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les questions et les décodages

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Il y a 3 jours
Une personne doublement vaccinée qui est néanmoins PCR positive doit-elle s’isoler ?
Absolument, pendant 10 jours ou 2 jours après la fin des symptômes.
 
Selon les consignes du ministère des Solidarités et de la Santé, une personne doublement vaccinée qui présente un test PCR ou antigénique positif doit rester 10 jours en isolement.

En l’absence de symptômes pendant ces 10 jours, elle n’aura pas besoin de test de contrôle à la fin de son isolement.
Si des symptômes apparaissent pendant ces 10 jours d’isolement, elle pourra mettre fin à celui-ci 48 heures après la fin des symptômes (sans test de contrôle).
Pour les personnes qui sont dans ce cas, le ministère propose un questionnaire spécialisé sur la conduite à tenir (voir Sources).
 
Sources
 
La conduite à tenir selon le ministère de la Santé
Le questionnaire personnalisé du ministère de la Santé
Il y a 3 jours
Les vaccins contre la Covid-19 sont-ils à l'origine des variants ?
Non.
 
Cette affirmation se trouve dans de nombreux documents de désinformation sur la Covid-19. Pourtant, les variants qui se sont succédé comme variants dominants sont tous apparus avant janvier 2021, date à laquelle les vaccins ont commencé à être largement administrés :
  • le variant d’origine (dit « Wuhan ») a été supplanté par le variant D614G autour de mars 2020 ;
  • pendant les mois où D614G a été dominant dans la plupart des pays occidentaux (de mars à décembre 2020), le variant Bêta est devenu dominant en Afrique du Sud et le variant Gamma au Brésil.
  • en septembre 2020, le variant Alpha est apparu en Grande-Bretagne et il est rapidement devenu dominant dans la plupart des pays jusqu’à être supplanté par Delta.
  • le variant Delta, qui est prédominant aujourd’hui, a été isolé pour la première fois en Inde en octobre 2020, encore une fois avant la commercialisation des vaccins.
On le voit, il est bien difficile d’affirmer que les vaccins sont à l’origine des variants qui ont fait rebondir la pandémie ! Alors, qu’est-ce qui favorise l’apparition des variants ?
  • Le nombre total de personnes infectées : l’apparition d’un variant est due à des mutations lors de la multiplication du virus. Donc plus le nombre de personnes infectées est élevé, plus le nombre de virus qui se multiplient est élevé, plus l’apparition d’une mutation est probable.
  • Le nombre total de personnes non vaccinées : une personne vaccinée et néanmoins infectée produit significativement moins de virus qu’une personne infectée non vaccinée. C’est pour cette raison que la meilleure manière de réduire le risque de variant problématique est de vacciner largement, dans tous les pays (en particulier les plus peuplés).
  • Parfois, la présence de troubles de l’immunité chez une personne infectée : diverses études ont montré que, chez les personnes immunodéprimées, la Covid-19 est plus longue et plus sévère, ce qui augmente le risque de voir apparaître des mutations (le coronavirus est plus actif pour une durée plus longue).
Moins il y aura de personnes présentant des symptômes de Covid-19 dans le monde et moins il y aura de risque de voir des variants apparaître, dont certains potentiellement plus infectieux. D’où l’intérêt d’une vaccination la plus étendue possible.
 
Sources
 
Sur les divers variants et leur émergence
Un décodage de France Info sur le sujet
Il y a 3 jours
La Covid-19 est-elle transmise par l’air que nous respirons ?
Oui, il s’agit très probablement du principal mode de transmission.
 
Au tout début de la pandémie de Covid-19, les autorités sanitaires, s’appuyant sur ce que l’on savait d’autres maladies infectieuses respiratoires, ont mis en avant une contamination par des gouttelettes de salive et de sécrétions nasales déposées sur les objets ou sur nos mains. Conséquence de cette idée, nous devions nous protéger en nous désinfectant régulièrement les mains (gel hydro-alcoolique ou savon), en restant à distance raisonnable des autres personnes (les gouttelettes ne voyagent pas loin) et en portant des masques (pour éviter de projeter des gouttelettes).

Depuis, les scientifiques se sont rendu compte que ce mode de contamination n’est pas le plus fréquent. En effet, des personnes se sont contaminées dans des conditions où la seule explication possible était un transport de virus dans l’air, sous forme de microparticules (les « aérosols ») capables de voyager sur plusieurs mètres, en particulier dans les lieux mal aérés. Au printemps 2021, l’Organisation mondiale de la santé et les Centers for Disease Control and Prevention américains ont modifié leurs recommandations en ce sens et considéré la transmission par l’air comme le mode principal de contamination.

