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les questions et les décodages

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Il y a 1 jour
Laver les fruits et légumes à l’eau courante suffit-il à les débarrasser des pesticides ?
Mieux vaut les blanchir rapidement ou utiliser un bain de bicarbonate de soude.
 
Même si, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses), les taux de pesticides présents sur les fruits et légumes ont fortement diminué ces dernières années, il est légitime de se demander comment réduire les traces de pesticides présentes à la surface des fruits et des légumes « non bio ».
En 2018, des chercheurs ont publié une synthèse des connaissances scientifiques sur les effets du lavage pour éliminer les pesticides sur la peau des fruits et légumes. Selon les études évoquées dans cette synthèse, l’effet du lavage varie selon la nature de pesticide : ceux solubles dans l’eau ont davantage tendance à être éliminés que ceux qui sont solubles dans les matières grasses. Par exemple, la tralométhrine, le pyrifénox ou le pyridabène, souvent présents sur les tomates et les poivrons, sont peu éliminés par le rinçage car ils sont gras. De plus, les pesticides qui ont tendance à pénétrer la peau des fruits et légumes sont plus difficiles à éliminer par un rinçage.
Quelle est la meilleure méthode pour éliminer le plus possible les traces de pesticides ? Les auteurs de la synthèse signalent que, mieux que le rinçage sous l’eau froide (pendant 5 minutes, ce qui est très long), la méthode la plus efficace consiste à faire rapidement blanchir les fruits et légumes dont on souhaite consommer la peau : une minute dans l’eau bouillante immédiatement suivie d’un rinçage à l’eau froide (pour préserver les couleurs des fruits et légumes).

Les auteurs évoquent également le fait de faire tremper les fruits et légumes dans une eau vinaigrée (une cuillère à café par litre d’eau) ou additionnée de détergents, ce qui semble plus efficace que l’eau. Mais ils signalent que l’on ne sait pas grand chose des produits issus de la réaction du vinaigre ou du détergent avec les pesticides. Il est donc indispensable de bien les rincer après ce type de bain.
Une autre étude, publiée en 2017, a observé qu’un bain de 15 minutes contenant du bicarbonate de soude (50 g par litre d’eau) diminue plus efficacement les traces de pesticides sur les pommes qu’un bain d’eau pure ou un bain contenant une petite dose d’eau de javel, pour la même durée de trempage. De nouveau, mieux vaut rincer les fruits et légumes après ce bain.
Deux méthodes (blanchiment rapide et bain de bicarbonate de soude, dans les deux cas suivi d’un rinçage rapide à l’eau) semblent donc plus efficaces que le rinçage prolongé à l’eau pure. Néanmoins, ces méthodes n’éliminent pas les pesticides qui auraient pénétré la peau, ni ceux qui pourraient se trouver dans la pulpe. Pour complètement éliminer les pesticides présents sur et dans la peau, seul l’épluchage est efficace. Mais il réduit la richesse nutritionnelle des fruits et légumes (moins de vitamines, de polyphénols (anti-oxydants) et de fibres).
 
Sources
 
L’avis de l’Anses sur la présence de pesticides sur les fruits et légumes, 2018
La synthèse des connaissances sur les effets du rinçage, 2018
L’effet d’une solution vinaigrée, 2017
L’effet des bains de bicarbonate de soude et de javel diluée, 2017
Il y a 1 jour
Que penser des vaccins à ARN contre la Covid-19 ?
Ils ont montré une très bonne capacité à prévenir les formes légères à modérées de Covid-19.
 
À l’heure ou nous écrivons ces lignes, deux vaccins dits « à ARN messager » sont disponibles en France contre la Covid-19. Un troisième pourrait arriver au cours du premier semestre 2021. Ces vaccins utilisent une technologie récente, déjà utilisée en médecine vétérinaire, mais jamais en médecine humaine. Pendant quelques jours après l’injection, ils stimulent la production d’une protéine du virus par certaines cellules de notre corps. Ils sont ensuite éliminés (comme le sont les ARN messagers de nos cellules).
Ces deux vaccins ont été évalués dans des essais cliniques de grande taille (plusieurs dizaines de milliers de personnes) contre placebo. Les résultats de ces essais sont très similaires pour ces deux vaccins.

