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les questions et les décodages

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Le 12/12/2019
L’eau alcaline peut-elle être obtenue en faisant bouillir l’eau du robinet pendant 5 minutes ?
Non.
 
Aux États-Unis, depuis deux ans, il existe une mode de boire de l’eau alcaline, c’est-à-dire dont le pH est basique, comme le sang (dont le pH est de 7,4 ; 7 étant le pH neutre, ni acide, ni alcalin). Le raisonnement derrière cet engouement est de boire une eau dont le pH est plus proche du pH sanguin.
Les eaux alcalines sont fréquentes parmi les eaux minérales, en particulier celles qui sont naturellement gazeuses : Saint-Yorre, Vichy Célestins, mais aussi Quézac, Badoit ou Vernière. Ces eaux sont traditionnellement recommandées pour faciliter la digestion (et prévenir les aigreurs d’estomac).
Aux États-Unis, les vendeurs d’eau alcaline ont justifié sa consommation avec des allégations santé assez vagues, disant qu’elle « énergisait » et « détoxifiait » le corps, voire qu’elle permettait une « hydratation plus efficace ».
Hors des recommandations traditionnelles pour les eaux minérales alcalines (on dit aussi « alcalinisantes ») en terme de prévention des aigreurs d’estomac, aucune étude n’a montré de manière certaine un bénéfice des eaux alcalines par rapport à l’eau du robinet, sauf pour leur capacité à réhydrater après un effort physique intense par de fortes chaleurs. En particulier, aucun lien n’a été identifié entre la consommation d’eau alcaline et la prévention des cancers…
Faire bouillir de l’eau du robinet pendant 5 minutes ne change en rien sa composition minérale (sauf si on la laisse se concentrer mais cela prend bien plus de 5 minutes). Elle accélère l’évaporation des composés chlorés qu’elle contient, mais elle ne change en rien son pH. Par ailleurs, contrairement à une idée fausse, faire bouillir la même eau deux fois ne le rend pas toxique !
 
Sources
L’étude sur le pouvoir hydratant des eaux alcalines après un effort intense
L’article sur les liens entre eau et alimentation alcalines et prévention du cancer
Le 29/10/2019
Les filtres à osmose inverse sont-ils utiles ?
Ils filtrent efficacement l’eau mais à un coût environnemental non négligeable.
 
Les filtres à osmose inverse sont commercialisés pour purifier l’eau à la fois des particules en suspension, des minéraux, des métaux lourds, des micro-organismes, des polluants, des perturbateurs endocriniens, etc. Ce type de filtre est utilisé par les astronautes pour recycler les liquides à bord de la station spatiale, mais aussi à grande échelle pour dessaler l’eau de mer, par exemple dans les émirats du Golfe. Il peut être installé au domicile d’un particulier lorsque l’eau du robinet est très dure (riche en calcaire).
Dans un filtre à osmose inverse, il existe trois filtres et une membrane. Les deux premiers filtres bloquent les particules en suspension (débris végétaux, sable, etc.). Le troisième est un filtre à charbon qui retient le chlore, les substances organiques, les polluants, etc. La membrane filtre les nitrates, le calcaire, les micro-organismes, etc.
Les filtres à osmose inverse sont plus ou moins efficaces selon la technologie employée et le type de dispositif. Les filtres industriels peuvent être suffisamment efficaces pour garantir une eau quasiment aussi pure (dans le sens chimique du terme) qu’après une distillation. Dans le cas des filtres à usage domestique, une petite quantité de minéraux persiste après filtration (on estime que ces filtres sont au mieux efficaces à 95 %). Néanmoins, certaines personnes reminéralisent légèrement leur eau filtrée pour en améliorer le « goût ». Rappelons que, dans les régions où l’eau est calcaire, le calcium apporté par l’eau contribue à l’équilibre alimentaire.
Attention, l’eau filtrée par osmose inverse ne convient pas aux aquariums (elle est trop pauvre en minéraux). Il convient de la mélanger à de l’eau du robinet ou minérale.
Les filtres à osmose inverse sont gourmands en énergie (nécessaire pour forcer l’eau à diffuser à travers la membrane) et en eau (pour chaque litre d’eau osmosée, le filtre utilise 3 à 5 litres d’eau pour laver régulièrement la membrane).
Le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) teste actuellement un système de filtration par osmose inverse basse pression sur l’une de ses unités de traitement, dans le but de livrer une eau moins calcaire aux robinets franciliens.
 
