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les questions et les décodages

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Le 09/09/2020
Le microbiote intestinal est-il capable de réguler le taux de sucre dans le sang ?
Il semble effectivement y contribuer, en tout cas chez la souris.

Votre question fait référence a une étude parue fin août 2020 dans la revue scientifique Science.
Cette étude, menée chez la souris, suggère que des cellules nerveuses (neurones), situées dans la paroi de certaines régions de l’intestin (la partie terminale de l’intestin grêle et le côlon), peuvent directement influencer l’appétit et le taux de sucre dans le sang (glycémie). Ces neurones sont organisés en petites structures dans la paroi, les plexus d’Auerbach et ceux de Meissner. Ils sont également impliqués dans le contrôle des mouvements et des sécrétions de l’intestin.
Ces neurones ont la particularité d’être sensibles à la fois au volume et à la nature des aliments présents dans l’intestin, mais aussi à des messagers chimiques sécrétés par certaines des bactéries qui composent notre microbiote intestinal (la « flore intestinale »).
Dans l’étude récemment publiée, les auteurs ont montré que ces neurones sont effectivement sensibles au microbiote intestinal et qu’ils sont directement connectés au foie et au pancréas, ce qui pourrait expliquer leurs effets sur le taux de sucre dans le sang.
Rappelons que le taux de sucre dans le sang est également régulé par de nombreux autres facteurs dont deux hormones, l’insuline et le glucagon. La place de ces neurones dans le contrôle global de la glycémie reste à comprendre de manière fine.
Quelles conséquences pour la santé humaine ? Pour l’instant, aucune. Cette découverte reste d’ailleurs à confirmer chez l’homme. Elle constitue une brique supplémentaire dans notre compréhension des mécanismes complexes qui lient notre microbiote intestinal et notre métabolisme (c’est-à-dire la façon dont notre corps stocke ou utilise l’énergie apportée par les aliments).
 
Sources
L’étude récemment publiée dans la revue Science : Microbiota-modulated CART+ enteric neurons autonomously regulate blood glucose, Science, 2020
Le 10/01/2020
Le sucre est-il vraiment un poison ?
« Tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison. »
 
Cette question est intéressante car elle permet de comprendre la définition d’un poison. Selon le médecin et alchimiste suisse Paracelse, qui vécut au XVIe siècle, « Tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison. » Cette notion est centrale à la toxicologie.
L’eau, bue en trop grande quantité, peut provoquer des troubles graves, voire la mort. À une dose extrêmement élevée, elle est un poison. Mais à des doses raisonnables, elle est indispensable à la vie. Il en est de même pour le sucre (glucose). Il est indispensable au fonctionnement énergétique de nos cellules et de notre corps. Privé totalement de glucose, nous mourons rapidement d’épuisement.
Mais consommés en trop grande quantité, les aliments sucrés entraînent surpoids et obésité, avec leur cortège de complications : diabète de type 2, augmentation du risque de cancer, augmentation du risque de maladie cardiovasculaire, etc.

On entend souvent dire que le sucre provoque le diabète. Pourtant, d’un point de vue scientifique, le lien direct entre la consommation de sucre et l’apparition du diabète n’est pas établi. Dans son rapport « Glucides et santé » publié en 2004, l’Afssa (aujourd’hui devenue l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a conclu que les études n’établissaient pas de lien direct entre l’apport de sucre dans l’alimentation et le risque de diabète (de type 2, celui que l’on acquiert en vieillissant). Pour résumer leurs conclusions, la consommation de sucre ne provoque pas directement le diabète.
Néanmoins, la consommation excessive d’aliments sucrés joue un rôle important dans l’apparition du surpoids ou de l’obésité. Ces deux conséquences d’une alimentation trop sucrée ont un effet favorisant démontré sur l’apparition du diabète de type 2. Donc, indirectement, une alimentation trop sucrée peut favoriser l’apparition du diabète chez une personne en surpoids.

Enfin, il faut distinguer le glucose apporté par les féculents, en particulier complets, et celui apporté par les aliments sucrés (confiseries, sodas, pâtisseries, biscuits, etc.). Les premiers sont indispensables à notre organisme et doivent constituer en un quart et un tiers des aliments consommés (selon si l’on a des activités physiques ou pas). Les seconds doivent être consommés de manière exceptionnelle. En particulier, il convient de se méfier des boissons sucrées (sodas et jus de fruits) : le sucre apporté sous forme liquide semble avoir un effet particulièrement néfaste sur le poids.
 
Sources
Le rapport « Glucides et santé », Afssa/Anses, 2004 (p. 73 et suivantes)
« Sucres dans l’alimentation », Anses, 2018
Le cri d’alerte de l’Anses sur la consommation excessive de sucre par les enfants, 2019
Le 09/12/2019
Peut-on manger sucré après une ablation partielle du pancréas ?
Avec les mêmes règles de modération que pour le reste d’entre nous.

