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les questions et les décodages

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Le 02/05/2019
Quels conseils de prévention contre l’hallux valgus ?
Des chaussures souples, peu de talons, des soins quotidien des pieds.
L’hallux valgus, ou « oignon », est une déviation vers l'extérieur du gros orteil (vers le deuxième orteil). Il touche 30 % de la population âgée en France.
Les personnes les plus à risque pour ce problème orthopédique sont :
  • les femmes (dans 90 à 95 % des cas) et en particulier après la ménopause ;
  • les enfants de personnes atteintes d’hallux valgus (25 % des cas) ;
  • les personnes qui ont un pied large et le gros orteil plus long que les autres (« pied égyptien ») ;
  • les personnes qui portent des chaussures pointues et des talons hauts ;
  • les personnes qui souffrent de surpoids ou d’obésité ;
  • les personnes qui souffrent de certaines maladies (par exemple, la polyarthrite rhumatoïde).
Une fois ces facteurs de risque identifiés, des mesures de prévention peuvent être adoptées :
  • porter des chaussures souples, à bout rond et large au niveau de l'avant-pied, en évitant celles qui ont des coutures au niveau de l’oignon ;
  • limiter la hauteur des talons et alterner avec des chaussures plates ;
  • protéger la partie saillante de l’oignon avec un pansement spécifique évitant le frottement avec la chaussure (en évitant que le pied soit comprimé) ;
  • hydrater ses pieds quotidiennement avec une crème adaptée, et traiter régulièrement les callosités et les durillons (en consultant un pédicure-podologue le cas échéant).
Le pédicure-podologue peut également prescrire des orthèses d’orteil en silicone (par exemple des écarteurs d’orteil à porter la nuit). Certaines orthèses corrigent la position de l’orteil et la ramène à une position physiologique, d’autres le protègent et diminuent la douleur. Le port de semelles orthopédiques pour limiter l’affaissement du pied vers l’intérieur peut également limiter l’aggravation de l’hallux valgus (mais pas prévenir son apparition).
 
Sources
La fiche Hallux valgus de l’Assurance maladie
Une fiche sur les orthèse d’orteil destinée aux étudiants en podologie
Un article médical sur le traitement de l’hallux valgus
Le 23/04/2019
Comment l'algodystrophie peut-elle bloquer un genou ?
Les structures qui s’attachent à l’articulation se rétractent du fait de la réduction de la mobilité.
L’algodystrophie, également appelée syndrome régional douloureux complexe, est un trouble qui se caractérise par des douleurs parfois sévères faisant suite le plus souvent à un traumatisme (entorse, fracture, arthroscopie, etc.).
L'algodystrophie peut se manifester par des douleurs (brûlures, fourmillements) au site de la blessure, des crampes, une mobilité restreinte, des modifications de la température et la coloration de la peau.
Au niveau du genou, comme pour les autres articulations, l’algodystrophie peut se compliquer avec l’apparition de rétractions des muscles, des tendons (qui rattachent les muscles à l’articulation), des ligaments (autour de l’articulation) et de la capsule qui referme le liquide synovial (le liquide lubrifiant). Ces rétractions provoquent un enraidissement de l’articulation.
Les causes de ces rétractions sont à la fois l’inflammation et l’immobilisation de l’articulation du fait de la douleur. Pour cette raison, leur traitement repose sur la kinésithérapie qui va remobiliser muscles, tendons et ligaments et maintenir leur tonus et leur élasticité.
 
Sources
Un cours de médecine sur l’algodystrophie
Le point sur les traitements de l’algodystrophie
Le 11/04/2019
Est-il vrai qu'il est bon pour le dos de travailler debout?
Peut-être, mais ce n’est pas une panacée.
Récemment, des articles ont vanté le fait de travailler debout pour soulager son dos, ou pour lutter contre la sédentarité au travail et son risque aggravé de maladies cardiovasculaires. Dans certaines entreprises sont apparus des bureaux réglables en hauteur pour pouvoir travailler debout ou assis, avec des sièges permettant même une position mi-assise mi-debout (les « sit-stand »).
 
