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les questions et les décodages

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Il y a 23 jours
Le Danemark a-t-il suspendu la vaccination contre la Covid-19 sur son territoire ?
Oui, jusqu’à l’automne.
 
L’annonce avait été faite en février, elle sera mise en place le 15 mai 2022. Jusqu’à l’automne, le Danemark suspend sa campagne de vaccination contre la Covid-19 (mais les Danois peuvent continuer à se faire vacciner par leur médecin traitant). Concrètement, les centres de vaccination vont fermer et aucune invitation à se faire vacciner ne sera envoyée.
 
Avec presque 5 millions de Danois vaccinés, dont 3,6 ayant reçu une dose de rappel (« 3e dose »), le taux de couverture vaccinale est élevé au Danemark : 81 % de personnes éligibles vaccinées, dont 62 % ayant reçu trois injections. De plus, de très nombreux Danois ont été infectés par le variant Omicron cet hiver.
Les autorités danoises ont donc décidé de fermer les centres de vaccination pour l’été. Les personnes en cours de vaccination pourront terminer leur schéma vaccinal chez leur médecin. La vaccination contre la Covid-19 reste recommandée pour les personnes à risque, définies par les autorités sanitaires danoises comme les personnes âgées de plus de 40 ans et les femmes enceintes. Les enfants âgés de 5 à 11 ans sont également invités à être vaccinés.
 
Le gouvernement danois a prévenu que cette interruption sera très probablement temporaire, puisque qu'il se peut qu’il soit nécessaire de vacciner à nouveau contre la Covid-19 à l'automne, en particulier si le virus continue de muter.
 
Sources
« Denmark suspends national Covid-19 vaccination programme », The Local, 26 Avril 2022
Le site de la Haute autorité de santé danoise
Il y a 23 jours
Que penser des récents cas d’hépatites d’origine inconnue chez les enfants ?
Elles pourraient être liées à une infection par la Covid-19 dans les mois précédents.
 
Au printemps 2022, les autorités sanitaires de divers pays (mais essentiellement au Royaume-Uni) ont signalé des cas d’hépatites sévères chez des enfants, hépatites dont l’origine n’est, pour l’instant, pas encore confirmée.
Début mai 2022, ce sont un peu moins de 200 cas qui ont été signalés, dont 111 au Royaume-Uni et 55 dans l’Union européenne, pour la plupart touchant des enfants de moins de 5 ans. Dix-sept de ces cas ont nécessité une greffe de foie et un enfant est décédé. Quelles sont les hypothèses concernant les causes de ces hépatites ?
 
Certaines hypothèses ont été écartées, dont la vaccination contre la Covid-19, car ces enfants n’étaient pas vaccinés (ils sont pour la plupart trop jeunes pour envisager cette vaccination au vu des connaissances actuelles). De la même manière, il semble peu vraisemblable que ces hépatites soient liées à des sources toxiques ou environnementales.
Une cause infectieuse reste la plus probable, avec deux pistes d’investigation pour l’instant :
  • une infection passée par SARS-CoV-2, le coronavirus de la Covid-19 : tous les enfants israéliens touchés (12) avaient souffert de cette infection dans les 4 mois précédant l’hépatite (mais cela semble être moins systématiquement le cas dans les autres pays touchés) ;
  • une infection par un adénovirus, l’adénovirus 41F, qui cause habituellement des troubles digestifs chez les enfants mais qui, chez les enfants immunodéprimés, peut être à l’origine d’hépatites. Peut-être s’agit-il d’une infection par l’adénovirus 41F chez des enfants dont le système immunitaire a récemment été fortement sollicité par une Covid-19.
Certains experts craignent que ces hépatites soient la conséquence de la circulation importante du variant Omicron chez les enfants au cours de l’hiver 2021-2022. En effet, dans les pays qui ont essayé de contrôler la dissémination de la Covid-19 chez les enfants (par exemple les pays asiatiques), ces hépatites n’ont pas été signalées, à l’exception d’un cas au Japon.
Les autorités sanitaires ont émis des recommandations de surveillance pour s’assurer que tous les cas suspects soient signalés. Les recherches continuent sur les nouveaux cas qui apparaissent.
Dans un article publié dans The Guardian du 29 avril 2022, un hépatologue pédiatrique rappelle que des cas d’hépatites sévères ont également été signalés chez des enfants dans les années qui ont suivi la grande épidémie de grippe « espagnole », à la fin de la première guerre mondiale.
 
