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les questions et les décodages

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Le 21/09/2020
L'huile de rose musquée est-elle la même que l'huile du rosier muscat ?
Oui.
 
L’huile de rose musquée ou de rosier muscat (pas de différence) est extraite des graines d’un rosier sauvage, Rosa rubiginosa, cousin de l’églantier, Rosa canina. Ce rosier est originaire d’Europe et de Turquie, mais aujourd’hui, il est essentiellement cultivé au Chili et en Argentine, pour la production d’huile largement utilisée en cosmétique.
Attention à ne pas confondre Rosa rubiginosa avec Rosa moschata, également appelée rose musquée, originaire du Moyen-Orient ou d’Asie centrale. Cette dernière n’est pas cultivée, mais elle a servi de porte-greffe à de très nombreux types de rosiers de nos jardins, en particulier ceux dits « rosiers Noisette ».
L’huile est uniquement extraite des graines de Rosa rubiginosa. Ce dernier est également appelé Rosier à odeur de pomme, Rosier rubigineux, Rosier rouillé ou Églantier à couleur de rouille.
 
Sources
Sur Rosa rubiginosa
Sur Rosa moschata
Le 01/09/2020
Peut-on mettre quelques gouttes d’huile essentielle de lavande vraie ou de géranium rosat dans une crème cicatrisante ?
Aucune étude n’a été menée sur ces usages.

Aucune étude n’a été menée sur l’usage de l’huile essentielle de lavande vraie dans la cicatrisation des plaies. Dans sa fiche sur cette plante, l’Agence européenne du médicament déconseille de l’appliquer sur des plaies ouvertes ou les peaux à problèmes.
Concernant le géranium rosat, on dispose d’encore moins d’informations, tout au plus une suggestion d’action de l’huile essentielle contre les levures (Candida) qui peuvent coloniser la peau.
Il est donc impossible de répondre à cette question en s’appuyant sur des preuves scientifiques. L’usage de l’huile essentielle de lavande vraie semble déconseillée sur les plaies.

Sources
Huile essentielle de lavande, European Medecins Agency, 2020
Investigation of the Antifungal Activity and Mode of Action of [...] Essential Oils, PMC, 2020
Le 01/09/2020
Les huiles essentielles de géranium et de citron sont-elles actives contre le coronavirus de la Covid-19 ?
Malgré une étude sur ces huiles essentielles, on n’en sait rien.

Votre question fait référence à un article scientifique récemment publié qui montre que les huiles essentielles (HE) de géranium ou de citron diminuent la concentration de protéine ACE2 sur la membrane de cellules en culture. Cette protéine est celle sur laquelle se fixe le coronavirus pour pénétrer dans les cellules respiratoires.
Malheureusement, les cellules utilisées dans cette étude ne sont pas les cellules habituellement utilisées dans la recherche contre le coronavirus mais des cellules HT-29 (des cellules de la surface du gros intestin utilisées habituellement pour la recherche sur le cancer colorectal). On ignore les raisons pour lesquelles les auteurs de l’étude ont choisi un type de cellules dont on ignore si elles peuvent être infectées par le coronavirus. Il reste à démontrer que ces HE produisent le même effet sur des cellules qui peuvent être infectées par le coronavirus (par exemple des cellules Vero).
De plus, les auteurs de cette étude n’ont pas montré que cette réduction des protéines ACE2 s’accompagne d’une protection contre le coronavirus responsable de la Covid-19. Il manque à leur étude une dimension virologique montrant que la diminution d’ACE2 provoque une résistance à l’infection par le coronavirus.
Enfin, de nombreuses substances capables de bloquer l’infection de cellules en culture par le coronavirus ne sont plus efficaces une fois testées chez l’animal ou chez l’homme. Il existe un monde de différences entre le tube à essai et la « vraie vie ».
Il est donc tout à fait prématuré de penser que les HE de géranium ou de citron puisse avoir une utilité contre la Covid-19.

Sources
L’étude en question : Geranium and Lemon Essential Oils and Their Active Compounds, MDPI, 2020
 
Le 02/12/2019
Que faut-il éviter comme aliments et huiles essentielles sous traitement anticoagulant ?
La liste est longue et il ne faut jamais en prendre sans consulter son médecin.
 
