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Le 28/02/2022
Manger des pistaches diminue-t-il le cholestérol ?
Il semblerait, à condition de compenser leur apport calorique.
 
Plus d’une dizaine d’études scientifiques se sont penchées sur les effets de la consommation de pistaches (non salées) sur les taux sanguins de cholestérol et de triglycérides. Sur le principe, ces études ont consisté à remplacer entre 15 et 20 % des calories consommées chaque jour par des pistaches (pour maintenir un apport calorique quotidien constant).

En 2016, une analyse croisée de 9 essais cliniques randomisés contrôlés (de petite taille) a conclu que remplacer au moins 15 % des calories quotidiennes par des pistaches, pendant au moins 3 semaines, semblait significativement réduire le taux sanguin de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) et augmenter le taux de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol). Les effets sur le taux de triglycérides étaient moins marqués.

En 2021, une nouvelle analyse croisée, portant cette fois-ci sur 12 essais randomisés contrôlés, a abouti à des conclusions légèrement différentes : une baisse du cholestérol LDL et des triglycérides, mais pas d’augmentation du cholestérol HDL. Dans tous les essais analysés, le rapport LDL/HDL diminuait de manière significative, ce qui est un signe favorable.

En conclusion, il semble bien que la consommation quotidienne d’entre 50 à 85 grammes de pistaches grillées non salées puisse avoir un effet favorable sur les taux sanguins de cholestérol, voire de triglycérides, à la condition expresse que l’apport calorique total quotidien reste constant. Comme 100 grammes de pistaches grillées apportent 615 calories (kcal), il s’agit donc supprimer de 300 à 500 calories provenant d’autres types d’aliments, en particulier les aliments contenant des graisses saturées (viandes rouges ou grasses, beurre, fromages, par exemple). Cette substitution calorique par des pistaches doit être maintenue dans le temps, au moins 3 semaines pour constater un éventuel effet, bien plus longtemps pour un possible effet global sur la santé cardiovasculaire.
 
Sources
 
L’analyse croisée de 2016
L’analyse croisée de 2021
Deux exemples d’essais randomisés sur les effets des pistaches
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19647416/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16580587/
Le 06/05/2021
L’excès de cholestérol est-il pour 80 % génétique, et seulement pour 20 % alimentaire ?
Cela dépend du type d’hypercholestérolémie.
 
Il est impossible de répondre à cette question pour une raison simple : il n’existe pas UN type d’excès de cholestérol mais DES types d’excès de cholestérol différents dans leurs causes et leurs facteurs aggravants.

Par exemple, chez certaines personnes (environ 1 sur 500, soit 130 000 personnes en France), l’excès de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) est d’origine purement génétique, c’est « l’hypercholestérolémie familiale ». Chez ces personnes, les cellules, en particulier celles du foie, ne peuvent pas capter le cholestérol LDL ou pas suffisamment. Elles souffrent d’un excès de cholestérol sanguin très tôt dans leur vie et cet excès est observé même avec une alimentation équilibrée. Cette prédisposition particulière est transmissible à leur descendance.

Pour les personnes qui souffrent d’excès de cholestérol LDL hors forme familiale, les causes de cet excès sont diverses selon les cas :
  • hérédité (moins fortement que dans la forme familiale) ;
  • alimentation trop riche en graisses d’origine animale et en cholestérol ;
  • surpoids et obésité ;
  • activité physique insuffisante ;
  • sexe : les hommes ont un taux de cholestérol LDL plus élevé ;
  • présence d’une autre maladie, par exemple le diabète, l'hypothyroïdie, les maladies du foie et du rein, etc., maladies qui peuvent, elles-mêmes, avoir une prédisposition génétique.
Dans chacun de ces cas, les taux sanguins de cholestérol sont déterminés par un ensemble de facteurs. Par exemple, parce que l’obésité est un facteur de risque d’hypercholestérolémie, l’alimentation et l’activité physique régulière vont jouer un rôle essentiel dans la prévention et le contrôle de ce problème de santé chez les personnes qui ont tendance à être en surpoids, voire obèses. L’alimentation jouera un rôle moins déterminant chez des personnes qui, sans souffrir d’hypercholestérolémie familiale avérée, ont quand même une prédisposition génétique à légèrement moins capter le cholestérol LDL au sein des cellules.

