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les questions et les décodages

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Il y a 1 jour
Est-il vrai que le pass sanitaire va aggraver l’épidémie de Covid-19 ?
Rien ne le prouve.
 
Récemment, dans la presse, certains se sont élevés contre le principe du pass sanitaire, sur la base d’arguments éthiques, politiques, pratiques ou philosophiques. Dans un cas particulier, un expert a été cité comme affirmant que « le pass sanitaire et ses conséquences posent de nombreux problèmes, dont certains pourraient aggraver l'épidémie. » Qu’en est-il ?

Cet expert explique par exemple que les personnes qui refusent de se faire vacciner pourraient décider de ne pas aller à l’hôpital se faire soigner (pour un Covid ou une autre maladie) parce que le pass est nécessaire pour entrer dans un centre de soins. Cette affirmation est fantaisiste à deux niveaux : tout d’abord, il est bien évident que les centres de soins ne vont pas vérifier le pass des personnes malades qui se présentent (sinon, aucune personne non vaccinée et infectée par le Covid ne serait plus prise en charge !). Ensuite, depuis le début de l’épidémie, les patients qui font l’objet d’une hospitalisation programmée (pour une intervention chirurgicale par exemple) sont tenues de présenter un test COVID négatif récent (même si elles sont complètement vaccinées). Rien ne changera donc, sauf pour les visiteurs des personnes hospitalisées qui, eux, seront tenus de présenter leur pass.

Cet expert affirme également que les mesures barrières seront levées pour les personnes qui ont un pass, en particulier dans les lieux fermés. Cette levée des mesures pourrait favoriser la transmission du variant Delta, les personnes immunisées n’étant pas protégées à 100 % et les personnes non immunisées ayant pu s’infecter depuis leur dernier test négatif. Effectivement, cela pourrait se produire mais 1) le gouvernement n’a pas confirmé la levée des mesures barrières dans les lieux fermés soumis au pass (par exemple les cinémas, les restaurants, etc.), bien au contraire, 2) la transmission au sein d’un groupe avec pass sera, du fait de l’efficacité des vaccins à réduire fortement la transmission, limitée et son poids global devrait être faible comparé à celui de la transmission entre personnes non immunisées. Un poids en tout cas insuffisant pour « aggraver l’épidémie » de manière significative.

Enfin, cet expert a reproché au pass sanitaire d’être « une levée du secret médical ». Sauf que le pass, comme le carnet de vaccination des enfants ou des voyageurs, ne donne pas d’information sur une pathologie ou un état de santé mais sur le respect de mesures de prévention. Ce qui ne relève pas du secret médical.
 
Sources
« Pass sanitaire », Gouvernement français
« Pass sanitaire : toutes les réponses à vos questions », Gouvernement français
« Quels sont les lieux où le pass sanitaire est nécessaire ? », Service-public.fr
Il y a 1 jour
Est-il vrai que le variant Delta est certes plus contagieux mais beaucoup moins dangereux ?
Non, il semble tout aussi dangereux, peut-être un peu plus.
 
Selon des enquêtes menées au Royaume-Uni, où Delta représente à peu près 90 % des cas actuels de COVID-19, les symptômes dus à ce variant ont tendance à être un peu différents de ceux des autres variants, mais cela ne signifie pas nécessairement que les symptômes associés sont plus ou moins graves. Avec Delta, la fièvre, les maux de tête, les maux de gorge et l'écoulement nasal sont plus fréquents, tandis que la toux et la perte d'odorat le sont moins. Néanmoins, d'autres études associent Delta à des symptômes rares plus graves, notamment une déficience auditive, des diarrhées importantes et des caillots sanguins.

Des recherches sont en cours pour déterminer si l'infection par Delta est associée à une augmentation du risque d’hospitalisation et de décès chez les personnes non vaccinées les plus fragiles. Une première étude évaluant le risque d’hospitalisation en Écosse a suggéré que ce risque était deux fois plus élevé chez les personnes non vaccinées atteintes de Delta que chez les personnes non vaccinées atteintes d'Alpha. Mais cette observation n’a pas été confirmée ailleurs.

