Je consulte
les questions et les décodages

Rechercher
Il y a 48 jours
Le dîner est il le repas qui fait grossir ?
Non, mais…
L’idée selon laquelle le dîner est le repas qui fait grossir est à la fois fausse et vraie.
D’un point de vue nutritionnel, aucun des repas de la journée ne fait davantage grossir qu’un autre. D’ailleurs, les nutritionnistes et les diététiciens ne mesurent pas les effets d’un repas, ou même d’une journée alimentaire, mais ceux d’une semaine complète. Équilibrer son alimentation est plus facile à faire sur la semaine que sur la journée ou le repas, surtout quand on a une vie active avec une partie d’imprévus alimentaires.
Donc, du point de vue nutritionnel, le dîner ne fait pas davantage grossir que le déjeuner ou le petit déjeuner.
Mais il y a un autre aspect du dîner : dans nos modes de vie agités, le petit déjeuner et le déjeuner sont souvent pris sur le pouce, avec un équilibre alimentaire… discutable ! Du coup, le dîner est souvent le seul repas structuré que nous prenons. Il est une opportunité de rééquilibrer l’alimentation sur la journée (plus de légumes, plus de fruits). Mais si l’alimentation au cours de la journée a été insuffisante ou déséquilibrée, le dîner devient le moment où l’on a le plus faim, où on a davantage le temps de manger en excès, d’autant plus qu’il est souvent précédé d’un grignotage en le préparant (parce que « la faim n’attend pas »). Donc, dans ces conditions, le dîner peut devenir un repas excessif, trop riche, au lieu d’être l’opportunité de rééquilibrer l’alimentation de la journée.
La lutte contre le surpoids passe par l’équilibre alimentaire, mais aussi par une bonne répartition des apports tout au long de la journée : petit déjeuner complet, déjeuner équilibré, goûter allégé et dîner équilibré (et adapté à ce qui a été consommé dans la journée).
 
Sources
« Une journée rythmée par les repas », Programme national nutrition santé.
« Se réunir autour de repas réguliers », Programme national nutrition santé.
Le 08/06/2020
La spiruline fait-elle partie du régime alcalin ?
Oui.
 
Le régime alcalin repose sur une plus grande consommation de fruits et de légumes et une moindre consommation de viandes et de produits d’origine animale.
Pour faire simple, les aliments dits « alcalinisants » sont les fruits et les légumes (plus ou moins intensément selon l’aliment), mais aussi les pommes de terre, les vins, les boissons gazeuses non alcoolisées, etc. La spiruline, une algue microscopique riche en protéines, en acides gras essentiels, en caroténoïdes et en acides aminés essentiels, fait partie des aliments dits « alcalinisants ».
Les aliments dits « acidifiants » sont les viandes, les fromages, les jaunes d’œuf, le poisson, la bière, certaines céréales (riz brun, avoine), etc. Attention, si ces aliments ont effectivement une action temporaire sur le pH de notre corps, cette influence n’est pas liée à leur acidité ou alcalinité propre : le jus d’orange, acide, est alcalinisant.
Nous possédons plusieurs systèmes destinés à réguler notre pH quels que soient les aliments que nous mangeons. Ainsi, après avoir bu un grand verre de jus d’oranges, notre pH augmente de manière transitoire mais il est rapidement ramené à la normale. Dans nos urines, les substances présentes témoignent de ce rééquilibrage (dans le cas du jus d’oranges, elles sont plus alcalines).
Donc le régime alcalinisant n’agit pas en rendant notre corps plus alcalin. Il s’agit plutôt d’un mode de sélection des aliments, en préférant un certain type d’aliments.
Peu d’études se sont penchées sur les effets objectifs du régime alcalin. Un article de synthèse publié en 2012 fait le point sur les avantages suspectés (mais non démontrés) :
  • aide à la préservation de la masse musculaire chez les personnes âgées ;
  • augmentation du taux sanguin d’hormone de croissance, ce qui pourrait avoir un effet positif sur la santé osseuse ou la qualité de vie des personnes âgées, par exemple ;
  • augmentation du taux de magnésium à l’intérieur des cellules (indispensable à de nombreuses réactions chimiques du métabolisme, par exemple pour activer la vitamine D).
Par contre, malgré la nette diminution de l’élimination du calcium dans les urines en cas de régime alcalin, aucun effet significatif n’a été retrouvé concernant la santé des os (la prévention de l’ostéoporose).
Attention, il ne faut pas consommer plus de 12 à 15 g de spiruline par jour, afin de ne pas ingérer plus de 20 mg/j de bêta-carotènes, en particulier chez les fumeurs chez qui un excès de bêta-carotènes multiplie par 5 le risque de cancer du poumon.
 
Sources
Une présentation synthétique sur la régulation du pH dans l’organisme, Dr Patrick Lévy, Université Joseph Fourier, Grenoble, 2012
L’article de 2012 sur les éventuels effets positifs du régime alcalin (en anglais)
L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur les effets indésirables de la spiruline, 2017
Le 18/12/2019
Diminuer la température corporelle permet-il de favoriser la perte de poids ?
Aucune étude ne semble l’indiquer.
 