Tout d’abord, ils semblent d’une très bonne efficacité pour prévenir les formes légères à modérées de la Covid-19 : plus de 9 personnes vaccinées sur 10 sont protégées (ce qui est une excellente performance pour un vaccin). De plus, leurs effets indésirables à court terme semblent assez rares. Hormis les réactions de type fièvre et fatigue juste après l’injection (classiques pour des vaccins), le seul point à surveiller est l’apparition très rare de cas de paralysie faciale réversible chez certaines personnes vaccinées. De plus, chez les personnes qui souffrent d’allergie sévère (nécessitant d’avoir en permanence avec soi un stylo-injecteur d’adrénaline), des réactions allergiques importantes ont parfois été signalées (sans conséquence grave).
Néanmoins, il reste certaines questions relatives à ces vaccins, du fait de la rapidité de leur développement. Par exemple, concernant leur efficacité, on ne dispose pas encore de preuves formelles sur leur capacité à prévenir les formes sévères (même si les données vont déjà dans ce sens) ou sur leur capacité à empêcher la transmission (dans le cas où une personne vaccinée serait infectée sans symptômes). Les données concernant les personnes de plus de 75 ans ne sont pas encore assez nombreuses pour prouver une efficacité dans cette population (mais rien ne semble indiquer le contraire).
Dans les essais, les patients vaccinés ont été suivis pendant quelques semaines après la vaccination. Il est donc trop tôt pour savoir quelle sera la durée de l’immunité acquise grâce à la vaccination, ainsi que pour connaître d’éventuels effets indésirables à long terme.
Les réponses à certaines de ces questions arriveront dans les semaines qui viennent grâce au suivi continu des grands essais cliniques, ainsi que grâce à des études complémentaires. Enfin, la vaccination d’environ 8 millions de personnes depuis le début de 2021 permettra également d’obtenir des informations complémentaires sur leur efficacité et leur sécurité à long terme.
 
Sources
 
Sur le vaccin Pfizer/BioNTech
Sur le vaccin Moderna
Il y a 6 jours
Les vaccins à ARN contre la Covid-19 peuvent-ils être à l’origine de formes aggravées de cette maladie lors d’infection malgré la vaccination ?
Cette possibilité, réelle et exceptionnelle dans d’autres maladies virales, est activement surveillée.
 
Est-il possible que la vaccination contre la Covid-19 (quel que soit le type de vaccin) puisse être à l’origine de maladie plus sévère en cas d’infection malgré la vaccination ?
Ce phénomène, complexe sur le plan immunologique, a été décrit dans plusieurs maladies, chez l’homme (cas du vaccin contre la dengue, par exemple) comme chez l’animal (cas du vaccin contre la péritonite infectieuse du chat, due à un coronavirus). De plus, chez l’homme, des essais de vaccin contre la bronchiolite infectieuse du nourrisson menés dans les années 1960 ont été arrêtés à cause d’une plus grande mortalité chez les nourrissons vaccinés. Si vous souhaitez des informations plus détaillées, lisez l’article sur le sujet dans nos Sources, le format de cette réponse étant trop court pour entrer dans les détails.

Du fait de cette possibilité, exceptionnelle mais réelle, l’ensemble des vaccins qui sont développés aujourd’hui (et pas seulement contre la Covid-19) sont surveillés pour prévenir ce type de problème. Par exemple, dans les essais cliniques des vaccins contre la Covid-19, les agences de sécurité des médicaments ont imposé des mesures de surveillance destinées à s’assurer que les rares personnes vaccinées qui développaient néanmoins la Covid-19 ne fassent pas des formes systématiquement sévères. Pour les deux vaccins commercialisés aujourd’hui en Europe, ce n’était pas le cas dans les essais cliniques.
De plus, tout au long de la vie des vaccins, quels qu’ils soient, tout cas de contamination en dépit de la vaccination ayant abouti à une forme sévère de la maladie est signalée aux agences de surveillance des médicaments et une recherche d’une éventuelle facilitation par la vaccination est faite.
En conclusion, il s’agit d’une éventualité réelle (mais exceptionnelle) qui est activement surveillée, pendant les essais cliniques comme après la mise sur le marché.
 
