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les questions et les décodages

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Il y a 11 jours
Être vacciné contre la Covid-19 empêche-t-il la transmission du virus ?
On n’en sait rien, mais certains éléments pointent vers un effet de frein.
 
Dans les essais cliniques des vaccins contre la Covid-19, les chercheurs ont évalué leur efficacité protectrice contre les formes symptomatiques de cette infection, leur premier objectif. Ils n’ont pas cherché à étudier l’effet de ces vaccins sur la transmission du virus par les personnes vaccinées qui se contamineraient malgré la vaccination. Nous n’avons donc pas de données fiables à ce sujet dans ces essais cliniques et la réponse à votre question est « On n’en sait rien pour l’instant. » La presse a évoqué des données collectées lors de l’essai du vaccin Moderna (entre les deux injections), mais ces données ne sont absolument pas fiables.
Néanmoins, on dispose d’éléments pour aller un peu plus loin et imaginer des hypothèses. Dans les essais menés avec ces vaccins sur des macaques, les singes vaccinés et ensuite infectés expérimentalement ont, pour certains, produit du coronavirus dans leurs fosses nasales malgré l’absence de symptômes (ils étaient donc potentiellement contaminants). La même chose se passera-t-elle chez certaines personnes vaccinées ? Probablement, selon leur état de santé général et/ou leur degré d’exposition au coronavirus, par exemple. Mais seront-ils contaminants ? On n’en sait rien.
Un autre élément à garder à l’esprit est le fait que les personnes qui souffrent de formes sans symptômes de la Covid-19 semblent produire moins de coronavirus dans leurs fosses nasales (elles ont une « charge virale » plus faible). La présence de moins de virus dans les fosses nasales pourrait se traduire par une plus faible contagiosité de ces personnes.
La logique serait donc que, en empêchant les formes symptomatiques plus contagieuses, les vaccins réduisent le risque de transmission du coronavirus (sans pour autant le réduire à zéro).
Nous devrions rapidement avoir une idée « grandeur nature » de l’effet des vaccins sur la transmission de la Covid-19. En effet, le petit état d’Israël devrait avoir vacciné 90 % de sa population d’ici fin février 2021. Il sera alors facile d’évaluer, à l’échelle du pays, si cette vaccination massive a fait chuter le taux de nouveaux cas et de combien.
En attendant, les personnes qui sont vaccinées contre la Covid-19 doivent continuer à appliquer les mesures barrières : port du masque à l’intérieur, lavage des mains, distanciation physique, réduction du nombre de contacts, aération régulière des pièces.
 
Sources
Un article sur les singes vaccinés par le vaccin Moderna (à titre d’exemple), 2020
Les données de l’essai clinique du vaccin Moderna (avec les éléments sur la transmission), 2020
Il y a 19 jours
La confiture de pamplemousse fait-elle gonfler les articulations des mains ?
Aucun cas de ce type n’a été signalé.
 
Une recherche dans les bases de données médicales et scientifiques ne retrouve aucun cas d’allergie au pamplemousse (ou aux autres types d’agrumes) ayant des effets sur les articulations des mains. Ces fruits ne semblent pas très allergènes.
Rappelons que le pamplemousse ne fait pas bon ménage avec de nombreux médicaments !
 
Sources
 
Le thésaurus des interactions médicamenteuses de l’ANSM, septembre 2019 (le jus de pamplemousse est aux pages 180-181)
« Interactions médicaments et jus de pamplemousse », une mise au point de l’ANSM publiée en 2008
Il y a 19 jours
Faut-il éviter le jus de pamplemousse quand on prend des médicaments ?
Oui, pour une vingtaine de substances médicamenteuses.
Le pamplemousse, en fruit ou en jus, contient des substances, les furanocoumarines, qui inhibent une enzyme de notre système de détoxification, appelée CYP3A4 (une forme d’une enzyme nommée cytochrome P450). La conséquence de cette inhibition par le pamplemousse est que notre organisme a plus de mal à éliminer certains médicaments. Prise après prise, ceux-ci s’accumulent dans le corps et le risque d’effets indésirables, parfois graves, augmente.
Plus rarement, le jus de pamplemousse peut diminuer l’efficacité d’un médicament.
Voir la réponse complète
Il y a 26 jours
Que penser du régime cétogène ?
Comme tous les régimes de suppression d’un type d’aliment, il est inefficace sur la durée.

Le régime dit « cétogène » est un régime amincissant qui repose sur la suppression quasi-complète des glucides (sucres et amidon) de l’alimentation : moins de 50 grammes par jour, soit 6 fois moins que la moyenne pour une alimentation équilibrée. Pour apporter les calories nécessaires à la vie, il est alors indispensable de consommer plus de matières grasses (lipides) et de protéines. Pour simplifier, on mange du gras pour maigrir, en supprimant les sucres et féculents !

