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Le 02/05/2019
Le silicium organique (« silice organique ») soulage-t-il l’arthrose et les articulations ?
Non.
Le silicium est un minéral présent chez la quasi-totalité des êtres vivants. Chez l’homme, il intervient, entre autres, dans la fabrication des os, des tendons et des ligaments, des cartilages, de la peau, des cheveux, des ongles, de l’émail des dents.
Il ne doit pas être confondu avec le dioxyde de silicium, appelé « silice », qui entre dans la fabrication de très nombreux comprimés en tant qu’excipient (ingrédient inerte). Lorsque le silicium est présent dans une molécule organique (qui contient du carbone), on parle de « silicium organique ».
Dans les compléments alimentaires, le silicium est proposé pour soulager l’arthrose et améliorer l’aspect des cheveux et des ongles. Il est souvent extrait de la prêle (Equisetum arvense), une plante qui en contient de grandes quantités. Le silicium est également présent dans l’eau du robinet, certaines eaux de source et eaux minérales, dans les céréales, les graines et la bière.
Chez le rat et le poulet, la carence en silicium expose à une fragilité des os, mais ceci n'a jamais été mis en évidence chez l'homme. Le silicium est très mal absorbé par l'intestin et ce phénomène s'aggrave avec l'âge. Les formes organiques seraient mieux absorbées mais sans preuve formelle.
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des compléments alimentaires contenant du silicium (organique ou minéral). Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits ne peuvent pas prétendre contribuer à la santé normale des os ou des articulations, ni à la santé de la peau, des ongles ou des cheveux. Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les compléments alimentaires contenant du silicium.

Sources
L’évaluation de l’EFSA sur les allégations relatives au silicium
Un article de presse sur la silice organique
Le 25/04/2019
La chondroïtine et la glucosamine peuvent-elles soulager l’arthrose ?
Aucune preuve n’existe et des effets indésirables ont été signalés.
La chondroïtine est particulièrement abondante dans le cartilage des articulations où elle entre dans la composition des protéoglycanes, substances qui permettent aux cartilages d’absorber les chocs. Elle est promue dans de nombreux compléments alimentaires pour soulager l’arthrose. En 2009, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority), après examen des données scientifiques, ont estimé que les produits à base de chondroïtine « ne peuvent pas prétendre aider à soutenir la mobilité des articulations, ni garder les genoux et autres articulations souples et flexibles, ni être un composant important du métabolisme des articulations ou de la bonne santé des articulations ». Les compléments alimentaires qui contiennent de la chondroïtine ne peuvent donc plus se prévaloir de ces allégations.
La glucosamine est un élément de base à partir duquel le corps fabrique des substances comme, par exemple, la chondroïtine et l’acide hyaluronique, un constituant du liquide articulaire. En 2012, l’EFSA a estimé que les produits à base de glucosamine « ne peuvent pas prétendre ralentir ou réduire le processus de destruction du cartilage et, conséquemment, réduire le risque d'arthrose, ni favoriser la mobilité des articulations, la santé des surfaces articulaires, des cartilages, des ligaments, des os, des vaisseaux sanguins ou de la peau ». Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les compléments alimentaires contenant de la glucosamine.
De plus, en mars 2019, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a annoncé avoir reçu des signalements d’effets indésirables suite à la prise de compléments alimentaires contenant de la chondroïtine et/ou de la glucosamine. Les effets signalés sont variés : nausées, diarrhées, aigreurs d’estomac, maux de ventre, rougeurs et démangeaisons, hépatites ou purpura (lésions hémorragiques de la peau). De plus, selon l’ANSES, certaines personnes doivent particulièrement éviter de consommer ces substances : les personnes diabétiques ou obèses, les personnes asthmatiques ou présentant une allergie alimentaire aux crustacés ou aux insectes, les personnes hémophiles ou qui reçoivent un traitement anticoagulant (antivitamine K), et enfin les personnes dont l’alimentation doit être pauvre en sodium (sel), potassium ou calcium, car ces compléments peuvent en être une source importante.
Les femmes enceintes ou qui allaitent doivent également éviter ces substances.
 
Sources
L’avis de l’EFSA sur la chondroïtine
L’avis de l’ESA sur la glucosamine
La mise en garde de l’ANSES