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les questions et les décodages

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Il y a 26 jours
L’épilation au laser fait-elle apparaître de nouveaux poils ?
Non. Mais de nouveaux poils apparaissent avec l’âge.
 
On entend souvent dire que l’épilation fait apparaître de nouveaux poils. En fait, le plus souvent, il s’agit de poils qui seraient apparus avec le temps, avec ou sans épilation. Par contre, le rasage du duvet (les poils très fins, souvent à peine visibles) peut stimuler leur croissance, leur épaississement et les rendre plus visibles.

Avec l’épilation laser, seuls les poils les plus visibles sont traités. Ils ont tendance à repousser 3 à 6 mois plus tard. Il faudra en général 6 à 8 traitements espacés de 8 à 12 semaines pour les faire disparaître définitivement. Ce qui, au total, représente entre 10 et 21 mois de traitement, largement le temps pour que de nouveaux poils apparaissent, comme cela est habituel avec l’âge. Dans ce cas, à la différence du rasoir, ce n’est pas l’épilation laser qui est responsable de l’apparition de nouveaux poils, mais le temps qui s’écoule lors d’un traitement complet.
 
Sources
Sur les différentes formes d’épilation, Association canadienne de dermatologie
Il y a 27 jours
Est-ce que la mélanine est un écran solaire naturel de l'organisme ?
Oui, mais avec ses limites.
 
La mélanine (ou plutôt les mélanines, il en existe deux types) est le pigment qui colore la peau, les cheveux et les poils, l’iris, mais aussi certains organes internes (zones du cerveau ou de la glande surrénale, par exemple). Les personnes aux cheveux bruns ou noirs produisent des eumélanines, les personnes aux cheveux roux ou blonds des phaéomélanines.

Les mélanines sont produites par des cellules spécialisées, les mélanocytes. Au niveau de la peau, les mélanocytes sont dans la couche la plus profonde. Ils sécrètent les mélatonines sous forme de petits granules, les mélanosomes, qui migrent vers la surface de la peau, dans les cellules qui composent 80 % de celle-ci, les kératinocytes. Une fois dans les kératinocytes, les mélanosomes libèrent les mélanines.
Quelle que soit la couleur de notre peau, nous avons le même nombre de mélanocytes (et ce nombre diminue avec l’âge). Mais les mélanocytes des personnes à la peau foncée produisent plus de mélanosomes, et ceux-ci sont de plus grande taille. De plus, ils migrent plus près de la surface de la peau.

En termes de protection contre les rayons ultraviolets de la lumière solaire, seules les eumélanines sont efficaces. Elles se regroupent autour du noyau des cellules et protègent nos gènes (notre ADN) des effets nocifs des ultraviolets B (UVB). Sous l’effet de ces rayons, les personnes brunes fabriquent davantage de mélanosomes qui migrent dans les kératinocytes : c’est le bronzage. Mais ces eumélanines sont rapidement dégradées dans les cellules et les mélanocytes doivent en fabriquer en permanence. À la fin de l’été, la synthèse de mélanines diminue et la peau s’éclaircit progressivement.

Les phaéomélanines bloquent mal les UVB, et c’est pour cela que les personnes blondes ou rousses risquent davantage en s’exposant au soleil. Mais même pour les peaux mates ou foncées, la protection offerte par la mélanine est loin d'être totale, et des dégradations trop importantes de l'ADN peuvent entraîner la formation de cancers de la peau (« mélanomes »).

C’est pour cette raison qu’il existe des recommandations de protection solaire, selon la teinte naturelle de la peau (le « phototype ») et selon l’endroit où l’on s’expose au soleil (la quantité d’UVB augmente progressivement lorsqu’on se déplace vers l’Équateur). Il est essentiel de suivre ces recommandations et ne pas croire que la mélanine d’une peau mate ou brune représente une protection suffisante contre les méfaits du soleil.
 
Sources
Sur la production de mélanine dans la peau
Sur les mesures de protection contre les UVB
Il y a 42 jours
Prendre de l’acide palmitoléique (« oméga-7 ») présente-t-il un intérêt ?
À ce jour, aucun. Cela pourrait de plus augmenter le risque de certaines maladies.
 
