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Le 12/04/2019
Le chocolat donne-t-il des boutons ?
Il peut aggraver l’acné, en particulier chez les hommes jeunes qui y sont prédisposés.
Grâce à plusieurs études cliniques dont les résultats convergent, il est quasi certain aujourd’hui que la consommation de chocolat, en particulier de chocolat noir, peut exacerber une acné, en particulier chez les hommes de moins de 30 ans qui ont des antécédents personnels pour cette infection de la peau.
 
Parmi les études qui ont permis d’arriver cette conclusion, une étude menée sur une trentaine d’hommes, pour moitié âgés de 20 à 30 ans, et de 45 à 75 ans pour l’autre moitié, dont aucun n’avait d’antécédents d’acné. Ces participants ont consommé 10 grammes/jour de chocolat noir à 70 % de cacao pendant 4 semaines (et aucune autre source alimentaire de cacao). Chez les hommes les plus jeunes, les chercheurs ont observé une augmentation significative du nombre de lésions d’acné, associée à une augmentation du nombre de bactéries dites « Gram positif » sur la peau, celles qui provoquent les lésions d’acné.
Une autre étude, portant sur 54 hommes et femmes âgés en moyenne de 21 ans, a trouvé des résultats similaires, dans les deux sexes, mais à un moindre degré. Ils avaient consommé 43 g de chocolat au lait (ou des bonbons pour le groupe témoin).
Enfin, une étude randomisée et contrôlée en double aveugle (la meilleure façon de mener une étude) menée sur des hommes âgés de 18 à 35 ans (avec des antécédents d’acné) a retrouvé les mêmes résultats avec du cacao en poudre, dès le 4ème jour après ingestion du cacao.
 
En conclusion, les personnes jeunes sujettes à l’acné doivent rester vigilantes sur les effets du chocolat sur la santé de leur peau.
 

Sources
Quatre études qui montrent que la consommation de cacao augmente le risque d’acné
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6169599/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4025515/
https://www.jaad.org/article/S0190-9622(16)01395-5/pdf
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26711092
Le 16/11/2018
Les traitements alternatifs contre les boutons de fièvre (dentifrice, vinaigre, bicarbonate, etc.) sont-ils efficaces ?
Non.
Divers articles disponibles en ligne vantent des solutions alternatives en cas de bouton de fièvre (herpès labial) : vinaigre de cidre, dentifrice, bicarbonate, jus de citron, eau salée, ail, lait, glaçon, etc. Qu’en penser ?
 
Éliminons d’emblée les solutions pour lesquels il n’existe aucun raisonnement derrière l’allégation : eau salée, application de glace (qui, néanmoins, peut réduire temporairement l’inflammation et la douleur), jus de citron et bicarbonate de soude. Aucune étude, aucun témoignage, aucune efficacité.
 
Penchons-nous plutôt sur celles qui reposent sur plus de justifications :
  • le vinaigre de cidre : il est promu à toutes les sauces en ce moment. Une étude existe (sur des cultures de virus de l’herpès labial) qui montre une certaine efficacité du marc de cidre. Mais rien sur le vinaigre de cidre. Et ça doit piquer un peu, non ?
  • le dentifrice : l’intérêt de la pâte dentifrice sur les boutons de fièvre est mentionné depuis longtemps, du fait de la concentration des dentifrices en sodium lauryl sulfate, un antiseptique puissant. Aucune étude n’existe. De plus, certaines personnes souffrent d’hypersensibilité au sodium lauryl sulfate présent dans les dentifrices, hypersensibilité que l’on suspecte de déclencher des… boutons de fièvre !
  • l’ail : les substances contenues dans l’ail ont des propriétés antiseptiques démontrées. Aucune étude n’a cependant montré d’intérêt pour l’ail dans le traitement des boutons de fièvre et, de plus, il convient de se méfier : l’application locale d’ail peut provoquer des brûlures de la peau !
  • le lait : la logique derrière l’utilisation du lait dans l’herpès labial repose sur sa richesse en lysine, un acide aminé. De fait, plusieurs études cliniques ont montré que la lysine, prise par la bouche à doses élevées, réduisait la fréquence, la sévérité et la durée des crises d’herpès. Néanmoins, les doses de lysine utilisées dans les études cliniques allaient de 500 à 3000 mg par jour, infiniment plus que ce qui est contenu dans quelques gouttes de lait appliquées localement (le lait entier frais contient un peu moins de 3000 mg de lysine par litre).
En conclusion, peu d’intérêt pour ces méthodes alternatives.
 
Sources
L’étude sur le marc de cidre
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3359624/
 
Un article de synthèse sur les traitements naturels des boutons de fièvre
http://archive.foundationalmedicinereview.com/publications/11/2/93.pdf
 
Une mise au point d’un fabricant de dentifrice sur l’intérêt dans l’herpès labial
https://www.colgate.com/en-us/oral-health/conditions/mouth-sores-and-infections/toothpaste-on-cold-sore--does-it-work-