Ce qui est certain, c’est que l’infection par Delta, plus contagieux, se traduit par une quantité de virus (« charge virale ») plus importante dans le rhinopharynx des personnes infectées non vaccinées. Avec les variants précédents, on a pu constater que plus la charge virale était élevée, plus les symptômes étaient sévères. Il s’agit donc d’une donnée à surveiller.

Pour l’instant, il est encore difficile de déterminer si le variant Delta rend réellement plus malade que les variants précédents ou s'il circule simplement davantage parmi des populations plus vulnérables (où le nombre de cas est élevé et les taux de vaccination sont faibles).
Actuellement, au Royaume-Uni, comme en France, on assiste à un « découplage » des hospitalisations et des cas. En d’autres termes, le nombre d’hospitalisations pour 1000 cas identifiés est beaucoup plus faible qu’au printemps, ce qui est très probablement lié à la vaccination massive des personnes les plus à risque de complications (même s’il en reste environ 3 millions à vacciner en France). Aux États-Unis, le nombre d’hospitalisations pour 1000 cas dans chaque État est directement proportionnel au pourcentage de personnes qui y ont été vaccinées, ce qui conforte cette hypothèse.
 
Sources
L’étude écossaise qui suggère une sévérité plus forte du variant Delta
L’étude qui montre que la charge virale est plus élevée avec le variant Delta
Les données américaines sur l’influence de la vaccination sur le nombre de cas de Delta
Il y a 2 jours
Pourquoi les pays qui ont le plus vacciné reconfinent-ils ? Est-ce que ce sont des personnes doublement vaccinées qui sont contaminées ?
Aucune de ces questions ne résiste à une analyse des données.
 
À ce jour (fin juillet 2021), les pays qui reconfinent sont ceux qui ont le moins vacciné (Australie, Singapour, par exemple), pays qui ont rapidement appliqué une politique Zéro Covid et ont connu peu de cas. D’autres pays reconfinés n’ont pas du tout vacciné comme le Bangladesh.

Les pays qui ont le plus vacciné (Israël, Canada, Royaume-Uni, Islande, par exemple) ne sont pas dans une dynamique de reconfinement en dépit de l’extension du variant Delta. Certains remettent en place les mesures barrières, comme le port du masque en intérieur ou les jauges pour les événements publics, car il reste encore de nombreuses personnes non vaccinées, en particulier les plus jeunes.

La deuxième partie de votre question provient probablement de chiffres qui ont circulé, de type « Les vaccinés représentent 40 % des cas en Israël. » Essayons d’analyser cette donnée. Tout d’abord, rappelons que les vaccins à ARNm protègent environ 9 personnes sur 10 (taux de protection autour de 90 %). Si 100 % de la population est vaccinée, cela signifie que 10 % des personnes peuvent néanmoins développer des symptômes. Dans ce cas de figure, les vaccinés représenteront 100 % des cas puisque 100 % de la population est vaccinée ! Mais le vaccin sera toujours efficace à 90 %

On voit bien là que le chiffre de 70 % en Israël est aussi dû au fait qu’environ 85 % des adultes y sont vaccinés. En d’autres termes, si les personnes vaccinées sont très largement majoritaires, même le faible pourcentage de ceux qui développent une infection représente un nombre important en valeur absolue.

Dans une excellente analyse publiée dans le quotidien Le Monde, les auteurs expliquent que les chiffres observés en Israël sont parfaitement en ligne avec ce que l’on sait de l’efficacité des vaccins :
  • « au 1er juillet, on comptait environ 5,17 millions d’adultes complètement vaccinés sur les 6 millions d’adultes que compte l’État hébreu et 442 000 personnes partiellement vaccinées. Ce qui donne donc environ un demi-million d’adultes non vaccinés.
  • le 30 juin, on a dénombré 291 nouveaux contaminés, dont environ 40 % avaient pourtant été vaccinées complètement. Cela fait donc environ 116 cas provenant d’adultes vaccinés (soit 2,2 cas pour 100 000 habitants) et 175 cas d’adultes non ou partiellement vaccinés (soit 19 cas pour 100 000 habitants).
  • en proportion, on observe donc environ 8,5 fois plus d’infections chez les personnes qui ne sont pas complètement vaccinées : on retombe bien sur une efficacité d’environ 90 %. »
En conclusion, il faut se méfier des pourcentages lorsque les deux populations comparées (vaccinés/non vaccinés) sont de taille très différente.
 
