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les questions et les décodages

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Le 17/12/2020
Quel aliment pour favoriser la pousse des cheveux ?
Aucun en particulier.

Si aucune étude scientifique n’a identifié d’aliment qui favorise la pousse des cheveux, une vitamine semble contribuer à la santé des cheveux en général. Après examen des données scientifiques, les autorités sanitaires européennes ont en effet estimé que :
  • les compléments alimentaires contenant de la vitamine B8 (biotine) peuvent prétendre contribuer au maintien de cheveux en bonne santé si et seulement si ces produits contiennent au moins 7,5 microgrammes de vitamine B8 (biotine) pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion. Par contre, les compléments alimentaires contenant de la vitamine B1 (thiamine) ou B5 (acide pantothénique) ne peuvent PAS prétendre être indispensables à la santé des cheveux, des ongles ou de la peau.
  • les compléments alimentaires contenant de la cystéine ou de la méthionine (acides aminés soufrés) ne peuvent PAS prétendre améliorer la pousse et la qualité des cheveux, ni arrêter la chute des cheveux.
  • enfin, les produits contenant de la levure de bière ou des extraits de levure de bière (béta-glucanes) ne peuvent PAS prétendre contribuer à la santé de la peau, des cheveux ou des ongles.
Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour ces compléments alimentaires à l’exception de ceux contenant de la vitamine B8 (biotine). Cette vitamine se trouve en quantités intéressantes dans le jaune d’œuf, le foie, les rognons, le lait, le soja, l’avoine, les champignons, les graines germées, la levure de bière et la gelée royale.
Par ailleurs, les vertus des algues pour la santé des cheveux n’ont jamais été démontrées.

Sources
L’avis de L’EFSA sur l’ensemble des substances abordées dans cette réponse, 2020
Le 09/12/2020
Le yoga du visage est-il efficace ?
Oui, selon une toute petite étude qui demande à être confirmée.
En 2018, les médias ont relayé une étude clinique faite sur ce qu’ils ont nommé le « yoga facial ». En fait, on devrait plutôt parler de gymnastique faciale : une série de 32 exercices du visage à réaliser tous les jours pendant une demi-heure, visant à augmenter le volume des muscles de la face et réalisant ainsi une sorte de lifting « de l’intérieur ». Parmi les exercices, ouvrir grand la bouche pour former un O, sourire sans montrer ses dents, sourire intensément, se masser les joues, etc.
Dans cette étude de l'université Northwestern à Chicago, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of the American Medical Association (JAMA Dermatology), 27 femmes âgées de 40 à 65 ans ont été sélectionnées pour la présence de rides dues à l’exposition solaire et une atrophie modérée du visage. Ces femmes ont appris les exercices au cours de deux séances de 90 minutes chacune. Seules 16 femmes sont allées au bout de l’étude.
Au bout de 8 semaines d’exercices quotidiens puis 12 semaines d’exercices un jour sur deux, des dermatologues indépendants ont estimé l’âge des 16 participantes sur des photographies réalisées avant et après 20 semaines (chaque dermatologue ne voyant qu’une photo, soit avant, soit après).
Dans ces conditions, la pratique de ces exercices faciaux a significativement diminué l’âge des participantes tel que perçu par les dermatologues indépendants : de 50,8 ans à 48,1 ans en moyenne, soit une réduction moyenne de 2,7 ans (donc assez modeste). Par ailleurs, les participantes ont exprimé leur satisfaction concernant les résultats obtenus, en particulier elles ont signalé avoir « les joues plus pleines ».
Cette étude est tout à fait préliminaire et doit être menée avec un plus grand nombre de participantes pour pouvoir véritablement dire que cette série d’exercices exerce véritablement un effet sur l’aspect du visage. Deux études plus anciennes avaient, elles, échoué à montrer un effet positif d’exercices du visage.
 
