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les questions et les décodages

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Il y a 2 jours
Une tisane gingembre - curcuma peut-elle éliminer les calculs rénaux ?
Au contraire, elle pourrait les favoriser.
 
Considérant ce que les études scientifiques ont montré, la consommation de tisane gingembre – curcuma n’est pas du tout une bonne idée lorsqu’on souffre de calculs rénaux.
En effet, chez 70 % des patients, les calculs rénaux sont formés d’oxalate de calcium et les personnes qui en souffrent doivent veiller à réduire leur apport alimentaire en oxalates (et en sel). Les oxalates se trouvent en quantité dans le cacao et le chocolat, les épinards, la rhubarbe, les blettes, le brocoli, le céleri, la betterave, les fraises, les noix, les produits dérivés du soja, etc.
Le gingembre et le curcuma sont deux épices qui contiennent de grandes quantités d’oxalates : 1,5 g pour 100 g de gingembre séché, 1,9 g pour 100 g de curcuma séché. C’est aussi le cas pour la cardamome et la cannelle. Ce sont donc des aliments dont la consommation est à surveiller lorsqu’on souffre de calculs rénaux.
Boire au moins 2 litres de liquides par jour est important pour prévenir l’apparition de calculs rénaux. Mais mieux vaut boire de l’eau ou, en quantité raisonnable, du jus d’orange dilué.
 
Sources
L’étude sur la richesse de diverses épices en oxalates, 2012.
Les recommandations alimentaires de l’Association française d’urologie pour les personnes souffrant de calculs rénaux, 2015.
Il y a 9 jours
Est-il vrai que la Covid-19 est due à une bactérie ?
Non, elle est due à un virus.
 
La Covid-19 est due à un virus de la famille des Coronavirus, des virus dits « à ARN » et « enveloppés », qui sont peu résistants dans le milieu extérieur et sont rapidement détruits par l’eau savonneuse.
Chez l’homme, les coronavirus provoquent également 15 à 20 % des rhumes dans les pays tempérés (avec les coronavirus OC43, 229E, HKU1 et NL63) et le MERS (une infection transmise par les dromadaires). Le SRAS, une maladie apparue en 2002 et disparue en 2003, était également due à un coronavirus très proche de celui de la Covid-19.
La rumeur a couru il y a quelques semaines sur le rôle présumé d’une famille de bactéries, les Prevotella, présentes dans tous nos microbiotes (flore intestinale, flore de la peau, flore de la bouche et des organes génitaux, mais aussi flore des bronches). Cette rumeur était sans fondement et aucune étude n’a mis en évidence un rôle significatif des Prevotella dans la Covid-19, ni comme cause, ni comme facteur favorisant la sévérité de la maladie.
 
Sources
Un article des Décodeurs du quotidien Le Monde sur la rumeur des Prevotella, 24 avril 2020
Une mise au point de l’Agence France Presse sur les Prevotella, 28 avril 2020
Il y a 10 jours
Le virus responsable de la Covid-19 se transmet-il par la sueur ?
Non.
 
Il n’existe aucune évidence de la présence de coronavirus contaminant dans la sueur. Ce n’est donc pas un mode de transmission.
Attention, la pratique d’un sport se traduit par une intensification de la respiration qui peut projeter des gouttelettes contaminantes bien au-delà de la distance de 1 mètre. Les fédérations sportives proposent une distance d’au moins 10 mètres entre des marcheurs, par exemple.
Pour cette raison, il faudra également rester prudent lorsque les salles de sport rouvriront : la contamination semble plus facile dans les lieux fermés. Il est probable que les cours en salle de type aérobic ou autres restent interdits pendant longtemps, non pas à cause de la sueur mais pour éviter la projection de microgouttelettes contaminantes dans l’atmosphère confinée des salles de sport.
 
Sources
« La FFRandonnée précise les conditions de la reprise des randonnées pédestres », 8 mai 2020
Le guide de recommandations du Ministère des Sports pour toutes les pratiques sportives, 15 mai 2020
Il y a 10 jours
Si je pense être infecté par la Covid-19, puis-je prendre de l’aspirine ?
Oui, mais consultez votre médecin en cas de symptômes respiratoires.
 