L’acide palmitoléique est un acide gras mono-insaturé (comme l’acide oléique – oméga-9), donc de nature différente des acides gras essentiels poly-insaturés (oméga-3 et oméga-6). L’acide palmitoléique est l’un des acides gras les plus abondants dans notre corps, en particulier dans le tissu adipeux (les graisses) et le foie. En d’autres termes, nous ne manquons pas d’acide palmitoléique, nous aurions même tendance à en avoir un peu trop ! Comme tous les lipides, il sert à stocker de l’énergie lorsque notre apport calorique est supérieur à nos besoins.

Depuis une vingtaine d’années, les scientifiques se sont penchés sur le rôle de l’acide palmitoléique dans la prise de poids, l’apparition de diabète de type 2 (le diabète des personnes âgées), les maladies cardiovasculaires ou les cancers. Ces études faisaient suite à des résultats intéressants obtenus chez la souris. Mais les résultats des études menées dans l’espèce humaine ne sont pas très clairs. Certaines études ont suggéré un rôle aggravant dans l’apparition de ces maladies (qui sont toutes favorisées par le surpoids), d’autres un rôle plus protecteur, en particulier concernant le diabète de type 2. De plus, un excès d’acide palmitoléique dans le sang pourrait être lié à un risque plus élevé de cancer du sein, de la prostate, du cerveau ou de la vésicule biliaire.

Cette absence de résultats clairs et convaincants est en partie due à la qualité (médiocre) des études, mais aussi à l’influence d’autres facteurs comme l’âge, le sexe ou l’origine ethnique des participants.

Récemment, on a vu apparaître des compléments alimentaires riches en acide palmitoléique contenant de l’huile d’argousier, de macadamia ou de noisetier chilien (gevuina). Ces compléments sont proposés contre la sécheresse des muqueuses (yeux, bouche, vagin), pour lutter contre l’excès de cholestérol, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 ou l’excès de poids. Aucune de ces allégations de santé n’est soutenue par des études de bonne qualité méthodologique. De nouveau, rappelons que l’acide palmitoléique est l’un des lipides les plus abondants dans notre corps, ce qui ne plaide pas pour l’intérêt d’en prendre par ailleurs.
 
Sources
Un article de synthèse sur ce que l’on sait des effets de l’acide palmitoléique sur la santé, 2017
Il y a 42 jours
Le jeûne est-il bon pour la santé ?
On n’en sait rien, même si cela ouvre des pistes intéressantes.
 
Répondre à cette question est complexe. En effet, de quel jeûne parle-t-on ? Un jour de jeûne hydrique (uniquement des boissons non caloriques) par semaine ? Un jeûne à base de jus de légumes pendant une semaine ? Un jeûne de type Ramadan qui dure, selon la saison, entre 11 et 18 heures sans nourriture ni boisson tous les jours pendant un mois ? Un jeûne partiel (seulement la moitié des calories habituellement consommées) pendant des semaines ou des mois ? Il semble évident que ces différents types de jeûne auront des effets différents sur la santé.
De plus, la plupart des études sur les jeûnes ont été menées chez les rongeurs et il est difficile de les généraliser à l’espèce humaine. Chez l’homme, les études menées ont généralement concerné des jeûnes dits « intermittents » (1 ou 2 jours de diète hydrique) ou dits « périodiques » (de plus longues durées avec moins de 1 000 calories par jour). Ces études ont essentiellement été menées chez des personnes en surpoids ou obèses dans une optique d’amaigrissement, ce qui limite leur portée pour la population générale.
Ce que l’on sait, c’est que le jeûne, quel qu’il soit, modifie le métabolisme de notre corps, contraint de trouver son énergie en brûlant des graisses, ce qui entraîne une perte de poids et, peut-être, une réduction du risque de développer une maladie du cœur ou des vaisseaux sanguins. Le jeûne a également un effet sur la composition de notre microbiote (« flore intestinale »). L’impact du jeûne sur le développement de certaines maladies comme le diabète de type 2, la maladie d’Alzheimer ou celle de Parkinson, par exemple, n’a fait l’objet d’aucune étude convaincante chez l’homme.
En ce qui concerne les effets du jeûne sur le développement des cancers, l’Institut national du cancer (INCa) a publié en 2017 un document qui synthétise les connaissances actuelles. Selon l’INCa, les études sur le sujet ne permettent pas de conclure à l’intérêt du jeûne en prévention ou en traitement des cancers. Chez les patients atteints de cancer, la perte de poids et de masse musculaire observée lors de jeûne n’est pas favorable à l’évolution de la maladie.
Rappelons enfin que les résultats d’une étude de restriction calorique menée pendant 25 ans chez les macaques rhésus par le National Institute of Aging (États-Unis) ont montré qu’avoir une alimentation réduite diminue significativement le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers (dont le surpoids est un facteur de risque), mais n’augmente pas la longévité moyenne.
Pour conclure, la plupart des articles scientifiques sur le sujet s’accordent à dire que des études bien menées sur les effets du jeûne chez l’homme seraient très utiles car il existe des signes pointant vers de possibles bénéfices. Mais il est trop tôt pour l’affirmer.
 
