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les questions et les décodages

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Il y a 42 jours
Faut-il boire du froid en été et du chaud en hiver ?
On peut aussi boire chaud en été pour se rafraîchir !
 
Votre question suscite encore aujourd’hui de nombreux débats… et peu d’études sérieuses !
Commençons par le plus facile : boire chaud en été permet, paradoxalement, de se rafraîchir. En effet, les liquides chauds déclenchent, de manière réflexe, la production de sueur par la peau (la même chose se produit lorsqu’on mange très épicé). Or l’évaporation de la sueur est le moyen qu’utilise notre corps pour se rafraîchir. En s’évaporant, la sueur consomme de la chaleur cutanée créant ainsi une sensation de fraîcheur. Donc l’effet rafraichissant du thé brûlant des Touaregs n’est pas un mythe.
Les choses sont un peu différentes pour les sportifs (qui suent à cause de l’effort). Boire chaud augmente la sudation et peut poser des problèmes de déshydratation. C’est pour cette raison (entre autres) que les sportifs préfèrent boire à température ambiante pendant et après l’effort (ce qui est confirmé par au moins une étude scientifique).
Mais si boire chaud rafraîchit, alors cela semble une mauvaise idée de le faire en hiver, non ? La réponse dépend de si vous aviez froid avant de boire ou pas. Si c’est le cas, la boisson chaude ne provoquera qu’une suée modeste largement compensée par la chaleur apportée par le liquide. Dans ce cas, boire chaud réchauffe. Mais si vous n’aviez pas froid, boire chaud peut, par la sudation provoquée, provoquer une sensation de froid. Donc l’attitude à avoir dépend de la situation.
Les choses sont beaucoup moins claires pour les boissons froides. En effet, boire froid ne provoque pas d’effet aussi mesurable que la sudation. Le seul effet largement documenté des boissons froides (et des glaces) est de provoquer des maux de tête chez certaines personnes. Dans les médecines traditionnelles orientales, la consommation de boissons glacées est fortement déconseillée pour diverses raisons, dont une moins bonne digestion.

Dans l’estomac, les boissons froides sont progressivement réchauffées, ce qui consomme des calories. Si vous n’êtes pas en hypoglycémie, cette consommation de calories ne modifiera pas la température de votre corps ou de votre peau, même en hiver. Pourtant, nous avons tous fait l’expérience d’avoir froid après avoir mangé une glace en hiver. Mais aucune étude n’a montré que ce sentiment était objectivement lié à la température de la peau ou du corps. Il se peut que cela soit complètement subjectif.
La sensation de fraîcheur qu’apporte une boisson froide en été est davantage liée aux effets refroidissants sur la bouche et la gorge (et le sentiment subjectif de rafraichissement qu’ils entraînent) qu’à un refroidissement de la température corporelle. D’ailleurs, en cas de coup de chaleur, l’eau destinée à refroidir le corps est utilisée directement sur la peau, et donner à boire de l’eau glacée est déconseillé (mieux vaut de l’eau à température ambiante).
Dans le monde de l’endurance sportive, les bains glacés avant la compétition sont efficaces pour réduire la montée en température liée à l’effort, alors que l’ingestion de boissons glacées ne l’est pas, ce qui confirme que celles-ci n’ont que peu d’effet sur la température corporelle.
En conclusion, il est seulement prouvé que la consommation de boissons chaudes est une façon efficace de se rafraîchir en été. Pour le reste, fiez-vous à ce que vous ressentez.
 
Sources
Sur le fait qu’il est préférable de boire à température ambiante lorsqu’on fait du sport, 2013
Sur les effets comparés des bains et des boissons glacées sur les sportifs d’endurance, 2019
Il y a 44 jours
Est-il vrai que certains aliments favorisent la cicatrisation d’une plaie chirurgicale alors que d'autres la ralentissent ?
Non, mais une alimentation diversifiée est indispensable pour bien cicatriser.
 
