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Il y a 7 jours
Comment utiliser les autotests de dépistage de la Covid-19 ?
De manière régulière, pour dépister une infection au plus vite.
 
Un autotest est un test antigénique dont le prélèvement et la lecture du résultat peuvent être réalisés seul, selon les indications du guide d’utilisation fourni lors de son achat. « Antigénique » signifie qu’il s’agit du même type de test que ceux actuellement réalisés en pharmacie. Le mode d’analyse du prélèvement est le même (identification de protéines du coronavirus à l’aide d’anticorps déposés dans une « cassette » de lecture, un peu sur le même principe que les tests de grossesse). En pharmacie, le prélèvement est nasopharyngé (profond) alors que, dans le cadre d’un autotest, le prélèvement est nasal, moins profond, et réalisé par l’usager. Le résultat est lisible en 15 à 20 minutes, selon l’autotest utilisé.

En pratique, il faut introduire l’écouvillon verticalement dans une narine sur 2 à 3 cm sans forcer, puis le faire basculer doucement en position horizontale et l'introduire encore un peu jusqu'à rencontrer une légère résistance. On réalise ensuite un mouvement de rotation à l'intérieur de la narine pour collecter le prélèvement. Pour certains tests, le prélèvement d’une seconde narine est nécessaire. Ensuite, il suffit de suivre les indications de la notice pour lire le résultat du test sur la cassette.

Selon la Haute autorité de santé, leur « sensibilité », c’est-à-dire leur capacité à détecter le virus chez une personne malade, s’élève au minimum à 80 %. Leur « spécificité », c’est-à-dire la probabilité qu’une personne au test positif soit effectivement porteuse du virus, s’élève à plus de 99 %. Ainsi le risque de « faux positif » est extrêmement réduit (moins de 1 %). Ces tests sont donc plus fiables lorsqu’ils sont positifs que lorsqu’ils sont négatifs.

La possibilité de « faux négatif » (une personne infectée chez qui le test est négatif) est due au fait que le prélèvement est moins profond et qu’il existe un risque que la personne ne respecte pas correctement la technique de prélèvement. Ce risque de faux négatif est plus important lorsque la personne ne produit que peu de coronavirus (au tout début de l’infection ou après le pic d’activité du virus). Il est donc essentiel de garder à l’esprit qu’un résultat négatif ne signifie pas nécessairement que vous n’êtes pas porteur du virus. C’est d’ailleurs le cas de tous les tests disponibles : aucun test ne permet, en cas de résultat négatif, de lever les gestes barrières.

Il est à noter que le fait de répéter l’autotest (ce qu’on appelle une « utilisation itérative ») permet d’augmenter sa fiabilité. En répétant l’autotest une à deux fois par semaine, on augmente les chances de le réaliser au début de la maladie, c’est-à-dire au moment où le virus est le plus présent et le plus facilement détectable, et surtout au moment où l’on est le plus contagieux. On multiplie ainsi les chances, si l’on est porteur sans symptômes, de s’en rendre compte, de s’isoler, de réaliser un test PCR de confirmation et de prévenir ses contacts pour casser le plus rapidement possible la chaine de contamination.

Attention, même utilisés de manière itérative, les autotests ne viennent en aucun cas remplacer un diagnostic plus fiable, par test antigénique en pharmacie ou par PCR dans un laboratoire. Les personnes qui ont des symptômes et les personnes contacts doivent continuer à se faire tester par PCR ou test antigénique sur prélèvement nasopharyngé et ne doivent pas recourir à l’autotest.
 
Sources
Les conseils du Ministère de la santé sur les autotests Covid-19
La brochure pratique générale pour comprendre ces autotests, Ministère de la santé
Une petite vidéo pédagogique sur ces autotests, Ministère de la Santé
Il y a 20 jours
La Covid-19 peut-elle entraîner des troubles de l’érection ?
Oui.
 
Depuis quelques mois, diverses équipes médicales ont signalé des troubles de l’érection chez des hommes ayant souffert d’un épisode symptomatique de Covid-19. Par exemple, une équipe italienne a observé que le risque de troubles de l’érection est 5 fois plus élevé chez les hommes ayant eu la Covid-19 que chez des hommes de même âge, même embonpoint ou même état de santé psychique, n’ayant pas souffert de cette infection. Pour l’instant, on manque de recul pour connaître la durée moyenne de ces symptômes.

