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les questions et les décodages

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Il y a 42 jours
Est-ce que les automassages du visage lissent les ridules en activant la circulation ?
On n’en sait rien.

Une recherche dans les bases de données scientifiques ne permet d’identifier aucune étude sérieuse ayant été faite à ce sujet.
Il y a 42 jours
Le yoga du visage est-il efficace ?
Oui, selon une toute petite étude qui demande à être confirmée.
En 2018, les médias ont relayé une étude clinique faite sur ce qu’ils ont nommé le « yoga facial ». En fait, on devrait plutôt parler de gymnastique faciale : une série de 32 exercices du visage à réaliser tous les jours pendant une demi-heure, visant à augmenter le volume des muscles de la face et réalisant ainsi une sorte de lifting « de l’intérieur ». Parmi les exercices, ouvrir grand la bouche pour former un O, sourire sans montrer ses dents, sourire intensément, se masser les joues, etc.
Dans cette étude de l'université Northwestern à Chicago, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA Dermatology), 27 femmes âgées de 40 à 65 ans ont été sélectionnées pour la présence de rides dues à l’exposition solaire et une atrophie modérée du visage. Ces femmes ont appris les exercices au cours de deux séances de 90 minutes chacune. Seules 16 femmes sont allées au bout de l’étude.
Au bout de 8 semaines d’exercices quotidiens puis 12 semaines d’exercices un jour sur deux, des dermatologues indépendants ont estimé l’âge des 16 participantes sur des photographies réalisées avant et après 20 semaines (chaque dermatologue ne voyant qu’une photo, soit avant, soit après).
Dans ces conditions, la pratique de ces exercices faciaux a significativement diminué l’âge des participantes tel que perçu par les dermatologues indépendants : de 50,8 ans à 48,1 ans en moyenne, soit une réduction moyenne de 2,7 ans (donc assez modeste). Par ailleurs, les participantes ont exprimé leur satisfaction concernant les résultats obtenus, en particulier elles ont signalé avoir « les joues plus pleines ».
Cette étude est tout à fait préliminaire et doit être menée avec un plus grand nombre de participantes pour pouvoir véritablement dire que cette série d’exercices exerce véritablement un effet sur l’aspect du visage. Deux études plus anciennes avaient, elles, échoué à montrer un effet positif d’exercices du visage.
 
Sources
L’étude publiée dans la revue JAMA Dermatology, 2018
Les études qui ont échoué à montrer un effet d’exercices du visage, 2013 et 2014
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24296342
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24327764
Le 14/10/2020
La broméline (ou bromélaïne) a-t-elle une action anti-inflammatoire ?
Il est trop tôt pour l’affirmer, mais certaines études le suggèrent.

La bromélaïne (également appelée broméline) est un mélange d’enzymes extrait de l’ananas et capable de digérer les protéines. Pour cette raison, elle est utilisée comme additif alimentaire, par exemple pour attendrir la viande. En France, la bromélaïne entre dans la composition d’un médicament destiné à accompagner le traitement des œdèmes (gonflements) liés à une opération ou à un traumatisme.
La bromélaïne est présente dans des compléments alimentaires destinés à soulager les troubles digestifs, l'arthrose et les maladies inflammatoires, les jambes lourdes, les œdèmes (gonflements) dus à la chirurgie ou à un traumatisme, le surpoids ainsi que les règles douloureuses. Quelle validité pour ces allégations ?
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne), après examen des données scientifiques, ont estimé que les produits à base de bromélaïne ne peuvent pas prétendre :
  • réduire la sensation de jambes lourdes, améliorer la circulation dans les petits vaisseaux sanguins, ou augmenter la fluidité du sang ;
  • prévenir ou soulager les digestions difficiles et l’inconfort gastro-intestinal, ou améliorer la digestion des aliments ;
  • contribuer à maintenir l’efficacité du système immunitaire ;
  • aider à perdre du poids ou à maintenir un poids optimal, ou lutter contre la cellulite.
Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les produits contenant de la bromélaïne ou des extraits d’ananas. Mais qu’en est-il de ses supposées propriétés anti-inflammatoires ?
De nombreuses études ont suggéré que la bromélaïne exerce un effet anti-inflammatoire, mais la quasi-totalité de ces études ont été menées dans le tube à l’essai et non chez l’animal ou l’homme, ce qui limite leur portée.
Chez l’animal, une étude suggère que l’administration de bromélaïne réduit l’inflammation de l’intestin chez des souris souffrant de syndrome inflammatoire intestinal. Une autre étude suggère un effet anti-inflammatoire au niveau des bronches chez des souris atteintes d’asthme.
Trois études ont eu lieu chez l’homme. Dans la première, la bromélaïne a été administrée après une intervention visant à enlever les dents de sagesse. Dans cette étude, la bromélaïne a réduit la douleur après l’intervention mais n’a eu aucun effet sur l’œdème ou sur les contractures des mâchoires. La seconde, menée avec un placebo, a montré que l’administration de bromélaïne modifie la réaction de certains globules blancs face à une stimulation, suggérant un effet anti-inflammatoire. Néanmoins, une autre étude contre placebo, menée chez des personnes souffrant d’arthrose du genou, n’a pas observé d’effet anti-inflammatoire.
En conclusion, il est trop tôt pour affirmer que la bromélaïne possède des effets anti-inflammatoires avérés. Néanmoins, les résultats disponibles à ce jour indiquent qu’il serait intéressant de continuer à mener des études à ce sujet.
 