Sources
Les données britanniques sur ces cas d’hépatites, 25 avril 2022
Les données européennes sur ces cas d’hépatites, 28 avril 2022
L’article du Guardian du 29 avril 2022
Il y a 23 jours
Les vaccins contre la Covid-19 perturbent-ils le cycle menstruel ?
Oui, mais cela reste rare, sans gravité, avec un retour à la normale au cycle suivant.
 
Depuis le début de la campagne de vaccination contre la Covid-19 chez les adultes de moins de 55 ans, des femmes non ménopausées ont signalé des troubles du cycle menstruel, le plus souvent dans les 3 jours suivant la vaccination : retard de règles le plus souvent (de quelques jours), parfois règles plus abondantes qu’à l’accoutumée, ou plus douloureuses. Par exemple, au Royaume-Uni, environ 30 000 signalements de ce type d’effet indésirable ont été faits auprès des autorités sanitaires britanniques, concernant l’ensemble des vaccins contre la Covid-19.

En France, les derniers chiffres sur le sujet datent du 29 juillet 2021, avec 261 cas pour le vaccin Pfizer BioNTech et 238 cas pour le vaccin Moderna. Moins de 10 % de cas étaient considérés comme « graves », c’est-à-dire ayant justifié une consultation médicale pour cette raison. Les différences entre les chiffres britanniques et français s’expliquent par le fait que les cas français ont été vérifiés, alors que les cas britanniques sont des signalements spontanés non vérifiés. En conséquence, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui gère les remontées en termes d’effets indésirables, a ajouté la mention « Troubles menstruels » dans les effets indésirables identifiés de ces deux vaccins.

Dans un éditorial publié dans le British Medical Journal le 16 septembre 2021, un point est fait sur ces troubles menstruels :
  • ils sont temporaires et les règles reprennent leurs caractéristiques habituelles au cycle suivant ;
  • ils ne gênent en rien la fertilité : dans les essais cliniques, le nombre de participantes démarrant une grossesse a été similaire dans le groupe vacciné que dans le groupe recevant un placebo ;
  • les hypothèses sur les causes de ces troubles sont diverses et restent à confirmer : effet de la vaccination sur les taux sanguins d’hormones sexuelles, effet de la réponse immunitaire vaccinale sur la paroi interne de l’utérus, etc.
Établir un lien avéré entre la vaccination et ces troubles menstruels est difficile, hors d’un essai clinique. En effet, les retards de règles occasionnels ou les saignements plus intenses ou durables que d’habitude sont parfois observés, même en l’absence de vaccination. Dans ces conditions, comment être certain que les cas observés après la vaccination ne seraient pas advenus sans la vaccination ? Pour répondre à cette question, les autorités sanitaires américaines ont lancé une vaste étude pour mieux comprendre ces signalements.

Plus globalement, ces troubles menstruels, temporaires et sans gravité, montrent que, dans les essais cliniques, l’attention portée à la santé gynécologique des participantes est trop souvent insuffisante. Espérons que le cas des vaccins Covid-19 améliorera la prise en compte de cette dimension de la santé dans les futurs essais cliniques, toutes maladies confondues.
 
Sources
 
L’article du British Medical Journal, septembre 2021
Le bulletin de l’ANSM de fin juillet 2021 où cette question est abordée, 2021
Un décodage intéressant du quotidien Libération sur le sujet, octobre 2021
Les résultats d’un sondage mené en Italie sur le sujet, 2022
Le 14/02/2022
Les personnes à risque de forme grave de Covid-19 sont-elles bien protégées par la 3e dose ?
Oui, si elles sont immunocompétentes et avec le recul dont nous disposons.
 
Récemment, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) a publié des données françaises sur la protection accordée par le rappel de vaccin contre la Covid-19 (« 3e dose »).
Selon la DRESS, si on fixe arbitrairement le risque de souffrir d’une Covid-19 symptomatique due à Omicron à 100 % pour une personne non vaccinée, le risque pour une personne complètement vaccinée avec rappel est de 49 %, toutes autres caractéristiques égales par ailleurs (en particulier l’âge). Ce même risque relatif est de 7 % avec Delta. La protection vaccinale contre une infection symptomatique pour Omicron est donc de 100 - 49 = 51 %, contre 93 % pour Delta (100 - 7). Une personne sur deux est donc protégée contre Omicron après la dose de rappel.

