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Le 28/11/2019
La sève de bouleau a-t-elle des bénéfices pour la santé 
C’est peu probable.
 
Le bouleau (Betula alba, B. pendula, B. pubescens) est très utilisé en phytothérapie dans les pays d’Europe du Nord. On emploie les jeunes feuilles séchées, la sève, les bourgeons et parfois l’écorce. Par distillation des feuilles, on obtient une « huile de bouleau » utilisée sur la peau. Aujourd’hui, les feuilles de bouleau sont principalement proposées comme diurétique naturel, pour augmenter le volume des urines et participer au traitement des infections urinaires. Elles sont également utilisées pour aider à l’élimination des calculs urinaires (sable ou petits « cailloux »), dans les reins ou la vessie.
 
La sève de bouleau est collectée au printemps pendant une très courte période (une à deux semaines). À cette période, l’arbre sort de son sommeil hivernal et pompe de l’eau dans le sol. Cette eau est mélangée à des substances nutritives contenues dans les racines et envoyée vers les bourgeons naissants. La pression de la sève montante dans les canaux du bois est tellement forte qu’il suffit de fendre ce bois pour récupérer une partie de cette sève. Ce phénomène est similaire à celui présent dans les érables à sucre et dont on fait le sirop d’érable.
 
La sève de bouleau est traditionnellement utilisée dans les pays du Nord comme « tonique » pour sortir de l’hiver, l’idée étant que si c’est bon pour les bourgeons, c’est bon pour nous. La sève de bouleau contient 99 % d’eau. Les 1 % restants sont essentiellement des sucres (glucose, fructose), des minéraux (potassium, magnésium, calcium), des enzymes, des acides présents dans les fruits (acide malique, acide citrique, etc.), des acides aminés, etc.
Récemment, les producteurs de sève de bouleau ont commencé à produire du sirop de bouleau en faisant réduire la sève (comme pour le sirop d’érable). Ils espèrent commercialiser ce sirop pour les mêmes usages que celui d’érable.
 
Aucune étude clinique n’a été faite pour évaluer les effets de la sève d’érable sur la santé. En effet, comme elle contient des substances assez communes et présentes dans de nombreux aliments, les chercheurs ne voient pas l’intérêt de l’étudier. La seule étude faite en 1989 sur des rats n’a montré aucun effet notable.
 
Attention, les personnes qui présentent un terrain allergique (les personnes dites « atopiques ») peuvent présenter des réactions allergiques lors de consommation de sève de bouleau. Les propriétés irritantes (« urticantes ») des feuilles de bouleau sont utilisées dans les saunas russes et finlandais pour stimuler la circulation sanguine (les personnes se fouettent avec des bouquets de feuilles fraîches).
 
Sources
 
Une présentation sur la sève de bouleau par un biochimiste de l’Université d’Helsinki (Finlande), 2013
http://www.helsinki.fi/ruralia/materiaalit/nwfp2013/Heikki%20Kallio.pdf
 
L’étude menée chez les rats, 1989
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2594828
 
L’étude sur les personnes atopiques, 1980
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7214889
 
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Le 28/10/2019
Manger bio réduit-il le risque de cancer ?
On n’en sait toujours rien.
Récemment, les unes de journaux l’ont proclamé : « Manger bio réduit le risque de cancer » en s’appuyant une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Ces titres oublient l’un des grands principes de la science : « Corrélation n’est pas causalité. » En d’autres termes, ce n’est pas parce que deux choses arrivent en même temps que l’une est forcément la cause d’autre. Elles peuvent simplement avoir toutes les deux une cause commune. Revenons sur ce cas qui montre bien tout ce qui peut déraper dans la publication et la médiatisation d’une étude.
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Le 19/04/2019
Combien peut-on manger de bananes par semaine sans constipation ?
Beaucoup… car elles ne constipent pas.
 
L’idée que les bananes constipent est une idée fausse. Certes les bananes qui ne sont pas mûres contiennent une forme d’amidon qui est plus lente à digérer, certes les bananes sont utilisées pour ralentir le transit des personnes (surtout des enfants) souffrant de diarrhées, mais elles ne constipent pas les personnes qui ont un transit régulier. La seule étude scientifique montrant un pouvoir constipant chez l’adulte concerne les bananes sauvages… au Laos.
Si les bananes ralentissent le transit en cas de diarrhée, c’est grâce à leur richesse en pectines. Mais chez les personnes qui souffrent de constipation, les pectines agissent en retenant l’eau dans l’intestin et facilitent le transit.
Les deux facteurs limitant la consommation de bananes sont leur teneur en calories (110 kcal pour une banane moyenne de 120 g) et leur teneur en potassium (430 mg pour une banane moyenne). L’apport maximal journalier recommandé de potassium est de 3 500 mg/j, soit 8 bananes moyennes.
Considérant que d’autres aliments apportent eux aussi du potassium, mieux vaut donc se limiter à 6 ou 7 bananes moyennes par jour (ce qui représente quand même autour de 700 kcal soit environ un tiers de l’apport quotidien moyen !).
 