Sources
L’étude publiée dans la revue JAMA Dermatology, 2018
Les études qui ont échoué à montrer un effet d’exercices du visage, 2013 et 2014
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24296342
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24327764
Le 23/04/2020
L'huile de ricin fait-elle vraiment augmenter la pousse et le volume des cheveux ?
Non. Aucune étude ne le montre, ni même ne le suggère.
 
L’huile de ricin est extraite des graines de ricin (Ricinus communis). Appliquée sur les cheveux, elle est censée hydrater le cuir chevelu, prévenir les pellicules et rendre les cheveux lisses et brillants, voire les faire pousser.
Il n’existe aucune étude clinique évaluant l’efficacité de l’huile de ricin sur la pousse des cheveux. La seule étude qui évoque cette utilisation capillaire est une étude indienne (le pays qui produit l’essentiel de l’huile de ricin) où une femme, après avoir appliqué de l’huile de ricin à ses cheveux, a développé un feutrage de l’ensemble de sa chevelure nécessitant une tonte complète… Des cas d’irritation de la peau ont été décrits après application d’huile de ricin.
Attention, l’huile de ricin, lorsqu’elle est ingérée, est un purgatif puissant, c’est-à-dire une huile qui déclenche les contractions de l’intestin (et de l’utérus) et provoque une diarrhée importante. Son usage comme laxatif est fortement déconseillé, voire proscrit.
 
Sources
L’étude indienne où l’huile a irréversiblement feutré la chevelure d’une femme, 2017
Une synthèse sur la toxicité de l’huile de ricin, 2007
Le 10/04/2020
Que penser des dentifrices au charbon végétal activé ?
Mieux vaut les utiliser de manière exceptionnelle, sous contrôle médical.
 
De nombreux marques de produits d’hygiène bucco-dentaire proposent désormais des dentifrices contenant du charbon végétal activé. Récemment, divers articles scientifiques ont mis en garde les consommateurs contre ces dentifrices qui pourraient nuire à l’intégrité et à la blancheur de l’émail des dents. L’état des connaissances à ce jour est complexe du fait de la grande variété de dentifrices sur le marché (et leurs compositions respectives).
Pourquoi du charbon végétal activé dans un dentifrice ? Le charbon végétal activé présente de très nombreux orifices microscopiques qui attirent et retiennent de nombreuses substances (toxines, gaz, métaux lourds, alcaloïdes, poisons, etc.) mais aussi des médicaments. Ce phénomène est appelé « adsorption ». Il est utilisé dans divers procédés de filtration de l’eau et de l’air.
Selon les fabricants, dans les dentifrices, le charbon végétal aurait la propriété de blanchir les dents (du fait de son pouvoir abrasif), de lutter contre la mauvaise haleine (en adsorbant les substances malodorantes) et de contribuer à la santé de la bouche en général.
Néanmoins, des cas ont été observés où, après un usage régulier de ce type de dentifrice, les personnes ont constaté une abrasion excessive de l’émail (donnant un aspect terne à leurs dents), voire l’apparition de taches sombres sur la surface de l’émail.
Le problème pour pouvoir tirer une conclusion définitive et négative sur ces dentifrices est qu’il en existe un grand nombre, dont la composition peut également inclure des substances très abrasives (voire être dépourvue de fluor ce qui nuit à la prévention des caries).
Sur les vertus blanchissantes, une étude a comparé le charbon, le peroxyde d’hydrogène, le bleu covarine, des microbilles et un mélange de plusieurs abrasifs (XW4D). Le charbon s’est révélé peu efficace comme blanchissant (donc probablement peu abrasif), loin derrière le bleu covarine, le peroxyde d’hydrogène ou les microbilles. De plus, en comparant l’abrasivité de divers dentifrices contenant du charbon, des dentistes ont trouvé de grandes différences d’abrasivité (mesurée par la RDA, Relative Dentin Abrasivity). Il semble donc que ce soit l’association de substances fortement abrasives et de charbon qui puisse être problématique. De plus, diverses études ont montré que les personnes qui cherchent à blanchir leurs dents se brossent plus souvent, plus longtemps et plus intensément, ce qui peut également contribuer aux dommages sur l’émail.
Une analyse croisée portant sur 118 études à propos de l’usage du charbon dans des produits d’hygiène bucco-dentaire a conclu à l’absence de preuves quand l’efficacité du charbon pour maintenir des dents blanches et en bonne santé.
En conclusion, avant d’utiliser un dentifrice au charbon, mieux vaut demander conseil à son chirurgien-dentiste. Dans tous les cas, il doit contenir du fluor aux concentrations recommandées et son usage doit rester exceptionnel, certains dentistes évoquant une fois par mois. Attention, il existe un risque que le charbon bloque l’adsorption du fluor sur l’émail, ce qui renforce l’idée d’une utilisation exceptionnelle de ce type de dentifrice.
 
