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les questions et les décodages

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Il y a 26 jours
Faut-il euthanasier son hamster si on souffre de variole du singe ?
Uniquement s’il n’est pas possible de l’isoler.

Depuis quelques semaines, les médias relaient la découverte de cas de variole du singe chez des personnes dans divers pays. Cette maladie infectieuse, surtout présente en Afrique centrale et de l’ouest, est mal nommée. Les singes y sont sensibles, comme nous, mais ils ne constituent pas le réservoir de ce virus : ce sont plutôt les rongeurs qui en sont la source principale. On devrait parler de variole des rongeurs.
La précédente épidémie hors d’Afrique, qui a eu lieu aux États-Unis en 2003, était liée à l’importation de cricétomes des savanes infectés (Cricetomys gambianus, un rat géant qui peut peser jusqu’à 2 kg) qui ont ensuite contaminé toutes sortes de rongeurs vendus comme animaux de compagnie : souris, rats, hamsters, chinchillas, etc.
 
À la suite de la découverte de cas de variole du singe en Europe, le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) a publié des recommandations. Dans celles-ci, le Centre précise : « Les autorités de santé publique doivent collaborer avec les autorités vétérinaires pour s'assurer que les capacités sont en place pour la mise en quarantaine et le dépistage des mammifères de compagnie qui ont été exposés ou risquent d'être exposés au virus de la variole du singe (c'est-à-dire les animaux de compagnie d’un cas ou d’un contact proche d'un cas).
Les rongeurs de compagnie doivent idéalement être mis en quarantaine dans des installations surveillées qui respectent les règles d'isolement respiratoire (par exemple un laboratoire) et de bien-être animal (par exemple des installations gouvernementales, des chenils ou des organisations de protection des animaux) et être soumis à un test (par PCR) de dépistage de l'exposition avant la fin de la quarantaine. L'euthanasie doit être un dernier recours réservé aux situations où les tests et/ou l'isolement ne sont pas réalisables.
Les autres espèces de mammifères de compagnie peuvent être isolées à la maison si les conditions de bien-être animal le permettent (par exemple, disponibilité d'un espace extérieur clos pour les chiens, contrôles vétérinaires réguliers pour évaluer l'état de santé, interdiction d'accès aux visiteurs, interdiction de quitter le domicile). »
 
En conclusion, l’euthanasie des rongeurs de compagnie doit rester une exception réservée aux cas où leur mise en isolement n’est pas possible.
 
Sources
Les recommandations de l’ECDC sur la variole du singe, 2022 (voir page 9)
Il y a 40 jours
L’huile de tournesol contient-elle des perturbateurs endocriniens ?
Non.
 
L’huile de tournesol, devenue rare sur les étagères de supermarché du fait de la guerre en Ukraine, ne contient pas de perturbateurs endocriniens (au même titre que les autres huiles végétales alimentaires). Ces substances sont néanmoins systématiquement recherchées avant la commercialisation de ces huiles (voir un exemple de fiche technique dans les Sources). Pourquoi ?
Parce que la plupart des perturbateurs endocriniens sont hautement solubles dans les corps gras. Ainsi, par exemple, si une huile végétale est longuement entreposée dans des fûts en plastique contenant des phtalates, en particulier sous un climat chaud, il est possible que ces perturbateurs endocriniens passent dans l’huile en concentrations significatives. Cela a été le cas, il y a quelques années, pour des huiles d’olive provenant de Tunisie. Mais, dans leur état naturel, les huiles végétales alimentaires ne contiennent pas de perturbateurs endocriniens.
 
Depuis quelques années, les scientifiques suspectent que les huiles de friture utilisées trop longtemps (l’huile de tournesol est l’une des huiles de friture les plus employées) puissent, sous l’effet de leur oxydation progressive, générer de possibles perturbateurs endocriniens. Les études sont assez peu nombreuses à ce sujet (en Sources, une étude sur les effets de l’huile de soja oxydée par un usage prolongé en friture sur le fonctionnement des ovaires chez le rat). C’est l’une des raisons qui expliquent que les huiles végétales doivent être renouvelées régulièrement dans les ateliers de friture, ou dans la restauration.
 