Sources
L’étude sur les souris atteintes de syndrome inflammatoire intestinal, 2005
L’étude sur les souris atteintes d’asthme, 2012
L’étude sur les suites d’extraction des dents de sagesse, 2019
L’étude sur les effets sur les globules blancs chez l’homme, 2013
L'étude sur l’arthrose du genou, 2006
Le 21/09/2020
La fasciathérapie offre-t-elle de réels bénéfices ?
Elle pourrait être utile dans le traitement des troubles musculosquelettiques.
 
Les fascias, ou tissu conjonctif, sont les membranes qui enveloppent et soutiennent les organes. Très riches en collagène, ils peuvent être plus ou moins élastiques ou fibreux, selon les organes qu’ils enveloppent. Les fascias sont présents sous la peau, autour des muscles, autour de certains viscères, etc. Ce sont des tissus chargés du soutien et contribuant à la transmission des forces musculaires. Ils sont parcourus de fibres nerveuses et contribuent également à la sensation de notre corps dans l’espace (la « proprioception »).
Depuis quelques années, une forme de thérapie manuelle, la fasciathérapie, propose de contribuer à la santé à l’aide de massages et de mouvements contrôlés (un peu comme le fait la kinésithérapie). La fasciathérapie est censée être utile pour soulager les douleurs musculosquelettiques (par exemple le mal de dos ou les suites d’un accident), mais également le stress, l’anxiété, la migraine, etc. La fasciathérapie n’est pas remboursée par l’Assurance maladie.
Les études cliniques qui ont été faites sur la fasciathérapie concernent uniquement son application dans le traitement des troubles musculosquelettiques. Ces études, certes modestes mais de bonne qualité méthodologique (randomisation), suggèrent un intérêt dans le mal de dos, l’instabilité de la cheville (chez les footballeurs), le syndrome du canal carpien et plusieurs autres types de troubles articulaires ou tendineux. Par contre, aucune étude sérieuse n’a été publiée dans le contexte de l’anxiété, de la migraine, des troubles digestifs ou gynécologiques, par exemple.
Dès 2002, des travaux ont suggéré que l’acupuncture génère des modifications au niveau des fascias (et des cellules qui les composent, les fibroblastes). De fait, l’extrémité des aiguilles d’acupuncture, une fois posées, se trouve le plus souvent au niveau des fascias. Les auteurs de ces travaux suggèrent que l’effet de l’acupuncture serait lié à une restructuration locale des fascias en réaction au microtraumatisme local. Pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses dont on ne peut tirer ni conclusions, ni applications pratiques. Les liens entre acupuncture et fasciathérapie restent à éclaircir.
 
Sources
Quelques études sur l’intérêt de la fasciathérapie dans les problèmes articulaires
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25603750/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30691738/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31103114/
 
La première étude qui a décrit des liens possibles entre acupuncture et fascias, 2002
Le 21/09/2020
Sport et production d'endorphines : mythe ou réalité ?
Réalité.
 
Depuis 30 ans, de très nombreuses études ont confirmé que l’exercice physique, mené avec une intensité et une durée suffisantes, stimule la production d’une endorphine, l’endorphine béta, par le cerveau. Cette sécrétion d’endorphine dans le sang réduit la douleur provoquée par l’effort, améliore la résistance des muscles aux lactates (responsables des crampes) et provoque un état légèrement euphorique. Par contre, un entraînement physique trop intensif nuit à la production de cette béta endorphine.
Contrairement à ce qu’on peut lire dans la presse grand public, la dépendance à l’activité physique, réelle chez certains sportifs, ne semble pas due à cette sécrétion d’endorphine et à un éventuel effet de manque provoqué par l’arrêt de l’activité physique.
Les endorphines ne sont pas les seules substances psychoactives qui sont sécrétées pendant le sport. C’est également le cas de la dopamine et de la sérotonine, deux messagers chimiques qui provoquent également une sensation de bien-être. Pour toutes ces raisons, et probablement d’autres qui restent à découvrir, la pratique régulière d’une activité physique ou d’un sport exerce un effet positif sur le moral. Pour les personnes anxieuses ou dépressives, l’activité physique fait même partie de la prise en charge thérapeutique.
 
Sources
« Les effets de l’activité physique sur le moral », Axa Prévention
Deux articles scientifiques sur la sécrétion d’endorphines pendant le sport
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1553453/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9257407/
Une étude sur la dépendance au sport et les endorphines