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Il y a 24 jours
L’immunité naturelle après une Covid-19 est-elle meilleure que l’immunité obtenue par la vaccination ?
Cela dépend de la manière d’évaluer l’immunité.
 
Comment comparer l’efficacité de l’immunité naturelle (après une Covid-19) à celle de l’immunité vaccinale (après deux injections de vaccin) ? Deux méthodes sont possibles : comparer les taux d’anticorps et l’intensité de l’immunité cellulaire dans les deux cas, ou bien comparer le taux d’infection (de réinfection pour les personnes immunisées naturellement) dans les deux populations.
Concernant les anticorps, la comparaison est difficile parce que le taux d’anticorps après un épisode de Covid-19 est directement proportionnel à l’intensité des symptômes observés : les personnes ayant fait une forme sévère ont beaucoup plus d’anticorps que les personnes ayant fait une forme légère. Cela étant, il semble que les taux d’anticorps contre la protéine S obtenus par la vaccination soient à peu près similaires à ceux obtenus après une forme sévère, mais supérieurs à ceux obtenus après une forme légère. Ces données suggèrent donc que l’immunité vaccinale serait supérieure à l’immunité naturelle après une forme légère, et équivalente à cette immunité naturelle après une forme sévère. Pour rappel, après une infection, les anticorps produits ciblent toutes les protéines du virus, mais ils ne ciblent que la protéine S après une vaccination.
Concernant les réinfections, il semble que le risque de réinfection symptomatique par Delta après un épisode de Covid-19 avec un variant plus ancien soit d’environ un patient sur 1200 (mais ces données sont fragiles, on se sait rien de l’intensité de la première Covid-19 chez ces patients). Ce risque est d’un patient sur 20 pour le variant Bêta (sud-africain). Après une double vaccination avec un vaccin à ARNm, le risque d’infection symptomatique est d’environ 1 personne sur 8 (sur la base d’un taux de protection de 88 %). Avec cette méthode de mesure, l’immunité naturelle semble donc supérieure à l’immunité vaccinale. Les choses changent un peu si l’on ne considère que les formes graves : le risque d’infection grave après vaccination est estimé à 1 personne sur 25 (sur la base d’un taux de protection de 96 %).
Par ailleurs, il est important de rappeler que l’administration d’une dose de vaccin à ARNm aux personnes qui ont connu un épisode de Covid-19 augmente nettement leur protection contre une réinfection. Une petite étude américaine vient de montrer que le risque d’être réinfecté était 2,34 fois plus élevé chez les personnes qui n’avaient pas reçu un vaccin après leur premier épisode de Covid-19, comparé au risque de celles qui avaient reçu une dose de vaccin à ARNm après leur épisode de Covid-19.
 
Sources
Sur les réinfections par le virus de la Covid-19, 2021
Sur les réinfections par le variant Delta, 2021
Sur le risque d’infection après vaccination, Conseil scientifique COVID-19, 2021
L’étude américaine sur la protection supplémentaire accordée par le vaccin, 2021
Il y a 27 jours
Est-il vrai qu’un quart des effets indésirables des vaccins contre la Covid-19 sont graves ?
Oui, mais ils sont néanmoins très rares.
 