Certains sites internet vantent les mérites des douches froides de longue durée (3 à 5 minutes avec une eau à… 14°C !) pour provoquer une légère hypothermie (diminution de la température corporelle) et forcer le corps à brûler des calories pour maintenir une température interne à 38°C. L’idée étant que brûler des calories aide à perdre du poids (à condition de ne pas sauter sur un paquet de chips en sortant de la salle de bains !).
Aucune étude n’a évalué les effets de cette pratique sur le poids. Elle reste donc largement hypothétique.
Des études ont en revanche exploré les effets de la température ambiante du domicile sur la gestion du poids. Soit plus froide, pour brûler des calories en se réchauffant, soit plus chaude, pour brûler des calories en transpirant pour se rafraîchir.
Selon une étude britannique, les personnes chauffant leur domicile autour de 25°C sont globalement plus minces que celles vivant à des températures inférieures à 23°C, y compris plus basses vers 19°C. Au-delà des calories brûlées à transpirer, ces températures élevées réduisent l’appétit ce qui pourraient expliquer la différence observée.
Par ailleurs, une étude néerlandaise a montré que la dépense énergétique augmente lors d'une exposition quotidienne pendant 2 à 3 heures à des températures comprises entre 17 et 19°C.
Mais, dans un cas comme dans l’autre, aucune étude n’a évalué l’effet des températures situées hors de l’intervalle 19-23°C sur la perte de poids.
Baisser la température de son domicile de quelques degrés permet des économies d'énergie mais reste inconfortable (pas question de se couvrir, cela annulerait l’effet). À l'inverse, augmenter la température ambiante alourdit la facture énergétique et aura des conséquences sur l’environnement si la source d’énergie utilisée n’est pas renouvelable.
 
Sources
L’étude sur le lien entre température du domicile et index de masse corporelle (IMC), 2014
L’étude sur les effets de l’exposition au froid pour brûler plus de calories, 2014
Le 06/12/2019
Est-ce que la bière sans alcool est calorique ?
Moins que la bière avec alcool.
 
Une bière est dite « sans alcool » lorsqu’elle titre, au maximum, à 1,2 % d’alcool. Elle en contient donc. Depuis quelques années, il est possible de trouver dans le commerce une véritable bière sans alcool.
Un demi (250 cl) de bière « sans alcool » apporte 63 kcal (« calories ») en moyenne. Un demi de bière à 5-6° degré d’alcool apporte 141 kcal. Un demi de bière forte à plus de 8° apporte 156 kcal. La bière alcoolisée est une boisson assez calorique, d’où son surnom de « pain liquide » au XIXe siècle.
 
Sources
Fiche CIQUAL pour la bière « sans alcool », Anses
Fiche CIQUAL pour la bière à 5-6°, Anses          
Fiche CIQUAL pour la bière à plus de 8°, Anses
Le 03/12/2019
Est-ce que le beurre est meilleur pour la santé que la margarine ?
Ça dépend pour qui.
 
Commençons par comparer un beurre moyen non salé à une margarine moyenne, non salée, non allégée et molle (attention, les margarines dures destinées à la friture sont nutritionnellement très différentes, nous n’en parlerons pas ici).
Le beurre est plus gras que la margarine : 80 % de matières grasses pour le beurre contre 65 % pour la margarine (et 35 à 40 % pour les margarines allégées). Donc le beurre est plus calorique (730 kcal/100 g contre 590 kcal/100 g de margarine).
De plus, le beurre est riche en graisses d’origine animale, les acides gras saturés : 53 g/100 g contre 25 g/100 g pour la margarine. Ces acides gras saturés sont ceux que les personnes qui souffrent d’un excès de cholestérol sanguin doivent limiter dans leur alimentation. Cent grammes de beurre apportent 213 mg de cholestérol alors que 100 g de margarine n’en apportent que 7 mg.
Mais le beurre a des avantages : 100 g apportent 18 mg de calcium (la margarine 9 mg). Le beurre est une bonne source naturelle de vitamine A et D, mais les margarines en sont quasiment toutes enrichies et donc en apportent désormais considérablement plus.
Les margarines sont 5 fois plus riches que le beurre en acides gras dits « polyinsaturés » (les célèbres oméga 3, 6 et 9). Mais parmi ces acides gras, la margarine est particulièrement riche en acides gras oméga-6 et oméga-9 (acide linoléique, acide oléique, acide palmitique, etc.) et pauvre en oméga-3, ceux qui sont habituellement recommandés (EPA, DHA). De fait, les fabricants de margarine enrichissement souvent artificiellement les margarines en acides gras oméga-3 pour rééquilibrer le rapport 3/6. Les acides gras oméga-6 et oméga-9 sont fréquents dans notre alimentation et nous en consommons souvent trop. Pour certains nutritionnistes, la richesse des margarines en acides gras oméga-6 et -9 est leur principal défaut. Sur le plan de l’apport en oméga-9, le beurre est préférable car il en contient considérablement moins.
Attention aux margarines enrichies en phytostérols, destinées aux personnes qui souffrent d’un excès de cholestérol. Ces substances bloquent l’absorption des vitamine A, D, E et K et ne doivent pas être consommées par les femmes enceintes ou qui allaitent, ni par les enfants.
Alors, que conclure ? Si vous souffrez d’excès de cholestérol, la margarine est préférable, surtout si elle est enrichie en vitamines et acides gras oméga-3 (éventuellement en phytostérols). Si vous ne souffrez pas de ce problème, le beurre est plus équilibré en acides gras et plus « naturel ». Mais il faudra en consommer moins pour un apport calorique similaire. Dans tous les cas, les matières grasses sont à consommer avec beaucoup de modération. Le beurre devrait être réservé aux tartines et à la pâtisserie (qui doit être occasionnelle). Mieux vaut manger léger et privilégier les huiles végétales pour cuisiner.
 
Sources
La fiche CIQUAL du beurre « moyen » non salé, Anses
La fiche CIQUAL de la margarine « moyenne » non salée, Anses