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Le 31/10/2018
Les probiotiques peuvent-ils être dangereux pour la santé ?
Les seuls cas de toxicité signalés étaient le fait de contaminants.
 
Les probiotiques sont des bactéries, des levures et autres micro-organismes qui peuplent notre intestin et d’autres parties de notre corps. De nombreux aliments fermentés en contiennent et on a récemment vu une multiplication des compléments alimentaires en proposant.
Parce que l’expression « probiotique » regroupe une immense variété de micro-organismes, il est impossible de répondre sur l’ensemble de ces bactéries et levures.
Les articles scientifiques qui évoquent une possible toxicité des compléments alimentaires contenant des probiotiques font en général référence à de possibles contaminants dans ces produits, en particulier une bactérie nommée Enterococcus faecium qui peut être à l’origine de troubles intestinaux, ou un champignon microscopique, Rhizopus oryzae. Mais il s’agit là de contaminants, pas de probiotiques.
Certains sites internet mentionnent la possibilité de prendre du poids lors de prise de probiotiques, en s’appuyant sur le fait que certains d’entre eux sont utilisés en élevage pour augmenter le poids des porcs. Mais, de nouveau, les probiotiques utilisés en élevage ne sont pas forcément de la même espèce que ceux proposés dans les compléments alimentaires ou présents dans les aliments fermentés.
À ce jour, les autorités de santé n’ont publié de mise en garde sur la prise de probiotiques qu’à destination des personnes dont l’immunité est affaiblie par l’âge, une maladie (par exemple une leucémie aiguë, un lymphome sévère, le VIH/sida, etc.), un médicament (par exemple les médicaments anticancéreux, les biothérapies contre les maladies  auto-immunes, les médicaments contre le rejet d'une greffe, etc.), ou à des nourrissons.
 
Sources  
Un cas de toxicité de probiotiques chez un nouveau-né prématuré, dû à un contaminant
https://www.vidal.fr/actualites/14621/immunosuppression_la_fda_met_en_garde_contre_l_utilisation_de_certains_complements_alimentaires/
Le 30/10/2018
Manger des amandes tous les jours, est-ce une bonne idée ?
Oui, une petite poignée par jour selon les recommandations officielles, mais pas plus de 50 grammes pour éviter un effet toxique.
Les amandes avec peau ou émondées sont une source de nutriments intéressants : acides gras mono et polyinsaturés (oméga 9, 6 et 3), calcium, magnésium, potassium, phosphore, vitamine E et B9, par exemple. Peu sucrées (8,8 g de glucides pour 100 g), elles sont riches en protéines (25,8 g pour 100 g) et en lipides (52,5 g pour 100 g, donc 52,5% de MG !), ce qui les rend caloriques (631 kcal pour 100 g).
Les dernières recommandations nutritionnelles publiées par le Haut Conseil de la Santé Publique invitent à manger une petite poignée de fruits secs non salés tous les jours, amandes mais également noix, noisettes, noix de cajou, pistaches… pour varier les plaisirs et les apports nutritifs.
Un internaute nous a demandé si consommer 100 g d’amandes émondées par jour posait un problème pour la santé. Le problème principal est leur richesse calorique : 100 g représentent entre un tiers et un quart de l’apport calorique conseillé chaque jour pour la plupart d’entre nous ! Donc un vrai repas à elles seules.
De plus se pose la question de la toxicité de l’acide cyanhydrique (oui, du cyanure) présent dans les amandes douces (concentration estimée à 2,5 mg pour 100 grammes). Selon l’EFSA (l’Agence européenne de la sécurité des aliments), la dose toxique aiguë de référence (voir orale) pour l’acide cyanhydrique chez l’homme est de 20 microgrammes par kg de poids corporel, ce qui équivaut à 1,4 mg pour un homme de 70 kg (qui sont apportés par 56 g d’amandes douces). Cent grammes d’amandes douces apporteraient donc une dose d’acide cyanhydrique supérieure à la dose toxique telle que définit pas l’EFSA.
Attention, nous parlons ici d’amande douce issue de l’amandier. Les amandes amères et celles de noyaux d’abricot contiennent des quantités d’acide cyanhydrique élevées qui en limitent, voire interdisent, la consommation (amandes amères, autour de 100 mg pour 100 g ; amandes d’abricot, jusqu’à 3500 mg pour 100 g !).
Les allégations circulant sur internet conseillant de consommer des amandes d’abricot en cas de cancer (10 à 80 amandes d’abricot par jour, soit entre 5 et 40 g) exposent donc à des doses mortelles d’acide cyanhydrique. Ce serait dommage vu que ces allégations sont sans fondement scientifique.

Sources
 
Tables CIQUAL sur la composition des aliments
https://ciqual.anses.fr/#/aliments/15000/amande-(avec-peau)
 
Recommandations nutritionnelles du HCSP de 2017
https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=hcspa20170216_reperesalimentairesactua2017.pdf
 
Avis sur la toxicité des amandes d’abricot du Comité scientifique de l’Agence fédérale belge sur la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), 2016
http://www.afsca.be/comitescientifique/avis/2016/_documents/Avisrapide11-2016_SciCom_2016-14_acidehydrocyanique_000.pdf

 
Le 30/10/2018
Le jus de betterave fait-il baisser la tension ?
Oui, et de manière significative.
De nombreuses études ont montré que le jus de betterave peut faire diminuer la pression artérielle (la « tension ») chez les personnes qui souffrent d’hypertension artérielle.
Ces études montrent que son effet est essentiellement lié à sa forte concentration en nitrates : en effet, les effets du jus de betterave sur la tension peuvent être quasiment reproduits en administrant seulement la dose de nitrates présente dans le jus. Néanmoins, le jus de betterave semble exercer un effet légèrement supérieur à la dose de nitrates, indiquant ainsi que d’autres substances de la betterave aurait un effet additionnel.
 
