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Il y a 2 jours
La Covid-19 peut-elle déclencher une maladie de Hashimoto ?
Un seul cas a été décrit à ce jour. D’autres formes d’hypothyroïdie semblent apparaître plus fréquemment.
 
La maladie de Hashimoto est due à l’apparition d’une réaction immunitaire contre certaines protéines de la glande thyroïde. Elle se traduit par une hypothyroïdie à l’origine de fatigue et d’une prise de poids, entre autres. Cette réaction immunitaire est dite « auto-immune » parce qu’elle affecte les cellules du corps du patient, normalement protégées contre les attaques de son système immunitaire. Il existe de nombreuses maladies auto-immunes : lupus érythémateux, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, etc. Il n’est pas rare que ces maladies se déclenchent à la suite d’une infection (grippe, hépatite virale, mononucléose, par exemple).
Dans le contexte de la Covid-19, il a été observé des manifestations de l’infection au niveau de la thyroïde, en particulier des cas de thyroïdite subaiguë (une inflammation modérée de la thyroïde), de thyrotoxicose (un excès d’hormones thyroïdiennes) ou d’hypothyroïdie (un fonctionnement insuffisant de la thyroïde).
En ce qui concerne précisément l’hypothyroïdie auto-immune (maladie de Hashimoto, caractérisée par la présence dans le sang d’anticorps dirigés contre des protéines de thyroïde), un cas a été décrit en juillet 2020 à Singapour chez un patient qui venait de souffrir de Covid-19, confirmé par la présence dans le sang d’un taux élevé d’anticorps contre une enzyme thyroïdienne, la thyroperoxidase. Ce cas, unique à ce jour, a été soigné de manière habituelle par la prescription d’hormones thyroïdiennes.
D’autres manifestations d’auto-immunité ont également été observées la Covid-19 et de nombreuses études sont en cours pour évaluer le rôle de cette auto-immunité dans les symptômes qui peuvent persister après la maladie (la « Covid longue »).
En conclusion, l’apparition de maladie de Hashimoto après une Covid-19 a été décrite mais elle semble exceptionnelle. Plus fréquemment, des cas d’autres formes d’hypothyroïdie ont été signalés mais sans apparition d’anticorps auto-immuns.
 
Sources
Sur les troubles de la thyroïde qui apparaissent après une Covid, novembre 2020
Sur le cas de maladie de Hashimoto signalé à Singapour, juillet 2020
Il y a 4 jours
Doit-on éviter certains masques en tissu pour se protéger contre les nouveaux variants du coronavirus ?
À condition de choisir un masque suffisamment couvrant et bien ajusté au visage.
 
En janvier 2021, certains médias ont révélé que le Haut conseil de la santé publique (HCSP) aurait recommandé au gouvernement français de déconseiller l’utilisation de masques en tissu lavables dits « de catégorie 2 AFNOR » ou « UNS2 » (ce qui comprend les masques en tissu artisanaux) pour prévenir la Covid-19. Le HCSP aurait justifié sa recommandation à la lumière de l’émergence de nouveaux variants du coronavirus (anglais et sud-africain) probablement plus transmissibles (les dernières données évoquent une augmentation de 30 % de la transmissibilité).
Pour rappel, les masques en tissu de catégorie 2 protègent des particules infectieuses flottant dans l’air avec une efficacité de filtration de 70 % pour des particules d'une taille de 3 μm. Les masques en tissu de catégorie 1, comme les masques chirurgicaux, protègent contre ces mêmes particules avec une efficacité de 90 %.

Que penser de cette recommandation ? Tout d’abord, il est essentiel de comprendre que, si les nouveaux variants se révélaient réellement plus transmissibles, cela ne viendrait pas de leur mode de transmission, mais de leur plus forte capacité à infecter les cellules après la contamination. En d’autres termes, ces variants se transmettent exactement comme les souches « habituelles » : principalement par inspiration d’aérosols dans l’air ambiant (on parle d’aérosol pour des particules d’un diamètre inférieur à 5 μm). Pour cette raison, les gestes barrières, dans leur ensemble, sont aussi efficaces contre ces nouveaux variants que contre les souches habituelles.
La matière des masques en tissu de catégorie 2 est effectivement moins efficace que celle de catégorie 1 (ou que celle des masques chirurgicaux) pour bloquer les aérosols (70 % contre 90 %). Néanmoins, il est important de garder à l’esprit qu’un masque de catégorie 1 très couvrant et bien ajusté au visage sera probablement plus efficace qu’un masque de catégorie 1 trop petit, mal ajusté ou mal porté. En effet, dans ce dernier cas, le risque d’inspirer de l’air non filtré (0 % de protection) via les zones non jointives est plus important. Pour se protéger de la Covid-19, la taille et l’ajustement du masque sont aussi importants que la capacité de filtration de la matière. Donc si vous optez pour un masque en tissu de catégorie 1, ou un masque chirurgical, veillez à ce que celui-ci soit bien couvrant et bien ajusté à votre visage. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, vous serez mieux protégé qu’avec un masque de catégorie 1.
Doit-on, comme en Bavière, porter des masques FFP2 dont le taux de protection est supérieur à 90 % ? Outre le fait que ces masques sont plus coûteux (et bien plus inconfortables) que les masques de catégorie 1, il est essentiel de les réserver en priorité aux personnes très exposées (comme les professionnels de santé ou les personnels médico-sociaux), ainsi qu’à celles particulièrement vulnérables aux formes sévères du fait d’une autre maladie. Pour cette raison, il est peu probable que le gouvernement français suive la politique du Land de Bavière. Une pénurie de masques FFP2 mettrait en danger celles et ceux qui s’occupent des personnes malades de la Covid-19.
Information importante, le HCSP a également demandé au gouvernement d’augmenter les recommandations de distanciation physique, en passant de 1 à 2 mètres (distance minimale qui a été choisie par de nombreux pays depuis le printemps 2020).
 
