données sur le vaccin à ARN messager, les médias ont beaucoup insisté sur l’intensité de cette réaction, certains commentateurs recommandant même de prévoir un jour de congé après chaque injection ! Regardons en détail les données sur ce vaccin.
Lorsqu’on s’y penche avec attention, les choses sont moins claires. En effet, dans l’étude publiée, lorsqu’on regarde les pourcentages de patients ayant spontanément signalé ces effets après les injections, les chiffres sont modestes : 6,1 % signalent de la fièvre, 5,5 % de la fatigue, 5,1 % des maux de tête ou 4,8 % des courbatures, ce qui en ligne avec ce que l’on observe avec les vaccins « classiques ».
Alors pourquoi les chiffres alarmants cités dans les médias ? Parce que le laboratoire a également publié les pourcentages obtenus dans un sous-groupe de 8300 participants à qui les chercheurs ont demandé de remplir un journal électronique de leurs effets indésirables post injection. Or on sait que ce dispositif a pour effet d’augmenter la vigilance et le zèle des personnes qui sont sollicitées… et donc d’augmenter artificiellement le nombre d’effets indésirables signalés. Comment le sait-on ? Parce que, dans ce groupe spécifique, les personnes ayant reçu le placebo ont également été nombreuses à signaler de la fatigue ou des courbatures ! L’effet placebo marche aussi pour les effets indésirables, c’est ce qu’on appelle l’effet « nocebo » (de « nocif » et « placebo »).
Alors où se situe la vérité ? Probablement entre les deux, les participants sollicités pour tenir un journal ayant eu tendance à déclarer tout symptôme, même faible, et les autres n’ayant spontanément signalé que les effets indésirables les plus intenses (en se disant probablement qu’il était « normal » d’être un peu fatigué le lendemain de l’injection).
Dans tous les cas, ces symptômes post injection ont disparu au bout de 48 heures (et ont également pu être soulagés avec du paracétamol), ce qui n’est pas le cas d’un épisode de Covid-19 lorsqu’il est symptomatique. De plus, les rares hospitalisations observées dans le groupe ayant reçu le vaccin n’étaient pas en lien avec la vaccination.
Donc en conclusion, pour ces deux vaccins, les effets indésirables observés après la vaccination semblent très loin d’être pires qu’un épisode de Covid-19 symptomatique, même d’intensité modérée.
 
Sources
Les deux documents d’information sur le vaccin à ARN messager Pfizer/BioNTech
Document 1
Document 2
L’article scientifique qui détaille les données sur le vaccin à virus recombinant d’Oxford-AstraZeneca
Il y a 46 jours
Est-ce que les automassages du visage lissent les ridules en activant la circulation ?
On n’en sait rien.

Une recherche dans les bases de données scientifiques ne permet d’identifier aucune étude sérieuse ayant été faite à ce sujet.
Il y a 46 jours
Le yoga du visage est-il efficace ?
Oui, selon une toute petite étude qui demande à être confirmée.
En 2018, les médias ont relayé une étude clinique faite sur ce qu’ils ont nommé le « yoga facial ». En fait, on devrait plutôt parler de gymnastique faciale : une série de 32 exercices du visage à réaliser tous les jours pendant une demi-heure, visant à augmenter le volume des muscles de la face et réalisant ainsi une sorte de lifting « de l’intérieur ». Parmi les exercices, ouvrir grand la bouche pour former un O, sourire sans montrer ses dents, sourire intensément, se masser les joues, etc.
Dans cette étude de l'université Northwestern à Chicago, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA Dermatology), 27 femmes âgées de 40 à 65 ans ont été sélectionnées pour la présence de rides dues à l’exposition solaire et une atrophie modérée du visage. Ces femmes ont appris les exercices au cours de deux séances de 90 minutes chacune. Seules 16 femmes sont allées au bout de l’étude.
Au bout de 8 semaines d’exercices quotidiens puis 12 semaines d’exercices un jour sur deux, des dermatologues indépendants ont estimé l’âge des 16 participantes sur des photographies réalisées avant et après 20 semaines (chaque dermatologue ne voyant qu’une photo, soit avant, soit après).
Dans ces conditions, la pratique de ces exercices faciaux a significativement diminué l’âge des participantes tel que perçu par les dermatologues indépendants : de 50,8 ans à 48,1 ans en moyenne, soit une réduction moyenne de 2,7 ans (donc assez modeste). Par ailleurs, les participantes ont exprimé leur satisfaction concernant les résultats obtenus, en particulier elles ont signalé avoir « les joues plus pleines ».
Cette étude est tout à fait préliminaire et doit être menée avec un plus grand nombre de participantes pour pouvoir véritablement dire que cette série d’exercices exerce véritablement un effet sur l’aspect du visage. Deux études plus anciennes avaient, elles, échoué à montrer un effet positif d’exercices du visage.
 
Sources
L’étude publiée dans la revue JAMA Dermatology, 2018
Les études qui ont échoué à montrer un effet d’exercices du visage, 2013 et 2014
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24296342
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24327764