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Il y a 26 jours
Que penser du régime cétogène ?
Comme tous les régimes de suppression d’un type d’aliment, il est inefficace sur la durée.

Le régime dit « cétogène » est un régime amincissant qui repose sur la suppression quasi-complète des glucides (sucres et amidon) de l’alimentation : moins de 50 grammes par jour, soit 6 fois moins que la moyenne pour une alimentation équilibrée. Pour apporter les calories nécessaires à la vie, il est alors indispensable de consommer plus de matières grasses (lipides) et de protéines. Pour simplifier, on mange du gras pour maigrir, en supprimant les sucres et féculents !

Dans ce type de régime, le corps doit s’adapter pour fabriquer le glucose (sucre) nécessaire à son fonctionnement. Le foie va en fabriquer à partir des matières grasses (consommées ou présentes dans le corps) mais aussi des réserves de glycogène (une molécule qui sert à stocker le glucose dans le foie et les muscles). Ce mécanisme s’enclenche rapidement (en 48 heures). Au bout de 2 à 3 semaines, les réserves de glycogène s’épuisent et seules les matières grasses (et les protéines des muscles en l’absence d’exercice physique régulier…) servent de carburant. Ces lipides sont décomposés en « corps cétoniques » qui sont utilisés par les cellules pour produire de l’énergie, d’où le nom de régime cétogène.

Ce changement d’alimentation est efficace pour brûler les graisses du corps (sauf bien sûr si on mange beaucoup d’aliments gras !) et une perte de poids est rapidement observée, jusqu’à plusieurs kilogrammes en un mois. Mais il y a un mais…
Le régime cétogène peut provoquer des effets indésirables pénibles : nausées, constipation, fatigue, maux de tête, crampes, mauvaise haleine, voire calculs rénaux. De plus, il peut être à l’origine de déshydratation si la personne ne boit pas davantage que d’habitude. Par ailleurs, la suppression des fruits et de certains légumes expose à des risques de carence en sels minéraux, vitamines, oligo-éléments et fibres (ce qui nuit à la flore intestinale). Enfin, en cas de régime cétogène, il est indispensable de consommer essentiellement des matières grasses végétales (huiles, fruits à coque, avocats, etc.) plutôt qu’animales (beurre, viandes, fromages, etc.) pour prévenir le risque d’excès de cholestérol dans le sang et de « foie gras » (stéatose hépatique).

Pour toutes ces raisons (et pour éviter de déprimer à ne plus manger de glucides…), le régime cétogène ne peut être que temporaire. Et c’est là où le bât blesse : après ce régime, les personnes ont tendance à reprendre rapidement du poids, souvent davantage qu’avant le régime (effet yo-yo).

En conclusion, les médecins nutritionnistes déconseillent le régime cétogène et préfèrent opter pour un rééquilibrage alimentaire comprenant toutes les familles d’aliments, plus facile à respecter dans la durée et, au final, plus efficace.
(Attention, cette réponse n’aborde pas le sujet du régime cétogène dans le traitement de l’épilepsie, un sujet tout à fait différent.)
 
Sources
Le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur les risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, 2010
Le 24/09/2020
Est-il vrai que les poumons sont les organes principaux d’élimination des graisses lors de perte de poids ?
Oui, sous forme d’eau et de dioxyde de carbone, en fin de métabolisme.
 
Cette curieuse question est liée à un article publié en ligne qui affirme que les poumons éliminent la graisse lors de perte de poids. Cet article fait suite à un article d’opinion (pas une étude) publié en 2014 dans le British Journal of Medicine. Les auteurs de ce court article (en partie humoristique puisque publié pour les fêtes de Noël) souhaitent corriger la perception courante que la graisse perdue s’évacue en énergie lors de la pratique sportive.
En fait, pendant le sport, la graisse se transforme en triglycérides, source d’énergie pour les muscles. Cette production d’énergie à partir des triglycérides se fait au cours de diverses réactions chimiques (le « métabolisme »). À la fin de ces nombreuses réactions chimiques, les triglycérides ont été transformés en eau (éliminée par l’urine et la sueur) et en dioxyde de carbone (ou gaz carbonique, éliminé par les poumons).
Comme la masse des triglycérides est essentiellement due à sa richesse en atomes de carbone et d’oxygène, on peut effectivement dire que, une fois transformée (ce qui entretemps a produit de l’énergie pour les muscles), le plus lourd de ce qui reste de ce qui était la graisse (le dioxyde de carbone) est éliminé par les poumons.
Cette vision originale mais réelle est une vision de biochimistes qui souhaitent que l’on cesse de dire que « la graisse se transforme en énergie ». En réalité, elle se transforme en eau et en dioxyde de carbone, dans un processus qui dégage de l’énergie pour les muscles.
Mais au bout du compte, la graisse est toujours « brûlée » au cours du sport et nos poumons ne se mettent pas à produire du gras que nous devrions éliminer en toussant !
 
Sources
L’article en français sur cette question
L’article dans le British Journal of Medicine, 2014
Le 21/09/2020
Faire du sport à jeun fait-il brûler plus de graisses ?
Il semble que oui.
 
