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les questions et les décodages

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Le 27/10/2018
Le palmier nain (saw palmetto) est-il efficace pour les problèmes de prostate ?
Peut-être.
La prostate est une petite glande de la taille d'une noix située sous la vessie. Elle sécrète des fluides entrant dans la composition du sperme. Elle entoure la partie supérieure de l'urètre, le tube urinaire, à l'endroit où celui-ci rejoint la vessie.
Cette glande a tendance à prendre du volume à l’approche de la quarantaine, et continue à grossir avec l'âge. Chez certains hommes, la glande prostatique peut dépasser de plus de sept fois sa taille initiale. Si la prostate devient trop volumineuse, elle risque d'étrangler l'urètre et de gêner l'émission d'urine. Cette croissance excessive est appelée hypertrophie bénigne de la prostate ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou adénome de la prostate.
L’HBP ne provoque aucun symptôme chez deux tiers des hommes de plus de 50 ans, mais les risques de voir se développer une HBP symptomatique augmentent avec l'âge : après 60 ans, 60 % des hommes en souffrent et ce chiffre passe à 90 % après 85 ans.
Le palmier nain (Serenoa repens ou saw palmetto) est un arbuste dont les baies contiennent des stérols, substances qui auraient la propriété de soulager les symptômes de l’HBP.
La Commission E (chargée des produits de phytothérapie au Ministère de la Santé allemand) et l'Organisation mondiale de la Santé reconnaissent l'usage du palmier nain dans « le traitement des difficultés urinaires liées à l'HBP ».
L’Agence européenne du médicament (EMA) accorde le statut d’« usage médical bien établi dans le traitement symptomatique de l’HBP » uniquement aux extraits de palmier nain obtenus avec l’hexane comme solvant d’extraction. De plus, elle n’accorde le statut d’« usage traditionnel pour soulager les symptômes du bas appareil urinaire liés à l’HBP » qu’aux extraits de palmier nain obtenus avec l’éthanol comme solvant d’extraction.
Néanmoins, en 2012, une analyse croisée d’une vingtaine d’essais cliniques publiée par la Cochrane Library n’a pas pu confirmer la supériorité d’extraits de Serenoa repens vis-à-vis d’un placebo dans le traitement des symptômes de l’HBP.
En France, des médicaments à base d'extraits de palmier nain sont disponibles pour soulager les symptômes de l’HBP, dont un seul utilise l’hexane pour extraire les principes actifs et aucun n’utilise l’éthanol.
 
Sources
La fiche monographique de l’EMA sur le palmier nain, 2015.
https://www.ema.europa.eu/documents/herbal-monograph/final-european-union-herbal-monograph-serenoa-repens-w-bartram-small-fructus_en.pdf
 
L’analyse croisée d’études publiée par la Cochrane Library, 2012.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3513282/
 
Le 24/10/2018
Peut-on mourir après avoir mangé un space cake ?
Oui, indirectement.
Une recherche dans diverses bases de données n’a identifié qu’un seul cas documenté de décès après l’ingestion d’un space cake (pâtisserie contenant du cannabis ou un dérivé du cannabis). Ce décès était lié au déclenchement de troubles du comportement importants ayant justifié une arrestation au cours de laquelle le consommateur a fait un arrêt cardiaque, entraînant son décès.
Ce cas illustre le fait que, comme pour toute consommation de cannabis, le danger vient essentiellement des conséquences psychiques de la consommation, y compris du fait d’une prise de risque plus importante et, donc, de plus fréquents accidents sous l’emprise du cannabis.
Par ailleurs, des cas de troubles cardiaques immédiatement après consommation de cannabis sont régulièrement signalés par les médecins : le risque d’infarctus du myocarde est 5 fois plus élevé dans l’heure qui suit la prise de cannabis chez les personnes exposées à ce type d’accident cardiovasculaire.
Le cas est différent chez les enfants qui ont accidentellement consommé un ou des space cakes. Des cas d’intoxication justifiant une hospitalisation sont régulièrement signalés. Dans certains cas, ces enfants sombrent dans le coma ou doivent être placés sous ventilation assistée.
 
