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Le 17/12/2019
Faut-il vraiment faire une détox avant de faire un régime ?
Ni l’un, ni l’autre.
 
Le concept de «détox » n’a aucune validité scientifique. Tout d’abord parce que les substances potentiellement toxiques que nous produisons ou ingérons s’éliminent naturellement dans l’urine et la bile (qui s’élimine dans les selles). Ensuite parce que, mis à part l’eau, aucune substance ne stimule significativement cette élimination naturelle. Boire suffisamment d’eau, c’est s’assurer d’éliminer naturellement ces substances éventuellement toxiques.
Le concept de « détox » a été inventé par des industriels désireux de vendre leurs produits en s’appuyant sur le désir, naturel, d’avoir un corps débarrassé de substances qui nuiraient à la santé. En 2012, l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné les prétendues vertus d'une soixantaine d'aliments populaires dans les régimes « détox », mais aucun effet concret n'a été détecté. En bref, la « détox » n’est qu’un concept marketing sans bases scientifiques.
Concernant les régimes, aucun régime n’a fait ses preuves pour perdre du poids de manière durable. Toute alimentation restrictive et mal équilibrée entraîne une perte de poids car elle perturbe l'utilisation des aliments par le corps. Dans ces conditions, le poids diminue, mais le risque de carences apparaît rapidement et les problèmes de santé ne sont pas loin.
Si certains régimes restrictifs peuvent avoir des effets spectaculaires, ils ne changent pas durablement les habitudes alimentaires : la probabilité de reprendre les kilos perdus est élevée avec, éventuellement, une prise de poids supplémentaire à la clef (c’est l'effet « yo-yo »).
De plus, les régimes peuvent avoir des répercussions psychologiques liées aux contraintes très strictes, difficiles à respecter sur la durée. Rapidement, la personne se permet des « dérapages » liés au stress, à l'anxiété, à la distraction, à l'alcool, à la faveur desquels elle va manger plus que si elle n'avait pas cherché si sévèrement à manger moins. Elle court un risque d'entraînement dans une spirale d'échec où les dérapages seront vécus comme une souffrance supplémentaire.
Le seul moyen de perdre du poids de manière durable est d’adopter une alimentation équilibrée et diversifiée, avec des quantités adaptées à la morphologie, aux habitudes et aux goûts de chacun. L’objectif premier est que ces nouvelles habitudes alimentaires, plus saines, puissent être adoptées facilement et de manière durable. Les conseils d’une diététicienne peuvent grandement aider à atteindre cet objectif.
 
Sources
Le rôle de l’EFSA dans la validation des allégations dites « fonctionnelles » comme le détox
« Régimes amaigrissants », Anses, 2019
« Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », Anses, 2010
Le 12/12/2019
Quelle plante est la plus efficace comme draineur naturel ?
Aucune, parce que le concept de « drainage » n’a aucune validité scientifique.
 
Le concept de « drainage naturel », souvent associé à celui de « détox », n’a aucune validité scientifique. Tout d’abord parce que les substances potentiellement toxiques que nous produisons ou ingérons s’éliminent naturellement dans l’urine et la bile (qui s’élimine dans les selles). Ensuite parce que, mis à part l’eau, aucune substance ne stimule significativement cette élimination naturelle. Boire suffisamment d’eau, c’est s’assurer d’éliminer naturellement ces substances éventuellement toxiques.
Les concepts de « drainage » et de « détox » ont été inventés par des industriels désireux de vendre leurs produits en s’appuyant sur le désir, naturel, d’avoir un corps débarrassé de substances qui nuiraient à la santé. En 2009, l'organisation anglaise Sense about Science a demandé aux fabricants de 15 produits « détox » de définir les toxines que leurs produits permettaient d'éliminer, mais aucune des entreprises ne fut en mesure de répondre à cette question, ni même de donner une définition commune du terme « détox » !
En phytothérapie, le « drainage » fait appel soit à des plantes qui stimulent la production et l’élimination de bile par le foie (par exemple, l’artichaut, le radis noir, le fumeterre, le chardon marie), soit à celles qui sont diurétiques (par exemple, le pissenlit, la piloselle, le sureau noir, la verge d’or).
Mais aucune preuve n’existe sur l’intérêt de prendre ses plantes, sauf celles qui favorisent la production de bile dans les cas de digestions difficiles. L’abus de plantes diurétiques expose à la déshydratation et à des troubles de l’équilibre du sang en sels minéraux.
 
