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Il y a 44 jours
Pour la 2e injection du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19, la protection est-elle supérieure si on attend 12 semaines au lieu de 9 semaines ?
Selon la Haute autorité de santé, il semble que ce soit le cas.
 
Les études portant sur le vaccin VAXZEVRIA (AstraZeneca) contre la Covid-19 ont comparé un rappel 12 semaines après la première injection à un rappel 4 semaines après la première injection. Pour cette raison, selon le document de référence sur ce vaccin (RCP, Résumé des caractéristiques du produit), le rappel peut être fait entre 4 et 12 semaines après la première injection.

Néanmoins, ces études ont montré une meilleure protection lorsque le délai entre les deux injections était de 12 semaines. Pour cette raison, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé d’attendre entre 9 et 12 semaines entre les deux injections, mais en précisant que « l’efficacité vaccinale après la seconde injection (est) la plus élevée autour de 12 semaines. »

Rappelons que, en France, ce vaccin est réservé aux personnes âgées de plus 55 ans, du fait du risque d’apparition de caillots sanguins chez les personnes plus jeunes (risque exceptionnel mais grave).
 
Sources
Le document de référence (RCP) du vaccin VAXZEVRIA
Les recommandations de la HAS sur le vaccin VAXZEVRIA
Le 28/05/2021
Les produits alimentaires sans gluten sont-ils ultra-transformés ?
Non, mais les produits ultra-transformés sont souvent vantés pour leur absence de gluten.
 
Dans votre question, vous vous inquiétez du fait que les produits alimentaires sans gluten puissent être industriellement ultra-transformés, ce qui pourrait représenter un danger pour la santé. Qu’en est-il ?
Pour rappel, la classification NOVA permet de catégoriser les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation industrielle. Le groupe des « aliments ultra-transformés » comprend par exemple les pains et brioches industriels, les barres chocolatées, les biscuits apéritifs, les sodas et boissons sucrées aromatisées, les nuggets de volaille et de poisson, les soupes instantanées, les plats cuisinés congelés ou prêts à consommer, ainsi que les produits alimentaires contenant des substances non utilisées dans les préparations culinaires traditionnelles, telles que les huiles hydrogénées et les amidons modifiés. Les procédés industriels comprennent par exemple l’hydrogénation, l’hydrolyse, ou l’extrusion. Des études ont associé une forte consommation de produits alimentaires ultra-transformés avec diverses maladies : maladies cardiovasculaires, obésité ou cancers, par exemple.
Tout d’abord, pour répondre à votre question, il est indispensable de rappeler que « sans gluten » n’est pas synonyme de « transformation industrielle ». Par exemple, le riz, le sarrasin, le maïs ou le quinoa sont des sources de glucides (sucres et amidon) qui sont naturellement sans gluten. Donc un aliment qui utilise ces graines ou les farines qui en sont issues peut être sans gluten sans pour autant être ultra-transformé, par exemple la polenta ou les galettes de sarrasin bretonnes. Donc les produits alimentaires sans gluten ne sont pas systématiquement ultra-transformés. Alors pourquoi cette question vous vient-elle à l’esprit ?
Des études ont observé que de très nombreux produits qui portent la mention « sans gluten » font partie des aliments ultra-transformés : au Canada, jusqu’à 80 % des produits portant la mention « sans gluten » sont ultra-transformés. Dans la vaste majorité des cas, il ne s’agit pas d’une ultra-transformation rendue nécessaire par l’absence de gluten, mais de l’utilisation d’un argument marketing (l’absence de gluten) sur des aliments ultra-transformés qui n’ont guère de raison d’en contenir (par exemple des nuggets de poulet, qui pourraient tout aussi bien porter la mention « sans sucre ajouté », un autre argument marketing).
Ainsi votre impression vient probablement du fait que, pour faire oublier leur nature ultra-transformée, ces produits alimentaires se parent de caractéristiques qui sont dans l’air du temps, dont l’absence de gluten.
Pour les produits sans gluten comme pour les autres, la vigilance est de mise pour éviter de trop consommer de produits ultra-transformés. La présence de labels comme « sans gluten », « sans sucre ajouté », « pauvre en matières grasses » ou « riches en fibres » n’est pas la garantie d’un produit alimentaire équilibré ou peu transformé. Pour identifier les produits alimentaires ultra-transformés, recherchez certains ingrédients : par exemple, le sirop de maïs à haute teneur en fructose (sirop de fructose), les huiles hydrogénées ou interestérifiées, les protéines hydrolysées, ou certaines catégories d'additifs (exhausteurs de goût ou agents gonflants, carbonatants, moussants, gélifiants et glaçants, par exemple).
 
Sources
Sur les effets de la consommation d’aliments ultra-transformés sur la santé 
Sur la prépondérance du label « sans gluten » sur les aliments ultra-transformés
Le 28/05/2021
Est-il vrai que boire beaucoup de thé déshydrate ?
Non.
 