Sources
 
Tables Ciqual de composition des aliments
https://ciqual.anses.fr/#/aliments/13005/banane-pulpe-crue
 
Deux articles sur les effets positifs des bananes en cas de constipation
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0021755717306381?via%3Dihub
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4126267/
 
L’étude sur les bananes sauvages au Laos
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4126267/
 
 
Le 15/04/2019
Quels sont les bienfaits de la betterave crue et cuite ?
Ils sont nombreux, mais mieux vaut éviter les excès.
 
Sur le plan nutritionnel, la betterave, qu’elle soit crue ou cuite, apporte à peu près les mêmes nutriments : du calcium (autour de 20 mg/100 g de betterave), du magnésium (environ 18 mg/100 g), des béta-carotènes précurseurs de la vitamine A (20 microgrammes/100 g), de la vitamine B9 (folates, 90 mg/100 g) et beaucoup de potassium (environ 320 mg/100 g). Cette richesse en potassium en limite la consommation : pas plus d’un kg par jour (ou de jus issu de 1 kg de betteraves par jour).
 
Les autres propriétés de la betterave sur la santé sont liées à sa richesse en nitrates. En effet, ces nitrates sont transformés en nitrites par la flore intestinale et en oxyde nitrique (monoxyde d’azote, NO) par le corps. L’oxyde nitrique a des effets sur la circulation sanguine : il tend à dilater les vaisseaux sanguins lorsque l’oxygénation des cellules diminue.
Les effets du jus de betterave (et de ses nitrates) ont été évalués chez des sportifs (avec une amélioration de l’endurance cardiorespiratoire) et chez les personnes âgées (avec une amélioration des effets positifs de l’activité physique régulière sur le cerveau).
De plus, de nombreuses études ont montré que le jus de betterave peut faire diminuer la pression artérielle (la « tension ») chez les personnes qui souffrent d’hypertension artérielle. Une analyse croisée (« méta-analyse ») de 43 études cliniques comparant le jus de betterave à un placebo a montré que l’ajout de jus de betterave à l’alimentation de personnes hypertendues peut diminuer la pression systolique de 0,9 cmHg en moyenne, et diminuer la pression diastolique de 0,5 cmHg en moyenne.
 
Par ailleurs, la betterave est la source d’une substance appelée « bétaïne », utilisée dans le traitement d’une maladie génétique dans laquelle les patients ne parviennent pas à convertir l’homocystéine (un acide aminé) en cystéine, ce qui entraîne une accumulation de l’homocystéine dans le sang et les urines. Elle est également employée dans un très populaire médicament contre les digestions difficiles…
 
Attention, le jus de betterave ne peut être à lui seul un traitement de l’hypertension. De plus, les nitrates et nitrites ne sont pas sans toxicité à long terme, en particulier ce sont des substances classées comme « probablement cancérigènes » par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC).
 
Sources
 
Table CIQUAL de composition des aliments
https://ciqual.anses.fr/#/aliments/20003/betterave-rouge-cuite
https://ciqual.anses.fr/#/aliments/20091/betterave-rouge-crue
 
Une synthèse des connaissances sur ces effets chez les sportifs
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5295087/
 
Deux articles portant sur le cerveau des personnes âgées
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5861951/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3018552/
 
L’analyse croisée des 43 essais cliniques portant sur le jus de betterave dans l’hypertension artérielle
https://academic.oup.com/advances/article/8/6/830/4772205
 
Sur le risque des nitrates en terme de cancer
https://www.cancer-environnement.fr/380-Pollution-de-leau.ce.aspx#nitrates
 
Le 12/03/2019
Manger bio réduirait de 25% les risques de cancer, selon une étude d'ampleur inédite ?
On n’en sait toujours rien.
Récemment, les unes de journaux l’ont proclamé : « Manger bio réduit le risque de cancer » en s’appuyant une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Ces titres oublient l’un des grands principes de la science : « Corrélation n’est pas causalité. » En d’autres termes, ce n’est pas parce que deux choses arrivent en même temps que l’une est forcément la cause d’autre. Elles peuvent simplement avoir toutes les deux une cause commune. Revenons sur ce cas qui montre bien tout ce qui peut déraper dans la publication et la médiatisation d’une étude.

 
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