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Le 13/12/2021
Faut-il craindre le variant Omicron ?
Il est trop tôt pour se prononcer.
 
Mi-décembre 2021, que sait-on du variant Omicron, variant apparu en Afrique du Sud et au Botswana et porteur de nombreuses mutations ? Doit-on craindre qu’il devienne le variant prédominant à travers le monde ? Sera-t-il plus dangereux ?
 
Il reste encore beaucoup à apprendre du variant Omicron. À partir de ses gènes, de nombreuses hypothèses ont été émises, dont une meilleure transmissibilité entre les personnes et une relative résistance aux anticorps obtenus par une Covid-19 ancienne ou une vaccination. Mais ces hypothèses se confirment-elles dans la vie réelle ?
 
Concernant sa transmissibilité, il semble effectivement qu’Omicron soit un peu plus transmissible que le variant Delta actuellement prédominant. Cela a été particulièrement observé en Afrique du Sud, mais ce pays possède des caractéristiques particulières, assez différentes des nôtres actuellement : saison estivale, population en moyenne plus jeune, faible taux de vaccination (entre 25 et 30 %), forte proportion de personnes atteintes d’infection par le VIH/sida et faible présence du variant Delta actuellement. Mais les données britanniques ou danoises, pays où les conditions sont similaires à celles de la France et où Omicron est de plus en plus présent, semblent également indiquer une plus grande transmissibilité.
 
Concernant sa virulence (son « agressivité »), il ne semble pas qu’Omicron soit différent de Delta. Certains experts penchent pour une moindre virulence, mais les données sont, de nouveau, sud-africaines où l’âge moyen est plus jeune qu’en Europe. Nous en saurons plus à ce sujet dans les semaines qui viennent.
 
Quant à la résistance d’Omicron aux anticorps, nous vous renvoyons à notre réponse à la question « Faudra-t-il recevoir une 4e dose de vaccin pour se protéger du variant Omicron ? » ci-dessous. Seules les personnes ayant reçu 3 doses de vaccin ou celles ayant reçu 2 doses après un épisode de Covid-19 semblent efficacement protégées contre les formes légères à modérées dues à Omicron. Concernant la protection contre les formes sévères, il est trop tôt pour se prononcer (pour l’instant, peu de formes sévères ont été observées avec ce variant chez les personnes vaccinées).
 
En conclusion, à ce jour, il est à craindre que l’expansion d’Omicron dans les pays européens prolonge la 5e vague qui sévit actuellement, avec des formes symptomatiques chez les personnes non vaccinées ou particulièrement fragiles.
 
Sources
 
Une première étude sur la sensibilité d’Omicron aux anticorps neutralisants
Sur la protection obtenue après 3 injections de vaccin Comirnaty
« Omicron : un variant en marche ? », VIDAL, 2 décembre 2021
Le 13/12/2021
Le coronavirus de la Covid-19 disparaîtra-t-il un jour ?
Cela demanderait des moyens considérables.
 
Il est difficile de prédire ce qu’il adviendra du coronavirus de la Covid-19 dans les années à venir. Pour l’instant, les experts penchent pour une persistance de ce virus pendant plusieurs années, voire plus longtemps. Penchons-nous sur leurs arguments.
 
Le coronavirus de la Covid-19 est un virus assez transmissible et qui a la particularité de déclencher des symptômes 1 à 2 jours après que la personne infectée a commencé à être contaminante. De plus, une proportion non négligeable des personnes infectées ne développe pas de symptômes. Pour ces deux raisons, il ne semble pas possible d’éradiquer ce virus en isolant les personnes malades.

Pour l’éradiquer, il faudrait à la fois trouver des vaccins qui soient efficaces contre la contamination et la transmission (ce qui n’est pas le cas avec les vaccins actuels) et vacciner l’ensemble de l’humanité (ce qui demanderait des moyens considérables). Nous sommes déjà parvenus à éradiquer des infections (variole, bientôt poliomyélite) mais cela a demandé des moyens considérables. Si la Covid-19 devient une infection sans gravité pour la plus grande partie de l’humanité, il est peu probable que les nations investissent pour parvenir à l’éradiquer.
 
Chez l’homme, hors Covid-19, il existe 4 coronavirus responsables de 15 à 20 % des rhinopharyngites et des rhumes. Ces infections sont bénignes, sauf pour l’un d’entre eux, OC-43, qui peut être à l’origine de rares pneumonies mortelles chez des personnes très âgées. Ces coronavirus font partie de nos vies depuis longtemps (OC-43 pourrait avoir été responsable de la « grippe russe » qui a sévi dans le monde à la fin du XIXe siècle). Nous nous contaminons pendant l’enfance, puis recontaminons régulièrement (tous les 2 à 5 ans selon le coronavirus), avec des symptômes légers. Ces réinfections sont à la fois dues à l’apparition de nouveaux variants et la diminution du taux d’anticorps dans le sang après quelques années.

