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les questions et les décodages

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Il y a 41 jours
Est-il vrai que le chewing-gum a pour vertu d’améliorer la concentration ?
Absolument, mais on ne sait pas pourquoi.
 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe de nombreuses études qui portent sur l’effet de la mastication d’un chewing-gum sur la concentration psychique et la performance (scolaire ou au travail).
Dans une synthèse des données scientifiques publiée en 2015, deux chercheurs japonais ont identifié 22 études sérieuses sur le sujet. Parmi ces études, 64 % indiquaient un effet positif sur la concentration, 23 % des effets positifs et négatifs, 5 % des effets négatifs et 9 % aucun effet sur la concentration.

Cet effet favorisant la concentration a été retrouvé chez des adultes, mais aussi chez des enfants chez qui la mastication de chewing-gum pendant au moins 16 minutes a provoqué une meilleure concentration et de meilleures performances en mathématiques. Mais mâcher du chewing-gum ne semble pas avoir d’effet positif chez les enfants qui souffrent de trouble du déficit de l’attention et d’hyperactivité (TDAH).

Chez les adultes, cet effet est particulièrement visible chez les conducteurs de véhicules ou d’engins, mais aussi chez des personnes qui travaillent dans des bureaux. Toutes ces études ont fait appel à des groupes témoins (essais randomisés avec groupe contrôle).
L’existence, parfois, d’effets positifs et négatifs semble s’expliquer par le fait que les premières minutes de mastication ont tendance à réduire la concentration. Puis, après 5 à 10 minutes, les effets positifs sur la concentration sont observés.
Il n’existe pas d’explication claire sur les mécanismes de cet effet de la mastication de chewing-gum. On sait qu’il est dû à l’activité des muscles des mâchoires (aucun effet de l’arôme ou de la présence ou non de sucre), mais on ignore les relais entre cette activité et la concentration psychique.

Ces études suggèrent également que mâcher du chewing-gum permet de réguler le niveau de stress (qui est un facteur perturbant la concentration).
 
Sources
La synthèse des connaissances par deux chercheurs japonais, 2015
Une autre synthèse des connaissances par deux chercheurs américains, 2015
L’étude qui montre une absence d’effet chez les enfants souffrant de TDAH, 2010
Le 28/05/2021
Est-il vrai que boire beaucoup de thé déshydrate ?
Non.
 
La source de cette idée fausse trouve son origine dans le fait que le thé contient de la caféine (également appelée théine) et que celle-ci est diurétique. Si nous urinons davantage lorsque nous buvons du thé, c’est à la fois du fait de la caféine mais aussi de la grande quantité d’eau que nous absorbons en même temps (l’eau est… diurétique, bien évidemment).
Lorsque nous buvons du thé, l’effet diurétique de la caféine est largement compensé par la quantité d’eau apportée par la boisson. Il est donc impossible de se déshydrater en buvant du thé (comme le savent bien les Touaregs qui en consomment régulièrement).
C’est moins le cas du café de type espresso où la faible quantité d’eau ingérée n’est probablement pas à même de compenser l’effet de la forte dose de caféine qu’il contient. C’est pour cette raison que, en Italie, un espresso est systématiquement accompagné d’un verre d’eau qui compense l’effet de la caféine.
Il faut également garder à l’esprit que notre organisme est bien conçu : lorsque la déshydratation guette, la soif se fait sentir et nous compensons spontanément en buvant. Ce mécanisme de compensation physiologique tend à s’émousser avec l’âge. Pour cette raison, mieux vaut veiller à ce que les personnes âgées boivent régulièrement.
En conclusion, boire beaucoup de thé ne déshydrate pas. Mais attention, la consommation de plus de 2 litres de thé par jour peut provoquer une anémie par carence en fer, en particulier si le thé est consommé pendant les repas (risque de diminution de l’absorption du fer contenu dans les aliments).
 