Sources
L’enquête de Sense about Science, 2009.
Les plantes qui favorisent la production et l’élimination de la bile, Société française d’ethnopharmacologie
Les plantes diurétiques, Société française d’ethnopharmacologie
Le 09/12/2019
L’artichaut est-il vraiment un aliment détox ?
Non, parce que le concept de « détox » n’a aucune validité scientifique.
 
Le concept de « détox » n’a aucune validité scientifique. Tout d’abord parce que les substances potentiellement toxiques que nous produisons ou ingérons s’éliminent naturellement dans l’urine et la bile (qui s’élimine dans les selles). Ensuite parce que, mis à part l’eau, aucune substance ne stimule significativement cette élimination naturelle. Boire suffisamment d’eau, c’est s’assurer d’éliminer naturellement ces substances éventuellement toxiques.
Le concept de « détox » a été inventé par des industriels désireux de vendre leurs produits en s’appuyant sur le désir, naturel, d’avoir un corps débarrassé de substances qui nuiraient à la santé. En 2009, l'organisation anglaise Sense about Science a demandé aux fabricants de 15 produits « détox » de définir les toxines que leurs produits permettaient d'éliminer, mais aucune des entreprises ne fut en mesure de répondre à cette question, ni même de donner une définition commune du terme « détox » !
En 2012, l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné les prétendues vertus d'une soixantaine d'aliments populaires dans les régimes « détox », mais aucun effet concret n'a été détecté. En bref, la « détox » n’est qu’un concept marketing sans bases scientifiques.
Quant à l’artichaut, son usage est reconnu comme « traditionnel » par l’Agence européenne du médicament pour soulager les digestions difficiles. Cet usage serait dû au fait que l’artichaut augmenterait la production de bile par le foie (action dite cholérétique) ou en faciliterait la sécrétion dans l’intestin par vidange de la vésicule biliaire (action dite cholagogue). La bile permet la solubilisation et l’absorption des matières grasses ingérées pendant le repas.
Nutritionnellement, l’artichaut est un aliment intéressant : avec 33 kcal (calories) pour 100 g, il est peu calorique. De plus, il contient une quantité intéressante de fibres (8,3 g pour 100 g), du calcium et du magnésium (environ 40 mg de chaque pour 100 g), du potassium, de la vitamine K1 et B9, etc.
 
