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les questions et les décodages

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Il y a 3 jours
Le jus de citron est-il bon en cas d’insuffisance rénale ?
Aucune étude n’en parle.
 
Peu sucré, riche en vitamines C et B9 (folates), en potassium, phosphore, fer et en anti-oxydants, le jus de citron est, comme tous les jus d’agrumes, un aliment intéressant du point de vue nutritionnel, essentiellement comme source de vitamine C.
Pour justifier son supposé intérêt pour les reins, certains évoquent le fait que le jus de citron serait alcalinisant pour l’organisme (c’est-à-dire à même d’augmenter temporairement le pH du sang). Le souci dans cette affirmation, c’est que pour un effet alcalinisant, le jus de citron est bien moins efficace que le jus d’orange. En fait, il n’est quasiment pas alcalinisant selon une étude assez bien faite publiée en 2006. De plus, rien ne prouve qu’une alcalinisation temporaire du sang ait un effet bénéfique sur le rein, en particulier en cas d’insuffisance rénale.
Par contre, les jus d’agrumes font partie des mesures diététiques pour prévenir la formation de calculs urinaires, du fait de leur concentration en citrates (acide citrique). Pour les personnes qui ont tendance à présenter des calculs rénaux, la Société française d’urologie recommande de boire deux verres de jus d’oranges pressées par jour (parmi d’autres mesures diététiques).
 
Pour en savoir plus
La composition du jus de citron maison (tables Ciqual, Anses)
L’article d’un médecin néphrologue sur l’effet des jus d’agrumes sur le pH de l’organisme, 2018
L’étude de 2006 sur le pouvoir alcalinisant des jus d’agrumes (en anglais, expliquée en français dans la référence ci-dessus)
« Règles diététiques et calculs urinaires », Société française d’urologie, 2010
Il y a 3 jours
Que penser des nootropes ? Légende urbaine ou véritable intérêt ?
Si l’effet de certains nootropes est réel, attention aux dérives dopantes.
 
Les nootropes, ou psychotoniques, sont des substances censées améliorer nos fonctions cognitives, c’est-à-dire notre capacité à réfléchir et résoudre des situations. Elles agissent également en augmentant notre capacité de concentration.
Nos placards contiennent la plus courante des substances nootropes : la caféine, présente dans le café, le chocolat, le thé, les colas, etc. Ses propriétés psychotoniques ont été démontrées dans de très nombreuses études. Une autre substance nootrope couramment utilisée est la nicotine du tabac, avec les effets que l’on connait sur la santé.
En France, il existe un médicaments nootrope, le piracétam, qui est disponible sur ordonnance et prescrit en traitement d’appoint des troubles du comportement et de la mémoire liés au vieillissement ou de la dyslexie chez les enfants. Un autre médicament nootrope, la sulbutiamine, est prescrit dans les états de fatigue.
De nombreuses autres substances nootropes existent, par exemple de la famille des racétams : aniracétam, oxiracétam, etc., ou des acides aminés comme la L-théanine (présente dans le thé). Elles sont commercialisées sous forme de compléments alimentaires, en général associées à des vitamines (sans effet nootrope prouvé) et des plantes réputées nootropes comme Bacopa monnieri ou Huperzia serrata, par exemple.
Les effets psychotoniques de ces substances ont été évalués dans des études scientifiques plus ou moins sérieuses. Certains nootropes ont un effet temporaire (du fait de l’accoutumance, comme la caféine), d’autres sont addictifs, comme la nicotine. Leurs modes d’action étant variés, chaque substance nootrope a ses particularités.
Que penser de ces substances ? Elles peuvent avoir leur place pour un usage temporaire (par exemple pour réviser avant des examens), avec modération. Mais leur usage chronique peut entraîner de la fatigue chronique (certaines nuisent à la qualité du sommeil). Des cas de troubles psychiatriques induits par l’abus de nootropes ont également été décrits.
De plus, les nootropes participent d’une « démarche de dopage » qui peut évoluer vers la recherche de substances de plus en plus puissantes, voire à des addictions à des nootropes illégaux (amphétamines ou cocaïne, par exemple).
Attention, il ne faut pas confondre les nootropes « courants » et les médicaments qui sont prescrits aux personnes qui souffrent de narcolepsie ou aux enfants atteints de troubles de l’attention. Ces substances sont nootropes mais elles imposent un usage sous surveillance médicale. Malheureusement, il existe un trafic illégal de ces substances qui devient un véritable problème de santé publique, en particulier parmi les étudiants.
 
