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Il y a 39 jours
La cryothérapie du corps entier est-elle efficace contre l'anxiété ?
Il est trop tôt pour se prononcer malgré des études préliminaires intrigantes.
 
La cryothérapie du corps entier (« whole-body cryotherapy ») est une technique qui a été initialement développée pour favoriser la récupération musculaire (et prévenir les dommages des muscles) chez les athlètes, avec un certain succès. Son usage a ensuite été exploré contre les douleurs musculaires et articulaires de toutes origines (fibromyalgie, sclérose en plaques, rhumatismes inflammatoires chroniques, lombalgie, par exemple). Son effet contre la dépression et l’anxiété a été estimé dans de rares études.

En pratique, la cryothérapie du corps entier consiste à exposer le corps à un froid de plus en plus intense pendant de courtes durées, les sessions étant régulièrement répétées (en général une fois par jour pendant 8 à 15 jours). Après un examen médical initial pour vérifier l’absence de contre-indications (problèmes cardiovasculaires, par exemple), la personne pénètre dans une première chambre dont la température est de -10°C. Puis, après un délai, dans une deuxième chambre dont la température atteint -60°C. Enfin, après ces phases d’adaptation, elle pénètre dans la chambre dite « de cure » dont la température est de -110°C (voire -160°C à la fin du programme de traitement). La durée de séjour dans cette dernière chambre est de 2 à 3 minutes.

Concernant les effets de la cryothérapie du corps entier sur la dépression et l’anxiété, il existe de petites études qui ont suggéré un effet favorable mais qui concernent de trop petits nombres de patients pour en tirer des conclusions définitives.

À titre d’exemple, en 2008, une étude a porté sur 60 adultes traités par des médicaments contre la dépression ou l’anxiété. Un traitement par cryothérapie du corps entier a été proposé à 26 d’entre eux : une séance quotidienne pendant 15 jours, 2 à 3 minutes (-110°C au début du programme, -160°C à la fin). Une semaine après la fin du traitement, lorsque l’intensité de leurs symptômes anxieux ou dépressifs a été comparée à celle des patients « contrôles », les auteurs de l’étude ont observé une diminution d’au moins 50 % des symptômes dépressifs chez 34,6 % des patients traités (contre 2,9 % des patients du groupe contrôle) et une diminution d’au moins 50 % des symptômes anxieux chez 46,2 % des patients traités (contre 0 % de ceux du groupe contrôle).

En 2020, la même équipe a refait une étude sur 56 patients souffrant de dépression, dont 30 ont été traités par 10 séances de cryothérapie du corps entier entre -110°C et -160°C, et 26 ont été traités par 10 séances à -50°C (ce qui n’est pas considéré comme de la cryothérapie). Après le traitement, les symptômes dépressifs étaient davantage réduits chez les personnes qui avaient suivi les séances de cryothérapie que chez celles du groupe « contrôle ». Elles estimaient avoir une meilleure qualité de vie globale, mais leur sommeil et leur vitalité n’étaient pas significativement améliorés.

En conclusion, même si les résultats des diverses études sur les effets de la cryothérapie du corps entier sont intrigants (dans toutes les maladies où elle a été évaluée), les données expérimentales actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour se prononcer sur son efficacité.
 
Sources
Une synthèse des connaissances sur les effets de la cryothérapie du corps entier, 2016
L’étude de 2008 sur la dépression et l’anxiété
L’étude de 2020 sur la dépression
Le 01/03/2021
Mâcher un chewing-gum peut-il faciliter la digestion ?
Il se pourrait que oui.
 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le fait de mâcher un chewing-gum semble avoir un effet stimulant sur le fonctionnement du tube digestif.

Les études scientifiques disponibles sur ce sujet ont été réalisées dans un contexte particulier. En effet, à la suite d’une intervention chirurgicale sur l’intestin, il arrive que l’on observe des difficultés, pour l’intestin, à reprendre son activité (sa « motricité »). Il se produit une sorte de paralysie temporaire de l’intestin (appelée « iléus »). Pour retrouver une motricité intestinale normale, les chirurgiens digestifs proposent depuis longtemps à leurs patients de mâcher du chewing-gum dans les heures qui suivent leur réveil de l’anesthésie.

L’idée derrière cette pratique est que, par voie réflexe, les mouvements de mastication (habituellement associés à la prise de nourriture) déclenchent des contractions des fibres musculaires qui se trouvent tout au long du tube digestif, de la même manière que le début du repas déclenche les mouvements digestifs indispensables à la digestion.
Diverses études contrôlées ont été menées sur cette pratique, études qui semblent confirmer les bénéfices qu’il y a à mâcher du chewing-gum après une intervention chirurgicale sur les intestins.

Par extension, il se pourrait que mâcher un chewing-gum après un repas puisse contribuer à la digestion, en tout cas stimuler les mouvements du tube digestif pendant celle-ci (mais sans effet sur la dimension « chimique » de la digestion). Néanmoins, aucune étude scientifique ne s’est formellement penchée sur le sujet.
 
Sources
Une analyse croisée des études portant sur les effets de la mastication de chewing-gum après une chirurgie de l’intestin, 2017.
Le 09/12/2020
Est-ce que les automassages du visage lissent les ridules en activant la circulation ?
On n’en sait rien.