Sources
 
Un article qui fait le point sur le sujet des maladies aggravées par la vaccination (en français)
 
Il y a 7 jours
Être vacciné contre la Covid-19 empêche-t-il la transmission du virus ?
On n’en sait rien, mais certains éléments pointent vers un effet de frein.
 
Dans les essais cliniques des vaccins contre la Covid-19, les chercheurs ont évalué leur efficacité protectrice contre les formes symptomatiques de cette infection, leur premier objectif. Ils n’ont pas cherché à étudier l’effet de ces vaccins sur la transmission du virus par les personnes vaccinées qui se contamineraient malgré la vaccination. Nous n’avons donc pas de données fiables à ce sujet dans ces essais cliniques et la réponse à votre question est « On n’en sait rien pour l’instant. » La presse a évoqué des données collectées lors de l’essai du vaccin Moderna (entre les deux injections), mais ces données ne sont absolument pas fiables.
Néanmoins, on dispose d’éléments pour aller un peu plus loin et imaginer des hypothèses. Dans les essais menés avec ces vaccins sur des macaques, les singes vaccinés et ensuite infectés expérimentalement ont, pour certains, produit du coronavirus dans leurs fosses nasales malgré l’absence de symptômes (ils étaient donc potentiellement contaminants). La même chose se passera-t-elle chez certaines personnes vaccinées ? Probablement, selon leur état de santé général et/ou leur degré d’exposition au coronavirus, par exemple. Mais seront-ils contaminants ? On n’en sait rien.
Un autre élément à garder à l’esprit est le fait que les personnes qui souffrent de formes sans symptômes de la Covid-19 semblent produire moins de coronavirus dans leurs fosses nasales (elles ont une « charge virale » plus faible). La présence de moins de virus dans les fosses nasales pourrait se traduire par une plus faible contagiosité de ces personnes.
La logique serait donc que, en empêchant les formes symptomatiques plus contagieuses, les vaccins réduisent le risque de transmission du coronavirus (sans pour autant le réduire à zéro).
Nous devrions rapidement avoir une idée « grandeur nature » de l’effet des vaccins sur la transmission de la Covid-19. En effet, le petit état d’Israël devrait avoir vacciné 90 % de sa population d’ici fin février 2021. Il sera alors facile d’évaluer, à l’échelle du pays, si cette vaccination massive a fait chuter le taux de nouveaux cas et de combien.
En attendant, les personnes qui sont vaccinées contre la Covid-19 doivent continuer à appliquer les mesures barrières : port du masque à l’intérieur, lavage des mains, distanciation physique, réduction du nombre de contacts, aération régulière des pièces.
 
Sources
Un article sur les singes vaccinés par le vaccin Moderna (à titre d’exemple), 2020
Les données de l’essai clinique du vaccin Moderna (avec les éléments sur la transmission), 2020
Il y a 15 jours
La confiture de pamplemousse fait-elle gonfler les articulations des mains ?
Aucun cas de ce type n’a été signalé.
 
Une recherche dans les bases de données médicales et scientifiques ne retrouve aucun cas d’allergie au pamplemousse (ou aux autres types d’agrumes) ayant des effets sur les articulations des mains. Ces fruits ne semblent pas très allergènes.
Rappelons que le pamplemousse ne fait pas bon ménage avec de nombreux médicaments !
 
Sources
 
Le thésaurus des interactions médicamenteuses de l’ANSM, septembre 2019 (le jus de pamplemousse est aux pages 180-181)
« Interactions médicaments et jus de pamplemousse », une mise au point de l’ANSM publiée en 2008