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les questions et les décodages

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Il y a 2 jours
Mâcher un chewing-gum peut-il faciliter la digestion ?
Il se pourrait que oui.
 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le fait de mâcher un chewing-gum semble avoir un effet stimulant sur le fonctionnement du tube digestif.

Les études scientifiques disponibles sur ce sujet ont été réalisées dans un contexte particulier. En effet, à la suite d’une intervention chirurgicale sur l’intestin, il arrive que l’on observe des difficultés, pour l’intestin, à reprendre son activité (sa « motricité »). Il se produit une sorte de paralysie temporaire de l’intestin (appelée « iléus »). Pour retrouver une motricité intestinale normale, les chirurgiens digestifs proposent depuis longtemps à leurs patients de mâcher du chewing-gum dans les heures qui suivent leur réveil de l’anesthésie.

L’idée derrière cette pratique est que, par voie réflexe, les mouvements de mastication (habituellement associés à la prise de nourriture) déclenchent des contractions des fibres musculaires qui se trouvent tout au long du tube digestif, de la même manière que le début du repas déclenche les mouvements digestifs indispensables à la digestion.
Diverses études contrôlées ont été menées sur cette pratique, études qui semblent confirmer les bénéfices qu’il y a à mâcher du chewing-gum après une intervention chirurgicale sur les intestins.

Par extension, il se pourrait que mâcher un chewing-gum après un repas puisse contribuer à la digestion, en tout cas stimuler les mouvements du tube digestif pendant celle-ci (mais sans effet sur la dimension « chimique » de la digestion). Néanmoins, aucune étude scientifique ne s’est formellement penchée sur le sujet.
 
Sources
Une analyse croisée des études portant sur les effets de la mastication de chewing-gum après une chirurgie de l’intestin, 2017.
Le 09/12/2020
Est-ce que les automassages du visage lissent les ridules en activant la circulation ?
On n’en sait rien.

Une recherche dans les bases de données scientifiques ne permet d’identifier aucune étude sérieuse ayant été faite à ce sujet.
Le 09/12/2020
Le yoga du visage est-il efficace ?
Oui, selon une toute petite étude qui demande à être confirmée.
En 2018, les médias ont relayé une étude clinique faite sur ce qu’ils ont nommé le « yoga facial ». En fait, on devrait plutôt parler de gymnastique faciale : une série de 32 exercices du visage à réaliser tous les jours pendant une demi-heure, visant à augmenter le volume des muscles de la face et réalisant ainsi une sorte de lifting « de l’intérieur ». Parmi les exercices, ouvrir grand la bouche pour former un O, sourire sans montrer ses dents, sourire intensément, se masser les joues, etc.
Dans cette étude de l'université Northwestern à Chicago, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA Dermatology), 27 femmes âgées de 40 à 65 ans ont été sélectionnées pour la présence de rides dues à l’exposition solaire et une atrophie modérée du visage. Ces femmes ont appris les exercices au cours de deux séances de 90 minutes chacune. Seules 16 femmes sont allées au bout de l’étude.
Au bout de 8 semaines d’exercices quotidiens puis 12 semaines d’exercices un jour sur deux, des dermatologues indépendants ont estimé l’âge des 16 participantes sur des photographies réalisées avant et après 20 semaines (chaque dermatologue ne voyant qu’une photo, soit avant, soit après).
Dans ces conditions, la pratique de ces exercices faciaux a significativement diminué l’âge des participantes tel que perçu par les dermatologues indépendants : de 50,8 ans à 48,1 ans en moyenne, soit une réduction moyenne de 2,7 ans (donc assez modeste). Par ailleurs, les participantes ont exprimé leur satisfaction concernant les résultats obtenus, en particulier elles ont signalé avoir « les joues plus pleines ».
Cette étude est tout à fait préliminaire et doit être menée avec un plus grand nombre de participantes pour pouvoir véritablement dire que cette série d’exercices exerce véritablement un effet sur l’aspect du visage. Deux études plus anciennes avaient, elles, échoué à montrer un effet positif d’exercices du visage.
 
Sources
L’étude publiée dans la revue JAMA Dermatology, 2018
Les études qui ont échoué à montrer un effet d’exercices du visage, 2013 et 2014
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24296342
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24327764
Le 14/10/2020
La broméline (ou bromélaïne) a-t-elle une action anti-inflammatoire ?
Il est trop tôt pour l’affirmer, mais certaines études le suggèrent.