Dans son dernier bulletin (fin juillet 2021) sur les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) donne les chiffres suivants :
  • en France, depuis le début de la campagne de vaccination, 73 millions d’injections ont été faites (dont 57 millions du vaccin Comirnaty – Pfizer BioNTech) ;
  • environ 70 000 cas d’effets indésirables ont été remontés à l’ANSM, soit chez environ 1 personne sur 1 000 vaccinées ;
  • un quart de ces effets indésirables (soit 17 500) sont considérés comme graves (une personne vaccinée sur 4 000).
Par effet indésirable grave, l’ANSM entend « un effet indésirable provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou une incapacité importante ou durable, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant le décès. Peut également être considéré comme grave tout effet indésirable jugé comme tel par un professionnel de santé. ». C’est une définition très large (elle ne distingue pas entre un bref séjour hospitalier et un décès…) destinée à permettre d’être alerté rapidement en cas de problème.
Quels sont les effets indésirables graves observés avec les vaccins contre la Covid-19 ? Sur les 17 500 cas signalés à l’ANSM, on retrouve essentiellement :
  • les troubles généraux et anomalies au site d’injection qui représentent 8 500 cas environ (réactions locales, réactivation d’infection virale latente, etc.) ;
  • les affections du système nerveux qui représentent 5 500 cas (en particulier la réactivation d’un zona et les troubles auditifs temporaires) ;
  • les affections cardiaques avec 2 200 cas (troubles du rythme cardiaque, myocardite chez les jeunes hommes en particulier).
Certaines personnes ressentent plusieurs troubles (mais sont comptabilisées comme un seul cas). Ces effets indésirables graves sont plutôt retrouvés chez des adultes de moins de 65 ans (comme cela avait déjà été décrit dans les études cliniques) et plutôt chez les femmes (mais elles sont plus nombreuses à se faire vacciner).
Les décès survenant dans les semaines qui suivent la vaccination continuent à être suivis avec soin. À ce jour, en France, aucun décès n’a pu être attribué directement aux vaccins à ARNm contre la Covid-19. Dans le cas du vaccin Vaxzevria (AstraZeneca), 13 décès ont été observés, dus aux thrombo-embolies qui ont fait réserver ce vaccin aux plus de 55 ans. Fin août 2021, ce vaccin n’est plus proposé en France.
 
Sources
Le compte-rendu de l’ANSM sur les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19, fin juillet 2021
La définition des effets indésirables graves, ANSM
Les conseils de l’ANSM sur l’attitude à avoir en cas d’effet indésirable après la vaccination
Il y a 27 jours
Est-il prudent d’aller faire des examens de dépistage (mammographie, par exemple) pendant cette crise sanitaire ?
Oui, en respectant les gestes barrières
 
La pandémie de Covid-19 ne doit pas nuire aux actions de dépistage organisé des cancers (mammographie, frottis vaginal, éventuellement coloscopie après un test de recherche du sang dans les selles positif). Les conditions d’accès aux centres de dépistage varient selon leur statut. Par exemple, il n’est, selon la loi, pas nécessaire de disposer d’un pass sanitaire pour aller dans un centre de radiologie qui effectue des mammographies de dépistage. Mais certains centres de radiologie, en particulier hospitaliers, l’exigent : mieux vaut donc se renseigner à l’avance sur les exigences du centre où vous comptez vous rendre.
Même si le pass sanitaire est nécessaire pour accéder au centre de dépistage, il est essentiel de continuer à y appliquer les mesures barrières : port du masque, distanciation, lavage des mains, aération des pièces. Ainsi, il est possible de continuer à bénéficier de ces dépistages sans augmenter son risque d’infection. Se vacciner contre la Covid-19 est également une manière de rendre plus sûre la visite au centre de dépistage.
Attention, si vous faites une mammographie dans les semaines qui suivent une vaccination (contre la Covid-19 ou autre), il est indispensable de le signaler à l’opérateur. En effet, une vaccination par injection dans un bras peut entraîner un gonflement réactionnel des ganglions de l’aisselle correspondant au bras vacciné, ce qui peut faussement alerter le professionnel de santé qui ferait un examen clinique. Ceci est particulièrement important pour les femmes qui effectuent une mammographie de contrôle après un diagnostic de cancer du sein.
 
Sources
Un exemple de centre de dépistage du cancer du sein qui exige le pass sanitaire
Des informations sur vaccination contre la Covid-19 et mammographie
Il y a 27 jours
Est-il souhaitable que les enfants se fassent vacciner contre la Covid-19 en vue de la rentrée scolaire ?
Absolument.
 