Mais dans tous les cas, les mesures hygiéno-diététiques à appliquer sont sensiblement les mêmes :
  • limiter la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol - les deux sont souvent associés dans les aliments - et augmenter celle de graisses insaturées (en particulier d’acides gras oméga-3) et de fibres.
  • diminuer sa consommation de boissons alcoolisées et arrêter de fumer.
  • pratiquer chaque jour une activité physique soutenue et modérée.
 
Sources
L’association des personnes qui souffrent d’hypercholestérolémie familiale
Des informations de référence sur l’excès de cholestérol LDL et ses traitements, VIDAL
Le 14/01/2020
Comment réduire son taux sanguin de cholestérol LDL sans médicaments ?
Grâce à des règles hygiéno-diététiques simples à adopter.
 
Le traitement contre l’excès de cholestérol LDL (« mauvais cholestérol ») consiste d’abord à adopter des règles d’hygiène de vie et de diététique. Ces mesures sont essentielles mais elles ne doivent pas être excessivement contraignantes pour être suivies dans la durée : le bon régime anti cholestérol, c’est celui que vous pourrez adopter de manière durable.
Les mesures recommandées consistent essentiellement à limiter la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol - les deux sont souvent associés dans les aliments - et à augmenter celle de fibres. L’arrêt du tabac est également vivement recommandé.
S’il n’y avait que 3 mesures simples à retenir pour réduire l’apport quotidien en graisses saturées et en cholestérol, ce seraient les suivantes :
  • évitez d’utiliser le beurre pour cuisiner ;
  • réduisez fortement votre consommation de charcuterie grasse telle que rillettes, saucissons, saucisses et lardons ;
  • évitez de manger du fromage à tous les repas.
D’autres mesures peuvent être adoptées :
  • remplacez le beurre par de la margarine aux phytostérols ;
  • dans les gâteaux, remplacez le beurre par de l’huile ou de la margarine (150 ml d’huile remplacent 200 g de beurre) ;
  • dégraissez les bouillons de viande en les plaçant au réfrigérateur, dégraissez les viandes au couteau avant de les cuisiner ;
  • privilégiez les viandes maigres de poulet, dinde ou lapin, ainsi que le poisson, même gras ;
  • mangez une poignée de fruits à coque non salés tous les jours (noix, amandes, noisettes, etc.) ;
  • préférez les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés ;
  • limitez votre consommation de produits à base de noix de coco ;
  • évitez d’acheter des produits contenant des graisses hydrogénées (acides gras trans) et des huiles de palme, de coprah ou de palmiste, riches en acides gras saturés ;
  • mangez plus de fibres. Les fibres réduiraient l’absorption du cholestérol alimentaire par l’intestin. On les trouve dans les fruits, les légumes, les légumes secs et les céréales complètes.
La consommation de jaune d’œuf (riche en cholestérol) a moins d’impact sur le taux sanguin de cholestérol qu’on ne l’a dit. Son effet semble variable selon des facteurs génétiques propres à chacun.
Chez les personnes en surpoids, limiter l’apport global en matières grasses est prioritaire par rapport à la réduction du cholestérol alimentaire. Perdre du poids contribue à réduire le taux de cholestérol LDL et le risque de maladies cardiovasculaires.
De plus, pratiquer chaque jour une activité physique modérée permet de perdre du poids, contribue à réduire le taux sanguin de cholestérol LDL et augmente celui de cholestérol HDL. L’entraînement optimal pour garder la forme consiste à pratiquer trois fois par semaine une activité d’endurance telle que marche rapide, vélo ou natation, pendant environ 45 minutes. Si trois mois d’application de ces règles ne suffisent pas à ramener le taux de cholestérol LDL à des valeurs acceptables, un traitement médicamenteux est nécessaire.

Sources
« Cholestérol et/ou triglycérides élevés : quel traitement ? », Assurance maladie, 2019
« Maîtriser son taux de cholestérol », Fédération française de cardiologie.
Le 02/01/2020
Le taux de cholestérol doit-il rester en dessous de 2 g par litre ?
 
Cette valeur vaut seulement pour le cholestérol total.
 