Sources
Un article scientifique sur les différents nootropes et leurs conséquences en termes de santé psychique, 2015
Un article de Radio Canada sur l’abus de nootropes chez les étudiants canadiens, 2014
Il y a 4 jours
En pratique, que faire si on a des symptômes de la COVID-19 ou si on est cas contact ?
Cela semble complexe, mais pas tant que ça.
 
Si vous avez des symptômes, vous serez pris.e en charge par votre médecin et vous ferez un test de dépistage dès que possible.
  • S’il est négatif, vous souffrez d’un autre virus respiratoire, probablement bénin.
  • S’il est positif, vous devrez vous isoler pendant 7 jours après le début de la maladie ou 2 jours après la fin de vos symptômes si ceux-ci persistent plus de 7 jours après le début de la maladie.
Ensuite, masque et gestes barrières sont bien sûr de rigueur.
Les choses sont un peu plus complexes pour les cas contacts, que ce soient les personnes avec qui vous vivez ou les personnes que vous avez côtoyées « de près », c’est-à-dire sans masque ou sans distanciation physique pendant les 5 jours précédant le début de vos symptômes.
 
Pour les personnes qui partagent votre domicile : elles devront s’isoler (avec vous) dès le début de vos symptômes.
  • Si votre test est négatif, tout va bien.
  • Si votre test est positif, elles devront 1) faire un test de dépistage dès que possible, 2) continuer à s’isoler tant que vous êtes malade et 7 jours après la fin de vos symptômes, 3) refaire un test 7 jours après la fin de vos symptômes. Entre les deux tests, elles continueront bien sûr à s’isoler avec vous. Cet isolement prend fin si le résultat du 2e test est négatif.
Si elles développent des symptômes entre les deux tests, elles continueront à s’isoler et feront un test dès que possible (sans attendre les 7 jours après la fin de vos symptômes).
 
Pour les personnes que vous avez côtoyées « de près » : elles devront également s’isoler dès que vous leur annoncerez votre suspicion de COVID-19.
  • Si votre test est négatif, tout va bien.
  • Si votre test est positif, elles feront elles-mêmes un test de dépistage 7 jours après leur dernier contact avec vous (pas avant !). En attendant le résultat de ce test, elles resteront isolées.
 
Et les personnes qui vivent avec les personnes que vous avez côtoyées ? Elles devront faire exactement comme les personnes que vous avez côtoyées. Si votre test est positif, elles feront un test 7 jours après le dernier contact que vous avez eu avec leur conjoint ou colocataire.
 
Sources
La fiche de l’Assurance maladie « Que faire si j’ai des symptômes évoquant la COVID-19 ? »
La fiche de l’Assurance maladie « J’ai été en contact à risque avec une personne malade du COVID-19 »
Il y a 6 jours
La patate douce est-elle un féculent ou un légume ?
Plutôt un féculent, mais sucré.

Comme la pomme de terre, la patate douce est un tubercule. Mais, comme son nom le signale, elle est plus sucrée que la pomme de terre.
Dans une pomme de terre, la quasi totalité des glucides est sous forme d’amidon, d’où sa classification en féculent. Dans une patate douce, l’amidon ne représente que la moitié des glucides, l’autre moitié étant composée de sucre (12g de glucides pour 100g de patate douce cuite au total, 15g de glucides pour 100g de pomme de terre).
À la différence des légumes, la patate douce (comme la pomme de terre) est relativement pauvre en fibres : 3g pour 100g de patate douce cuite (1,6g pour la pomme de terre). Elle n’est donc pas considérée comme un légume.
La patate douce pourrait être considéré comme une sorte de féculent riche en sucre. Habituellement, les féculents sont définis comme des aliments où la quasi totalité des glucides sont de l’amidon. Dans le cas de la patate douce, on a affaire à un féculent sucré.
Rappelons que les féculents sont essentiels à notre alimentation, en particulier lorsqu’ils sont complets (dans le cas des céréales). Le Programme national nutrition santé recommande d’en manger au moins une fois par jour et insiste sur le fait qu’ils ne font pas grossir.