Sources
L’enquête de Sense about Science, 2009
Le rôle de l’EFSA dans la validation des allégations dites « fonctionnelles » comme le détox
La monographie de l’artichaut de l’Agence européenne du médicament, 2018 
La fiche CIQUAL de l’artichaut cuit, Anses
Le 25/07/2019
Le piment de Cayenne est-il bon pour une détox ?
Non, parce que le concept de « détox » n’a aucune validité scientifique.
Le concept de « détox » n’a aucune validité scientifique. Tout d’abord parce que les substances potentiellement toxiques que nous produisons ou ingérons s’éliminent naturellement dans l’urine et la bile (qui s’élimine dans les selles). Ensuite parce que, mis à part l’eau, aucune substance ne stimule significativement cette élimination naturelle. Boire suffisamment d’eau, c’est s’assurer d’éliminer naturellement ces substances éventuellement toxiques.
Le concept de « détox » a été inventé par des industriels désireux de vendre leurs produits en s’appuyant sur le désir, naturel, d’avoir un corps débarrassé de substances qui nuiraient à la santé. En 2009, l'organisation anglaise Sense about Science a demandé aux fabricants de 15 produits « détox » de définir les toxines que leurs produits permettaient d'éliminer, mais aucune des entreprises ne fut en mesure de répondre à cette question, ni même de donner une définition commune du terme « détox » !
En 2012, l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné les prétendues vertus d'une soixantaine d'aliments populaires dans les régimes « détox », mais aucun effet concret n'a été détecté. En bref, la « détox » n’est qu’un concept marketing sans bases scientifiques.
Quant au piment de Cayenne, il contient des quantités intéressantes de potassium et de calcium, ainsi que de vitamines B9 (folates), E, K1 et C. Attention cependant à ne pas en abuser lorsqu’on souffre de reflux gastro-œsophagien ou d’intestin sensible. En 2017, une analyse croisée de plusieurs études a recherché une éventuelle corrélation entre une alimentation très épicée et le risque de cancer. Seul le cancer de l’estomac semblait plus fréquent chez les personnes consommant beaucoup de piment, mais ce lien n’était pas toujours retrouvé dans les études.
En conclusion, mangez équilibré avec suffisamment de fruits et de légumes et buvez au moins 1,5 litres d’eau par jour. Cela devrait suffire à éliminer ce qu’il faut éliminer. Attention, les médicaments ou les plantes diurétiques n’améliorent pas l’élimination, mais favorisent la fuite excessive de sels minéraux.
 
Sources
L’enquête de Sense about Science, 2009.
« Les régimes détox sont-ils nocifs ? », Science & Avenir, 2015
Les données nutritives du piment de Cayenne
Le rôle de l’EFSA dans la validation des allégations dites « fonctionnelles » comme le détox
Le 08/04/2019
Est-il important de suer régulièrement pour éliminer les toxines ?
Seulement pour les métaux lourds ou certaines substances chimiques.
En préambule, rappelons que le terme « toxine » est vague et ne correspond à rien de précis ou de validé. Cette réponse concerne des métaux lourds et des substances issues de la chimie industrielle, les seuls pour lesquels il existe des études scientifiques sur l’importance de la transpiration comme voie d’élimination.
La sueur contient de l’eau, des sels minéraux (dont du chlorure de sodium - du « sel », du potassium, du calcium, etc.) et des produits du métabolisme des cellules comme l’urée ou l’acide lactique (lactate). Ces substances sont également éliminées par les reins dans les urines et en beaucoup plus grande quantité que dans la sueur. Pour éliminer les déchets produits par le corps, les reins sont beaucoup plus efficaces que la peau et suer n’apporte qu’un bénéfice marginal. Mieux vaut boire abondamment.
Il n’en est pas de même pour certains métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) ou des substances issues de la chimie comme par exemple les perfluorocarbures (PFC, qui couvrent les poêles antiadhésives), le bisphénol A, les dioxines, les polychlorobiphényles (PCB, massivement utilisés comme isolants électriques jusque dans les années 1970), etc. Pour ces substances, l’élimination par la sueur semble plus importante que par les urines et la transpiration forcée est parfois utilisée comme traitement pour diminuer leur concentration dans l’organisme.
Plusieurs études ont montré l’intérêt de séances de sauna pour réduire la concentration sanguine de ces substances toxiques chez les personnes qui y ont été exposées, par exemple les pompiers qui sont intervenus après l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center à New York. Autre exemple, l’activation de la transpiration a longtemps fait partie du traitement de l’intoxication par le mercure.
 
En conclusion, pour les personnes qui n’ont pas été exposées à ces substances, activer la transpiration ne semble pas présenter d’intérêt particulier en termes d’élimination. Rappelons que toute quantité d’eau et de sels minéraux perdue lors d’un sauna, d’un hammam ou d’une activité sportive doit être remplacée en buvant suffisamment.

Sources
Un résumé des connaissances sur l’élimination des métaux lourds par la sueur, 2012
Un article sur l’élimination des PFC par la sueur, 2010
Un article sur l’élimination du bisphénol A par la sueur, 2012 
Un article sur le traitement des pompiers après l’effondrement du World Trade Center, 2007