Les raisons de ces troubles sont encore mal comprises, mais plusieurs hypothèses sont évoquées. La première est en lien avec le fait que le coronavirus de la Covid-19 soit capable d’infecter des cellules de la paroi interne des vaisseaux sanguins. Divers troubles cardiovasculaires ont été signalés à la suite d’une Covid-19 et il se pourrait que les vaisseaux sanguins impliqués dans l’érection fonctionnent moins bien dans les semaines suivant une Covid-19. Certains auteurs évoquent la possibilité de formation de minuscules caillots sanguins dans ces vaisseaux pendant la maladie.

Une autre hypothèse évoque la diminution des taux sanguins de testostérone (l’hormone sexuelle mâle) chez les hommes convalescents après une Covid-19. Cette hormone joue un rôle dans les fonctions sexuelles et des taux insuffisants peuvent contribuer aux troubles de l’érection.

Une troisième hypothèse considère ces troubles comme une conséquence de la fatigue persistante à la suite de l’infection ainsi que du stress que ces hommes ont vécu pendant la maladie (une forme de stress post-traumatique). Le stress et la fatigue sont des causes fréquentes des troubles de l’érection.

Des études sont en cours pour mieux comprendre l’origine de ces troubles, mais aussi pour évaluer l’efficacité des traitements habituels des troubles de l’érection (les « inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 ») dans cette forme de dysfonction érectile. De plus, certains chercheurs ont émis l’hypothèse que ces médicaments pourraient également aider les personnes qui souffrent d’autres types de séquelles cardiovasculaires après un épisode de Covid-19.
 
Sources
Sur la fréquence des troubles de l’érection après la Covid-19, 2021
Sur les causes possibles de ces troubles de l’érection, 2021
Il y a 32 jours
La Covid-19 peut-elle être à l’origine d’une péricardite ?
Oui.
 
Certaines affections du cœur peuvent être la conséquence d’un épisode de Covid-19. Le plus souvent, il s’agit d’une inflammation du muscle cardiaque (une « myocardite »), mais parfois il s’agit d’une inflammation de l’enveloppe du cœur, le péricarde. On parle alors de « péricardite ». De nombreux cas ont été signalés à travers le monde depuis le début de la pandémie.

Dans ses documents sur la prise en charge des personnes souffrant de séquelles de la Covid-19 (la « Covid longue »), la Haute autorité de santé (HAS) signale la péricardite comme possible séquelle. Selon ses recommandations, lorsque la péricardite a été confirmée par un médecin cardiologue via des examens complémentaires, un traitement adapté est prescrit, le plus souvent à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène par exemple) et parfois de colchicine. De plus, le patient doit se reposer jusqu’à la disparition des douleurs, en se limitant aux activités quotidiennes. L’activité sportive est contre-indiquée pendant au moins un mois, jusqu’à la disparition des douleurs et la confirmation d’une amélioration de la péricardite par des examens complémentaires (échographie).
 
Sources
Les informations de la Haute autorité de santé sur la prise en charge de la péricardite après un épisode de Covid-19, 2021
Il y a 32 jours
Qu’en est-il des récents effets indésirables du vaccin AstraZeneca ?
L’Agence européenne du médicament recommande de reprendre la vaccination avec ce vaccin.
 
Le 18 mars 2021, l’Agence européenne du médicament s’est prononcée sur les cas de troubles de la coagulation sanguine signalés après des injections de vaccin AstraZeneca. Selon cette agence, ces signalements ne peuvent pas être directement liés à ce vaccin (mais cette possibilité n’est pas exclue). L’Agence réitère que ce vaccin « est sûr et efficace » et que les bénéfices qu’il apporte sont largement supérieurs aux risques qu’il représente. Elle encourage les États membres de l’Union européenne à reprendre la vaccination.

Quels sont les effets indésirables qui ont inquiété les experts ? Ce sont des troubles de la coagulation extrêmement inhabituels (à l’inverse des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires ou des AVC dus à un caillot sanguin, qui sont plus fréquents).

Dans les cas signalés, il s’agit de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD, la formation simultanée de petits caillots dans l’ensemble du corps, 7 cas en Europe) et de thrombose des sinus veineux cérébraux (des caillots dans les veines du cerveau, 18 cas en Europe). Ces nombres de cas sont à mettre en regard des presque 20 millions d’Européens ayant reçu ce vaccin.