À partir de 50 ans, un dosage systématique du cholestérol est effectué tous les cinq ans chez les femmes et tous les trois ans chez les hommes.
On distingue :
  • le cholestérol total qui inclut les taux de cholestérol HDL et LDL, ainsi qu’un cinquième du taux de triglycérides. Le taux de cholestérol total est habituellement inférieur à 2 g/l.
  • le cholestérol LDL, également appelé « mauvais cholestérol », qui compose la majorité du cholestérol total.
  • le cholestérol HDL, également appelé « bon cholestérol », dont le rôle est de capter le cholestérol en excès dans le sang et de le conduire au foie pour qu’il soit éliminé avec la bile.
Des facteurs dits « de risque cardiovasculaire » sont pris en compte pour déterminer le taux souhaitable de cholestérol LDL :
  • l’âge : plus de 50 ans pour un homme ou plus de 60 ans pour une femme.
  • les antécédents familiaux de maladie cardiaque précoce (infarctus) : le risque existe lorsque le père du patient a eu un accident cardiaque avant 55 ans (ou la mère avant 65 ans).
  • l’usage du tabac ou son arrêt depuis moins de trois ans.
  • une hypertension artérielle, même traitée.
  • un diabète de type 2.
  • un taux sanguin de cholestérol HDL inférieur à 0,40 g/l (un taux supérieur à 0,60 g/l annule un facteur de risque).
Le taux de cholestérol LDL souhaitable est déterminé par le médecin en fonction de la présence de facteurs de risque cardiovasculaire. En l’absence de facteur de risque, un taux de cholestérol LDL est considéré comme normal lorsqu’il est inférieur à 1,9 g/l. Si le patient présente un ou plusieurs facteurs de risque (par exemple, un homme de plus de 50 ans), cette valeur limite est de 1,3 g/l (voire 1,0 g/l ou 0,7 g/l si le risque cardiovasculaire est très élevé). Au-delà, des mesures thérapeutiques doivent être prises.
Un homme de 50 ans (un facteur de risque) qui présente un taux de cholestérol LDL de 1,5 g/l et un taux de cholestérol HDL de 0,65 g/l ne sera pas considéré comme nécessitant une prise en charge médicale, car son taux de cholestérol HDL annule le risque lié à l’âge.
 
Sources
« Diagnostic et surveillance des anomalies lipidiques du sang », Assurance Maladie
« Prise en charge des dyslipidémies », 2017

 
Le 17/12/2019
Quels sont les effets indésirables des statines ?
S’ils sont le plus souvent bénins, la vigilance est de mise lors de douleurs musculaires.
 
Les statines sont des médicaments destinés à contrôler le taux de cholestérol dans le sang. Plusieurs études ont montré que les statines ont un rôle important pour prévenir les accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite) et pour réduire le risque de mortalité, en particulier chez les patients présentant un risque cardiovasculaire élevé (par exemple, ceux qui ont déjà eu un accident de ce type).
Néanmoins, le bénéfice du traitement est individuel et doit être estimé par le médecin en fonction des risques encourus. Les personnes qui prennent des statines doivent faire l’objet d’une surveillance médicale régulière. Un premier bilan sanguin est établi après 4 à 6 semaines de traitement et celui-ci est éventuellement adapté par le médecin. Ensuite, un bilan sanguin est pratiqué tous les 3 à 6 mois pour vérifier l’efficacité du traitement.
Les effets indésirables des statines sont le plus souvent bénins : troubles digestifs (constipation, nausées, flatulences, diarrhées, douleurs abdominales), maux de tête, fatigue, vertiges ou crampes. Mais des effets indésirables considérés comme graves existent chez moins de 1 % des utilisateurs et surviennent surtout à fortes doses : augmentation des enzymes du foie (transaminases), atteintes musculaires (lésions musculaires, destruction du tissu musculaire). Des études ont montré que les statines peuvent également augmenter la glycémie. Chez les patients à risque de diabète, une surveillance de la glycémie peut être recommandée.
Si vous prenez un médicament de la famille des statines et que vous ressentez des crampes, des douleurs musculaires, une sensibilité ou une faiblesse musculaire inexpliquée (en particulier au niveau des bras ou des cuisses), signalez-le immédiatement à votre médecin. Les atteintes musculaires sont observées plus fréquemment chez les personnes de plus de 70 ans, celles qui souffrent d’alcoolodépendance, d’insuffisance rénale, d’hypothyroïdie, etc.
Attention, le jus de pamplemousse interagit avec deux statines : la simvastatine et l’atorvastatine. Sa consommation expose à un risque de surdosage et une augmentation des effets indésirables de ces deux statines. Les personnes qui sont traitées par ces médicaments doivent s’abstenir de consommer du pamplemousse (jus et fruit).
 
Sources
« Usage des statines », Assurance maladie, 2013
« Cholestérol et/ou triglycérides élevés : quel traitement ? », Assurance maladie, 2019