Sources
 
L’information du gouvernement sur les différents types de masques, 2020
Les conseils de l’AFNOR en réaction aux recommandations du HCSP, 19 janvier 2021
Il y a 5 jours
Laver les fruits et légumes à l’eau courante suffit-il à les débarrasser des pesticides ?
Mieux vaut les blanchir rapidement ou utiliser un bain de bicarbonate de soude.
 
Même si, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses), les taux de pesticides présents sur les fruits et légumes ont fortement diminué ces dernières années, il est légitime de se demander comment réduire les traces de pesticides présentes à la surface des fruits et des légumes « non bio ».
En 2018, des chercheurs ont publié une synthèse des connaissances scientifiques sur les effets du lavage pour éliminer les pesticides sur la peau des fruits et légumes. Selon les études évoquées dans cette synthèse, l’effet du lavage varie selon la nature de pesticide : ceux solubles dans l’eau ont davantage tendance à être éliminés que ceux qui sont solubles dans les matières grasses. Par exemple, la tralométhrine, le pyrifénox ou le pyridabène, souvent présents sur les tomates et les poivrons, sont peu éliminés par le rinçage car ils sont gras. De plus, les pesticides qui ont tendance à pénétrer la peau des fruits et légumes sont plus difficiles à éliminer par un rinçage.
Quelle est la meilleure méthode pour éliminer le plus possible les traces de pesticides ? Les auteurs de la synthèse signalent que, mieux que le rinçage sous l’eau froide (pendant 5 minutes, ce qui est très long), la méthode la plus efficace consiste à faire rapidement blanchir les fruits et légumes dont on souhaite consommer la peau : une minute dans l’eau bouillante immédiatement suivie d’un rinçage à l’eau froide (pour préserver les couleurs des fruits et légumes).

Les auteurs évoquent également le fait de faire tremper les fruits et légumes dans une eau vinaigrée (une cuillère à café par litre d’eau) ou additionnée de détergents, ce qui semble plus efficace que l’eau. Mais ils signalent que l’on ne sait pas grand chose des produits issus de la réaction du vinaigre ou du détergent avec les pesticides. Il est donc indispensable de bien les rincer après ce type de bain.
Une autre étude, publiée en 2017, a observé qu’un bain de 15 minutes contenant du bicarbonate de soude (50 g par litre d’eau) diminue plus efficacement les traces de pesticides sur les pommes qu’un bain d’eau pure ou un bain contenant une petite dose d’eau de javel, pour la même durée de trempage. De nouveau, mieux vaut rincer les fruits et légumes après ce bain.
Deux méthodes (blanchiment rapide et bain de bicarbonate de soude, dans les deux cas suivi d’un rinçage rapide à l’eau) semblent donc plus efficaces que le rinçage prolongé à l’eau pure. Néanmoins, ces méthodes n’éliminent pas les pesticides qui auraient pénétré la peau, ni ceux qui pourraient se trouver dans la pulpe. Pour complètement éliminer les pesticides présents sur et dans la peau, seul l’épluchage est efficace. Mais il réduit la richesse nutritionnelle des fruits et légumes (moins de vitamines, de polyphénols (anti-oxydants) et de fibres).
 
Sources
 
L’avis de l’Anses sur la présence de pesticides sur les fruits et légumes, 2018
La synthèse des connaissances sur les effets du rinçage, 2018
L’effet d’une solution vinaigrée, 2017
L’effet des bains de bicarbonate de soude et de javel diluée, 2017
Il y a 5 jours
Que penser des vaccins à ARN contre la Covid-19 ?
Ils ont montré une très bonne capacité à prévenir les formes légères à modérées de Covid-19.
 
