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les questions et les décodages

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Il y a 3 jours
Covid-19 : une mutation a-t-elle rendu le virus plus contagieux ?
Un petit peu, mais cette mutation est déjà celle qui a sévi au printemps.

Votre question fait référence à des études américaine et britannique selon lesquelles une mutation aurait récemment rendu le coronavirus responsable de la Covid-19 plus contagieux mais moins virulent (moins dangereux).
La mutation en question, D614G également désignée G614, concerne un acide aminé de la protéine S, celle qui sert au virus pour s’arrimer à la cellule qu’il va infecter. Cette mutation pourrait rendre effectivement le coronavirus un peu plus infectieux (il pénètrerait un peu plus facilement dans la cellule cible), mais son effet en terme de sévérité des symptômes ou de mortalité n’est ni pire ni meilleur que la version non mutée du virus, même si le virus muté semble mieux proliférer dans les fosses nasales. D’autres équipes scientifiques ont même mis en doute sa plus grande contagiosité.
Contrairement aux affirmations de certains médias, cette mutation n’est pas apparue récemment. Elle est apparue vers février-mars, lorsque la pandémie a atteint l’Europe et les Etats-Unis. D’ailleurs, la grande majorité (jusqu’à 80 %) des cas de Covid-19 observés depuis mars en Europe, aux Etats-Unis ou en Amérique du sud sont dus au virus portant la mutation D614G. C’est elle qui est responsable de la majorité des 32 000 décès observés en France. Le coronavirus qui circule aujourd’hui en France est le même que celui qui a circulé au printemps, et il porte la mutation D614G.
 
Sources
Un article scientifique qui explique comment G614 a remplacé D614 en Europe, 2020
Une étude américaine sur le sujet, 2020
Une étude britannique sur le sujet, 2020
Il y a 3 jours
Être vacciné contre la grippe protège-t-il de la COVID-19 ?
Rien ne permet de l’affirmer.
 
Le SARS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, fait partie de la famille des Coronavirus. Les virus de la grippe (car il y en a plusieurs) font partie de la famille des Orthomyxovirus. Même si les deux types de virus sont responsables d’infections des voies respiratoires, ils sont très différents.
Récemment, un article scientifique publié en « pré-print » (c’est-à-dire sans relecture critique par d’autres scientifiques du domaine) a suggéré que le vaccin contre la grippe puisse protéger partiellement contre la COVID-19. En effet, les auteurs de cet article ont remarqué sur un groupe de soignants néerlandais (184 atteints de COVID-19 et 10447 non atteints) que ceux vaccinés contre la grippe avaient, lors de la première vague, un risque d’être contaminés 39 % plus faible que ceux qui n’étaient pas vaccinés contre la grippe. Mais ce n’est qu’une observation qui pourrait également être expliquée par d’autres facteurs. Par exemple, les soignants vaccinés pourraient être globalement plus soucieux de leur santé et plus enclins à se protéger. Le vaccin contre la grippe serait alors juste un marqueur de meilleures habitudes de prévention globale (dont les mesures barrières) qui, elles, auraient un effet sur le risque d’infection.
Par ailleurs, cette étude montre que, dans le tube à essai et suite à la vaccination contre la grippe, les cellules du système immunitaire réagissent mieux et plus rapidement à une infection par le coronavirus. Cette observation n’est pas inattendue : chaque vaccination mobilise le système immunitaire dans son ensemble et peut temporairement le rendre plus réactif aux infections, quelles qu’elles soient.
Pour confirmer l’hypothèse selon laquelle le vaccin contre la grippe aurait un effet protecteur partiel contre la COVID-19, il faudrait faire un essai clinique de grande envergure, de la même manière que sont actuellement testés les vaccins contre la COVID-19. Ce n’est pas le cas dans cette étude.
 
Sources
L’article sur les soignants néerlandais, 2020
Il y a 9 jours
Existe-t-il des cures de désintoxication à l’alcool ?
Oui, c’est le sevrage alcoolique, qui peut justifier une hospitalisation.
 