Dans ce type de régime, le corps doit s’adapter pour fabriquer le glucose (sucre) nécessaire à son fonctionnement. Le foie va en fabriquer à partir des matières grasses (consommées ou présentes dans le corps) mais aussi des réserves de glycogène (une molécule qui sert à stocker le glucose dans le foie et les muscles). Ce mécanisme s’enclenche rapidement (en 48 heures). Au bout de 2 à 3 semaines, les réserves de glycogène s’épuisent et seules les matières grasses (et les protéines des muscles en l’absence d’exercice physique régulier…) servent de carburant. Ces lipides sont décomposés en « corps cétoniques » qui sont utilisés par les cellules pour produire de l’énergie, d’où le nom de régime cétogène.

Ce changement d’alimentation est efficace pour brûler les graisses du corps (sauf bien sûr si on mange beaucoup d’aliments gras !) et une perte de poids est rapidement observée, jusqu’à plusieurs kilogrammes en un mois. Mais il y a un mais…
Le régime cétogène peut provoquer des effets indésirables pénibles : nausées, constipation, fatigue, maux de tête, crampes, mauvaise haleine, voire calculs rénaux. De plus, il peut être à l’origine de déshydratation si la personne ne boit pas davantage que d’habitude. Par ailleurs, la suppression des fruits et de certains légumes expose à des risques de carence en sels minéraux, vitamines, oligo-éléments et fibres (ce qui nuit à la flore intestinale). Enfin, en cas de régime cétogène, il est indispensable de consommer essentiellement des matières grasses végétales (huiles, fruits à coque, avocats, etc.) plutôt qu’animales (beurre, viandes, fromages, etc.) pour prévenir le risque d’excès de cholestérol dans le sang et de « foie gras » (stéatose hépatique).

Pour toutes ces raisons (et pour éviter de déprimer à ne plus manger de glucides…), le régime cétogène ne peut être que temporaire. Et c’est là où le bât blesse : après ce régime, les personnes ont tendance à reprendre rapidement du poids, souvent davantage qu’avant le régime (effet yo-yo).

En conclusion, les médecins nutritionnistes déconseillent le régime cétogène et préfèrent opter pour un rééquilibrage alimentaire comprenant toutes les familles d’aliments, plus facile à respecter dans la durée et, au final, plus efficace.
(Attention, cette réponse n’aborde pas le sujet du régime cétogène dans le traitement de l’épilepsie, un sujet tout à fait différent.)
 
Sources
Le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur les risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, 2010
Il y a 26 jours
Les personnes qui ont été malades de la Covid-19 sont-elles immunisées ?
Oui, pour une durée de plusieurs mois au moins.
 
Au début de la pandémie de Covid-19, des scientifiques ont exprimé leur inquiétude sur la protection immunitaire à la suite d’un épisode de cette maladie. Aujourd’hui, avec presqu’un an de recul, il est possible de dire que les personnes qui ont souffert de Covid-19, confirmée par un test virologique (test PCR), bénéficient d’une protection contre ce coronavirus.
Cette protection est assurée par des anticorps (des protéines immunitaires qui reconnaissent le virus) et des globules blancs spécialisés (ce qu’on appelle l’immunité « cellulaire »). La concentration du sang en anticorps diminue avec le temps, mais l’immunité cellulaire semble persister sans diminution.
Il est bien sûr trop tôt pour connaître précisément la durée de cette protection : nous n’avons même pas un an de recul. Mais les études qui se succèdent semblent indiquer qu’elle dure au moins 6 mois, voire 9 mois. Si l’on prend pour modèle l’immunité contre d’autres coronavirus humains, il est raisonnable de tabler sur la présence d’anticorps pendant un an (beaucoup plus longtemps pour l’immunité cellulaire). Cette durée est, semble-t-il, proportionnelle à la sévérité des symptômes observés : les patients ayant eu une forme sévère pourraient être protégés plus longtemps.
Néanmoins, il existe des cas de réinfections chez des personnes qui ont été malades. Dans certains cas, il s’agit plutôt de réactivation d’un virus qui est resté dormant chez le patient. Mais dans d’autres cas, on a la preuve (génétique) que la réinfection est due à une souche différente de coronavirus. Ces « vraies » réinfections ont plutôt été observées chez des personnes qui avaient fait une forme légère de la maladie, mais pas seulement. Ainsi, dans certains cas rares, l’immunité issue de la première infection n’est pas suffisante. Il est probable que, dans les mois qui viennent, il y ait de plus en plus de cas de réinfections décrits par les médecins, avec la diminution de la concentration du sang en anticorps chez les personnes qui ont déjà eu la Covid-19. Mais ces réinfections devraient être moins sévères (grâce à l’immunité cellulaire).
Parce que la grande majorité des personnes qui ont eu la Covid-19 sont immunisées, les autorités sanitaires recommandent de ne pas vacciner ces personnes, au moins pendant les 3 mois qui suivent la guérison.
 
Sources
Deux articles (sur l'immunité et sur la persistances des anticorps neutralisants) sur ce que l’on sait de l’immunité contre la Covid-19, 2020