À l’heure ou nous écrivons ces lignes, deux vaccins dits « à ARN messager » sont disponibles en France contre la Covid-19. Un troisième pourrait arriver au cours du premier semestre 2021. Ces vaccins utilisent une technologie récente, déjà utilisée en médecine vétérinaire, mais jamais en médecine humaine. Pendant quelques jours après l’injection, ils stimulent la production d’une protéine du virus par certaines cellules de notre corps. Ils sont ensuite éliminés (comme le sont les ARN messagers de nos cellules).
Ces deux vaccins ont été évalués dans des essais cliniques de grande taille (plusieurs dizaines de milliers de personnes) contre placebo. Les résultats de ces essais sont très similaires pour ces deux vaccins.

Tout d’abord, ils semblent d’une très bonne efficacité pour prévenir les formes légères à modérées de la Covid-19 : plus de 9 personnes vaccinées sur 10 sont protégées (ce qui est une excellente performance pour un vaccin). De plus, leurs effets indésirables à court terme semblent assez rares. Hormis les réactions de type fièvre et fatigue juste après l’injection (classiques pour des vaccins), le seul point à surveiller est l’apparition très rare de cas de paralysie faciale réversible chez certaines personnes vaccinées. De plus, chez les personnes qui souffrent d’allergie sévère (nécessitant d’avoir en permanence avec soi un stylo-injecteur d’adrénaline), des réactions allergiques importantes ont parfois été signalées (sans conséquence grave).
Néanmoins, il reste certaines questions relatives à ces vaccins, du fait de la rapidité de leur développement. Par exemple, concernant leur efficacité, on ne dispose pas encore de preuves formelles sur leur capacité à prévenir les formes sévères (même si les données vont déjà dans ce sens) ou sur leur capacité à empêcher la transmission (dans le cas où une personne vaccinée serait infectée sans symptômes). Les données concernant les personnes de plus de 75 ans ne sont pas encore assez nombreuses pour prouver une efficacité dans cette population (mais rien ne semble indiquer le contraire).
Dans les essais, les patients vaccinés ont été suivis pendant quelques semaines après la vaccination. Il est donc trop tôt pour savoir quelle sera la durée de l’immunité acquise grâce à la vaccination, ainsi que pour connaître d’éventuels effets indésirables à long terme.
Les réponses à certaines de ces questions arriveront dans les semaines qui viennent grâce au suivi continu des grands essais cliniques, ainsi que grâce à des études complémentaires. Enfin, la vaccination d’environ 8 millions de personnes depuis le début de 2021 permettra également d’obtenir des informations complémentaires sur leur efficacité et leur sécurité à long terme.
 
Sources
 
Sur le vaccin Pfizer/BioNTech
Sur le vaccin Moderna
Il y a 10 jours
Les vaccins à ARN contre la Covid-19 peuvent-ils être à l’origine de formes aggravées de cette maladie lors d’infection malgré la vaccination ?
Cette possibilité, réelle et exceptionnelle dans d’autres maladies virales, est activement surveillée.
 
Est-il possible que la vaccination contre la Covid-19 (quel que soit le type de vaccin) puisse être à l’origine de maladie plus sévère en cas d’infection malgré la vaccination ?
Ce phénomène, complexe sur le plan immunologique, a été décrit dans plusieurs maladies, chez l’homme (cas du vaccin contre la dengue, par exemple) comme chez l’animal (cas du vaccin contre la péritonite infectieuse du chat, due à un coronavirus). De plus, chez l’homme, des essais de vaccin contre la bronchiolite infectieuse du nourrisson menés dans les années 1960 ont été arrêtés à cause d’une plus grande mortalité chez les nourrissons vaccinés. Si vous souhaitez des informations plus détaillées, lisez l’article sur le sujet dans nos Sources, le format de cette réponse étant trop court pour entrer dans les détails.

Du fait de cette possibilité, exceptionnelle mais réelle, l’ensemble des vaccins qui sont développés aujourd’hui (et pas seulement contre la Covid-19) sont surveillés pour prévenir ce type de problème. Par exemple, dans les essais cliniques des vaccins contre la Covid-19, les agences de sécurité des médicaments ont imposé des mesures de surveillance destinées à s’assurer que les rares personnes vaccinées qui développaient néanmoins la Covid-19 ne fassent pas des formes systématiquement sévères. Pour les deux vaccins commercialisés aujourd’hui en Europe, ce n’était pas le cas dans les essais cliniques.
De plus, tout au long de la vie des vaccins, quels qu’ils soient, tout cas de contamination en dépit de la vaccination ayant abouti à une forme sévère de la maladie est signalée aux agences de surveillance des médicaments et une recherche d’une éventuelle facilitation par la vaccination est faite.
En conclusion, il s’agit d’une éventualité réelle (mais exceptionnelle) qui est activement surveillée, pendant les essais cliniques comme après la mise sur le marché.
 
Sources
 
Un article qui fait le point sur le sujet des maladies aggravées par la vaccination (en français)