Pour compléter ces informations, rappelons que l’huile de tournesol, comme celle de pépins de raisin, de noix ou de soja, contient de grandes quantités d’acides gras oméga-6 : 10 g pour une cuillerée à soupe d’huile de tournesol. Pour une bonne santé cardiovasculaire, nous devrions consommer environ 5 fois plus d’oméga-6 que d’oméga-3 (présents dans les huiles de poissons, de chanvre, de colza ou de lin, par exemple). Or, aujourd’hui, nous en consommons 15 fois plus en moyenne ! Plus de colza, moins de tournesol et moins… d’aliments frits !
 
Sources
 
Un exemple de fiche technique pour l’huile de tournesol, spécifiant l’absence de perturbateurs endocriniens, 2011 
Un article sur les effets de l’huile de soja oxydée sur les ovaires chez le rat, 2019
Il y a 40 jours
La graisse abdominale est-elle dangereuse ?
Probablement pas plus que la graisse sous-cutanée.
 
Régulièrement, dans des magazines consacrés à la santé ou des sites commerçants proposant des compléments alimentaires, la graisse viscérale (« abdominale », celle qui entoure les organes de notre abdomen) est décrite comme étant un péril pour notre santé. Cette affirmation trouve sa source dans un concept médical passé de mode, le « syndrome métabolique ».
Il y a une vingtaine d’années, des médecins ont proposé ce syndrome (c’est-à-dire un ensemble de symptômes) comme prédictif du risque d’accidents cardiovasculaires. Parmi les éléments de ce syndrome, le tour de taille était pris en compte (supérieur à 80 cm chez les femmes et 94 cm chez les hommes), la graisse abdominale étant considérée comme particulièrement évocatrice de problèmes de santé à venir. Les autres éléments étaient le surpoids en général, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, l’excès de cholestérol, etc. Ce syndrome, à la définition souvent variable selon les sources et sans intérêt particulier en termes de pronostic, a cessé d’être reconnu dès 2006 (ses symptômes sont bien sûr toujours pris en compte, mais séparément).
 
Même après l’abandon de ce syndrome, la graisse viscérale a continué à être considérée comme un facteur de mauvaise santé. Bien sûr, l’excès de masse grasse (surpoids, puis obésité) est lié à un risque augmenté de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancers. Mais il semble y avoir peu de différence entre la graisse sous-cutanée (sous la peau) et la graisse viscérale. Sur 34 000 patients, une grande étude japonaise sur les risques cardiovasculaires (la JPHC-NEXT) n’a pas trouvé, à masse grasse égale, de différence entre les personnes à fort tour de taille et les autres.
 
Néanmoins, il est un domaine où la graisse viscérale semble se distinguer de la graisse sous-cutanée. Au sein des deux types de graisses, des globules blancs, les macrophages, produisent des substances, appelées « adipokines », qui maintiendraient un état inflammatoire chronique au sein de l’organisme. Cet état inflammatoire « à bas bruit » serait un facteur de risque pour les maladies du cœur et des vaisseaux sanguins, ainsi que pour la santé du foie. La graisse viscérale étant plus riche en macrophages que la graisse sous-cutanée, elle contribuerait ainsi davantage à cette inflammation chronique, en particulier au niveau du foie. Mais, pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses qui demandent à être confirmées par davantage d’études scientifiques.
 
En conclusion, la graisse abdominale, comme celle sous-cutanée, est un facteur de risque de plusieurs maladies. Mais les experts ne sont pas d’accord sur une éventuelle plus grande dangerosité de cette graisse particulière qui tend à augmenter avec l’âge. Les mesures de prévention de l’accumulation de cette graisse sont les mêmes que pour celle sous-cutanée : alimentation équilibrée et activité physique régulière.
 
Sources
« Syndrome métabolique » : une construction artificielle inutile aux soins. Revue Prescrire, 2006 
Kahn R. « Metabolic syndrome—what is the clinical usefulness? », The Lancet, 2008 
« Inflammation, adipokines et obésité », La Revue de Médecine Interne, 2009
Le 14/03/2022
Le vinaigre de cidre est-il efficace pour soulager les hémorroïdes ?
Aucune preuve n’existe et certains médecins le déconseillent.
 