Autre caractère inhabituel observé, ces cas se sont essentiellement produits chez des femmes relativement jeunes. Au Royaume-Uni, où des millions de personnes âgées ont reçu le vaccin AstraZeneca, un seul cas de ce type a été observé. La surreprésentation féminine jeune pose la question du rôle des hormones contraceptives et du tabac (deux facteurs connus pour augmenter le risque de thrombose en général) dans l’apparition de ces effets indésirables. L’Agence européenne n’a pas encore évalué le rôle de ces facteurs de risque dans les cas signalés.

L’Agence a par ailleurs décidé d’inscrire ces effets indésirables dans la notice du médicament et a publié des informations de mise en garde (pour les personnes vaccinées) et de prise en charge médicale (pour les professionnels de santé).

Le jour même de la communication de l’Agence européenne, des chercheurs norvégiens (le premier pays à avoir signalé ce type d’effet indésirable) ont annoncé avoir identifié un lien entre le vaccin AstraZeneca et ces effets : une réaction immunitaire inhabituellement intense à la suite de la vaccination, ayant peut-être entraîné une réaction inflammatoire connue pour être impliquée dans les troubles de la coagulation, en particulier la CIVD. Mais les données de leurs travaux n’ont pas été publiées à la date de la rédaction de cette réponse et leurs affirmations sont donc à prendre au conditionnel.

Les autorités européennes vont continuer à surveiller de près ces effets indésirables. Elles rappellent que la COVID-19 est une maladie dangereuse, en particulier parce qu’elle provoque… des thromboses, avec une fréquence bien supérieure à celle des effets indésirables qui ont récemment amené à suspendre l’usage du vaccin AstraZeneca. En conséquence, elles recommandent que l’administration de ce vaccin reprenne.
 
Sources
L’avis de l’Agence européenne du médicament
Un article sur les résultats des chercheurs norvégiens
Il y a 34 jours
Les personnes qui ont eu la Covid-19 doivent-elles vraiment recevoir une dose de vaccin ?
Absolument, idéalement 6 mois après la guérison.
 
Aujourd’hui, on sait que la très grande majorité des personnes qui ont souffert d’une Covid-19 avérée (avec test PCR positif) produisent des anticorps et des cellules immunitaires dirigés contre le coronavirus. Mais, parce que les taux d’anticorps diminuent progressivement dans les mois qui suivent la maladie et que la réponse immunitaire après un vaccin contre la Covid-19 est importante et de bonne qualité, la Haute autorité de santé (HAS) recommande que les personnes qui ont eu une Covid-19 avérée soient vaccinées contre cette maladie dans un délai d’environ 6 mois (toujours plus de 3 mois) avec une seule injection, idéalement d’un vaccin à ARN.

Il n’est pas nécessaire de faire un test sérologique avant cette vaccination. Chez les personnes qui présentent une immunité contre la Covid-19 (sérologie positive) mais qui n’ont jamais eu de symptômes, le délai de 6 mois pour la vaccination court à partir de la date de la sérologie positive.

Cette vaccination des personnes déjà infectées par le coronavirus concerne en priorité les personnes qui présentent un risque de forme sévère en cas de réinfection par le coronavirus (ce sont les mêmes facteurs de risque que pour les personnes qui n’ont jamais eu la Covid-19 : âge supérieur à 65 ans, diabète, obésité, maladies cardiovasculaires ou rénales, trisomie 21, etc.).
Chez les personnes qui présentent des symptômes durables de la Covid-19 (« Covid long »), une consultation médicale adaptée est nécessaire avant la vaccination pour juger au cas par cas de l’intérêt de celle-ci.

Plusieurs études immunologiques ont confirmé la validité de cette recommandation : une seule injection de vaccin stimule considérablement la réponse immunitaire contre le coronavirus chez les personnes qui ont déjà une immunité naturelle contre le coronavirus de la Covid-19. Par contre, une seconde injection de vaccin n’apporte aucun bénéfice supplémentaire et n’est donc pas nécessaire.

Néanmoins, dans le cas particulier des personnes immunodéprimées (du fait d’un traitement médicamenteux contre le rejet de greffe, par exemple, ou une maladie) et qui ont déjà eu la Covid-19, la HAS recommande deux injections de vaccin, comme chez les personnes qui n’ont jamais eu la Covid-19.
 
Sources
Stratégie de vaccination contre le SARS-CoV-2 : Vaccination des personnes ayant un antécédent de Covid-19, Haute autorité de santé, 11 février 2021
Un article scientifique sur les effets immunologiques de cette vaccination des personnes déjà exposées, 1er février 2021