La fumée de tabac est un exemple bien connu d’aérosol. Tout indique que les personnes infectées émettent une sorte de brouillard de particules de virus similaire à la fumée de cigarette (brouillard invisible alors que la fumée se voit lorsqu’elle est suffisamment dense). Comme la fumée, ce brouillard de virus est plus intense à proximité de la personne infectée. Il se dilue ensuite dans la pièce jusqu’à devenir trop dilué pour infecter une autre personne. À l’extérieur, pour peu qu’il y ait un courant d’air, cette dilution est immédiate. Tout se passe comme avec la fumée de tabac : peu gênante à l’extérieur (sauf très près du fumeur) mais désagréable à l’intérieur.

C’est pour cette raison que les scientifiques insistent aujourd’hui sur l’importance capitale de l’aération des pièces. Pas seulement de temps en temps, comme conseillé au début de la pandémie, mais en permanence. Le taux de renouvellement de l’air peut être mesuré avec un détecteur de dioxyde de carbone (CO2 ou « gaz carbonique »), des outils désormais largement disponibles. On estime que le risque de contamination par le coronavirus est minimal lorsque la concentration de CO2 dans la pièce est inférieure à 600 ppm (parties par million).
Pour résumer, dans un lieu clos, le risque de se contaminer dépend donc :
  • du nombre de personnes infectées dans ce lieu ;
  • du port de masques par toutes les personnes présentes ;
  • de l’ajustement de ces masques sur le visage (pour réduire les fuites) ;
  • de la taille de la pièce (plus elle est vaste, moins le risque est élevé) ;
  • de taux de renouvellement de l’air dans la pièce (l’aération) ;
  • du temps passé dans ce lieu (le risque augmente avec le temps passé).
 
Sources
 
Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, 30 avril 2021
Les recommandations des Centers for Disease Control and Prevention américains, 7 mai 2021
Une synthèse des connaissances sur le sujet en français, 19 mai 2021
Les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique sur l’aération des locaux, 28 avril 2021
Il y a 3 jours
Comment calcule-t-on l’immunité collective ?
À partir du nombre moyen de personnes contaminées par une personne infectée.
 
L’immunité collective (également appelée « de groupe », « grégaire » ou « de troupeau ») est un concept qui a émergé d’abord en médecine vétérinaire. Elle correspond au pourcentage de la population qui doit être immunisée (par la maladie ou par la vaccination) pour qu’une épidémie cesse progressivement. Le terme « progressivement » est essentiel à garder à l’esprit, il ne s’agit pas d’un arrêt soudain mais d’une extinction progressive.
Ce pourcentage peut être calculé à partir d’une autre valeur, R0, le taux de reproduction de la maladie, c’est-à-dire le nombre de personnes qu’une personne malade infecte en moyenne dans une population pas du tout immunisée. Ce nombre évolue au cours de l’épidémie avec l’apparition de variants plus infectieux. On calcule le pourcentage nécessaire à l’immunité collective avec la formule 1 – 1/R. Cette formule a été établie à partir de mathématiques probabilistes, en s’appuyant sur la probabilité pour qu’une personne infectée rencontre une personne non immunisée.
Au début de la pandémie de Covid-19, le R0 était autour de 3, donc le taux d’immunité collective était estimé à 1 – 1/3 = 0,66, donc 66 % de la population immunisée pour un arrêt progressif de la pandémie. Mais pour le variant Delta, R0 est estimé autour de 5 (une personne infectée en contamine 5 en moyenne), ce qui donne une immunité collective théorique de 1 – 1/5 = 0,8, soit 80 %.
On le voit donc, l’immunité collective varie selon la contagiosité du virus. Elle varie aussi selon la capacité du virus à évoluer pour échapper à l’immunité naturelle ou vaccinale. Dans le cas des rhumes par exemple, la variabilité des virus impliqués est si importante que l’immunité collective n’est jamais atteinte. En effet, le virus évolue rapidement et parvient à échapper à l’immunité. L’immunité collective devient une sorte de tonneau des Danaïdes qui se vide aussi vite qu’il se remplit.
Enfin, l’immunité collective ne peut s’installer que si l’immunité acquise à la suite d’une infection ou d’une vaccination est stable dans le temps. Si elle perd progressivement de son efficacité, l’immunité collective est de nouveau beaucoup plus difficile à atteindre.
Atteindrons-nous l’immunité collective avec la Covid-19 ? Probablement pas, pour plusieurs raisons :
  • l’apparition de nouveaux variants plus infectieux (donc un R plus élevé, donc un pourcentage cible plus élevé) dans les pays où la pandémie sévit le plus fortement ;
  • le fait que, avec les vaccins actuels, environ une personne vaccinée sur deux peut encore être infectée (sans en être malade), et donc contaminer d’autres personnes (même si les personnes vaccinées infectées transmettent le virus 12 fois moins que les personnes non vaccinées infectées) ;
  • le fait qu’il s’agit d’une pandémie planétaire et qu’obtenir 80 % d’immunité à travers tous les pays semble peu probable, au moins dans les années qui viennent.
Ainsi, il est probable que le virus de la Covid-19 soit avec nous pour une longue durée, voire très longue. Mais, petit à petit, de plus en plus de personnes seront immunisées et la Covid-19 deviendra, pour ces personnes, une maladie bénigne comme le sont aujourd’hui les rhumes. Seules les personnes non immunisées (ou qui ont perdu leur immunité, par exemple avec le grand âge) connaîtront des formes sévères.
 