Sources
L’analyse croisée de 118 études portant sur les dentifrices au charbon, 2017
La comparaison de l’effet blanchissant de divers ingrédients de dentifrices, 2019
Une synthèse des connaissances sur les dentifrices au charbon activé, 2019
Le 13/12/2019
Quels sont les risques de la lumière pulsée ou du laser pour l’épilation ?
Les risques existent surtout pour la lumière pulsée hors environnement médical.
 
Le laser et la lumière pulsée (également appelée « lampes Flash » ou « IPL ») reposent sur le même principe : envoyer une lumière intense pour chauffer la mélanine (le pigment brun de la peau et des poils) et détruire le follicule pileux qui en contient. La lumière du laser est plus « pure » (une seule longueur d’onde) et plus chargée en énergie (qui va se transformer en chaleur au contact de la mélanine). La lumière pulsée contient de nombreuses longueurs d’onde et produit moins d’énergie. Il existe deux types de lumière pulsée, les « intenses » professionnelles et les « grand public » moins intenses.
Parce que ces techniques échauffent la mélanine, elles sont déconseillées aux personnes à peau foncée et ne doivent être appliquées ni sur les grains de beauté, ni sur les cicatrices, ni sur les tatouages, ni sur les lésions de la peau. Les risques de ces techniques sont essentiellement des brûlures parfois profondes, des dépigmentations ou hyperpigmentations temporaires et, parfois, une stimulation paradoxale des poils qui poussent davantage.
Comme l’usage des lasers est réservé aux médecins dermatologues, ceux-ci prennent les précautions nécessaires pour adapter la puissance du laser au type de peau et à la finesse du poil, et ils sont capables de repérer les lésions, cicatrices ou grains de beauté qu’il ne faut pas soumettre à la lumière laser. C’est donc une pratique assez sûre.
Les choses sont différentes pour la lumière pulsée, en particulier avec les appareils vendus au grand public. En 2014, feue la Commission de la Sécurité des Consommateurs (désormais au sein de la DGCCRF) a publié un rapport alarmant sur ces appareils : risques de brûlures et d’hyperpigmentations, et risque pour les cellules de la rétine du fait de la fuite de lumière (l’usage de lunettes protectrices adaptées est impératif). En 2017, l’Anses (Agence nationale de la sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a également émis des recommandations appelant à la plus grande prudence.
Selon l’Anses, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés étaient des réactions inflammatoires immédiates, des sensations de brûlures, des douleurs modérées et des troubles pigmentaires. Des effets indésirables plus importants ont été observés après des usages inadaptés des appareils : brûlures cutanées profondes et brûlures oculaires.
En conclusion, si l’épilation laser ou par lumière pulsée chez un dermatologue semble à faible risque, mieux être prudent avec l’épilation par lumière pulsée hors des cabinets de dermatologie (une pratique désormais autorisée). Et éviter d’acheter un appareil à lumière pulsée grand public, potentiellement dangereux et souvent inefficace par manque de puissance.
 
Sources
L’avis de la Commission de la Sécurité des Consommateurs, 2014
L’avis de l’Anses, 2017