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les questions et les décodages

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Le 03/12/2019
La vitamine B6 est-elle nocive ?
Pas aux doses habituelles. Mais attention en cas de maladie de Parkinson.
 
Sous le terme de vitamine B6, on désigne une famille de six substances, dont la plus couramment utilisée est la pyridoxine. La vitamine B6 se trouve principalement dans les viandes, la volaille, le poisson, les œufs, les pommes de terre et les fruits, excepté les agrumes. Les apports nutritionnels conseillés en vitamine B6 sont de 1,8 mg par jour pour l'homme et de 1,5 mg par jour pour la femme. La limite maximale de sécurité est fixée à 25 mg par jour.
La vitamine B6 intervient dans le métabolisme des acides aminés et des réserves d’énergie (glycogène), ainsi que dans la synthèse de l’ADN (gènes), de l’hémoglobine (qui transporte l’oxygène dans le sang) et de nombreux messagers chimiques du cerveau.
Une insuffisance d’apport en vitamine B6 provoque des gerçures des lèvres, une inflammation de la bouche, ainsi qu’une anémie. Elle s’observe surtout chez les personnes alcoolodépendantes et chez celles qui souffrent de maladies chroniques de l’intestin.
À des doses élevées, plus de 50 mg par jour, la vitamine B6 peut provoquer une perte de la sensibilité dans les doigts et les orteils, des troubles de la marche, des nausées, des vomissements et une baisse de l’appétit.
Attention, les personnes qui souffrent de maladie de Parkinson doivent éviter de consommer plus que les doses apportées naturellement par l’alimentation : la vitamine B6 peut diminuer l’efficacité de leur traitement et aggraver les symptômes neurologiques.
 
Sources
Avis de l’Afssa (aujourd’hui Anses) sur les teneurs maximales en vitamines de l’alimentation, 2009
Un article scientifique sur les maladies provoquées par un excès de vitamines, 1995
Le 24/04/2019
La septicémie peut-elle être traitée par la vitamine C ?
Dans le cadre d’un traitement avec d’autres médicaments.
Une septicémie (également appelée « sepsis ») est une infection généralisée provoquée par une bactérie. Elle provoque une inflammation importante et peut mettre la vie en danger. Le traitement spécifique de la septicémie est naturellement un traitement antibiotique destiné à éliminer la bactérie responsable.
Mais en attendant l’effet des antibiotiques, le traitement doit aider le corps à lutter contre les effets de l’inflammation importante et généralisée, inflammation qui entraîne des déséquilibres du sang potentiellement dangereux.
Parmi ces traitements urgents destinés à soutenir l’organisme, plusieurs études cliniques ont montré l’intérêt d’un mélange de trois substances administrées en perfusion intraveineuse : un corticoïde (un dérivé de la cortisone), de la vitamine B1 (thiamine) et de la vitamine C.
Dans ce mélange, la vitamine C agirait en aidant le corps à lutter contre les substances oxydantes produites par les mécanismes de l’inflammation (c’est un « anti-oxydant »), mais également en stimulant la production de vasopressine par le cerveau. La vasopressine aide à maintenir la pression sanguine à un niveau suffisant pour assurer une circulation sanguine efficace dans l’ensemble de l’organisme.
La vitamine B1 agirait en réduisant la concentration sanguine en acide lactique, contribuant ainsi à maintenir une acidité normale du sang. Le corticoïde lutte contre le stress que représente la septicémie pour le corps.
Des études sont encore en cours pour identifier le meilleur dosage de chacun des éléments de ce traitement composé. Rappelons bien sûr qu’en aucun cas la vitamine C seule est un traitement efficace de la septicémie.
 
Sources
Une synthèse des connaissances sur le rôle de la vitamine C dans le traitement de la septicémie
Des études cliniques sur le mélange corticoïde + vitamine B1 + vitamine C
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27940189
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4661979/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4843590/
 
Le 01/04/2019
La vitamine D permet-elle de réduire le risque de tomber malade ?
Seulement le risque d’ostéoporose et de chute chez la personne âgée.
La question posée est relativement vague. Essayons de faire le point de ce que l’on sait des effets préventifs d’une supplémentation en vitamine D.
 
Voir la réponse complète
Le 21/12/2018
Prendre de la vitamine D après 50 ans permet-il de prévenir le cancer ?
Non, ni les accidents cardiovasculaires.
Depuis quelques années, le sujet du lien entre taux sanguin de vitamine D (plus correctement appelée vitamine D3) et prévention des cancers est au centre de nombreuses études.
 
Au départ, il y a un faisceau d’observations recueillies sur plusieurs années et dans plusieurs pays :
  • la vitamine D régule la croissance et la différenciation de nombreuses cellules, normales ou cancéreuses (la vitamine D interagit avec plus de 200 gènes impliqués dans le développement des tumeurs) ;
  • la vitamine D inhibe la transformation des cellules normales en cellules cancéreuses, ralentit la multiplication des cellules cancéreuses, et tend à déclencher leur mort programmée (études sur des cellules de cancer du sein, de la prostate, du pancréas, du côlon, de la peau, etc.) ;
  • les femmes qui ont un taux sanguin de vitamine D supérieur à 30 ng/ml ont un risque de cancer du sein diminué de 27 % comparé aux femmes qui ont moins de 20 ng/ml ;
  • plusieurs études ont montré un risque diminué de cancer du côlon (intestin) chez les personnes qui ont des taux sanguins de vitamine D plus élevé que la moyenne, mais d’autres études n’ont pas trouvé cette association. Idem pour le cancer de la prostate.
Ces observations ne signifient pas que la vitamine D puisse protéger du cancer. En effet, les taux élevés de vitamine D peuvent simplement signaler des habitudes de vie (alimentation diversifiée, exposition régulière au soleil, par exemple) qui réduisent le risque de cancer.
Pour savoir si la vitamine D a un effet sur la prévention des cancers, il fallait une étude clinique de grande taille, comparant l’administration quotidienne de vitamine D à celle d’un placebo, pendant suffisamment longtemps pour qu’on puisse comparer statistiquement le nombre de cancers apparaissant dans chacun des groupes.
 
Cette étude, appelée VITAL, a été menée et ses résultats ont récemment été publiés.
Dans cette étude, 25 871 participants américains âgés de plus de 50 ans (hommes) ou plus de 55 ans (femmes) ont reçu de la vitamine D (2000 UI par jour) ou un placebo pendant 5,3 ans en moyenne (entre 3,8 et 6,1 années selon les participants).
Malheureusement, l’administration quotidienne de vitamine D n’a eu aucun effet sur le nombre de cancers (793 sous vitamine D contre 824 sous placebo), ni d’ailleurs sur le risque cardiovasculaire (396 événements ou décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde ou AVC sous vitamine D contre 409 sous placebo). Lorsque les différents types de cancer ont été étudiés séparément (sein, prostate, colorectal), les mêmes résultats ont été observés.
 
Donc, à ce jour, il est impossible de recommander une supplémentation en vitamine D pour réduire le risque de cancer. Il pourrait être intéressant de refaire une étude similaire à l’étude VITAL, mais en commençant la supplémentation en vitamine D chez des patients plus jeunes.
 
Sources
Une synthèse des connaissances sur les liens entre vitamine D et cancer, Cancer Environnement, Centre Léon Bérard, 2017
http://www.cancer-environnement.fr/531-Vitamine-D-et-cancer.ce.aspx
 
Les résultats de l’étude VITAL, 2018
https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1809944