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les questions et les décodages

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Il y a 10 jours
Pourquoi un vaccin contre la Covid-19 est-il si compliqué à trouver ?
Parce que la réponse immunitaire aux coronavirus est difficile à stimuler pour obtenir une protection.
 
La réponse à votre question est complexe. En résumé, l’immunité contre les coronavirus (comme celui de la Covid-19) n’est pas seulement due à la production d’anticorps (des protéines produites par les globules blancs pour neutraliser les micro-organismes). Elle est également le fait de globules blancs spécialisés qui agissent directement contre les cellules infectées et le virus (c’est l’immunité dite « cellulaire »).
Or les vaccins que nous savons faire agissent quasiment tous en stimulant la production d’anticorps mais sans effet sur l’immunité cellulaire. Lorsque nous sommes exposés à une infection, nos globules blancs ont été préparés à cette invasion par le vaccin et produisent rapidement de grandes quantités d’anticorps protecteurs.

Dans le cas des coronavirus, les anticorps ne semblent pas suffire. C’est ce qui a été démontré lors des essais de vaccins contre le coronavirus du SRAS (en 2003) ou celui du MERS (une infection à coronavirus transmise par les dromadaires). Chez les animaux, il existe des vaccins contre certaines infections à coronavirus (responsables de diarrhées ou d’inflammation des vaisseaux sanguins). Mais ces vaccins sont assez peu efficaces.
De plus, dans certains cas, les vaccins testés contre les coronavirus stimulent aussi la production d’autres anticorps dits « facilitants » : lorsque la personne vaccinée est exposée au coronavirus, elle produit ces anticorps qui aggravent la maladie au lieu de l’empêcher d’apparaître !
Pour toutes ces raisons, il est peu probable qu’un vaccin efficace et sans danger contre la Covid-19 soit développé dans les mois (les années ?) à venir.
 
Sources
Un article qui fait le point sur ce que l’on sait des vaccins contre les coronavirus, VIDAL News, 14 avril 2020
Il y a 10 jours
Peut-on souffrir de deux virus en même temps ?
Absolument, et au-delà.
 
Être infecté par un virus n’empêche pas d’être également infecté par un autre virus. Il est par exemple possible d’être atteint de VIH/sida, d’hépatite C, d’herpès et de rhume en même temps, quatre infections dues à des virus. Ou d’avoir la grippe et une gastro-entérite en même temps.
Il y a 10 jours
Pourquoi désinfecter les bureaux avant le retour des salariés s'ils sont inoccupés depuis plusieurs semaines ?
Probablement pour les rassurer, car il n’y a aucune raison scientifique de le faire.
 
Effectivement, considérant ce que nous connaissons du coronavirus responsable de la Covid-19, il est très fortement improbable qu’il survive plusieurs semaines sur des surfaces. Les études ont montré que quelques jours suffisent pour que les particules virales perdent leur capacité infectieuse.
On peut donc supposer que la désinfection des bureaux vise surtout à rassurer les personnes qui vont y retourner.
 
Sources
Maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : questions-réponses, Organisation mondiale de la santé
Il y a 16 jours
L'acide pélargonique est-il aussi dangereux que le glyphosate ?
Il semble moins toxique pour l’homme mais reste probablement toxique sur l’environnement.
 
L’acide pélargonique est un acide gras qui détruit la couche superficielle des feuilles et provoque le dessèchement rapide de la partie visible des plantes (mais il n’affecte pas les racines, et la plante peut donc redémarrer rapidement). Il est actif sur toutes les plantes, sans distinction. Il est promu comme désherbant « bio », mais il reste néanmoins un produit phytosanitaire classique, soumis aux mêmes autorisations que les autres produits de sa catégorie.

En termes de toxicité pour l’homme ou les animaux de compagnie, l’acide pélargonique peut provoquer des brûlures modérées de la peau ou des yeux lors de contact accidentel. Il peut également être irritant s’il est inhalé. Les enfants et les animaux domestiques doivent être empêchés d’accéder à la zone traitée jusqu’au séchage complet du produit. Sa toxicité à long terme a été étudiée chez la souris et les données sont plutôt rassurantes. Aucune activité cancérogène n’a été observée. Mais on dispose de peu de recul.
L’acide pélargonique semble potentiellement toxique pour l’environnement. Les données dont nous disposons indiquent une dangerosité vis à vis des écosystèmes aquatiques (étang, ruisseaux, rivières, etc.) 2 à 3 fois plus importante que celle du glyphosate (test standard sur des daphnies juvéniles). Il pourrait également être toxique pour les petits animaux qui vivent dans la couche superficielle du sol, en particulier les insectes et les crustacés (comme les cloportes, élément essentiel de la décomposition des débris végétaux). Par contre, il ne semble pas contaminer les nappes phréatiques.
Après usage, mieux vaut attendre une semaine avant de planter sur une zone traitée.
Du fait de ses potentiels effets toxiques sur l’environnement, l’usage de l’acide pélargonique n’est pas autorisé en agriculture biologique.
En conclusion, les dangers de l’acide pélargonique semblent plutôt concerner ses effets sur l’environnement. Aucune étude de toxicologie (en particulier à long terme) n’a été menée pour le comparer au glyphosate.
 
Sources
La fiche de toxicité de l’acide pélargonique par son fabricant (qui est aussi celui du glyphosate)
Une évaluation de l’acide pélargonique par le gouvernement canadien, décembre 2019
Il y a 16 jours
La visière protège-t-elle autant que le masque ou faut-il utiliser les deux ?
Les soignants doivent porter les deux. Pour les autres personnes, on n’en sait rien.
 
Depuis quelques semaines, de nombreux professionnels s’équipent de visières en plastique transparent qui forment des masques rigides devant leur visage, jusqu’à la poitrine. Ces accessoires sont des protections des yeux et du visage, mais absolument pas des protections respiratoires (ils n’empêchent pas la contamination par voie respiratoire).

On ne sait pas grand chose de l’efficacité de ces visières. Sur une personne infectée, elles empêchent la projection lointaine de gouttelettes contaminantes, mais elles ne sont pas étanches. Elles ont donc probablement le même effet que les masques chirurgicaux ou textiles à usage multiple : elles réduisent le risque de projeter des particules contaminantes à distance, mais elles ne le suppriment pas.
Sur une personne qui n’est pas infectée, hors contexte de soins médicaux aux personnes hospitalisées pour COVID-19, leur seul bénéfice semble être le fait que les visières réduisent la probabilité de se toucher le visage avec des mains contaminées. En effet, cela requiert de glisser sa main sous la visière, un mouvement inhabituel qui éveille notre vigilance et nous empêche de le faire inconsciemment.
Doit-on porter un masque sous une visière ? Aucune étude ne donne d’information validée sur cette question. Que ce soit pour se protéger soi-même ou protéger les autres, il semble logique que deux mesures de protection imparfaites (la visière et le masque chirurgical) deviennent un peu moins imparfaites lorsqu’elles sont utilisées ensemble. C’est pour cette raison que les soignants utilisent systématiquement les deux en même temps, sur les conseils de l’Institut national de recherche et de sécurité.
Attention, leur usage ne doit pas créer un faux sentiment de sécurité et il reste indispensable de se laver les mains soigneusement et régulièrement, de changer son masque chirurgical toutes les 4 heures, et de laver la visière après chaque usage, sur ses deux faces.
 
Sources
Les conseils de l’Institut national de recherche et de sécurité sur les masques et les visières