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Le 21/09/2020
L’acide linoléique conjugué (CLA) empêche-t-il le stockage excessif de graisse ?
Non, selon les autorités de santé européennes.
 
L’acide linoléique conjugué (CLA) se trouve dans les matières grasses du lait et des produits laitiers, des œufs, de la viande de bœuf, de mouton ou de volaille, en particulier quand les animaux ont été nourris avec des aliments riches en acide linoléique comme le tournesol, le maïs ou le soja, par exemple.
Les fabricants de compléments alimentaires vantent les effets du CLA sur la réduction du tissu adipeux (masse grasse) au profit des muscles (masse musculaire). Il est donc proposé dans le cadre de la lutte contre l’excès de poids.
Le CLA est utilisé depuis plusieurs années par les vétérinaires pour augmenter la masse musculaire du bétail (viande) et diminuer sa masse grasse. Néanmoins, les nombreuses études menées chez l’homme ont donné des résultats contradictoires chez les personnes souffrant d’excès de poids comme chez les athlètes. L’existence de plusieurs formes de CLA, aux effets biologiques potentiellement différents, pourrait expliquer ces résultats contradictoires. À ce jour, il n'existe donc aucune preuve d'un éventuel effet du CLA sur le surpoids.
En 2012, les autorités de santé européennes (Autorité européenne sur la sécurité des aliments – EFSA – et Commission européenne) ont estimé que les compléments alimentaires contenant du CLA ne peuvent pas prétendre contribuer à maintenir un poids normal en luttant contre l’accumulation de graisses ou l’effet yo-yo dû aux régimes amincissants. Cette revendication d’effet est désormais interdite pour les produits contenant de l’acide linolénique conjugué.
 
Sources
Une synthèse des connaissances scientifiques sur CLA et contrôle du poids, 2015
La liste des allégations de santé interdites et autorisées par l’EFSA
Le 17/09/2020
Que penser des nootropes ? Légende urbaine ou véritable intérêt ?
Si l’effet de certains nootropes est réel, attention aux dérives dopantes.
 
Les nootropes, ou psychotoniques, sont des substances censées améliorer nos fonctions cognitives, c’est-à-dire notre capacité à réfléchir et résoudre des situations. Elles agissent également en augmentant notre capacité de concentration.
Nos placards contiennent la plus courante des substances nootropes : la caféine, présente dans le café, le chocolat, le thé, les colas, etc. Ses propriétés psychotoniques ont été démontrées dans de très nombreuses études. Une autre substance nootrope couramment utilisée est la nicotine du tabac, avec les effets que l’on connait sur la santé.
En France, il existe un médicaments nootrope, le piracétam, qui est disponible sur ordonnance et prescrit en traitement d’appoint des troubles du comportement et de la mémoire liés au vieillissement ou de la dyslexie chez les enfants. Un autre médicament nootrope, la sulbutiamine, est prescrit dans les états de fatigue.
De nombreuses autres substances nootropes existent, par exemple de la famille des racétams : aniracétam, oxiracétam, etc., ou des acides aminés comme la L-théanine (présente dans le thé). Elles sont commercialisées sous forme de compléments alimentaires, en général associées à des vitamines (sans effet nootrope prouvé) et des plantes réputées nootropes comme Bacopa monnieri ou Huperzia serrata, par exemple.
Les effets psychotoniques de ces substances ont été évalués dans des études scientifiques plus ou moins sérieuses. Certains nootropes ont un effet temporaire (du fait de l’accoutumance, comme la caféine), d’autres sont addictifs, comme la nicotine. Leurs modes d’action étant variés, chaque substance nootrope a ses particularités.
Que penser de ces substances ? Elles peuvent avoir leur place pour un usage temporaire (par exemple pour réviser avant des examens), avec modération. Mais leur usage chronique peut entraîner de la fatigue chronique (certaines nuisent à la qualité du sommeil). Des cas de troubles psychiatriques induits par l’abus de nootropes ont également été décrits.
De plus, les nootropes participent d’une « démarche de dopage » qui peut évoluer vers la recherche de substances de plus en plus puissantes, voire à des addictions à des nootropes illégaux (amphétamines ou cocaïne, par exemple).
Attention, il ne faut pas confondre les nootropes « courants » et les médicaments qui sont prescrits aux personnes qui souffrent de narcolepsie ou aux enfants atteints de troubles de l’attention. Ces substances sont nootropes mais elles imposent un usage sous surveillance médicale. Malheureusement, il existe un trafic illégal de ces substances qui devient un véritable problème de santé publique, en particulier parmi les étudiants.
 