Toujours selon la DREES, si le risque d’être hospitalisé pour une infection par Omicron pour une personne non vaccinée est fixé à 100 %, le risque pour une personne complètement vaccinée avec rappel est de 19 %, toutes autres caractéristiques égales par ailleurs. Ce même risque relatif est de 4 % avec Delta. La protection vaccinale contre le risque d’hospitalisation pour Omicron est donc de 100 - 19 = 81 %, contre 96 % pour Delta (100 - 4).
Ainsi, la dose de rappel est fortement efficace (8 personnes sur 10 protégées) contre les formes sévères de Covid-19.
 
Attention, ces données concernent la population en général et ne sont pertinentes que pour les personnes dites « immunocompétentes », c’est-à-dire qui font une réponse immunitaire normale à la vaccination. Les personnes dites « immunodéficientes » (du fait d’une maladie ou d’un traitement médical) ne bénéficient malheureusement pas de ces taux de protection. Chez ces personnes, une 4e dose, voire une 5e, sont pratiquées pour tenter d’obtenir une réponse immunitaire suffisante. Parfois, cela n’est pas possible et elles bénéficient alors de l’injection d’anticorps monoclonaux à longue durée d’action, une forme de protection passive efficace.
 
Chez les personnes immunocompétentes, il n’existe pas encore de données montrant l’intérêt d’une 4e dose. En Israël, cette 4e dose est administrée aux personnes de plus de 60 ans qui ont reçu leur 3e dose depuis plus de 7 mois. Nous devrions avoir bientôt des données issues de ce pays pour savoir si cette 4e dose est utile dans cette population. Les données préliminaires ne montrent pas d’effet massif de la 4e dose sur les taux d’anticorps dans le sang (à l’inverse de la 3e dose qui les stimulent puissamment).
 
Sources
 
Les chiffres de la DREES, 14 janvier 2022
Le 14/02/2022
Le disulfirame permet-il de réduire les lésions pulmonaires lors de Covid-19 ?
Il est trop tôt pour l’affirmer. Une étude est en cours.
 
Le disulfirame est un médicament utilisé depuis de nombreuses années pour aider les personnes alcoolodépendantes à se libérer de leur addiction. En effet, ce médicament provoque, lors de consommation de boissons alcoolisées, des effets indésirables désagréables (nausées, vomissements, malaise). Dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire de l’alcoolodépendance, il peut contribuer au sevrage.
Le disulfirame agit sur de nombreuses enzymes du corps. En particulier, il inhibe une enzyme, la gasdermine D, qui est impliqué dans la réponse immunitaire : cette enzyme est nécessaire à la formation des « pièges extracellulaires » produits par des globules blancs (les « neutrophiles ») pour contrôler les virus ou les bactéries. Ces pièges stimulent une réponse inflammatoire qui peut endommager les cellules environnantes. Dans le contexte de la Covid-19, ces pièges seraient impliqués dans les lésions des poumons observées chez certains patients.

Pour cette raison, des chercheurs ont évalué les effets du disulfirame sur les hamsters syriens (une espèce animale sensible à la Covid-19) expérimentalement infectés. Ils ont observé que le disulfirame semblait réduire les lésions pulmonaires dues à la Covid-19 chez ces hamsters.

Un essai clinique est en cours à San Francisco pour évaluer si le disulfirame est capable de réduire les conséquences pulmonaires de la Covid-19 chez l’homme. Cette étude va comparer le disulfirame à un placebo chez 60 personnes atteintes de formes sévères de Covid-19, par ailleurs prises en charge selon les protocoles de soins habituels (donc en plus de ces soins).
En conclusion, il est encore trop tôt pour savoir si le disulfirame sera une arme de plus pour soigner les personnes atteintes de formes sévères de Covid-19. Les résultats de l’étude clinique sont attendus pour le mois de mai 2022.
 
Sources
 
L’étude sur le disulfirame chez les hamsters syriens infectés, 2022
Le protocole de l’étude clinique en cours (NCT04485130)