Sources
Sur le principe de l’immunité collective, Institut Pasteur, 2020
« Comment atteindre l’immunité collective qui nous protégerait de la Covid-19 ? » Institut Pasteur, 2020
Sur le taux d’infection chez les personnes vaccinées, données britanniques, 2021
Sur la transmission du virus par les personnes vaccinées et non vaccinées, Conseil scientifique, 2021
Il y a 8 jours
Est-il vrai qu’à Taiwan le nombre de décès dus aux vaccins contre la Covid-19 est supérieur au nombre de décès dus à cette maladie ?
Non. Attention à ne pas confondre décès suspectés et décès confirmés.
 
Taiwan est un pays qui, sur le plan de la Covid-19, possède deux particularités : une politique sanitaire du Zéro Covid (via un contrôle des cas contacts très efficace et une quarantaine systématique des arrivants sur le territoire) et un vaccin « maison », le vaccin Medigen, qui combine une protéine du coronavirus et un adjuvant à base d’aluminium. Ce vaccin est administré à Taiwan depuis fin août 2021, les vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca ayant été utilisés jusque-là.
La politique du Zéro Covid a été très efficace puisque, fin octobre 2021, ce pays de presque 24 millions d’habitants n’a eu à déplorer que 846 décès liés à la Covid-19 (834 cas autochtones, 12 cas importés).
En termes de décès liés aux vaccins, fin octobre 2021, Taiwan V-Watch (le programme de surveillance de la pandémie des autorités sanitaires taiwanaises) a examiné les dossiers de 685 personnes décédées dans les semaines suivant leur vaccination (surtout des personnes ayant reçu des vaccins Moderna et AstraZeneca, les premiers disponibles à Taiwan). Parce que les personnes vaccinées en priorité sont les personnes les plus âgées, les causes de ces décès peuvent être liées à un mauvais état général ou d’autres maladies. Il est donc essentiel d’essayer de distinguer entre un décès qui serait survenu en l’absence de vaccination et un décès possiblement lié à la vaccination, surtout lorsque ce décès intervient un mois ou plus après la vaccination.
Parmi ces 685 dossiers, 14 dossiers ont été retenus comme pouvant être liés à la vaccination : un décès après un vaccin Moderna chez une patiente de 85 ans, et 13 décès survenus après un vaccin Medigen. Ces derniers sont analysés de manière très détaillée puisqu’il s’agit d’un vaccin sur lequel il n’existe que peu de recul. Chez 2 des patients décédés, il a été retrouvé une dissection aortique (souvent liée à une hypertension artérielle sévère). Un troisième est décédé d’un infarctus du myocarde (il souffrait de maladie coronaire). Les autres sont en cours d’analyse (sauf quand la famille du défunt s’y est opposée).
Donc, dans le pire des scénarios, ce sont 14 décès qui pourraient être liés à la vaccination à Taiwan. Cet exemple illustre parfaitement le fait qu’il ne faut pas confondre le nombre d’enquêtes sur des décès ayant eu lieu dans les semaines suivant la vaccination et le nombre de décès imputables à la vaccination.
Rappelons que, en France, aucun décès n’a été imputable aux vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna), 10 ont été imputés au vaccin AstraZeneca et 3 au vaccin Janssen. Sur les 8,8 millions d’injections effectuées avec ces deux derniers vaccins, cela représente un risque de décès de 0,00015 % (à mettre en regard du risque moyen de décès à la suite d’une Covid-19 qui est d’environ 1 %).
 
Sources
 
Le site de Taiwan V-Watch
Un article de presse sur le décès à la suite du vaccin Moderna
Un article de presse sur les décès à la suite du vaccin Medigen
Un article de presse sur la politique vaccinale de Taiwan