Sources
Un article scientifique sur les différents nootropes et leurs conséquences en termes de santé psychique, 2015
Un article de Radio Canada sur l’abus de nootropes chez les étudiants canadiens, 2014
Le 13/02/2020
la creatine est elle dangereuse ?
Elle peut l’être en cas de prise de doses trop élevées.
 
La créatine est une substance composée de 3 acides aminés. Dans le muscle, elle est transformée en phosphocréatine pour fournir de l’énergie lors d’efforts brefs et intenses (pendant les 10 premières secondes). Les besoins du corps sont de 1,5 à 3 grammes par jour ; ils sont habituellement couverts par la créatine que produisent le foie, le pancréas et les reins, et par celle qu’apporte l’alimentation, en particulier les viandes et les poissons.
Certains sportifs ont recours à des compléments de créatine en espérant augmenter leur force et leur volume musculaire. De fait, plusieurs études ont montré que l’ingestion de créatine s’accompagne parfois d’une augmentation de la capacité à répéter des exercices musculaires brefs et intenses.

Les autorités sanitaires européennes ont reconnu en 2017 qu’une consommation quotidienne de 3 grammes de créatine pouvait renforcer la musculature des personnes âgées de plus de 55 ans pratiquant au moins 3 fois par semaine un sport de résistance (efforts courts, intenses et répétés), par exemple la musculation. Mais elles ont interdit les allégations portant sur l'endurance ou le volume musculaire, du fait de l’absence de preuves d’efficacité.

La prise de compléments de créatine ne serait pas sans danger, en particulier pour l’intestin et les reins. Elle ne doit être utilisée ni par les femmes enceintes, ni par celles qui allaitent, ni par les enfants ou les adolescents, ni par les personnes qui souffrent de problèmes de rein.
Ses éventuels effets indésirables sont les nausées, les diarrhées et les maux de ventre. Les deux premières semaines de prise s’accompagnent souvent d’un gain de poids de 500 grammes à 2 kilos, probablement lié à une accumulation d’eau dans le corps.
L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail), dans son avis sur les compléments alimentaires destinés aux sportifs, signale deux cas de toxicité sévère avec des produits contenant de la créatinine. Un cas d’hépatite a été rapporté chez un adolescent de 17 ans, 3 mois après avoir débuté la consommation de 3 produits destinés aux sportifs recherchant un développement musculaire. Ces produits contenaient de la créatine, des acides aminés et de la L-carnitine avec des protéines de lactosérum. Néanmoins, la substance à l’origine de l’hépatite toxique n’a pas pu être identifiée. Un cas similaire a été rapporté chez un homme de 27 ans qui a présenté une jaunisse après avoir consommé de la créatine pendant 8 à 9 mois, ainsi que des protéines de lactosérum 4 semaines avant le développement des symptômes.
 
Sources
Les allégations autorisées et interdites par les autorités sanitaires européennes, EFSA, 2019
« Les compléments alimentaires destinés aux sportifs », Anses, novembre 2016
 
Le 06/12/2019
Faut-il être sûr d'avoir une carence en fer pour prendre un complément alimentaire qui en contient ?
Absolument. Il ne faut jamais en prendre en préventif, sauf en cas de grossesse, sous contrôle médical.
 