Sources
 
Sur l’augmentation du risque d’infarctus après consommation de cannabis
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6173198/
 
Sur la toxicité de l’ingestion de cannabis chez l’enfant
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28888560
 
Le 18/10/2018
La mélatonine favorise-t-elle vraiment le sommeil?
Oui, mais attention.
La mélatonine est une hormone fabriquée par une région du cerveau (épiphyse ou glande pinéale) pendant la nuit. Sa sécrétion régule les rythmes quotidiens en fonction de la luminosité et informe l’organisme sur la saison selon les variations de la durée du jour.
Depuis quelques années, la mélatonine connaît un certain succès populaire pour soulager les troubles du sommeil et prévenir les effets du décalage horaire. Vrai ou faux ?


 
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Le 17/10/2018
Prendre un complément alimentaire de glycine permet-il vraiment de ralentir le vieillissement ?
Non. Sauf si vous êtes un fibroblaste muté japonais.
Certains sites internet (qui se proposent de vous en vendre) vantent les vertus de la glycine (l’une des briques de nos protéines) pour ralentir les effets du vieillissement. Cette allégation trouve entre autres sa source dans les travaux d’une équipe japonaise, et en particulier un article paru en 2015 dans la revue Nature. Dans cet article, des fibroblastes (les cellules qui produisent, entre autres, le collagène qui soutient nos tissus) ont été privés de certains gènes nécessaires au bon fonctionnement de leurs mitochondries, les organes qui permettent aux cellules de respirer. Cette modification génétique produit des effets proches de ceux du vieillissement sur ces organes respiratoires. Chez ces fibroblastes mutés, un apport de glycine rétablissait les fonctions des mitochondries. Une autre source d’inspiration pour cette allégation est une étude de 2011 qui montrait, chez des rats, qu’une supplémentation en glycine augmentait la durée de vie. Cette étude, présentée à une conférence, n’a jamais été publiée sous forme d’article, ni reproduite par d’autres équipes et les mérites supposés de la glycine reposent essentiellement sur des extrapolations à partir d’autres études portant sur les effets de la restriction calorique ou en protéines. Ainsi, malheureusement, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour pouvoir dire qu’une supplémentation en glycine ralentit les effets du vieillissement.
 
Le 17/10/2018
La restriction calorique est-elle bénéfique à la longévité ? 
Oui, chez les souris de laboratoire, les moucherons et les vers. Non, chez le singe (et probablement l’homme).
La restriction calorique, c’est-à-dire le fait de manger nettement moins qu’on ne le ferait spontanément, a longtemps été le Graal des personnes qui souhaitaient vivre plus longtemps. En effet, chez les souris et quelques autres animaux de laboratoire, réduire de 30 % la consommation de calories tout au long de l’âge adulte prolonge significativement la vie. Étude après étude sur ces animaux, on a pu montrer que c’était plutôt la restriction en protéines qui exerçait cet effet sur la longévité, voire la restriction en certains acides aminés.
Malheureusement, les résultats d’une étude de restriction calorique menées chez les macaques rhésus par le National Institute of Aging (Etats-Unis) ont été décevants. Après jusqu’à 25 ans de restriction calorique (les singes vivent longtemps), aucun effet n’a été observé sur leur longévité. Mais ceux qui avaient une alimentation réduite ont néanmoins présenté moins de maladies cardiovasculaires et de cancers (dont le surpoids est un facteur de risque).
Finalement, ces études montrent une chose désormais bien connue : que l’équilibre alimentaire et la lutte contre le surpoids réduisent le risque de maladies potentiellement mortelles. Et donc augmentent notre longévité plus sûrement que les régimes ou les compléments alimentaires.
 
Sources
L’étude sur la restriction calorique chez les macaques rhésus
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3832985/