Sources
Fiche « Patate douce cuite », Tables CIQUAL, Anses
Les féculents : au moins un féculent complet par jour car ils sont naturellement riches en fibres, Manger Bouger Programme national nutrition santé
Il y a 6 jours
Y a-t-il des risques à manger du poisson cru ?
Oui, mais ils peuvent être prévenus.

Comme tous les aliments frais, le poisson cru, s’il n’est pas soigneusement conservé au froid, sans épisodes de réchauffement, peut être à l’origine d’intoxications alimentaires. Mais concentrons-nous sur les risques propres au poisson cru ou faiblement préparé (marinades au citron, par exemple).
Les poissons hébergent fréquemment des parasites, en particulier des vers de la famille des Anisakidés (Anisakis ou Pseudoterranova, par exemple). Ces vers, lorsqu’ils sont ingérés vivants, provoquent rapidement des troubles digestifs, des maux de ventre et des réactions allergiques qui peuvent être graves et se compliquer en péritonite. En France, les cas d’infestation par ces vers sont rares (environ une dizaine par an). Au Japon, où la consommation de poisson cru est fréquente, il y aurait plusieurs milliers de cas chaque année.
De très nombreuses espèces de poissons hébergent ces vers : hareng, maquereau, morue/cabillaud, lotte, merlan et merlu, etc. Les seiches et les calamars peuvent aussi être infestés. Les poissons d’eau douce (perche, truite, omble chevalier, brochet, saumon, etc.) peuvent héberger un tænia (Diphyllobothrium). Mais les cas de contamination par ce dernier sont extrêmement rare.
Pour prévenir l’infestation par ces parasites, les professionnels de la pêche réfrigèrent et éviscèrent rapidement les poissons pêchés (pour que les vers ne migrent pas depuis les intestins). Ensuite, lors de la préparation et du conditionnement des poissons, un contrôle visuel est opéré (ces vers sont visibles à l’œil nu). Enfin, l’ensemble des produits issus de poisson et commercialisés pour être consommés crus doivent être congelés pendant un minimum de 24 heures à température inférieure ou égale à -20°C ou pendant un minimum de 15 heures à une température inférieure ou égale à -35°C, pour tuer les parasites. Pour cette raison, en France, les sushis et sashimis, par exemple, ne sont préparés qu’à partir de poisson congelé. Le poisson pêché soi-même et destiné à être consommé cru doit être entreposé dans un congélateur domestique pendant au moins 7 jours.
D’autres risques peuvent être liés à la consommation de poisson, cuit ou cru :
  • l’intoxication par des métaux lourds (méthylmercure) chez des espèces de poissons carnassiers (thon, espadon, par exemple) ou vivant dans des mers très polluées (par exemple, la mer Baltique). Pour cette raison, les autorités sanitaires recommandent de manger de poisson seulement 2 fois par semaine, en alternant les espèces.
  • sous les tropiques, la ciguatera est une intoxication par une toxine sécrétée par une algue et qui persiste dans la chair des poissons (en particulier, le barracuda).
Pour toutes ces raisons, il est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux jeunes enfants et aux personnes âgées et fragiles de consommer du poisson cru afin d’éviter tout risque d’intoxication.
De plus, les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 30 mois doivent éviter les poissons les plus exposés au méthylmercure : requin, marlin, espadon, lamproie, siki. De plus, ils doivent limiter leur consommation de poissons susceptibles d'être fortement contaminés à 150 g par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 g par semaine pour les enfants de moins de 30 mois. Ces poissons sont la baudroie (lotte), le thon, le loup de l’Atlantique, les anguilles, l’empereur, le flétan de l’Atlantique, le mulet, le brochet, les dorades, le pageot, les raies, l’esturgeon, etc.
 
Sources
Le parasitisme des produits de la pêche, qu’est-ce que c’est ?, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 2018

Les recommandations officielles sur la consommation de poisson : Consommation de poissons et exposition au méthylmercure, Anses, 2016