Sources

« Osmose inverse », Wikipedia
« Le Sedif teste des membranes sur le site d’Arvigny », Les Echos, mars 2018
Le 23/09/2019
Est-il mauvais de boire de l’eau très fraîche ?
C’est plutôt une bonne chose en période de canicule.
Dans les cultures orientales, influencées par la médecine traditionnelle chinoise, boire de l’eau glacée (ou manger de la glace) est considéré comme mauvais pour la santé. Les repas sont systématiquement accompagnés de boisson chaude, thé ou simplement eau chaude.
Selon cette tradition, l’eau glacée ralentirait la digestion et réduirait les défenses immunitaires.
Quelques études cliniques se sont penchées sur les effets de la prise d’eau glacée (mais surtout de « slurries », des sortes de granités mi-glace mi-liquide) sur le corps. En particulier, les chercheurs ont cherché à savoir s’il était possible de réduire la température du corps des sportifs pour augmenter les performances sportives en climat chaud (en réduisant le risque d’hyperthermie). Ces études ont montré que, chez un homme de 70 kg, la prise d’un demi-litre de slurry (-1°C) réduisait la température du corps de 0,66°C en moyenne, et permettait de meilleures performances physiques par temps chaud.
Une autre étude s’est penchée sur l’effet de la température des boissons sur la sensation de nez bouché et la capacité à se moucher chez les personnes enrhumées. Dans cette étude, les boissons glacées ont eu tendance à augmenter l’inconfort nasal et à épaissir le mucus produit. Donc les personnes enrhumées ont intérêt à consommer des boissons chaudes plutôt que glacées.
Boire de l’eau à température ambiante en mangeant n’a pas de conséquence sur la digestion. Mais aucune étude n’a été menée sur les effets de l’ingestion d’eau glacée sur la digestion. Comme on l’a vu précédemment, chez les sportifs, boire glacé ne nuit pas aux performances, donc il paraît raisonnable de penser que cela reste sans effet sur l’utilisation de l’énergie.
En conclusion, la seule chose que l’on peut affirmer est que, en période de fortes chaleurs, boire glacé contribue à diminuer la température du corps et, éventuellement, à prévenir l’hyperthermie. Dans ce contexte particulier, boire glacé est donc plutôt une bonne chose.
 
Sources
Les études sur les effets des slurries sur la température des sportifs
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19952832
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29173092
L’étude sur les personnes enrhumées
Le 20/08/2019
Est-il déconseillé de boire de l'eau gazeuse pendant les repas ?
Cela dépend des particularités de chacun.
Dans cette question se cachent en fait deux questions : Faut-il boire pendant les repas ? et Eau gazeuse ou eau plate ?
Concernant la première, nous y avons déjà répondu. En résumé, cela dépend de chacun : une personne qui a tendance à être constipée aura intérêt à boire en mangeant, ce qui sera moins le cas d’une personne âgée manquant d’appétit et chez qui l’ingestion d’eau peut réduire la prise d’aliments en donnant une fausse sensation d’estomac plein. Dans tous les cas, boire de l’eau pendant le repas ne réduit pas l’efficacité des sucs digestifs et ne nuit pas à la digestion.
Concernant l’eau gazeuse en particulier, son bénéfice en termes de digestion reposerait sur sa concentration en bicarbonate de sodium, une substance qui neutralise les acides et qui pourrait, ainsi, contribuer à soulager les problèmes d’hyperacidité gastrique. Mais ces bénéfices n’ont jamais été prouvés scientifiquement. Les eaux gazeuses sont dites riches en bicarbonates lorsqu’elles en contiennent au moins 600 mg par litre : eaux de Vichy (Saint-Yorre, 4 368 mg/l et Célestins, 2 989 mg/l), d’Ardesy (anciennement Arvie, 2 195 mg/l), de Badoit (1 250 mg/l) et de Quézac (1 100 mg/l). Les eaux gazeuses riches en magnésium (plus de 50 mg par litre) peuvent de plus contribuer à prévenir la constipation : parmi les eaux gazeuses, Rozana (160 mg/l), Badoit (80 mg/l) et Quézac (69 mg/l).
Les effets indésirables des eaux gazeuses restent essentiellement les ballonnements et les flatulences. Pour les personnes qui suivent un régime pauvre en sodium (« sel ») à cause d’une hypertension artérielle, l’apport de sodium dans les eaux très riches en bicarbonate de sodium doit être pris en compte dans l’apport total quotidien lorsqu’on en consomme régulièrement. Avec une consommation raisonnable, cet apport supplémentaire n’est habituellement pas un problème.
 