Il n’existe aucune évidence scientifique démontrant les bénéfices ou les effets négatifs de tel ou tel aliment sur la cicatrisation des plaies chirurgicales.
Par contre, il existe de nombreuses études qui montrent que certains nutriments (les éléments constitutifs des aliments) sont indispensables à la cicatrisation : celle-ci est retardée si l’alimentation n’en contient pas suffisamment. Ce sont, par exemple :
  • l’eau, car la déshydratation est néfaste à la cicatrisation ;
  • les protéines (dans les œufs, la viande, le poisson, les produits laitiers, les légumineuses, par exemple), qui permettent la synthèse du collagène, indispensable à la cicatrisation ;
  • la vitamine A, présente dans le jaune d’œuf, le beurre, la crème fraîche, mais aussi (sous forme de caroténoïdes, les précurseurs de la vitamine A) dans certains végétaux comme les poivrons rouges, les carottes, les abricots, les épinards ou la pastèque ;
  • la vitamine C, présente dans les agrumes, le persil, les kiwis, le cassis, les poivrons, le brocoli, etc.
  • le zinc, présent dans les huîtres, le germe de blé, le foie, les viandes, les crustacés et les graines de sésame ;
  • le sélénium, présent dans les noix du Brésil, les poissons et les fruits de mer, les céréales complètes, etc.
  • le fer, contenu dans les abats, la viande rouge, la volaille, le poisson et les fruits de mer, mais aussi dans les légumes secs et les fruits séchés, les graines, les légumes verts et les noix.
Par contre, si ces nutriments sont indispensables à la cicatrisation, il n’est nullement prouvé que la prise de compléments alimentaires en contenant de fortes quantités favorise la cicatrisation. Il est donc préférable de varier son alimentation pour être certain d’ingérer suffisamment de chacune de ces substances, tout en maintenant une alimentation équilibrée.
Attention, le tabac et les boissons alcoolisées ne font pas bon ménage avec la cicatrisation. Il est préférable de s’abstenir de fumer et de boire de l’alcool pendant la phase de cicatrisation d’une plaie chirurgicale. Le jeûne et les régimes alimentaires restrictifs sont également à bannir pendant la cicatrisation.
 
Sources
 
Un article scientifique qui fait le point sur les liens entre alimentation et cicatrisation (en anglais), 2015
Une brochure des Hôpitaux universitaires de Genève (Suisse) sur les bons réflexes pour mieux cicatriser, 2017
Le 08/06/2020
Le vinaigre de cidre est-il efficace pour soulager les hémorroïdes ?
Aucune preuve n’existe et certains médecins le déconseillent.
 
Les hémorroïdes sont des crises douloureuses dues à l’inflammation et la dilatation excessive des veines hémorroïdaires autour de l’anus. La constipation est leur principale cause car elle entraîne des efforts de poussée répétés pour l’évacuation des selles. Certains aliments semblent favoriser les crises, notamment les viandes, les plats épicés, le café, le thé, les colas et divers alcools. De plus, une alimentation pauvre en fibres et une hydratation insuffisante provoquent le durcissement des selles, et rendent leur évacuation problématique.
Certains sites internet font la promotion du vinaigre de cidre (pur en applications locales ou dilué dans un bain de siège) pour soulager les crises d’hémorroïdes. Une recherche dans les bases de données des articles et études scientifiques ne donne aucun résultat. Visiblement, ce remède de grand-mère n’a jamais été évalué.

La seule mention issu d’une autorité médicale à ce sujet se trouve sur le site internet de la Cleveland Clinic (Etats-Unis). Les médecins de cette clinique alertent : « N’utilisez pas ce remède car son usage répété pourrait irriter la peau et aggraver la situation. »
Une étude clinique contrôlée a été menée en 2016 sur l’application de vinaigre de cidre pur sur les varices des jambes, une autre forme de dilatation veineuse superficielle, en complément des traitement habituels (120 patients). Les patients qui ont utilisé le vinaigre de cidre ont signalé significativement moins de douleur, de démangeaisons, de gonflement de sensation de jambe lourde que ceux qui ne l’avaient pas utilisé. Mais cette étude n’a pas été confirmée par d’autres études et elle ne permet pas de tirer de conclusions sur un usage du vinaigre de cidre sur les hémorroïdes.
 
Sources
L’avis de la Cleveland Clinic, juillet 2019
L’étude clinique sur l’application de vinaigre de cidre sur les varices, 2016
Le 23/04/2020
L'huile de ricin fait-elle vraiment augmenter la pousse et le volume des cheveux ?
Non. Aucune étude ne le montre, ni même ne le suggère.
 