Une recherche dans les bases de données scientifiques ne permet d’identifier aucune étude sérieuse ayant été faite à ce sujet.
Le 09/12/2020
Le yoga du visage est-il efficace ?
Oui, selon une toute petite étude qui demande à être confirmée.
En 2018, les médias ont relayé une étude clinique faite sur ce qu’ils ont nommé le « yoga facial ». En fait, on devrait plutôt parler de gymnastique faciale : une série de 32 exercices du visage à réaliser tous les jours pendant une demi-heure, visant à augmenter le volume des muscles de la face et réalisant ainsi une sorte de lifting « de l’intérieur ». Parmi les exercices, ouvrir grand la bouche pour former un O, sourire sans montrer ses dents, sourire intensément, se masser les joues, etc.
Dans cette étude de l'université Northwestern à Chicago, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA Dermatology), 27 femmes âgées de 40 à 65 ans ont été sélectionnées pour la présence de rides dues à l’exposition solaire et une atrophie modérée du visage. Ces femmes ont appris les exercices au cours de deux séances de 90 minutes chacune. Seules 16 femmes sont allées au bout de l’étude.
Au bout de 8 semaines d’exercices quotidiens puis 12 semaines d’exercices un jour sur deux, des dermatologues indépendants ont estimé l’âge des 16 participantes sur des photographies réalisées avant et après 20 semaines (chaque dermatologue ne voyant qu’une photo, soit avant, soit après).
Dans ces conditions, la pratique de ces exercices faciaux a significativement diminué l’âge des participantes tel que perçu par les dermatologues indépendants : de 50,8 ans à 48,1 ans en moyenne, soit une réduction moyenne de 2,7 ans (donc assez modeste). Par ailleurs, les participantes ont exprimé leur satisfaction concernant les résultats obtenus, en particulier elles ont signalé avoir « les joues plus pleines ».
Cette étude est tout à fait préliminaire et doit être menée avec un plus grand nombre de participantes pour pouvoir véritablement dire que cette série d’exercices exerce véritablement un effet sur l’aspect du visage. Deux études plus anciennes avaient, elles, échoué à montrer un effet positif d’exercices du visage.
 
Sources
L’étude publiée dans la revue JAMA Dermatology, 2018
Les études qui ont échoué à montrer un effet d’exercices du visage, 2013 et 2014
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24296342
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24327764
Le 14/10/2020
La broméline (ou bromélaïne) a-t-elle une action anti-inflammatoire ?
Il est trop tôt pour l’affirmer, mais certaines études le suggèrent.

La bromélaïne (également appelée broméline) est un mélange d’enzymes extrait de l’ananas et capable de digérer les protéines. Pour cette raison, elle est utilisée comme additif alimentaire, par exemple pour attendrir la viande. En France, la bromélaïne entre dans la composition d’un médicament destiné à accompagner le traitement des œdèmes (gonflements) liés à une opération ou à un traumatisme.
La bromélaïne est présente dans des compléments alimentaires destinés à soulager les troubles digestifs, l'arthrose et les maladies inflammatoires, les jambes lourdes, les œdèmes (gonflements) dus à la chirurgie ou à un traumatisme, le surpoids ainsi que les règles douloureuses. Quelle validité pour ces allégations ?
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne), après examen des données scientifiques, ont estimé que les produits à base de bromélaïne ne peuvent pas prétendre :
  • réduire la sensation de jambes lourdes, améliorer la circulation dans les petits vaisseaux sanguins, ou augmenter la fluidité du sang ;
  • prévenir ou soulager les digestions difficiles et l’inconfort gastro-intestinal, ou améliorer la digestion des aliments ;
  • contribuer à maintenir l’efficacité du système immunitaire ;
  • aider à perdre du poids ou à maintenir un poids optimal, ou lutter contre la cellulite.
Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les produits contenant de la bromélaïne ou des extraits d’ananas. Mais qu’en est-il de ses supposées propriétés anti-inflammatoires ?
De nombreuses études ont suggéré que la bromélaïne exerce un effet anti-inflammatoire, mais la quasi-totalité de ces études ont été menées dans le tube à l’essai et non chez l’animal ou l’homme, ce qui limite leur portée.
Chez l’animal, une étude suggère que l’administration de bromélaïne réduit l’inflammation de l’intestin chez des souris souffrant de syndrome inflammatoire intestinal. Une autre étude suggère un effet anti-inflammatoire au niveau des bronches chez des souris atteintes d’asthme.
Trois études ont eu lieu chez l’homme. Dans la première, la bromélaïne a été administrée après une intervention visant à enlever les dents de sagesse. Dans cette étude, la bromélaïne a réduit la douleur après l’intervention mais n’a eu aucun effet sur l’œdème ou sur les contractures des mâchoires. La seconde, menée avec un placebo, a montré que l’administration de bromélaïne modifie la réaction de certains globules blancs face à une stimulation, suggérant un effet anti-inflammatoire. Néanmoins, une autre étude contre placebo, menée chez des personnes souffrant d’arthrose du genou, n’a pas observé d’effet anti-inflammatoire.
En conclusion, il est trop tôt pour affirmer que la bromélaïne possède des effets anti-inflammatoires avérés. Néanmoins, les résultats disponibles à ce jour indiquent qu’il serait intéressant de continuer à mener des études à ce sujet.
 
Sources
L’étude sur les souris atteintes de syndrome inflammatoire intestinal, 2005
L’étude sur les souris atteintes d’asthme, 2012
L’étude sur les suites d’extraction des dents de sagesse, 2019
L’étude sur les effets sur les globules blancs chez l’homme, 2013
L'étude sur l’arthrose du genou, 2006