La source de cette idée fausse trouve son origine dans le fait que le thé contient de la caféine (également appelée théine) et que celle-ci est diurétique. Si nous urinons davantage lorsque nous buvons du thé, c’est à la fois du fait de la caféine mais aussi de la grande quantité d’eau que nous absorbons en même temps (l’eau est… diurétique, bien évidemment).
Lorsque nous buvons du thé, l’effet diurétique de la caféine est largement compensé par la quantité d’eau apportée par la boisson. Il est donc impossible de se déshydrater en buvant du thé (comme le savent bien les Touaregs qui en consomment régulièrement).
C’est moins le cas du café de type espresso où la faible quantité d’eau ingérée n’est probablement pas à même de compenser l’effet de la forte dose de caféine qu’il contient. C’est pour cette raison que, en Italie, un espresso est systématiquement accompagné d’un verre d’eau qui compense l’effet de la caféine.
Il faut également garder à l’esprit que notre organisme est bien conçu : lorsque la déshydratation guette, la soif se fait sentir et nous compensons spontanément en buvant. Ce mécanisme de compensation physiologique tend à s’émousser avec l’âge. Pour cette raison, mieux vaut veiller à ce que les personnes âgées boivent régulièrement.
En conclusion, boire beaucoup de thé ne déshydrate pas. Mais attention, la consommation de plus de 2 litres de thé par jour peut provoquer une anémie par carence en fer, en particulier si le thé est consommé pendant les repas (risque de diminution de l’absorption du fer contenu dans les aliments).
 
Sources
Sur les effets de caféine
 
Le 28/05/2021
Que doit-on penser du variant qui circule à Bordeaux ?
Il s’agit d’un variant déjà repéré plusieurs fois en France, mais jamais sous forme de foyer.
 
Le vendredi 21 mai 2021, l'Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a annoncé la découverte, dans le quartier de Bacalan au nord de Bordeaux, d'un foyer d’une cinquantaine de personnes testées positives à un variant très rare de SARS-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19.
Selon Santé Publique France, ce variant avait déjà été repéré en France en Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est et Île-de-France, sous forme de cas isolés. En janvier 2021, 11 cas d’un type de variant similaire avaient été identifiés au Royaume-Uni.
La particularité de la situation bordelaise tient à l’existence d’un foyer de 46 personnes dans le même quartier. Ces cas concernent des personnes jeunes qui ne sont pas hospitalisées et n’ont pas développé de formes sévères (voire aucun symptôme).
Le variant en question est un variant anglais qui présente de plus une mutation sur l’acide aminé 484 de la protéine S (les acides aminés sont les briques qui constituent les protéines). L’acide aminé 484 est également le site de mutations chez les variants brésilien, sud-africain et indien. Ces mutations ont été associées à une certaine résistance vis-à-vis des anticorps issus de la maladie ou de la vaccination, en particulier avec le vaccin AstraZeneca. Les inquiétudes autour du variant bordelais concernent donc davantage la sévérité de la maladie (ou l’apparition de maladie chez des personnes vaccinées) que la transmissibilité du virus.
Néanmoins, il faut rappeler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié un avis rassurant qui indique que les vaccins actuellement disponibles restent largement efficaces contre les variants qui montrent une mutation sur l’acide aminé 484 de la protéine S, comme celui isolé à Bordeaux.
Une opération de dépistage à l’échelle du quartier de Bacalan a été immédiatement mise en place. En parallèle, à partir du lundi 24 mai, la vaccination est ouverte à tous les habitants de ce quartier âgés de plus de 18 ans.
En conclusion, le variant isolé à Bordeaux est d’un type connu. Sa transmissibilité est probablement identique à celle du variant anglais (qui représente 85 % des contaminations en France aujourd’hui) et sa résistance à l’immunité devrait être modérée.
 
Sources
Sur les variants portant une mutation sur l’acide aminé 484
L’avis de l’OMS sur l’efficacité des vaccins
Le 21/05/2021
L’huile d’argan présente-t-elle un intérêt pour la peau ?
Probablement, mais pas plus que d’autres huiles végétales.
 
L’huile d’argan, lorsqu’elle est pure et extraite à froid, contient divers acides gras. L’acide oléique (oméga-9) représente 43 % de ces acides gras et l’acide linoléique (oméga-6) 36 %.

Elle contient des tocophérols (vitamine E, anti-oxydante) mais pas plus que l’huile de tournesol (environ 600 mg/l dans les deux cas). Elle contient également des stérols (schotténol, spinasténol, etc.) et du squalène (mais beaucoup moins que l’huile d’olive). Le squalène est présent dans de nombreux cosmétiques pour faciliter leur pénétration à travers les couches supérieures de la peau.

Sur le plan dermatologique, il existe trois études scientifiques portant sur les effets de l’huile d’argan. Par exemple, une petite étude menée sur 22 personnes a montré qu’une émulsion eau/huile d’argan semble augmenter l’élasticité de la peau, ce qui pourrait prévenir l’apparition de vergetures. De même, une petite étude menée sur 60 femmes après la ménopause a montré que la prise alimentaire d’huile d’argan (25 ml/jour) semblait améliorer l’élasticité de la peau, et que cet effet était augmenté lorsque ces femmes appliquaient également de l’huile d’argan sur leur peau (en plus de la supplémentation par voie orale).

Enfin, une étude menée sur des rats a montré que l’huile d’argan pouvait favoriser la cicatrisation de brûlures au second degré, peut-être grâce à un effet anti-inflammatoire.

En conclusion, du fait du faible nombre d’études cliniques, il est difficile de se prononcer de manière définitive sur les bienfaits de l’huile d’argan sur la peau. Il est probable que, comme pour de nombreux corps gras, elle puisse contribuer à l’élasticité de la peau. Mais rien ne prouve qu’elle le fasse mieux que d’autres huiles végétales (amande douce, tournesol, olive, noix de coco, arachide, etc.).
 
Sources
Composition de l’huile d’argan, 2005
L’étude sur l’émulsion eau/huile d’argan, 2016
L’étude chez les femmes ménopausées, 2015
L’étude chez les rats brûlés, 2016