Le fer entre dans la composition de l’hémoglobine qui assure le transport de l’oxygène, ainsi que dans celle de la myoglobine, une protéine qui permet aux muscles de fixer l’oxygène. L’insuffisance d’apport en fer peut provoquer une anémie : fatigue, pâleur, palpitations, diminution des performances intellectuelles (en particulier chez les enfants), affaiblissement de la fonction immunitaire, etc.
Les abats, la viande rouge, la volaille, le poisson et les fruits de mer contiennent du fer facilement absorbable, tandis que les légumes secs et les fruits séchés, les graines, les légumes verts et les noix contiennent du fer plus difficilement absorbé. Les produits laitiers contiennent très peu de fer. Une alimentation suffisamment riche en fer permet d'éviter les problèmes d’anémie.
L’absorption intestinale du fer augmente lorsque les réserves en fer de l’organisme diminuent et lorsque le repas est riche en vitamine C. Attention, la consommation de plus de 2 litres de thé par jour diminue l’absorption du fer.
Le risque de carence en fer est plus élevé chez certaines personnes : les femmes dont les règles sont abondantes, les femmes enceintes, les adolescentes, les enfants en période de croissance (notamment entre 6 mois et 4 ans), les végétaliens, les athlètes féminines, les personnes souffrant d’ulcères digestifs. Cette carence peut être diagnostiquée en dosant deux protéines du sang : l'hémoglobine et la ferritine.
Les experts s'accordent pour réserver les compléments de fer aux cas de carence clairement diagnostiquée, sous contrôle médical impératif. En effet, le fer s’accumule dans l’organisme et son excès peut provoquer une intoxication grave : douleurs articulaires, diabète, troubles cardiaques, cirrhose du foie, voire cancers du côlon et du rectum. Ingéré à des doses modérées, le fer peut causer des effets indésirables mineurs tels que maux de ventre, constipation, diarrhée, selles de couleur noire, nausées ou vomissements.
Attention, la prise de compléments de fer peut aggraver un ulcère gastroduodénal, ainsi que les symptômes de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse. Les personnes souffrant d’alcoolisme chronique doivent éviter de prendre des compléments de fer. Par ailleurs, le fer diminue l’absorption de certains antibiotiques, des traitements de l’ostéoporose ou des hormones thyroïdiennes.
Le seul cas de figure où les compléments de fer sont prescrits à titre préventif est celui des femmes enceintes, sous contrôle médical. Attention, les compléments riches en fer doivent être maintenus hors de portée des enfants.
 
Sources
« Le fer », Anses, 2019
« Le traitement de l’anémie par carence en fer », Assurance maladie, 2019
« Prévenir les carences en fer », Assurance maladie, 2019
Le 02/12/2019
Le Ginkgo biloba est-il toxique et conciliable avec la prise d’hormones thyroïdiennes ?
Outre sa toxicité, le ginkgo semble perturber le traitement des troubles de la thyroïde.
 
Les feuilles du ginkgo (Ginkgo biloba) servent à la préparation d'extraits qui sont proposés dans le traitement de la démence sénile et de divers troubles liés à des problèmes de circulation sanguine : jambes lourdes, hémorroïdes, artérite et claudication intermittente, maladie de Raynaud, vertiges et acouphènes, etc.
Les extraits de ginkgo interagissent potentiellement avec un grand nombre de substances : ils pourraient augmenter les effets des médicaments anticoagulants, dont l’aspirine (risque d’hémorragie). Ils pourraient également diminuer l’effet d’autres médicaments : antiépileptiques (risque de réapparition des convulsions), diurétiques (risque d’hypertension artérielle), médicaments du reflux gastro-œsophagien, médicaments de l’hypertension et de l’angine de poitrine, médicaments des troubles de la thyroïde, etc. De plus, les extraits de ginkgo pourraient déséquilibrer un traitement antidiabétique.
Récemment, la revue Prescrire, revue médicale indépendante, a recommandé que les médicaments à base de ginkgo ne soient plus prescrits, ni commercialisés. Selon Prescrire, les extraits de ginkgo « n'ont pas d'efficacité démontrée, mais sont connus pour exposer les patients à des hémorragies, des troubles digestifs ou cutanés, et à des réactions d'hypersensibilité. » Elle conclue en précisant que « l'ensemble de ces données confirme que mieux vaut écarter des soins cette plante sans efficacité démontrée au-delà d'un effet placebo ».
En 2013, un rapport toxicologique des Instituts de la Santé américains avait conclu que l’exposition répétée, et à forte dose, de souris et de rats aux extraits de ginkgo par voie orale augmentait le risque de développer un cancer de la thyroïde (chez le rat) ou du foie (chez la souris). Les doses utilisées étaient très élevées et leur administration a duré 2 ans, ce qui rend difficile une extension de ces résultats à des patients humains.
En conclusion, il semble sage d’éviter les extraits de ginkgo, en particulier par les personnes à qui sont prescrites des hormones thyroïdiennes.
 
Sources
L’avis de la revue Prescrire, 2019
Le rapport toxicologique des Instituts de la Santé américains, 2013