Les hémorroïdes sont des crises douloureuses dues à l’inflammation et la dilatation excessive des veines hémorroïdaires autour de l’anus. La constipation est leur principale cause car elle entraîne des efforts de poussée répétés pour l’évacuation des selles. Certains aliments semblent favoriser les crises, notamment les viandes, les plats épicés, le café, le thé, les colas et divers alcools. De plus, une alimentation pauvre en fibres et une hydratation insuffisante provoquent le durcissement des selles, et rendent leur évacuation problématique.
Certains sites internet font la promotion du vinaigre de cidre (pur en applications locales ou dilué dans un bain de siège) pour soulager les crises d’hémorroïdes. Une recherche dans les bases de données des articles et études scientifiques ne donne aucun résultat. Visiblement, ce remède de grand-mère n’a jamais été évalué.

La seule mention issu d’une autorité médicale à ce sujet se trouve sur le site internet de la Cleveland Clinic (Etats-Unis). Les médecins de cette clinique alertent : « N’utilisez pas ce remède car son usage répété pourrait irriter la peau et aggraver la situation. »
Une étude clinique contrôlée a été menée en 2016 sur l’application de vinaigre de cidre pur sur les varices des jambes, une autre forme de dilatation veineuse superficielle, en complément des traitement habituels (120 patients). Les patients qui ont utilisé le vinaigre de cidre ont signalé significativement moins de douleur, de démangeaisons, de gonflement de sensation de jambe lourde que ceux qui ne l’avaient pas utilisé. Mais cette étude n’a pas été confirmée par d’autres études et elle ne permet pas de tirer de conclusions sur un usage du vinaigre de cidre sur les hémorroïdes.
 
Sources
L’avis de la Cleveland Clinic, juillet 2019
L’étude clinique sur l’application de vinaigre de cidre sur les varices, 2016
Le 28/01/2022
Le brossage à sec a-t-il un intérêt pour la circulation lymphatique et la cellulite ?
Probablement pas.
 
Le brossage à sec de la peau est ni plus ni moins qu’un massage quotidien du corps à l'aide d'une brosse sèche à poils raides. Il est promu pour se débarrasser de la peau morte, augmenter la circulation sanguine et lymphatique de la peau, voire améliorer l'apparence de la cellulite. Le brossage se fait avec une brosse naturelle à poils rigides pour le bain ou la douche, de préférence avec un long manche. Certaines brosses sont plus rigides que d'autres et elle doit être adaptée à la sensibilité de votre peau de chacun. Il est habituellement recommandé de pratiquer ce brossage avant la douche et d’appliquer une lotion hydratante après celle-ci.

Aucune étude scientifique n’a étudié les effets du brossage à sec. Les dermatologues s’accordent à dire que son action mécanique est une façon d’éliminer la peau morte (la couche la plus superficielle de la peau), au même titre que les gommages ou l’usage d’un gant de crin, voire d’un gant de toilette sec pour les peaux les plus sensibles.

De plus, comme les massages, le brossage à sec est probablement un moyen de stimuler la circulation sanguine et lymphatique de la peau, voire de stimuler le réveil le matin. Mais il n'existe aucune preuve que le brossage à sec réduise la cellulite ou son apparence - cette affirmation n'est étayée par aucune étude scientifique.

Attention, les dermatologues mettent en garde sur les éventuels effets indésirables du brossage à sec. Ne vous brossez jamais à sec sur des grains de beauté, des verrues, des coupures, éraflures ou lésions, ni sur les plaies ou la peau brûlée, y compris les coups de soleil. Ne brossez jamais sur des zones d'infection, de rougeur ou d'irritation. Si vous remarquez une rougeur, un gonflement ou une inflammation pendant le brossage, arrêtez immédiatement. De plus, il est déconseillé de brosser la peau du visage.
Enfin, si vous remarquez des éléments inhabituels de votre peau, prenez rendez-vous avec votre dermatologue.

Sources
 
Un article sur le sujet de la Cleveland Clinic, États-Unis