À propos des effets du travail debout sur la santé du dos, aucune étude sérieuse n’existe. Les kinésithérapeutes pensent que, si l’effet de la station debout sur la musculature du dos et des abdominaux peut être bénéfique, cette position ne devrait pas être maintenue tout au long de la journée car elle fatigue le bas du dos, les hanches et les articulations des genoux. Les personnes qui travaillent debout à un comptoir peuvent en témoigner.
Par ailleurs, des témoignages de personnes qui ont essayé la position debout plutôt qu’assise mentionnent un effet positif sur la vigilance et la concentration.
 
Quant aux effets du sit-stand sur le mal de dos, une analyse croisée de plusieurs études, publiée par la Cochrane Library, semble indiquer que disposer d’un bureau réglable ne soulage pas les douleurs musculosquelettiques et ne diminue pas le nombre de jours d’arrêt maladie.
Néanmoins, des recommandations publiées par le British Journal of Sports Medicine en 2015 conseillent de veiller à travailler debout au moins 2 heures par jour, pour arriver à 4 heures avec de l’entrainement, essentiellement pour lutter contre les effets négatifs de la sédentarité. Mais l’analyse de la Cochrane Library montre clairement que disposer d’un bureau réglable ne suffit pas pour parvenir à cet objectif à moins de faire preuve de beaucoup de discipline. La solution ne passera donc pas par le renouvellement de votre mobilier de bureau !
 
Sources
L’analyse de la Cochrane Library sur les sit-stands en 2016
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD010912.pub3/abstract
 
Les recommandations publiées dans le British Journal of Sports Medicine en 2015
https://bjsm.bmj.com/content/early/2015/04/23/bjsports-2015-094618?mod=article_inline
 
Le 31/10/2018
Rester assis trop longtemps nuit-il à notre santé ?
Oui, même si on pratique une activité physique !
Le mot « sédentaire » vient du latin sedere, qui signifie « être assis ». De fait, la sédentarité ne se définit pas seulement par une activité physique ou sportive faible ou nulle, mais également par le fait de passer une partie importante de sa journée assis ou couché. Cette distinction est importante à garder à l’esprit.
Les études convergent pour montrer que la sédentarité augmente le risque de nombreuses maladies graves : diabète de type 2, cancers, maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, hypertension artérielle, etc.) et obésité. De plus, la sédentarité augmente de presque 50 % la mortalité globale, quelle que soit la maladie à l’origine de cette mortalité (90 % pour la mortalité cardiovasculaire). Ces augmentations du risque de maladies graves sont bien sûr plus élevées lorsque la personne ne pratique pas d’activité physique ou sportive régulière.
De plus, la sédentarité semble augmenter le risque de souffrir de lombalgie (mal de dos), d’ostéoporose, d’anxiété ou de dépression.
Les études menées ces dernières années indiquent clairement que l’activité physique ne compense pas complètement les heures passées assis. En effet, il est important de souligner qu’une partie des effets négatifs de la sédentarité s’observent même lorsque la personne pratique une activité physique régulière. Cela s’expliquerait par des effets métaboliques particuliers de la sédentarité liés à la diminution du temps de contraction des cellules musculaires. Ces effets, regroupés sous l’appellation de « physiologie de l’inactivité », font l’objet de nombreuses études depuis quelques années pour essayer d’en comprendre les mécanismes.
Cependant, même si les activités sportives ne compensent pas totalement les effets négatifs de la sédentarité, il ne fait aucun doute qu’une activité physique ou sportive régulière en réduit l’intensité. Le sport est donc tout à fait indiqué pour prévenir les complications de la sédentarité. Mais pour un effet plus complet, il est essentiel de lutter contre la sédentarité elle-même, c’est-à-dire chercher à réduire le temps passé assis ou couché le plus possible.
 
Sources
Pr Martine Duclos « Sport, santé, activité physique, sédentarité : de quoi parle-t-on ? », 2017
http://www.sports.gouv.fr/IMG/pdf/sport-_santeactivitephysique-sedentarite.pdf
 
Etat des lieux de la sédentarité et de l’activité physique en France, ONAPS, 2017
http://www.onaps.fr/data/documents/Onaps_Tableau-de-bord_2017.pdf
 
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