La désintoxication à l’alcool (ou « sevrage ») peut être envisagé lorsque la personne alcoolodépendante exprime le désir de réduire ou de cesser sa consommation.
Le sevrage alcoolique peut être mené en ambulatoire (le patient se rend au centre de soins dans la journée mais rentre chez lui le soir) ou au cours d’une hospitalisation allant d’une semaine à 3 mois environ, le « sevrage résidentiel ».
Une hospitalisation complète est préférée pour les personnes qui sont dépendantes à plusieurs substances (par exemple, alcool et anxiolytiques, ou alcool et dérivés de l’opium), celles qui souffrent par ailleurs de maladies psychiatriques, ou celles qui vivent dans la précarité ou dans un environnement peu propice à l’arrêt de la consommation d’alcool.
Pour accompagner le sevrage, le médecin prescrit des médicaments anxiolytiques à longue durée d’action. Ces médicaments sont destinés à aider le patient à surmonter les symptômes de manque les plus pénibles. Il peut également prescrire des vitamines B (B1, B3) et il recommande à son patient de boire beaucoup d’eau (le sevrage peut provoquer une déshydratation).
Les patients qui fument sont accompagnés pour arrêter le tabac : en effet, l’arrêt de la cigarette a un effet favorable sur le sevrage alcoolique. Tout au long du sevrage, le patient est suivi par un psychologue et, le cas échéant, un travailleur social.
La participation à un groupe d’entraide (de type Alcooliques Anonymes) augmente les chances de réussite du sevrage : les bénévoles anciens buveurs sont des alliés efficaces vis-à-vis desquels le patient peut s’identifier et peut s’exprimer sans crainte d’être jugé. De plus, chaque patient est associé à un « sponsor » ancien buveur qui est disponible 24 heures sur 24 pour l’aider à passer les caps difficiles, en particulier la nuit et les weekends, quand les psychologues ne sont pas disponibles.
Dans certains cas, le sevrage alcoolique peut faire appel à la prescription d’un médicament particulier, le baclofène, qui, chez certaines personnes, supprime le désir de boire.
 
Sources
« Le sevrage alcoolique », Alcool Info Service, de 8h à 2h, 7 jours sur 7, 0 980 980 930
Il y a 10 jours
Dans un atelier de poterie, le coronavirus reste-t-il dans l’argile restée humide ou sèche ?
On n’en sait rien.
 
Aucune des nombreuses études portant sur la survie du coronavirus de la COVID-19 sur les surfaces n’a envisagée l’argile fraîche comme support. Il est donc impossible de répondre à cette question.
Rappelons que les dernières données en termes de survie du virus sur les surfaces sont rassurantes. Certes, des débris de virus (ARN) peuvent persister sur les surfaces (durée variable selon le matériau et les conditions de température et d’humidité), mais les particules infectantes (les virus capables de nous infecter) semblent disparaître rapidement. La transmission de la COVID-19 est essentiellement aérienne, via les aérosols.
 
Sources
L’article sur la survie des particules infectantes sur les surfaces
 
Il y a 13 jours
Si je suis cas contact, mes proches sont-ils à risque ?
Le risque d’être contaminé impose le respect des gestes barrières au sein du foyer.

Un cas contact est une personne qui a côtoyé une personne infectée par le coronavirus de la Covid-19 sans masque et pour une durée d’au moins 15 minutes en lieu clos. Par exemple, une personne qui a partagé un repas avec une personne infectée.
Lorsqu’il apprend l’infection de la personne qu’il ou elle a côtoyée, le cas contact doit s’isoler et faire un test 7 jours après le contact potentiellement contaminant (pas avant !), puis continuer à s’isoler jusqu’au résultat du test.
Mais, pendant ce temps, les personnes qui vivent avec le cas contact sont-elles, elles-mêmes, des cas contacts ? La réponse est non. Néanmoins, elles doivent rester isolées de la même manière que le cas contact. Ainsi, c’est toute la maisonnée qui reste en « septaine ».
Pendant cet isolement, ces proches sont-ils en danger d’infection ? Effectivement, ils courent le risque d’être contaminés si le cas contact s’avère lui-même positif. Pour cette raison, pendant l’isolement, les membres du foyer doivent respecter au mieux les mesures barrières : port du masque, lavage des mains, distanciation, aération fréquente du lieu de vie.
Si le logement s’y prête, mieux vaut que le cas contact reste « dans ses quartiers » pour les repas ou pour dormir, ou pour tout autre occasion d’enlever son masque. Ce n’est pas toujours possible et il faut alors chercher à réduire le risque de contamination, du mieux possible, en pratiquant les autres gestes barrières.
Si le cas contact est positif au 7e jour, les membres du foyer deviennent eux-mêmes des cas contacts et doivent être testés. Ce test peut être pratiqué immédiatement si ces personnes ont été en contact avec la personne contact contaminée depuis 7 jours.
 
Sources
La fiche de l’Assurance maladie « J’ai été en contact à risque avec une personne malade du COVID-19 »