Il est tout à fait possible que le coronavirus de la Covid-19 suive le même chemin et devienne un coronavirus comme les autres, avec une immunité générale assurée par la vaccination et les (re)contaminations.
 
Sources
 
Sur l’éradication de la variole, France Info, mai 2020
Sur l’épidémie de grippe russe, VIDAL, novembre 2020
Le 09/12/2021
Faudra-t-il recevoir une 4e dose de vaccin pour se protéger du variant Omicron ?
Il est bien trop tôt pour l’affirmer.
 
Récemment, le PDG du laboratoire Pfizer a indiqué que l’apparition du variant Omicron pourrait nécessiter une 4e injection de vaccin contre la Covid-19 pour maintenir leur efficacité. Sa déclaration est-elle scientifiquement justifiée à ce jour (début décembre 2021) ?
Pour l’instant, cette déclaration est tout à fait prématurée. En effet, nous ne savons rien, dans la vie réelle, d’une éventuelle résistance d’Omicron vis-à-vis de l’immunité acquise après une Covid-19 ou une vaccination complète. Ce que nous savons, c’est que, dans le tube à essai, le variant Omicron est moins sensible à la neutralisation par les anticorps que les autres variants, ce qui semble suggérer une possibilité accrue de se contaminer ou de transmettre Omicron en étant vacciné, mais ne dit rien sur une éventuelle diminution de la protection immunitaire contre les formes sévères et les hospitalisations en cas d’infection par Omicron.

Ces premiers tests dans le tube à essai montrent que les personnes qui ont des taux élevés d’anticorps auront probablement plus de chance d’être efficacement protégées contre une infection par Omicron : c’est en particulier le cas des personnes qui ont eu un épisode de Covid-19 + 2 injections de vaccin ou de celles qui ont eu 3 injections de vaccins (ces personnes ont des taux très élevés d’anticorps dans le sang). Il est peu probable que ces personnes nécessitent une 4e injection tant que leur taux d’anticorps restera élevé.
 
Ce qui nous amène à la seconde raison pour laquelle la déclaration du PDG de Pfizer est prématurée. À l’heure actuelle, nous ne savons pas combien de temps ces personnes conserveront des taux d’anticorps élevés. Lorsque les immunologistes essaient de prévoir cette durée, à partir de la vitesse de diminution des anticorps après deux injections de vaccin, ils estiment une durée d’efficacité de la 3e injection d’environ 12 mois avant que les taux d’anticorps ne passent au-dessous du seuil estimé efficace. L’apparition d’Omicron ne va pas modifier cette vitesse de diminution, mais probablement augmenter la valeur du seuil efficace (car il faut davantage d’anticorps pour neutraliser Omicron). Dans ce cas, un rappel (4e injection) serait nécessaire avant 12 mois. Mais pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses.
 
En conclusion, et en attendant des données obtenues dans la vie réelle, il est déjà possible de dire que la protection contre Omicron passera très probablement par une vaccination complète (3 injections ou 2 injections après une infection). Ensuite, nous verrons. Un rappel annuel (comme pour la grippe saisonnière) pourrait suffire jusqu’à la fin de la pandémie.
 
Sources
 
Une première étude sur la sensibilité d’Omicron aux anticorps neutralisants
Sur la protection obtenue après 3 injections de vaccin Comirnaty
Le 07/12/2021
Pourquoi y a-t-il plus de personnes vaccinées hospitalisées que de personnes non vaccinées ?
Parce qu’il y a 8 fois plus de personnes vaccinées que de personnes non vaccinées.
 
Depuis deux semaines, les sites de désinformation sur les vaccins contre la Covid-19 répètent cette information en boucle : « Chaque jour, la majorité des personnes admises à l’hôpital pour Covid-19 sont vaccinées. » Ce qui vrai depuis la mi-novembre environ.