Sources
Sur les effets de caféine
 
Le 03/05/2021
Y a-t-il un bénéfice à jeûner entre le dîner et le déjeuner du lendemain ?
Peut-être, pour contrôler le poids et prévenir le diabète de type 2.
 
Ces dernières années, plusieurs études scientifiques ont été publiées sur les effets de ce que ces études appellent le « jeûne intermittent » ou le « jeûne circadien ». Ce type de jeûne consiste à respecter tous les jours un intervalle de temps sans prise alimentaire dont la durée varie, selon les études, entre 14 et 16 heures. Dans la plupart des études, ce jeûne avait lieu l’après-midi et la nuit. Le plus souvent, ces études étaient menées chez des personnes en surpoids ou obèses.
Il est difficile de synthétiser les résultats de ces études en quelques lignes. Pour simplifier, le jeûne intermittent aurait un effet positif sur le contrôle du poids, réduirait la pression artérielle, diminuerait le taux d’insuline dans le sang, améliorerait la sensibilité des cellules à l’insuline (et donc préviendrait le diabète de type 2) et, peut-être, réduirait les symptômes des maladies inflammatoires chroniques. Ces bénéfices seraient observés même chez les personnes dont le poids ne varie pas lors de jeûne intermittent.
Pourtant, certains nutritionnistes relativisent ces effets positifs. Tout d’abord parce que ce jeûne est difficile à respecter sur la durée (la sensation de faim est parfois intolérable), ensuite parce qu’il nuit à la vie sociale de celles et ceux qui le respectent, et enfin parce que ce jeûne ne respecte pas les recommandations nutritionnelles. Celles-ci sont de répartir les 3 repas tout au long la journée et de faire un petit-déjeuner complet.
Ce qui est certain, c’est que le jeûne intermittent ne s’adresse qu’aux adultes en bonne santé. Chez les personnes diabétiques, par exemple, le fait de sauter le petit-déjeuner a des conséquences négatives sur le contrôle de la glycémie tout au long de la journée. De la même manière, les femmes enceintes ou qui allaitent, comme les personnes anorexiques ou boulimiques, ne devraient jamais pratiquer le jeûne intermittent.
Dans tous les cas, la pratique du jeûne intermittent devrait se faire sous contrôle médical et respecter les recommandations en termes d’équilibre alimentaire.
 
Sources
Une étude des effets du jeûne intermittent chez les hommes obèses, 2018
Une étude sur les effets du jeûne intermittent sur la tension artérielle et le risque cardiovasculaire chez l’homme, 2019
Une étude sur les effets négatifs de la suppression du petit-déjeuner chez les personnes diabétiques, 2017
Le 12/03/2021
La cryothérapie du corps entier est-elle efficace contre l'anxiété ?
Il est trop tôt pour se prononcer malgré des études préliminaires intrigantes.
 
La cryothérapie du corps entier (« whole-body cryotherapy ») est une technique qui a été initialement développée pour favoriser la récupération musculaire (et prévenir les dommages des muscles) chez les athlètes, avec un certain succès. Son usage a ensuite été exploré contre les douleurs musculaires et articulaires de toutes origines (fibromyalgie, sclérose en plaques, rhumatismes inflammatoires chroniques, lombalgie, par exemple). Son effet contre la dépression et l’anxiété a été estimé dans de rares études.

En pratique, la cryothérapie du corps entier consiste à exposer le corps à un froid de plus en plus intense pendant de courtes durées, les sessions étant régulièrement répétées (en général une fois par jour pendant 8 à 15 jours). Après un examen médical initial pour vérifier l’absence de contre-indications (problèmes cardiovasculaires, par exemple), la personne pénètre dans une première chambre dont la température est de -10°C. Puis, après un délai, dans une deuxième chambre dont la température atteint -60°C. Enfin, après ces phases d’adaptation, elle pénètre dans la chambre dite « de cure » dont la température est de -110°C (voire -160°C à la fin du programme de traitement). La durée de séjour dans cette dernière chambre est de 2 à 3 minutes.

