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les questions et les décodages

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Il y a 21 jours
Les cancers de l’enfant se traitent-ils de la même manière que ceux de l’adulte ?
Oui, les modalités de traitement sont essentiellement les mêmes.
 
Chaque année, en France, 1800 cas de cancers pédiatriques (chez des enfants de moins de 15 ans) sont diagnostiqués, dont environ 1200 chez des enfants âgés de moins de 5 ans. De plus, environ 700 cas de cancers sont diagnostiqués chaque année chez des adolescents de 15 à 18 ans. Certains de ces cancers sont spécifiques à l'enfant, la plupart des cancers de l'adulte n'existant pas chez l’enfant. Aujourd’hui, les traitements permettent de guérir en moyenne 80 % de ces cancers, ce pourcentage variant selon le type de cancer et son étendue au moment du diagnostic.
Le traitement des cancers pédiatriques repose sur les mêmes modalités que ceux des cancers des adultes : chirurgie (pour enlever la tumeur et, parfois, reconstruire le corps), radiothérapie (rayons ionisants) et, bien sûr, chimiothérapie, largement utilisée chez les enfants. Cette dernière est le traitement principal des cancers du sang : leucémies (quand les cellules sanguines cancéreuses circulent dans le sang) et certains lymphomes (quand les cellules sanguines cancéreuses sont localisées dans une tumeur).
Parmi les chimiothérapies, on distingue les chimiothérapies « classiques », qui visent à détruire les cellules cancéreuses, et les « thérapies ciblées » qui visent à bloquer certaines fonctions essentielles à la croissance des cellules cancéreuses. Ces thérapies ciblées (ou « biothérapies ») sont essentiellement des anticorps qui neutralisent certaines substances nécessaires à la multiplication des cellules cancéreuses.
D’autres modalités de traitement commencent à être prescrites :
  • l’immunothérapie, qui vise à renforcer l’action du système immunitaire contre les cellules cancéreuses ;
  • les thérapies dites « anti-angiogéniques » qui visent à réduire l’irrigation sanguine des tumeurs ;
  • les greffes de cellules souches hématopoïétiques, les cellules qui sont à l’origine des différentes cellules du sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes. Les cellules souches greffées proviennent soit d’un prélèvement de moelle osseuse, soit d’un prélèvement de sang. Elles sont prélevées soit sur le patient lui-même, soit sur un donneur. Parfois, les cellules souches greffées sont issues de sang prélevé dans un cordon ombilical après la naissance.
 
Sources
Mon enfant a un cancer : comprendre et être aidé, Institut national du cancer, 2014 
Le cancer des enfants, Association Imagine for Margo
Il y a 27 jours
Peut-on prévenir les cancers ?
Oui, on estime que 40 % des cas de cancers peuvent être prévenus.
 
Quatre cancers sur 10 résultent de l’exposition à des facteurs de risque liés à nos modes de vie et comportements, et pourraient donc être évités. Cela représente 142 000 cancers évitables sur un total de 355 000 diagnostiqués chaque année en France.
Pour se protéger du cancer, il est préférable d’adopter certaines habitudes de vie.
 
Arrêter le tabac : le tabac est la première cause de cancer, tous cancers confondus (1 cancer sur 5, un décès dû au cancer sur 3). Pour y parvenir, il est préférable de se faire accompagner par un professionnel de santé.
 
Modérer sa consommation d’alcool : la consommation de boissons alcoolisées est la 2e cause de cancer, tous cancers confondus (8% des cancers, 16 000 décès par an sur les 41 000 liés à la consommation d’alcool). Les recommandations sont de ne pas boire plus de 2 verres par jour, et pas tous les jours. Mais le risque de cancer est augmenté dès le premier verre.
 
Manger plus équilibré : une alimentation déséquilibrée serait responsable de 5,4 % des cancers. Pour prévenir le cancer, mieux vaut manger beaucoup de fruits et de légumes et un petit peu de protéines animales (viandes, poissons, œufs... en réduisant la part des viandes rouges et charcuteries et en limitant la consommation de poissons à deux ou trois fois par semaine).
 
Surveiller son poids : près de 19 000 nouveaux cas de cancers en France seraient attribuables à une surcharge pondérale en 2015, soit 5,4 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers.
 
Pratiquer une activité physique régulière : en permettant de mieux contrôler son poids, l’activité physique régulière, associée à une alimentation équilibrée, contribue à réduire le risque de cancer. C’est particulièrement vrai pour les cancers du sein et les cancers colorectaux.
 
Se protéger du soleil : l’exposition aux rayons ultra-violets (soleil, cabines de bronzage) est responsable de 3 % des cancers. Mieux vaut porter des vêtements couvrants, un chapeau et s’enduire régulièrement de lotion protectrice avec un FPS (facteur de protection solaire) élevé (plus de 30).
 
Se vacciner contre les virus responsables de cancers : les vaccinations contre l’hépatite B (responsable de cancers du foie) et les infections à papillomavirus (responsables de cancers du col de l’utérus) sont efficaces pour se protéger de ces cancers particuliers.


Sources
Réduire les risques de cancers, Institut national du cancer
Le 28/09/2020
Le venin d’abeille est-il efficace contre les cancers ?
Malheureusement sa toxicité le rend inutilisable en pratique.
 