En réponse, les sites de décodage des informations en santé rappellent inlassablement que, en France, les personnes adultes vaccinées sont 8 fois plus nombreuses que les personnes non vaccinées. Il est donc normal que, en l’absence d’une efficacité de 100 % des vaccins, elles représentent une part non négligeable des personnes hospitalisées, d’autant plus que le nombre total de cas augmente dans le pays.
Imaginons que 100 % des Français soient vaccinés avec un vaccin véritablement efficace à 90 % (donc efficace pour 9 patients sur 10) : cela signifierait que 10 % des Français pourraient quand même tomber malades et que… 100 % des hospitalisés seraient vaccinés. Avec un vaccin pourtant efficace 9 fois sur 10 ! Au plus le taux de vaccination augmente dans un pays, au plus la proportion de patients vaccinés parmi les hospitalisés augmente, c’est mathématique.
 
Rappelons que, selon la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), lorsqu’on ajuste le risque d’hospitalisation à taille de population comparable, on voit qu’il y a environ 7 fois plus d’hospitalisations conventionnelles et environ 12 fois plus d’entrées en soins intensifs parmi les personnes non vaccinées de 20 ans et plus que parmi celles qui sont complètement vaccinées.
 
Sources
 
Les données de la DREES au 5 novembre 2021 (voir les pièces jointes pour obtenir les graphiques)
Un article du quotidien Le Parisien qui revient en détail sur cette question, 18 novembre 2021
Le 07/12/2021
Que penser des risques des vaccins Covid-19 chez les adolescents ?
Il s’agit essentiellement de myocardites, moins fréquentes avec le vaccin Pfizer.
 
Plusieurs études ont rapporté un risque accru de myocardites chez les jeunes hommes vaccinés contre la Covid-19 avec un vaccin à ARN, en particulier le vaccin Moderna. Pour cette raison, ce vaccin ne doit plus être administré aux personnes âgées de moins de 30 ans.
 
À titre d’exemple, une étude française a comparé la fréquence d’inflammation du muscle ou de l’enveloppe du cœur (myocardite et péricardite) chez toutes les personnes âgées de 12 à 50 ans qui avaient été vaccinées avec un vaccin à ARNm entre le 15 mai et le 31 août 2021, et qui avaient développé ces effets indésirables : 919 cas de myocardite (âge médian de 26 ans, 21 % de femmes) et 917 cas de péricardite (âge médian de 34 ans, 38 % de femmes)

Chacun de ces cas a été comparé à 10 personnes non vaccinées, de même âge, même région et même sexe, pendant la même période, pour évaluer l’augmentation du risque de myocardite directement liée à la vaccination.

Concernant le vaccin Moderna, l’augmentation du risque de myocardite était surtout observée chez les hommes de moins de 30 ans (132 cas supplémentaires observés par million de doses administrées), dans les 7 jours suivant l’injection. Cela reste donc très rare (environ 1 cas sur 10 000), mais suffisamment marqué pour que la Haute autorité de santé décide de déconseiller ce vaccin chez les moins de 30 ans (y compris les jeunes femmes, même si, chez elles, l’augmentation du risque est nettement plus modeste avec 37 cas supplémentaires pour un million de doses administrées). Chez les personnes de plus de 30 ans, ce sur-risque n’était pas significatif.
Concernant le vaccin Pfizer, l’augmentation du risque était plus faible et surtout présente pour la 2e dose (27 cas supplémentaires pour un million de doses chez les hommes de moins de 30 ans), ce qui justifie de continuer à l’utiliser pour cette tranche d’âge.
Selon cette étude, ces cas de myocardite et de péricardite se sont résolu spontanément, avec, dans les cas ayant requis une hospitalisation, une durée de séjour de l’ordre de 2 à 4 jours en moyenne. Sur la période étudiée, aucun décès n’a été signalé parmi les personnes hospitalisées pour une myocardite ou une péricardite à la suite de la vaccination.

À noter également que, selon cette étude, avoir connu un épisode de Covid-19 dans le mois précédent était également associé à la survenue d’une myocardite ou d’une péricardite, en l’absence de vaccination.

Les résultats de cette étude confirment des données obtenues dans d’autres pays (États-Unis, pays scandinaves). La différence entre les vaccins Moderna et Pfizer est probablement liée au fait que le vaccin Moderna contient 3 fois plus d’ARNm que le vaccin Pfizer. La décision de diviser par 2 la dose de vaccin Moderna pour la 3e dose tient compte de cette différence (les études montrent une très bonne réponse immunitaire, même à demi-dose).

Dans certains pays, les autorités sanitaires recommandent aux moins de 30 ans qui reçoivent un vaccin à ARNm de s’abstenir de faire du sport intensif pendant les 10 jours qui suivent chaque injection.
 
Sources
 
L’étude française sur le risque de myocardite chez les adolescents, 8 novembre 2021
https://www.epi-phare.fr/rapports-detudes-et-publications/myocardite-pericardite-vaccination-covid19/