L’huile de ricin est extraite des graines de ricin (Ricinus communis). Appliquée sur les cheveux, elle est censée hydrater le cuir chevelu, prévenir les pellicules et rendre les cheveux lisses et brillants, voire les faire pousser.
Il n’existe aucune étude clinique évaluant l’efficacité de l’huile de ricin sur la pousse des cheveux. La seule étude qui évoque cette utilisation capillaire est une étude indienne (le pays qui produit l’essentiel de l’huile de ricin) où une femme, après avoir appliqué de l’huile de ricin à ses cheveux, a développé un feutrage de l’ensemble de sa chevelure nécessitant une tonte complète… Des cas d’irritation de la peau ont été décrits après application d’huile de ricin.
Attention, l’huile de ricin, lorsqu’elle est ingérée, est un purgatif puissant, c’est-à-dire une huile qui déclenche les contractions de l’intestin (et de l’utérus) et provoque une diarrhée importante. Son usage comme laxatif est fortement déconseillé, voire proscrit.
 
Sources
L’étude indienne où l’huile a irréversiblement feutré la chevelure d’une femme, 2017
Une synthèse sur la toxicité de l’huile de ricin, 2007
Le 10/04/2020
Que penser des dentifrices au charbon végétal activé ?
Mieux vaut les utiliser de manière exceptionnelle, sous contrôle médical.
 
De nombreux marques de produits d’hygiène bucco-dentaire proposent désormais des dentifrices contenant du charbon végétal activé. Récemment, divers articles scientifiques ont mis en garde les consommateurs contre ces dentifrices qui pourraient nuire à l’intégrité et à la blancheur de l’émail des dents. L’état des connaissances à ce jour est complexe du fait de la grande variété de dentifrices sur le marché (et leurs compositions respectives).
Pourquoi du charbon végétal activé dans un dentifrice ? Le charbon végétal activé présente de très nombreux orifices microscopiques qui attirent et retiennent de nombreuses substances (toxines, gaz, métaux lourds, alcaloïdes, poisons, etc.) mais aussi des médicaments. Ce phénomène est appelé « adsorption ». Il est utilisé dans divers procédés de filtration de l’eau et de l’air.
Selon les fabricants, dans les dentifrices, le charbon végétal aurait la propriété de blanchir les dents (du fait de son pouvoir abrasif), de lutter contre la mauvaise haleine (en adsorbant les substances malodorantes) et de contribuer à la santé de la bouche en général.
Néanmoins, des cas ont été observés où, après un usage régulier de ce type de dentifrice, les personnes ont constaté une abrasion excessive de l’émail (donnant un aspect terne à leurs dents), voire l’apparition de taches sombres sur la surface de l’émail.
Le problème pour pouvoir tirer une conclusion définitive et négative sur ces dentifrices est qu’il en existe un grand nombre, dont la composition peut également inclure des substances très abrasives (voire être dépourvue de fluor ce qui nuit à la prévention des caries).
Sur les vertus blanchissantes, une étude a comparé le charbon, le peroxyde d’hydrogène, le bleu covarine, des microbilles et un mélange de plusieurs abrasifs (XW4D). Le charbon s’est révélé peu efficace comme blanchissant (donc probablement peu abrasif), loin derrière le bleu covarine, le peroxyde d’hydrogène ou les microbilles. De plus, en comparant l’abrasivité de divers dentifrices contenant du charbon, des dentistes ont trouvé de grandes différences d’abrasivité (mesurée par la RDA, Relative Dentin Abrasivity). Il semble donc que ce soit l’association de substances fortement abrasives et de charbon qui puisse être problématique. De plus, diverses études ont montré que les personnes qui cherchent à blanchir leurs dents se brossent plus souvent, plus longtemps et plus intensément, ce qui peut également contribuer aux dommages sur l’émail.
Une analyse croisée portant sur 118 études à propos de l’usage du charbon dans des produits d’hygiène bucco-dentaire a conclu à l’absence de preuves quand l’efficacité du charbon pour maintenir des dents blanches et en bonne santé.
En conclusion, avant d’utiliser un dentifrice au charbon, mieux vaut demander conseil à son chirurgien-dentiste. Dans tous les cas, il doit contenir du fluor aux concentrations recommandées et son usage doit rester exceptionnel, certains dentistes évoquant une fois par mois. Attention, il existe un risque que le charbon bloque l’adsorption du fluor sur l’émail, ce qui renforce l’idée d’une utilisation exceptionnelle de ce type de dentifrice.
 
Sources
L’analyse croisée de 118 études portant sur les dentifrices au charbon, 2017
La comparaison de l’effet blanchissant de divers ingrédients de dentifrices, 2019
Une synthèse des connaissances sur les dentifrices au charbon activé, 2019