Récemment, la presse s’est fait écho d’une étude australienne publiée dans la revue Nature et qui montre qu’un composant du venin d’abeille, la mélittine, bloque la multiplication de cellules issues de cancers du sein dits « triples négatifs ». Contrairement à ce que certains de ces articles grand public ont affirmé, cette étude n’a pas porté sur des souris atteintes de ce cancer, mais sur des cellules cancéreuses en culture.
Les effets de la mélittine sont étudiés depuis plus de 20 ans dans divers domaines de la médecine : cancérologie, infections par des micro-organismes résistants aux antibiotiques courants, maladies inflammatoires chroniques, etc. Il ne s’agit donc pas d’une découverte récente.
Dans le tube à essai (en l’occurrence dans les cultures de cellules cancéreuses), la mélittine a montré des effets toxiques sur les cellules de nombreux cancers : de la peau, du sein, de la prostate, de la vessie, etc.
Alors pourquoi n’utilise-t-on pas cette substance dans le traitement des cancers ? Parce que lorsqu’on injecte de la mélittine à un animal, cela provoque la destruction d’autres cellules du corps, en particulier les globules rouges (on parle alors d’« hémolyse »), ce qui provoque des effets indésirables graves, voire mortels. La mélittine agit en créant des orifices dans la membrane des cellules (ce qui entraîne leur destruction) mais sans distinguer les cellules qu’elle attaque.
Des équipes de chercheurs essaient depuis des années de transformer la mélittine pour la rendre moins toxique pour les cellules saines et plus toxique pour les cellules cancéreuses. Malheureusement, cela n’est pas encore possible et la mélittine reste sur les étagères des laboratoires, comme de nombreuses autres substances ayant montré une activité sur les cultures de cellules cancéreuses mais trop toxiques pour être utilisées en pratique.
 
Sources
L’étude australienne publiée début septembre 2020 dans Nature
Une synthèse des connaissances sur l’action de la mélittine contre les cancers, 2017
Le 22/12/2019
Le champignon polypore oblique est-il efficace contre le cancer ?
Il est trop tôt pour l’affirmer.
 
Le polypore oblique (Inonotus obliquus, également appelée « chaga ») est un champignon parasite du bouleau, fréquent en Russie, en Corée et au Japon (mais également présent… en Auvergne !). Dans ces pays, il est utilisé dans le cadre de la phytothérapie traditionnelle pour faciliter la digestion, soulager les inflammations et lutter contre les infections respiratoires bénignes de l’hiver.
De très nombreuses études scientifiques ont été menées depuis une dizaine d’année avec des extraits de polypore oblique. Ceux-ci sont riches en myco-polysaccharides et en des substances particulières, comme la chagabusone ou le peroxyde d’ergostérol, par exemple.
Dans le tube à essai, les extraits de polypore oblique ont montré une activité certaine contre des cellules de cancer colorectal, de cancer du poumon ou de mélanome (cancer de la peau). Ces effets semblent liés à la concentration de ces extraits en peroxyde d’ergostérol, en chagabusone, mais aussi à celle de diverses substances de la famille des terpènes.
Une étude menée chez la souris a cherché à évaluer si ces effets anticancéreux sont retrouvés lors d’administration de ces extraits à des animaux. Chez des souris inoculées avec des cellules de cancer du poumon, l’administration intraveineuse continue d’extraits de polypore oblique a ralenti la croissance des tumeurs du poumon et des métastases associées (mais elle n’a pas guéri ce cancer, ni montré de rôle préventif avant inoculation par les cellules cancéreuses). Cette étude était menée contre placebo.
Précisons que le mode d’administration choisi était l’intraveineuse continue parce que les principes actifs de ce champignon (comme ceux du maïtaké ou du reishi, deux autres champignons utilisés en phytothérapie) ne sont pas absorbés par l’intestin. Une fois ingérés, ils se retrouvent dans les selles, à l’exception d’une petite fraction qui semble être digérée par les bactéries de la flore intestinale. Les deux seuls médicaments anticancéreux issus des champignons (prescrits au Japon) sont administrés par voie intraveineuse, en même temps que la chimiothérapie, dans le cadre du traitement des cancers du tube digestif ou du col de l’utérus.
Deux conclusions : en l’état des connaissances, rien ne permet d’affirmer que les extraits de polypore oblique sont efficaces contre le cancer chez l’homme et, dans tous les cas, la prise de polypore oblique par voie orale ne permet pas à ses substances actives d’être absorbées par l’intestin.
 
Sources
 
Deux exemples d’études sur des cellules cancéreuses en culture : L’étude récente portant sur des souris, 2016
Une synthèse des connaissances sur les effets des extraits de polypore oblique, 2018
Le 16/12/2019
Le pamplemousse est-il mauvais pour les cancers du sein, comme la grenade ?
Par précaution, il est à éviter lors de traitement par chimiothérapie.
 
Commençons tout d’abord par dire qu’aucune étude n’a jamais montré que la grenade était déconseillée en cas de cancer du sein. Au contraire, au début des années 2000, de nombreuses études ont été publiées montrant que le jus (en particulier fermenté) ou des extraits de grenade réduisait la prolifération de cellules de cancer du sein dans le tube à essai. Néanmoins, ces études n’ont jamais menées à une grande étude clinique chez la femme pour évaluer leurs capacités à prévenir ou soulager les cancers du sein. Donc, s’il est impossible d’affirmer que la grenade soit bénéfique en cas de cancer du sein, il semble très peu probable qu’elle soit nocive.
Concernant le pamplemousse, son effet négatif est lié à ses interactions avec certains médicaments de chimiothérapie. En règle générale, lorsqu’on reçoit un traitement contre le cancer, il est préférable de ne pas consommer de jus de pamplemousse. C’est également le cas d’autres médicaments prescrits pour d’autres maladies. Consultez notre réponse à ce sujet.
 
Sources
Trois études sur les effets du jus ou des extraits de grenade sur les cellules du cancer du sein
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=kapoor+pomegranate+2015
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=kim+pomegranate+2002
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15554563
Le thésaurus des interactions médicamenteuses de l’ANSM, septembre 2019 (le jus de pamplemousse est aux pages 180-181)