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les questions et les décodages

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Il y a 33 jours
Les antennes téléphoniques peuvent-elles perturber les vaches laitières ?
Oui, dans certaines configurations locales particulières.
 
Le sujet de l’effet des champs électromagnétiques (CEM, dus aux installations électriques ou aux antennes téléphoniques) sur la santé animale et humaine est suivi de près par les autorités. Que ce soit chez l’homme, les animaux d’élevages ou les insectes (en particulier les abeilles), des cas de problèmes de santé sont régulièrement signalés après l’installation d’un transformateur électrique, de câbles à haute tension enterrés ou d’une antenne 4G ou 5G. Un syndrome, appelé « électrosensibilité », a été établi pour décrire les personnes qui semblent particulièrement sensibles aux CEM.
 
Le sujet est vaste mais, concernant les animaux d’élevage et en particulier les vaches laitières, les cas décrits (animaux stressés, chute de la production de lait) semblent liés à l’action combinée de champs électromagnétiques, de la géologie locale et, semble-t-il, des structures métalliques des bâtiments d’élevage.
En février 2021, l’OPECST (l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques) a tenu des auditions sur l’impact des CEM sur les animaux d’élevage. Ces auditions ont permis la production d’un rapport qui a été remis au ministre de l’Agriculture en juin 2021 par le député Philippe Bolo. Selon les conclusions de l’OPECST, chez l’animal d’élevage, le rôle des courants parasites dans l‘apparition de certains troubles du comportement (regroupements anormaux, refus de traite, etc.) fait consensus. Ces courants parasites trouvent en partie leur origine dans les installations électriques proches de l’élevage.
Selon l’OPECST, il faut distinguer deux types d’effets potentiels des CEM : effets directs et effets indirects. S’agissant des effets directs des CEM sur les animaux, aucune étude scientifique n’a pu établir un lien de causalité direct entre CEM et santé des animaux.
En revanche, pour les effets indirects (courants électriques parasites circulants dans les structures métalliques induits par l’interaction des CEM avec ces structures et, possiblement, le sol et le sous-sol), certaines études concluent à des réponses de stress d’intensité modérée à sévère, variables selon les espèces animales.
 
Dans les auditions menées par l’OPECST, des experts ont témoigné que la mise en place, par des géobiologistes, de mesures adaptées à la géologie locale et aux structures métalliques des élevages touchés qui ont permis de réduire les effets négatifs observés après l’installation, à proximité, d’infrastructures générant des CEM. L’efficacité de ces solutions semble confirmer le rôle conjoint des CEM, de la géologie et des structures métalliques locales dans l’apparition des troubles observés. L’OPECST a, dans les conclusions de son rapport (dont nous recommandons la lecture aux personnes intéressées par le sujet, voir Sources), demandé la mise en place d’un observatoire « pour inventorier, caractériser et documenter les exploitations concernées par des difficultés supposées imputables aux champs électromagnétiques. »
 
Sources
Le rapport de l’OPESCT sur ce sujet, 2021
Le compte-rendu des auditions menées par l’OPECST, 2021
Un décodage du quotidien Le Monde sur les effets supposés de la 5G, 2019
Un texte de la Fédération française des télécoms sur le sujet, 2021
Le 28/04/2021
Les aliments préparés dans un four à micro-ondes sont-ils dangereux ?
Non, mais il est important de respecter les consignes des fabricants.
Tout d’abord, rappelons que les fours à micro-ondes fonctionnent grâce à des ondes électromagnétiques qui sont calibrées pour agiter les molécules d’eau contenues dans les aliments. Cette agitation crée de la friction entre ces molécules et donc de la chaleur à l’intérieur de l’aliment.
 
Les ondes des fours ne sont pas dangereuses, même en cas de petites fuites pour cause d’un joint d’étanchéité vieillissant ou abimé. Pour les personnes cardiaques qui en sont équipées, les stimulateurs cardiaques modernes sont protégés de l’influence de ces ondes, pour peu qu’elles restent dans les seuils autorisés.
 
Concernant les aliments préparés dans ces fours, ils ne sont pas une source d’ondes, celles-ci cessent à l’arrêt du cycle de chauffage. Reste la question de la fuite de substances chimiques contenues dans les emballages et récipients et qui viendraient se mélanger aux aliments.
 
En 2015, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié une mise en garde à ce sujet. En particulier, concernant les barquettes alimentaires en polypropylène (très fréquentes), les essais menés dans trois conditions de réchauffage (température ambiante, chauffage au four à micro-ondes en suivant les préconisations du fabricant et chauffage en conditions poussées) ont révélé la présence de POSH (oligomères de polyoléfines constitués de chaînes hydrocarbonées saturées, des substances hydrocarbures utilisées dans les plastiques) dans plusieurs échantillons conservés à température ambiante. Leur teneur augmente lors du réchauffage, et notamment dans le cas d’un réchauffage poussé (température plus élevée et durée allongée). 

En l’absence de données de sécurité sur ses substances, l’Anses recommande donc aux consommateurs de suivre scrupuleusement les recommandations des fabricants (puissance et durée de cuisson) indiquées sur les emballages alimentaires, un réchauffage poussé augmentant le risque de migration des substances. L’Anses recommande également d’éviter d’utiliser des emballages abîmés ou présentant des traces d’usure. 

Pour bien utiliser son four à micro-ondes, l’Anses recommande également de : 
  • toujours vérifier avant utilisation que le récipient est compatible avec un usage au four à micro-ondes (présence d’une indication du fabricant) et en bon état ;
  • ne pas recycler d’emballages à usage unique en récipients micro-ondables (par exemple, la réutilisation d’une barquette alimentaire) ;
  • privilégier un temps de réchauffage long mais à faible puissance (par exemple, préférer 2 minutes à 650 W plutôt que 50 secondes à 1270 W), notamment en l’absence de consignes précises sur l’emballage d’un aliment.
Sources
La mise en garde de l’Anses, 2015.
https://www.anses.fr/fr/content/emballages-alimentaires-un-r%C3%A9chauffage-%C3%A0-puissance-trop-%C3%A9lev%C3%A9e-augmente-le-risque-de
 
Un document du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail sur la sécurité des fours à micro-ondes, 2018.
https://www.cchst.ca/oshanswers/phys_agents/microwave_ovens.html
 
Un article sur l’efficacité et la sécurité des fours à micro-ondes pour les aliments des enfants, écrit par des pédiatres, 2016.
http://www.pediatre-online.fr/alimentation/cuisson-au-micro-ondes-efficacite-et-securite/
 
Le 19/03/2019
Un smartphone transmet-il des ondes nocives ?
À l’inverse des rayons X ou de la radioactivité, les radiofréquences (ondes) des téléphones portables ne peuvent ni rompre les liaisons chimiques des molécules ni causer d’ionisation dans le corps humain. Dans le cadre de la téléphonie, leur puissance est telle qu’elles sont rapidement arrêtées par la peau et les organes, mais aussi par l’air (donc la distance entre l’appareil et l’utilisateur). À court terme, un certain nombre d’études ont recherché les effets des radiofréquences sur l’activité électrique du cerveau, les fonctions intellectuelles, le sommeil, le rythme cardiaque et la pression artérielle, sans montrer d’effets néfastes. La plus grande étude épidémiologique à ce jour, INTERPHONE, coordonnée dans 13 pays par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC, en lien avec l’OMS), n’a montré aucune augmentation du risque de gliome ou de méningiome (deux types de cancer du cerveau) en relation avec l’utilisation d’un téléphone mobile sur une période supérieure à 10 ans.
 
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