Sources
Une synthèse des connaissances sur l’impact des jeûnes sur la santé, 2017
Une synthèse des connaissances sur l’impact des jeûnes sur le métabolisme, 2017
La fiche de l’INCa sur « Jeûne, régimes restrictifs et cancers », 2017
L’étude sur la restriction calorique chez les macaques rhésus, 2012
Il y a 45 jours
Le blanchissement des cheveux est-il dû à une perte de mélanine ?
Oui, du fait de la mort des cellules qui la produisent dans le follicule pileux.
 
La couleur des cheveux est déterminée par des cellules situées au niveau des follicules pileux, les mélanocytes, qui produisent de la mélanine. Celle-ci est ensuite incorporée dans les cheveux par les cellules qui produisent la kératine, les kératinocytes. Les mélanocytes se renouvellent fréquemment à partir de cellules dites « cellules souches »

En vieillissant, les cellules souches deviennent moins nombreuses et ont de plus en plus de mal à renouveler les mélanocytes : la production de mélanine diminue et la teinte du cheveu s’éclaircit, vire au gris puis au blanc lorsqu’il n’y a plus aucune production de mélanine.

Certains scientifiques pensent que la diminution, puis la disparition, des cellules souches des mélanocytes sont liées au stress oxydatif, stress qui pourrait être lié aux rayons ultraviolets du soleil mais aussi à la synthèse de la mélanine (qui est un processus chimique provoquant une oxydation). En vieillissant, les cellules souches perdraient leurs propriétés anti-oxydatives protectrices, ce qui les laisseraient plus exposées aux substances oxydantes (dont le peroxyde d’oxygène, c’est-à-dire… l’eau oxygénée, naturellement produite lors de la fabrication de la mélanine). Cette hypothèse semble renforcée par le fait que certains mélanocytes qui ne produisent pas de mélanine survivent plus longtemps dans les follicules pileux.

Si le blanchissement des cheveux est dû à un défaut de mélanine, peut-on prévenir ou inverser le processus en prenant des suppléments de mélanine ? Malheureusement non, car la mélanine ingérée est digérée et ne parvient pas aux kératinocytes qui sont responsables de la pousse des cheveux.

Il existe diverses substances qui sont étudiées pour leur possible capacité à inverser le blanchissement des cheveux. La plupart sont des médicaments prescrits pour diverses maladies et dont, par hasard, on a observé qu’ils s’accompagnaient parfois d’un retour de la couleur des cheveux. Ce sont certains anti-inflammatoires et immunosuppresseurs, certains traitements de la maladie de Parkinson, certains traitements du cancer, certains médicaments de l’hypertension artérielle, etc. Des études sont en cours sur quelques uns d’entre eux.
 
Sources
 
Sur les hypothèses du blanchissement
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32965076/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24033376/
Sur les substances qui ont montré une capacité à prévenir ou inverser le blanchissement