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, ibuprofène, kétoprofène, diclofénac, aspririne, etc.) aggravent la COVID-19. La mise en garde du Ministre des affaires sociales et de la santé sur l’usage des AINS dans le cadre de la COVID-19 faisait suite à la circulation d’un message en ce sens qui, supposément, émanait d’un médecin d’un service de réanimation toulousain. Le message était un faux démenti depuis par le CHU en question. Les sites officiels des autorités de santé n’ont pas repris les conseils du Ministre et l’Agence européenne du médicament s’est fendu d’un avis affirmant l’absence d’évidence sur un éventuel danger particulier des AINS en période de COVID-19 (mais réitérant les précautions d’usage).
Néanmoins, en France, les experts recommandent actuellement, en cas de symptômes évoquant une infection respiratoire virale (COVID-19 ou grippe saisonnière), de préférer le paracétamol aux AINS pour contrôler la fièvre et les courbatures. Cette attitude est fondée sur le fait que les AINS interfèrent avec certains mécanismes de l’immunité et sur leur toxicité potentielle sur les reins, ce qui peut s’avérer préjudiciable en cas de forme sévère de l’infection.
 
Sources
L’avis de l’Agence européenne du médicament sur l’usage des AINS pendant la pandémie de COVID-19, 18 mars 2020
« Anti-inflammatoires non stéroïdiens », EurekaSanté – Vidal, 2019
« Le CHU de Toulouse dément une rumeur évoquant « quatre cas graves de coronavirus » touchant des jeunes. », Les Décodeurs, Le Monde, 16 mars 2020
« Covid–19 : Pourquoi plusieurs pays européens contredisent-ils la mise en garde d'Olivier Véran contre l'ibuprofène ? », Check News, Libération, 17 mars 2020
Il y a 10 jours
Le coronavirus de la Covid-19 a-t-il muté depuis son apparition ?
Il mute sans cesse, mais sans trop d’effet sur sa dangerosité.
 
Le coronavirus responsable de la Covid-19 fait partie d’une famille de virus (les virus dits « à ARN ») qui sont connus pour leur tendance à se multiplier en faisant des erreurs de copie très fréquentes. Chaque erreur de copie est ce qu’on appelle une « mutation ».
Depuis son apparition, le coronavirus de la Covid-19 a donc muté un nombre incalculable de fois. Ces mutations sont ponctuelles et sans grand effet sur l’infectiosité ou la dangerosité du virus. Certaines sont incompatibles avec la survie du virus et disparaissent avec le virus qui les porte. D’autres sont compatibles avec sa survie et se pérennisent de génération en génération de virus.
Le suivi de ces mutations permet de construire des sortes d’arbres généalogiques où l’on voit les différentes familles de coronavirus apparaître ou disparaître. Ces arbres permettent de mieux comprendre la diffusion géographique du coronavirus à travers la planète.
La grande question qui revient souvent est : des mutations du coronavirus plus dangereuses sont-elles apparues depuis décembre 2019 ? Ou, éventuellement, des mutations provoquant des formes de Covid-19 légèrement différentes selon les régions du monde.
Plusieurs études ont suggéré que tel était le cas (avec des virus plus agressifs en Europe et aux Etats-Unis qu’en Asie, par exemple). Mais tout autant d’études ont montré que ce n’était pas le cas !

Aujourd’hui, les virologistes pensent plutôt que l’ensemble des mutations de coronavirus en circulation à ce jour ne sont pas très différentes en terme de dangerosité. D’ailleurs, les médecins qui prennent en charge les cas sévères de Covid-19 arrivent aux mêmes conclusions sur les mécanismes à l’origine de ces formes sévères, en Asie, en Europe ou en Amérique. Et les traitements qu’ils mettent en place pour soulager les symptômes (à défaut de pouvoir attaquer le virus lui-même) sont similaires.
 
Sources
Deux études (en anglais) sur l’évolution des mutations du coronavirus responsable de la Covid-19
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7106203/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7196762/