De nombreuses personnes se posent la question de faire vacciner leur enfant contre la Covid-19. Rappelons que, pour l’instant, cette vaccination est réservée aux personnes de 12 ans et plus, donc plutôt des adolescents. Des études cliniques sont en cours pour évaluer l’intérêt de vacciner les enfants plus jeunes.
Pourquoi vacciner des adolescents alors qu’ils sont les moins à même de connaître une maladie symptomatique ? Ne devrait-on pas les laisser s’immuniser naturellement en s’infectant ?
Certes les adolescents (hormis ceux qui souffrent d’une maladie chronique) ont un risque faible de développer des symptômes lors de Covid-19. Mais certains le font et, plus rarement, avec des symptômes sévères. D’autres développent des formes longues de Covid-19 (« Covid long »). Les vacciner permet de réduire le risque de ces complications.
Mais il existe deux autres raisons de vacciner les adolescents (au-delà du fait de leur rendre une vie sociale à peu près normale grâce au pass sanitaire) :
  • les adolescents qui s’infectent, parce qu’ils sont souvent sans symptômes, sont des vecteurs « efficaces » de transmission du coronavirus, en particulier vers les membres de leur famille, leurs amis et les membres de la famille de ces amis. Ils transmettent d’autant plus facilement qu’ils ne se savent pas infectés. La vaccination n’empêche pas complètement l’infection mais réduit son risque de moitié, au moins (selon les dernières données britanniques).
  • le risque d’apparition de nouveaux variants est directement proportionnel au nombre de personnes infectées à un instant T (cela vaut pour tout le monde et pas seulement les adolescents !). En réduisant le risque d’être contaminé, on réduit la probabilité d’être la personne d’où émergera un variant.
En conclusion, la vaccination des adolescents apporte de nombreux bénéfices, pour leur santé mais aussi pour la santé de leur entourage et du reste de la population.
 
Sources
« Covid-19 : la vaccination des adolescents présente des bénéfices individuels et collectifs », Haute Autorité de Santé, juin 2021
Les données britanniques sur le portage du virus chez les personnes vaccinées
Il y a 27 jours
Existe-t-il des données scientifiques justifiant l’intérêt du pass sanitaire ?
 
 
Oui, concernant la charge virale chez des personnes immunisées infectées.
 
Le pass sanitaire est destiné à restreindre l’accès à certains lieux publics ou rassemblements aux personnes qui ont soit une immunité contre le coronavirus de la Covid-19, soit qui ont fait un dépistage récent et négatif de ce virus. Cette mesure est destinée à réduire la transmission du variant Delta, plus contagieux que les variants précédents.
Concernant le rôle d’une immunité préexistante, une large étude britannique a montré qu’environ la moitié des cas contacts vaccinés ne présente pas de virus dans leur rhinopharynx. Pour les cas contacts vaccinés qui s’infectent, la vaccination réduit la quantité de virus dans leur rhinopharynx, mais aussi le nombre de jours durant lesquels ce virus y est présent. Elles sont donc moins contaminantes que des personnes non vaccinées infectées.
Ces données sont à peu près les mêmes pour les personnes immunisées par la maladie, comme indiqué par le faible taux de réinfection après une Covid-19 (moins de 5% même avec le variant Bêta, sud-africain, le plus résistant à l’immunité).
Concernant les personnes qui ont fait un dépistage récent, la probabilité qu’elles soient infectées est faible (mais possible pour un test PCR datant de plus de 24 heures). Ce dépistage réduit donc le risque de transmission.
On le voit, le pass sanitaire n’est pas une garantie absolue que les personnes présentes ne sont pas contaminantes. Mais ces contraintes réduisent fortement la probabilité qu’une personne présente le soit.
Malgré le pass sanitaire, il est essentiel de continuer à porter un masque dans ces lieux et rassemblements, ainsi que de continuer à respecter les gestes barrières. En associant pass sanitaire et maintien des mesures barrières, le risque de transmission est extrêmement réduit. Cela contribue à réduire la pression sur les services hospitaliers ainsi que le nombre de décès.
 
Sources
Les données britanniques sur le portage du virus chez les personnes vaccinées
Une étude singapourienne sur la production de virus dans le rhinopharynx des personnes vaccinées infectées
Sur les réinfections par le coronavirus de la Covid-19