Le pancréas a pour fonction de produire des substances nécessaires à la digestion (les « sucs pancréatiques »), mais aussi de produire l’insuline nécessaire au contrôle du taux de sucre dans le sang (la « glycémie »).
Lors d’ablation partielle, il reste en général suffisamment de pancréas pour que ces fonctions continuent d’être assurées. Néanmoins, la question se pose de savoir quelle alimentation adopter pour préserver la production d’insuline afin de ne pas souffrir d’un diabète (et devoir s’injecter de l’insuline pour compenser).
D’un point de vue scientifique, le lien direct entre la consommation de sucre et l’apparition du diabète n’est pas établi. Dans son rapport « Glucides et santé » publié en 2004, l’Afssa (aujourd’hui devenue l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a conclu que les études n’établissaient pas de lien direct entre l’apport de sucre dans l’alimentation et le risque de diabète (de type 2). Pour résumer leurs conclusions, la consommation de sucre ne provoque pas directement le diabète.
Néanmoins, la consommation excessive d’aliments sucrés joue un rôle important dans l’apparition du surpoids ou de l’obésité. Ces deux conséquences d’une alimentation trop sucrée ont un effet favorisant démontré sur l’apparition du diabète. Donc, indirectement, une alimentation trop sucrée peut favoriser l’apparition du diabète.
Cet effet favorisant pourrait être davantage marqué chez les personnes qui ont, du fait d’une ablation partielle du pancréas, moins de cellules capables de produire de l’insuline.
En conclusion, après une ablation partielle du pancréas, il est essentiel d’avoir une alimentation équilibrée, donc d’exercer sa modération dans la consommation d’aliments sucrés (confiseries, pâtisseries, biscuits, etc.).
 
Sources
Le rapport « Glucides et santé », Afssa/Anses, 2004 (p. 73 et suivantes)
Les conseils nutritionnels destinés aux personnes qui n’ont plus de pancréas, Fondation A.R.C.A.D, 2012
 
Le 05/12/2019
Le sirop d’agave est-il bon dans le cas de diabète ?
Non, il pourrait favoriser l’obésité et les complications cardiovasculaires.
 
Le sirop d’agave est riche en inuline, une substance qui est transformée en fructose et en glucose par un procédé chimique ou par fermentation. Selon sa provenance et la manière dont le jus est traité, le sirop d’agave contient des proportions variables de glucose et de fructose, le sucre des fruits. En règle générale, il est considérablement plus riche en fructose qu’en glucose (avec 50 à 90 % de fructose, il est à peu près aussi riche en fructose que le miel).
Dans sa composition, le sirop d’agave est similaire aux sirops de maïs ou de glucose-fructose qui sont devenus extrêmement fréquents dans les aliments industriels, pour leur pouvoir sucrant, mais également pour leur aptitude à éviter le dessèchement des aliments.
Il y a quelques années, le fructose a fait l’objet d’un engouement dans le monde de la nutrition, en particulier chez les sportifs. En effet, l’ingestion de fructose augmente moins brutalement la glycémie (le taux de sucre dans le sang) que le sucre blanc. Du coup, il semblait un bon candidat pour une source d’énergie plus durable pour l’effort physique.
Malheureusement, des études épidémiologiques ont clairement montré un lien entre la consommation de boissons riches en fructose et la prévalence de l’obésité. De plus, le fructose semble diminuer la sensation de satiété (ne plus avoir faim), ce qui aggraverait son effet négatif sur la prise de poids.
Pour aggraver son cas, des études chez les rongeurs et les singes ont montré qu’une alimentation riche en fructose entraîne une prise de poids, du diabète, un excès de cholestérol et de triglycérides dans le sang et l’apparition d‘un syndrome de type foie gras. Ainsi, l’excès de fructose dans l’alimentation pourrait augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires.
Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), les effets délétères du fructose commencent à se manifester à partir de 50 g par jour (soit 5 cuillerées à soupe de sirop d’agave).
Il est donc préférable pour les personnes diabétiques de s’abstenir de consommer du sirop d’agave.
 
Sources
Le fructose. Etat des lieux du Fonds français pour l’alimentation et la santé, juin 2014
Le fructose, un additif problématique. Un article du CNRS, novembre 2015
Les recommandations de l’ANSES sur les apports journaliers en sucres, décembre 2016
Le 26/11/2019
Le sucre est-il vraiment plus addictif que la cocaine ?
Non et la comparaison n’a aucun sens.
Selon le DSM-V, le manuel de référence de l’American Psychiatric Association, l’addiction à une substance est diagnostiquée selon 11 critères :
  • Besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance
  • Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de la substance
  • Beaucoup de temps consacré à la recherche de la substance
  • Augmentation de la tolérance à la substance...
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