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les questions et les décodages

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Le 12/12/2019
Est-ce que boire du jus de fruits à un réel impact bénéfique sur notre santé ?
Oui, mais ils sont à boire avec modération.
 
Les jus de fruits (ou de légumes) sont une bonne source d’eau (pour s’hydrater), de vitamines (en particulier, la vitamine C) et de substances anti-oxydantes, les polyphénols (ou flavonoïdes). Un verre de 150 ml de jus de fruits, c’est une demi-portion des célèbres 5 fruits et légumes par jour !
Mais les recommandations nutritionnelles rappellent que les jus de fruits, même maison, sont aussi riches en sucre que les sodas : autour de 10 g pour 100 ml, jusqu’à 16 g dans le jus de raisin. Les jus de fruits les moins sucrés sont le jus de pamplemousse (pomélo, autour de 7 g/100 ml) et de citron (2,5 g/100 ml). Du fait de leur richesse en sucre, les autorités de santé recommandent de limiter sa consommation de jus de fruits à 1 verre par jour.
Les jus de légumes sont beaucoup moins caloriques et constituent une bonne alternative.
 
Sources
 
Table CIQUAL des aliments : Jus d’orange maison
Les recommandations des autorités de santé sur les boissons sucrées
 
Le 09/12/2019
Peut-on manger sucré après une ablation partielle du pancréas ?
Avec les mêmes règles de modération que pour le reste d’entre nous.

Le pancréas a pour fonction de produire des substances nécessaires à la digestion (les « sucs pancréatiques »), mais aussi de produire l’insuline nécessaire au contrôle du taux de sucre dans le sang (la « glycémie »).
Lors d’ablation partielle, il reste en général suffisamment de pancréas pour que ces fonctions continuent d’être assurées. Néanmoins, la question se pose de savoir quelle alimentation adopter pour préserver la production d’insuline afin de ne pas souffrir d’un diabète (et devoir s’injecter de l’insuline pour compenser).
D’un point de vue scientifique, le lien direct entre la consommation de sucre et l’apparition du diabète n’est pas établi. Dans son rapport « Glucides et santé » publié en 2004, l’Afssa (aujourd’hui devenue l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a conclu que les études n’établissaient pas de lien direct entre l’apport de sucre dans l’alimentation et le risque de diabète (de type 2). Pour résumer leurs conclusions, la consommation de sucre ne provoque pas directement le diabète.
Néanmoins, la consommation excessive d’aliments sucrés joue un rôle important dans l’apparition du surpoids ou de l’obésité. Ces deux conséquences d’une alimentation trop sucrée ont un effet favorisant démontré sur l’apparition du diabète. Donc, indirectement, une alimentation trop sucrée peut favoriser l’apparition du diabète.
Cet effet favorisant pourrait être davantage marqué chez les personnes qui ont, du fait d’une ablation partielle du pancréas, moins de cellules capables de produire de l’insuline.
En conclusion, après une ablation partielle du pancréas, il est essentiel d’avoir une alimentation équilibrée, donc d’exercer sa modération dans la consommation d’aliments sucrés (confiseries, pâtisseries, biscuits, etc.).
 
Sources
Le rapport « Glucides et santé », Afssa/Anses, 2004 (p. 73 et suivantes)
Les conseils nutritionnels destinés aux personnes qui n’ont plus de pancréas, Fondation A.R.C.A.D, 2012
 
Le 09/12/2019
L’artichaut est-il vraiment un aliment détox ?
Non, parce que le concept de « détox » n’a aucune validité scientifique.
 
Le concept de « détox » n’a aucune validité scientifique. Tout d’abord parce que les substances potentiellement toxiques que nous produisons ou ingérons s’éliminent naturellement dans l’urine et la bile (qui s’élimine dans les selles). Ensuite parce que, mis à part l’eau, aucune substance ne stimule significativement cette élimination naturelle. Boire suffisamment d’eau, c’est s’assurer d’éliminer naturellement ces substances éventuellement toxiques.
Le concept de « détox » a été inventé par des industriels désireux de vendre leurs produits en s’appuyant sur le désir, naturel, d’avoir un corps débarrassé de substances qui nuiraient à la santé. En 2009, l'organisation anglaise Sense about Science a demandé aux fabricants de 15 produits « détox » de définir les toxines que leurs produits permettaient d'éliminer, mais aucune des entreprises ne fut en mesure de répondre à cette question, ni même de donner une définition commune du terme « détox » !
En 2012, l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné les prétendues vertus d'une soixantaine d'aliments populaires dans les régimes « détox », mais aucun effet concret n'a été détecté. En bref, la « détox » n’est qu’un concept marketing sans bases scientifiques.
Quant à l’artichaut, son usage est reconnu comme « traditionnel » par l’Agence européenne du médicament pour soulager les digestions difficiles. Cet usage serait dû au fait que l’artichaut augmenterait la production de bile par le foie (action dite cholérétique) ou en faciliterait la sécrétion dans l’intestin par vidange de la vésicule biliaire (action dite cholagogue). La bile permet la solubilisation et l’absorption des matières grasses ingérées pendant le repas.
Nutritionnellement, l’artichaut est un aliment intéressant : avec 33 kcal (calories) pour 100 g, il est peu calorique. De plus, il contient une quantité intéressante de fibres (8,3 g pour 100 g), du calcium et du magnésium (environ 40 mg de chaque pour 100 g), du potassium, de la vitamine K1 et B9, etc.
 