Sources
 
Un article du quotidien Le Parisien sur le reconfinement dans certains pays,
L’article des Décodeurs dans Le Monde du 2 juillet 2021
Un article similaire avec une infographie éclairante dans Le Progrès du 1er juillet 2021
Il y a 8 jours
Est-il vrai que les vaccins à ARNm sont déconseillés aux personnes ayant une maladie auto-immune ?
Non. Ils sont couramment administrés à ce type de patients.
 
Les vaccins contre la Covid-19 à ARN messager (Comirnaty des laboratoires Pfizer BioNTech et Spikevax des laboratoires Moderna) sont indiqués chez toutes les personnes âgées de 12 ans et plus (pour le premier) ou âgées de 18 ans et plus (pour le second), y compris les personnes souffrant d’une maladie auto-immune (par exemple, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite, maladie de Crohn, lupus, etc.). À la rubrique « Contre-indications », leur dossier d’enregistrement ne précise que « l’hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients ».

De fait, ces vaccins sont couramment administrés aux personnes souffrant de maladies auto-immunes, y compris celles traitées par des médicaments immunomodulateurs. Pour donner un exemple plus précis, dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, de la spondylarthrite ou du lupus, la Société française de rhumatologie précise que « dans l’état actuel des connaissances, les vaccins à ARNm pourraient être à privilégier chez les patients sous traitements immunomodulateurs. » Cette vaccination ne requiert pas la suspension des traitements immunomodulateurs (à l’exception du rituximab qui réduit la réponse immunitaire au vaccin).

De manière similaire, concernant la maladie de Crohn, le GETAID (Groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif) recommande la vaccination contre la Covid-19, y compris par un vaccin à ARNm. Le GETAID recommande même « (aux) patients traités par azathioprine ou méthotrexate et traités par chimiothérapie associée à une lymphopénie, d’être vaccinés avec un vaccin à ARNm et de recevoir 3 doses de vaccin au lieu de 2, avec un intervalle de 4 semaines entre les injections. »
En conclusion, les personnes qui souffrent de maladie auto-immune peuvent être vaccinées avec un vaccin à ARNm.
 
Sources
Le dossier d’enregistrement de Comirnaty
Le dossier d’enregistrement de Spikevax
Les recommandations de la Société française de rhumatologie
Les recommandations du GETAID
Il y a 44 jours
Pour la 2e injection du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19, la protection est-elle supérieure si on attend 12 semaines au lieu de 9 semaines ?
Selon la Haute autorité de santé, il semble que ce soit le cas.
 
Les études portant sur le vaccin VAXZEVRIA (AstraZeneca) contre la Covid-19 ont comparé un rappel 12 semaines après la première injection à un rappel 4 semaines après la première injection. Pour cette raison, selon le document de référence sur ce vaccin (RCP, Résumé des caractéristiques du produit), le rappel peut être fait entre 4 et 12 semaines après la première injection.

Néanmoins, ces études ont montré une meilleure protection lorsque le délai entre les deux injections était de 12 semaines. Pour cette raison, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé d’attendre entre 9 et 12 semaines entre les deux injections, mais en précisant que « l’efficacité vaccinale après la seconde injection (est) la plus élevée autour de 12 semaines. »

Rappelons que, en France, ce vaccin est réservé aux personnes âgées de plus 55 ans, du fait du risque d’apparition de caillots sanguins chez les personnes plus jeunes (risque exceptionnel mais grave).
 
Sources
Le document de référence (RCP) du vaccin VAXZEVRIA
Les recommandations de la HAS sur le vaccin VAXZEVRIA