La bromélaïne (également appelée broméline) est un mélange d’enzymes extrait de l’ananas et capable de digérer les protéines. Pour cette raison, elle est utilisée comme additif alimentaire, par exemple pour attendrir la viande. En France, la bromélaïne entre dans la composition d’un médicament destiné à accompagner le traitement des œdèmes (gonflements) liés à une opération ou à un traumatisme.
La bromélaïne est présente dans des compléments alimentaires destinés à soulager les troubles digestifs, l'arthrose et les maladies inflammatoires, les jambes lourdes, les œdèmes (gonflements) dus à la chirurgie ou à un traumatisme, le surpoids ainsi que les règles douloureuses. Quelle validité pour ces allégations ?
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne), après examen des données scientifiques, ont estimé que les produits à base de bromélaïne ne peuvent pas prétendre :
  • réduire la sensation de jambes lourdes, améliorer la circulation dans les petits vaisseaux sanguins, ou augmenter la fluidité du sang ;
  • prévenir ou soulager les digestions difficiles et l’inconfort gastro-intestinal, ou améliorer la digestion des aliments ;
  • contribuer à maintenir l’efficacité du système immunitaire ;
  • aider à perdre du poids ou à maintenir un poids optimal, ou lutter contre la cellulite.
Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les produits contenant de la bromélaïne ou des extraits d’ananas. Mais qu’en est-il de ses supposées propriétés anti-inflammatoires ?
De nombreuses études ont suggéré que la bromélaïne exerce un effet anti-inflammatoire, mais la quasi-totalité de ces études ont été menées dans le tube à l’essai et non chez l’animal ou l’homme, ce qui limite leur portée.
Chez l’animal, une étude suggère que l’administration de bromélaïne réduit l’inflammation de l’intestin chez des souris souffrant de syndrome inflammatoire intestinal. Une autre étude suggère un effet anti-inflammatoire au niveau des bronches chez des souris atteintes d’asthme.
Trois études ont eu lieu chez l’homme. Dans la première, la bromélaïne a été administrée après une intervention visant à enlever les dents de sagesse. Dans cette étude, la bromélaïne a réduit la douleur après l’intervention mais n’a eu aucun effet sur l’œdème ou sur les contractures des mâchoires. La seconde, menée avec un placebo, a montré que l’administration de bromélaïne modifie la réaction de certains globules blancs face à une stimulation, suggérant un effet anti-inflammatoire. Néanmoins, une autre étude contre placebo, menée chez des personnes souffrant d’arthrose du genou, n’a pas observé d’effet anti-inflammatoire.
En conclusion, il est trop tôt pour affirmer que la bromélaïne possède des effets anti-inflammatoires avérés. Néanmoins, les résultats disponibles à ce jour indiquent qu’il serait intéressant de continuer à mener des études à ce sujet.
 
Sources
L’étude sur les souris atteintes de syndrome inflammatoire intestinal, 2005
L’étude sur les souris atteintes d’asthme, 2012
L’étude sur les suites d’extraction des dents de sagesse, 2019
L’étude sur les effets sur les globules blancs chez l’homme, 2013
L'étude sur l’arthrose du genou, 2006
Le 21/09/2020
La fasciathérapie offre-t-elle de réels bénéfices ?
Elle pourrait être utile dans le traitement des troubles musculosquelettiques.
 
Les fascias, ou tissu conjonctif, sont les membranes qui enveloppent et soutiennent les organes. Très riches en collagène, ils peuvent être plus ou moins élastiques ou fibreux, selon les organes qu’ils enveloppent. Les fascias sont présents sous la peau, autour des muscles, autour de certains viscères, etc. Ce sont des tissus chargés du soutien et contribuant à la transmission des forces musculaires. Ils sont parcourus de fibres nerveuses et contribuent également à la sensation de notre corps dans l’espace (la « proprioception »).
Depuis quelques années, une forme de thérapie manuelle, la fasciathérapie, propose de contribuer à la santé à l’aide de massages et de mouvements contrôlés (un peu comme le fait la kinésithérapie). La fasciathérapie est censée être utile pour soulager les douleurs musculosquelettiques (par exemple le mal de dos ou les suites d’un accident), mais également le stress, l’anxiété, la migraine, etc. La fasciathérapie n’est pas remboursée par l’Assurance maladie.
Les études cliniques qui ont été faites sur la fasciathérapie concernent uniquement son application dans le traitement des troubles musculosquelettiques. Ces études, certes modestes mais de bonne qualité méthodologique (randomisation), suggèrent un intérêt dans le mal de dos, l’instabilité de la cheville (chez les footballeurs), le syndrome du canal carpien et plusieurs autres types de troubles articulaires ou tendineux. Par contre, aucune étude sérieuse n’a été publiée dans le contexte de l’anxiété, de la migraine, des troubles digestifs ou gynécologiques, par exemple.
Dès 2002, des travaux ont suggéré que l’acupuncture génère des modifications au niveau des fascias (et des cellules qui les composent, les fibroblastes). De fait, l’extrémité des aiguilles d’acupuncture, une fois posées, se trouve le plus souvent au niveau des fascias. Les auteurs de ces travaux suggèrent que l’effet de l’acupuncture serait lié à une restructuration locale des fascias en réaction au microtraumatisme local. Pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses dont on ne peut tirer ni conclusions, ni applications pratiques. Les liens entre acupuncture et fasciathérapie restent à éclaircir.
 
Sources
Quelques études sur l’intérêt de la fasciathérapie dans les problèmes articulaires
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25603750/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30691738/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31103114/
 
La première étude qui a décrit des liens possibles entre acupuncture et fascias, 2002