Concernant les effets de la cryothérapie du corps entier sur la dépression et l’anxiété, il existe de petites études qui ont suggéré un effet favorable mais qui concernent de trop petits nombres de patients pour en tirer des conclusions définitives.

À titre d’exemple, en 2008, une étude a porté sur 60 adultes traités par des médicaments contre la dépression ou l’anxiété. Un traitement par cryothérapie du corps entier a été proposé à 26 d’entre eux : une séance quotidienne pendant 15 jours, 2 à 3 minutes (-110°C au début du programme, -160°C à la fin). Une semaine après la fin du traitement, lorsque l’intensité de leurs symptômes anxieux ou dépressifs a été comparée à celle des patients « contrôles », les auteurs de l’étude ont observé une diminution d’au moins 50 % des symptômes dépressifs chez 34,6 % des patients traités (contre 2,9 % des patients du groupe contrôle) et une diminution d’au moins 50 % des symptômes anxieux chez 46,2 % des patients traités (contre 0 % de ceux du groupe contrôle).

En 2020, la même équipe a refait une étude sur 56 patients souffrant de dépression, dont 30 ont été traités par 10 séances de cryothérapie du corps entier entre -110°C et -160°C, et 26 ont été traités par 10 séances à -50°C (ce qui n’est pas considéré comme de la cryothérapie). Après le traitement, les symptômes dépressifs étaient davantage réduits chez les personnes qui avaient suivi les séances de cryothérapie que chez celles du groupe « contrôle ». Elles estimaient avoir une meilleure qualité de vie globale, mais leur sommeil et leur vitalité n’étaient pas significativement améliorés.

En conclusion, même si les résultats des diverses études sur les effets de la cryothérapie du corps entier sont intrigants (dans toutes les maladies où elle a été évaluée), les données expérimentales actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour se prononcer sur son efficacité.
 
Sources
Une synthèse des connaissances sur les effets de la cryothérapie du corps entier, 2016
L’étude de 2008 sur la dépression et l’anxiété
L’étude de 2020 sur la dépression
Le 01/03/2021
Mâcher un chewing-gum peut-il faciliter la digestion ?
Il se pourrait que oui.
 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le fait de mâcher un chewing-gum semble avoir un effet stimulant sur le fonctionnement du tube digestif.

Les études scientifiques disponibles sur ce sujet ont été réalisées dans un contexte particulier. En effet, à la suite d’une intervention chirurgicale sur l’intestin, il arrive que l’on observe des difficultés, pour l’intestin, à reprendre son activité (sa « motricité »). Il se produit une sorte de paralysie temporaire de l’intestin (appelée « iléus »). Pour retrouver une motricité intestinale normale, les chirurgiens digestifs proposent depuis longtemps à leurs patients de mâcher du chewing-gum dans les heures qui suivent leur réveil de l’anesthésie.

L’idée derrière cette pratique est que, par voie réflexe, les mouvements de mastication (habituellement associés à la prise de nourriture) déclenchent des contractions des fibres musculaires qui se trouvent tout au long du tube digestif, de la même manière que le début du repas déclenche les mouvements digestifs indispensables à la digestion.
Diverses études contrôlées ont été menées sur cette pratique, études qui semblent confirmer les bénéfices qu’il y a à mâcher du chewing-gum après une intervention chirurgicale sur les intestins.

Par extension, il se pourrait que mâcher un chewing-gum après un repas puisse contribuer à la digestion, en tout cas stimuler les mouvements du tube digestif pendant celle-ci (mais sans effet sur la dimension « chimique » de la digestion). Néanmoins, aucune étude scientifique ne s’est formellement penchée sur le sujet.
 
Sources
Une analyse croisée des études portant sur les effets de la mastication de chewing-gum après une chirurgie de l’intestin, 2017.