Sources
L’enquête de Sense about Science, 2009
Le rôle de l’EFSA dans la validation des allégations dites « fonctionnelles » comme le détox
La monographie de l’artichaut de l’Agence européenne du médicament, 2018 
La fiche CIQUAL de l’artichaut cuit, Anses
Le 06/12/2019
Est-ce que la bière sans alcool est calorique ?
Moins que la bière avec alcool.
 
Une bière est dite « sans alcool » lorsqu’elle titre, au maximum, à 1,2 % d’alcool. Elle en contient donc. Depuis quelques années, il est possible de trouver dans le commerce une véritable bière sans alcool.
Un demi (250 cl) de bière « sans alcool » apporte 63 kcal (« calories ») en moyenne. Un demi de bière à 5-6° degré d’alcool apporte 141 kcal. Un demi de bière forte à plus de 8° apporte 156 kcal. La bière alcoolisée est une boisson assez calorique, d’où son surnom de « pain liquide » au XIXe siècle.
 
Sources
Fiche CIQUAL pour la bière « sans alcool », Anses
Fiche CIQUAL pour la bière à 5-6°, Anses          
Fiche CIQUAL pour la bière à plus de 8°, Anses
Le 06/12/2019
Le jus de pamplemousse est-il mauvais en cas d’hypertension ?
Seulement chez les personnes qui prennent un traitement contre l’hypertension.
 
La question de l’influence du jus de pamplemousse sur l’hypertension artérielle est importante. La réponse à cette question varie selon si la personne prend un traitement contre l’hypertension ou pas.
Plusieurs études ont montré que le jus de pamplemousse semble avoir un effet modeste mais réel sur la pression artérielle (la « tension »), avec une tendance à faire baisser le chiffre le plus élevé (pression systolique) et le chiffre le plus bas (pression diastolique). Cet effet est observé à la fois chez les personnes qui ont une tension normale et chez celles qui ont une tension modérément élevée. On pourrait donc imaginer que le jus de pamplemousse puisse devenir une sorte de traitement complémentaire de l’hypertension.
Malheureusement, les choses se compliquent chez les personnes qui prennent déjà un médicament contre l’hypertension (ce qui le cas de quasiment toutes les personnes chez qui ce facteur de risque cardiovasculaire a été diagnostiqué). Dans le cas, le jus de pamplemousse peut interférer avec l’élimination du médicament par le corps et provoquer des effets indésirables de type hypotension (tension trop basse).
L’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en garde les personnes qui prennent certains médicaments contre l’hypertension (vardénafil, lercanidipine, avanafil) contre la consommation de jus de pamplemousse.
De plus, des études menées sur le sujet indiquent également des risques potentiels d’interaction médicamenteuse avec d’autres médicaments de l’hypertension : nifédipine, félodipine, nicardipine, nisoldipine ou nitrendipine. Par contre, l’élimination et l’activité de l’amlodipine ne semble pas modifiée par la consommation de jus de pamplemousse.
Attention, une étude récente semble indiquer que le jus de clémentine pourrait présenter le même risque d’interactions médicamenteuses que le jus de pamplemousse.
Si vous souffrez d’hypertension artérielle, parlez-en avec votre médecin traitant.
 
Sources
Une étude sur les effets du jus de pamplemousse sur la pression artérielle chez l’homme, 2009
Une synthèse sur les interactions entre jus de pamplemousse et médicaments cardiovasculaires, 2004
Le thésaurus des interactions médicamenteuses de l’ANSM, septembre 2019 (le jus de pamplemousse est aux pages 180-181)
L’étude sur le jus de clémentine, 2017