Les anticoagulants (ou antithrombotiques) de la famille des antivitamines K (AVK) interagissent avec de très nombreuses substances, en augmentant le risque d’hémorragie ou de caillots (thrombose). Il est indispensable de ne JAMAIS prendre un médicament ou un complément alimentaire sans en parler à son médecin. Même le paracétamol, qui est pourtant le médicament antidouleur de choix chez les patients traités par AVK, peut s’avérer dangereux s’il est pris à trop forte dose.
Ces précautions s’appliquent aux compléments alimentaires, aux produits à base de plantes (voir thèse de pharmacie dans les sources pour une liste complète) ou aux huiles essentielles. De nombreux ingrédients contenus dans ces produits peuvent augmenter le risque d’hémorragie : acides gras oméga-3 (huiles de poisson, par exemple), ail, curcuma, gingembre, ginkgo, ginseng, éleuthérocoque, kava, fève tonka, saule blanc, etc. Les médicaments et compléments alimentaires contenant du millepertuis sont également contre-indiqués car ils diminuent l’effet anticoagulant et exposent à un risque de thrombose. La notice des médicaments anticoagulants liste en général les principales interactions avec d’autres substances.
Par mesure de sécurité, l’usage de ce type de produit doit s’accompagner d’une mesure de l’INR (International Normalized Ratio, un paramètre qui reflète précisément la fluidité du sang) du patient trois ou quatre jours après le début du traitement pour s’assurer que ce nouveau médicament n’a pas déséquilibré le traitement anticoagulant. D’où l’importance d’en parler à son médecin.
Concernant les aliments, il est recommandé de ne pas consommer en trop forte quantité des aliments à teneur élevée en vitamine K, ou de ne pas les consommer deux jours de suite. Il ne s'agit pas d'interdire certains aliments, mais de connaître les aliments riches en vitamine K dont la variation de consommation fait varier les apports en vitamine K. Ce sont, par exemple, la choucroute et les choux en général, les huiles de soja et de colza, la laitue, le cresson, le persil, le fenouil, les épinards, le foie et les abats, la peau du poulet, etc.
 
Sources 
NEU, Christian : « Les interactions entre les antithrombotiques et les plantes médicinales », Thèse de pharmacie, 2011
« Le bon usage des médicaments anti-vitamine K », Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, 2012
Un tableau des aliments riches en vitamine K, KetterThill
Le 02/12/2019
Est-il vrai qu’il faut éviter l'huile essentielle d'eucalyptus quand on est asthmatique ?
Les données sont rares, mais il se pourrait que celle d’Eucalyptus radiata puisse apporter un bénéfice.
 
L’asthme est une maladie respiratoire chronique qui se caractérise par des difficultés respiratoires liées à une inflammation des bronches qui réagissent de façon excessive à certains facteurs : allergènes, stress, froid, pollution, etc.
D'une façon générale, il est recommandé d'être prudent dans l'usage des huiles essentielles en cas d'asthme. En effet, certaines substances contenues dans ces huiles pourraient déclencher une crise d’asthme. Concernant l’huile essentielle (HE) d’eucalyptus, il est difficile de trouver des informations fiables. Selon une thèse en pharmacie défendue en 2015 (voir Sources), l’HE d’eucalyptus radié (Eucalyptus radiata) pourrait être bénéfique en cas d’asthme (hors des crises).
En effet, une petite étude clinique contre placebo publiée en 2003 montre que l’administration par voie orale de 1,8-cinéole, une substance présente dans l’HE d’eucalyptus radié, possède une activité anti-inflammatoire qui permet de réduire l’utilisation de glucocorticoïdes (traitement de fond) dans le cas de patients atteints d’asthme chronique. Malheureusement, cette étude reste de petite taille (32 patients) et n’a jamais été répétée par d’autres chercheurs, ce qui en limite la portée.
L’auteur de la thèse de pharmacie met en garde les personnes asthmatiques sur le fait que :
  • l’HE d’eucalyptus radié ne doit pas être utilisée en fumigation, mais à froid sur un mouchoir par exemple,
  • les mélanges d’huiles essentielles doivent être évités, certaines substances (par exemple, le limonène) pouvant déclencher des crises d’asthme. Le limonène est retrouvé, entre autres, dans les HE d’agrumes (citron, orange, mandarine, bergamote, etc.), de pin, d’aneth, de carvi, de térébenthine, de verveines, de poivre noir et de menthe.
Il n’existe pas de données sur l’usage de l’HE d’un autre eucalyptus, l’eucalyptus globuleux (Eucalyptus globulus) dans l’asthme. Mieux vaut donc l’éviter.
Dans tous les cas, avant d’essayer une huile essentielle d’eucalyptus (ou une autre) pour soulager un asthme, il est essentiel d’en parler au préalable avec son médecin traitant ou son pneumologue.

Sources
KOZIOL, Nathalie « Huiles essentielles d’Eucalyptus globulus, d’Eucalyptus radiata et de Corymbia citriodora : qualité, efficacité et toxicité », Thèse de pharmacie, Université de Lorraine, 2015
L’étude clinique contre placebo utilisant le 1,8-cinéole, 2003
Une synthèse des études portant sur la phytothérapie dans le traitement de l’asthme, 2010