Sources
Une étude qui montre que boire avant un repas réduit la quantité de nourriture ingérée 
Table Ciqual de composition des aliments
Le 02/07/2019
Peut-on boire l’eau du robinet quand il y a un adoucisseur d’eau en place ?
Oui, sauf les nourrissons de moins de 6 mois.
Les adoucisseurs d’eau placés après le compteur sont en général des adoucisseurs par échange d’ions (« à résine ») : les ions calcium et magnésium sont enlevés et remplacés par des ions sodium. Il existe d’autres principes pour adoucir l’eau, mais ils sont moins efficaces et moins répandus. Nous concentrerons donc notre réponse sur les adoucisseurs à échange d’ions.
L’absence de calcium et de magnésium dans l’eau de boisson ne pose pas de problèmes lorsqu’on a une alimentation équilibrée qui en apporte (par exemple, à partir des produits laitiers et des légumes secs). Les personnes qui vivent en Bretagne ou en Auvergne, où l’eau est naturellement douce, ne souffrent pas de carences pour autant.
La question se pose de l’ajout de sodium (un des éléments du sel de cuisine) provoqué par ces adoucisseurs : 200 mg par litre d’eau traitée au maximum (c’est la norme française). Donc 0,2 g de sodium par litre. Rappelons que les recommandations nutritionnelles du Programme national nutrition santé pour une personne adulte en bonne santé sont de 2,4 grammes de sodium par jour (correspondant à 5 g de sel de cuisine). Les 0,2 g par litre représente donc environ 8 % de l’apport quotidien recommandé. En buvant 1,5 litres d’eau adoucie par jour, on arrive à 12 % de cet apport quotidien.
Cet apport supplémentaire reste modeste pour un adulte en bonne santé, mais peut représenter un problème pour les nourrissons (l’eau adoucie leur est déconseillé jusqu’à l’âge de 6 mois) ou pour les personnes qui doivent suivre un régime pauvre en sodium pour des problèmes d’hypertension artérielle, par exemple. Pour ces dernières, il est possible de boire de l’eau adoucie, mais cet apport supplémentaire de sodium doit être comptabilisé dans l’apport total quotidien.
Donc l’eau adoucie est potable pour la grande majorité d’entre nous. Par contre, beaucoup n’aime pas son goût (elle n’est pas salée, car c’est le chlorure du sel de cuisine qui est perçu comme salé, et non le sodium). Pour cette raison, il y a souvent un double système de distribution qui permet de boire de l’eau non traitée.
Rappelons que les systèmes d’adoucissement de l’eau doivent être impérativement utilisés selon les recommandations des fabricants et qu’un entretien négligent expose à des risques de présence de bactéries potentiellement pathogènes.
 
Sources
« Boire de l’eau adoucie », Union française des professionnels du traitement de l’eau.
L’arrêté du 11 janvier 2007 sur la composition des eaux traitées
Les recommandations du Programme national nutrition santé sur le sel
« Mon bébé peut-il boire de l’eau adoucie ? », Culligan.