Petit rappel sur la pression artérielle : en France, on l’exprime habituellement en centimètre de mercure (cmHg) et les valeurs maximales « normales » sont de 14 (cmHg)/9 (cmHg). Le premier chiffre correspond à la pression « systolique » (quand le cœur se contracte), le second à la pression « diastolique » (quand le cœur se relâche).
 
Une analyse croisée (« méta-analyse ») de 43 études cliniques comparant le jus de betterave à un placebo a montré que l’ajout de jus de betterave à l’alimentation de personnes hypertendues peut diminuer la pression systolique de 0,9 cmHg en moyenne, et diminuer la pression diastolique de 0,5 cmHg en moyenne. Cet effet est intéressant car on sait qu’une diminution de 0,5 cmHg de la pression systolique suffit pour diminuer significativement le risque d’AVC et d’accident cardiovasculaire.
L’effet du jus de betterave sur la tension est proportionnel à la quantité de jus bue chaque jour (les études utilisaient des doses allant de 0,07 à 0,5 litre par jour) et à la durée du traitement (avec un effet maximal après deux semaines de traitement). Cet effet semble être plus intense chez les personnes en surpoids.
Néanmoins, soyons clair. En cas d’hypertension artérielle, le jus de betterave ne peut pas remplacer un traitement médicamenteux adapté. Ces effets ne sont pas assez importants et l’hypertension insuffisamment traitée expose à des accidents cardiovasculaires graves (AVC, par exemple).
Si vous êtes hypertendu et que ce sujet vous intéresse, parlez-en à votre médecin traitant et envisagez ensemble l’éventualité d’ajouter le jus de betterave à vos habitudes alimentaires.
 
Sources
L’analyse croisée des 43 essais cliniques portant sur le jus de betterave dans l’hypertension artérielle
https://academic.oup.com/advances/article/8/6/830/4772205
 
Le 30/10/2018
Les fruits dits bio sont- ils vraiment exempts de pesticides?
Oui
Les fruits et légumes bio sont de plus en plus présents sur les rayons des supermarchés. Issus d’une agriculture qui n’utilise ni pesticides, ni herbicides, ni facteurs de croissance, sont-ils plus nutritifs que les aliments issus de l’agriculture classique ? Mais contiennent-ils davantage de vitamines ?
Voir la réponse complète
Le 28/10/2018
Faut-il faire une cure de raisin pour se detoxifier ?
On n’en sait rien.
Ces dernières années ont vu le grand retour d’une pratique qui avait disparu après la seconde guerre mondiale : la cure uvale, ou monodiète uvale. Cette pratique consiste à manger uniquement du raisin pendant quelques jours, pour aider son corps à « détoxifier ».
 
Populaire à partir des années 1860, avec un pic dans les années 1930, la cure uvale était essentiellement pratiquée dans les régions productrices de raisin, surtout avec du raisin chasselas réputé dans ce contexte. Les municipalités installaient des « stations uvales » dans les jardins municipaux où il était possible de trouver du raisin tout au long de la journée (ou, parfois, du jus de raisin).
Le raisin est riche en sucres (15,5 g pour 100 g), pauvre en fibres, avec des apports intéressants en potassium (191 mg/100g), ainsi qu’en vitamine K1 et en bêta-carotènes (les précurseurs de la vitamine A). Les pépins contiennent des fibres et des acides gras insaturés.
 
En pratique, la cure uvale consiste à manger à volonté du raisin bien mûr  (avec les peaux et les pépins, en mâchant bien) et uniquement du raisin, en buvant également beaucoup d’eau ou de tisanes. La consommation se fait tout au long de la journée, sans respecter les heures de repas. Une personne consomme en moyenne entre 2,5 et 3,5 kg par jour, et la cure ne doit pas dépasser une semaine. Il est essentiel de consommer du raisin bio. La viticulture est le plus gros consommateur de pesticides en France (20 % de la consommation nationale pour 3,7 % de la surface agricole utile).
 
Dans les années 1930, l’Académie de médecine recommandait la cure uvale pour lutter contre « la constipation, certaines diarrhées, les congestions hépatiques, les calculs biliaires, la goutte, bien des affections de la peau, et en général, tous les états pathologiques d’arthritisme ».
Aucune étude scientifique n’existe pour valider ou invalider la cure uvale. On ne sait rien de ses effets, si ce n’est que sa richesse en sucre la rend inadaptée aux personnes diabétiques.
Le concept de « détoxification » lui-même n’a pas de base scientifique. Le raisin est légèrement diurétique ce qui, avec la consommation d’eau qui est augmentée pendant la diète uvale, favorise l’élimination urinaire.
 
Sources
Un documentaire des années 1930 sur les stations uvales fait par le Ministère de l’Agriculture
http://www.ina.fr/video/VDD10045584
 
Base CIQUAL de la composition des aliments
https://ciqual.anses.fr/#/aliments/13112/raisin-cru