Lorsqu’on fait du sport pour contrôler ou diminuer son poids, est-il plus efficace de le faire en ayant pris un en-cas léger auparavant (un repas complet est bien sûr hors de question pour des questions de confort pendant l’entraînement !) ou de le faire à jeun ?
Cette question a fait l’objet de très nombreuses études scientifiques. En 2018, une équipe irlandaise a publié une analyse croisée (méta-analyse) de 46 études de bonne qualité méthodologique sur le sujet.
D’après cette méta-analyse, il ne fait aucun doute que l’endurance est meilleure si le sportif a pris un en-cas avant l’entraînement. Cependant, en termes de sollicitation des graisses comme source d’énergie, il semble clair qu’il est préférable de s’entraîner à jeun.
En effet, lors d’exercice à jeun, les réactions métaboliques qui concourent à brûler des graisses pour assurer l’apport d’énergie sont plus efficaces qu’après un en-cas. Ceci peut être mis en évidence lorsqu’on mesure les concentrations sanguines en acides gras libres (issus du tissu graisseux et qui vont servir à la production de glucose nécessaire aux muscles) pendant et après le sport. Cette concentration est plus élevée lors d’exercice à jeun, montrant ainsi que les graisses sont plus efficacement brûlées dans ces conditions. Cet effet semble perdurer quelques heures après l’entraînement.
Il est donc préférable de s’entraîner à jeun lorsqu’on cherche à perdre ou contrôler son poids. Attention néanmoins à ce que cela ne diminue par le temps d’entraînement. Les graisses commencent à être sollicitées comme source d’énergie environ 20 minutes après le début de l’entraînement. Pour en brûler une quantité significative, il faut donc s’entraîner suffisamment longtemps… ce qui est plus difficile à jeun (l’endurance est réduite).
Il s’agit donc de trouver un équilibre, voire d’emporter un petit en-cas sucré en cas de « coup de pompe ». Car pour contrôler son poids, la durée de l’entraînement est un facteur important, peut-être plus important que le fait d’être à jeun ou non.
 
Sources
L’analyse croisée effectuée par l’équipe irlandaise en 2018
Le 20/09/2020
Mastiquer du chewing-gum aide-t-il à brûler des calories ?
Très marginalement, mais cela pourrait réduire le grignotage sucré.
 
Mâcher consiste à faire travailler les muscles de ses mâchoires. Tout muscle qui travaille consomme du glucose (sucre) et, donc, brûle des calories. Si le chewing-gum est sans calories, le bilan de la mastication est donc une consommation d’énergie.
Les muscles des mâchoires, les masséters, sont certes des muscles très puissants mais ils ne sont pas très volumineux. Il est donc hautement improbable qu’ils brûlent suffisamment de calories pour que cela ait un impact sur le poids. Leur consommation d’énergie, même en mâchant toute la journée, est très inférieure à celle des muscles des jambes par exemple.
Donc, plutôt que mâcher, mieux vaut marcher !
Par ailleurs, des études existent sur l’effet de la mastication de chewing-gum sur le grignotage entre les repas. Par exemple, une étude menée chez 50 femmes souffrant ou non d’obésité, avec un groupe témoin, a montré que mâcher du chewing-gum réduit significativement la sensation de faim et la consommation d’aliments sucrés entre les repas. Malheureusement, cela ne réduit pas la consommation totale de calories entre les repas, les personnes optant alors pour un grignotage d’aliments salés.
 
Sources
L’étude montrant les effets sur le grignotage entre les repas, 2016
Une autre étude qui montre que mâcher du chewing gum réduit l’envie de sucré, mais pas de salé, 2007
Le 25/06/2020
Le dîner est il le repas qui fait grossir ?
Non, mais…
L’idée selon laquelle le dîner est le repas qui fait grossir est à la fois fausse et vraie.
D’un point de vue nutritionnel, aucun des repas de la journée ne fait davantage grossir qu’un autre. D’ailleurs, les nutritionnistes et les diététiciens ne mesurent pas les effets d’un repas, ou même d’une journée alimentaire, mais ceux d’une semaine complète. Équilibrer son alimentation est plus facile à faire sur la semaine que sur la journée ou le repas, surtout quand on a une vie active avec une partie d’imprévus alimentaires.
Donc, du point de vue nutritionnel, le dîner ne fait pas davantage grossir que le déjeuner ou le petit déjeuner.
Mais il y a un autre aspect du dîner : dans nos modes de vie agités, le petit déjeuner et le déjeuner sont souvent pris sur le pouce, avec un équilibre alimentaire… discutable ! Du coup, le dîner est souvent le seul repas structuré que nous prenons. Il est une opportunité de rééquilibrer l’alimentation sur la journée (plus de légumes, plus de fruits). Mais si l’alimentation au cours de la journée a été insuffisante ou déséquilibrée, le dîner devient le moment où l’on a le plus faim, où on a davantage le temps de manger en excès, d’autant plus qu’il est souvent précédé d’un grignotage en le préparant (parce que « la faim n’attend pas »). Donc, dans ces conditions, le dîner peut devenir un repas excessif, trop riche, au lieu d’être l’opportunité de rééquilibrer l’alimentation de la journée.
La lutte contre le surpoids passe par l’équilibre alimentaire, mais aussi par une bonne répartition des apports tout au long de la journée : petit déjeuner complet, déjeuner équilibré, goûter allégé et dîner équilibré (et adapté à ce qui a été consommé dans la journée).
 
Sources
« Une journée rythmée par les repas », Programme national nutrition santé.
« Se réunir autour de repas réguliers », Programme national nutrition santé.