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les questions et les décodages

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Il y a 3 jours
Est-il vrai que certains fruits font mûrir les fruits entreposés à proximité ?
Effectivement, mais seulement certains fruits.
 
Certains fruits, lorsqu’ils sont mûrs, favorisent la maturation de fruits placés à proximité (mais pas tous comme nous allons le voir). Ce phénomène est dû à un gaz produit par ces fruits lorsqu’ils mûrissent : l’éthylène. La production d'éthylène continue après la récolte, ce qui diminue la durée de vie des fruits en augmentant leur sensibilité aux attaques de moisissures.
 
L'éthylène est une hormone végétale gazeuse qui joue un rôle important dans le déclenchement du processus de maturation de nombreux fruits, avec d'autres hormones et signaux. Un fruit non mûr présente généralement de faibles niveaux d'éthylène. Au fur et à mesure que le fruit mûrit, l'éthylène produit va accélérer le mûrissement du fruit (c’est un phénomène auto-entretenu qui va de plus en plus vite).

Les fruits qui sont sensibles à l’influence de l’éthylène (donc qui mûrissent après la récolte) sont appelés « fruits climactériques ». Les pêches, les bananes, les pommes, les poires, les tomates, les melons et les avocats sont des exemples de fruits climactériques. Ils produisent de l’éthylène et sont sensibles à son action. Ainsi, si vous placez un fruit climactérique vert (par exemple des bananes vertes) dans un sac étanche avec des fruits climactériques mûrs (par exemple des pommes mûres), l’éthylène produit par ces derniers va faire mûrir les premiers. Ce phénomène est mis à profit de façon massive dans les mûrissoirs à bananes où celles-ci sont exposées à une atmosphère riche en éthylène (produit industriellement).
 
Mais tous les fruits ne sont pas sensibles à l’éthylène. Les fruits dits « non climactériques » ne peuvent pas mûrir après la récolte et ne sont pas sensibles à l’éthylène. Les agrumes, les cerises, le raisin, les fraises et les myrtilles sont des exemples de fruits non climactériques. Vous aurez beau placer des fraises récoltées trop tôt dans un sac étanche avec des pommes ou des bananes, vous ne les ferez pas mûrir. D’où l’importance de les récolter à maturité.
 
Attention, éthylène et légumes ne font pas bon ménage. Pour éviter d’accélérer leur pourrissement, séparez les légumes des fruits dans le bac de votre réfrigérateur.
 
Sources
 
Une courte vidéo sur le mûrissement des fruits, Médiachimie
Le mûrissement des fruits, Centre de référence en alimentation de la petite enfance
Il y a 3 jours
Est-il vrai que les tests PCR et antigénique de la Covid-19 peuvent abimer le cerveau ?
Non. Mais les personnes qui présentent des anomalies des sinus doivent le signaler.
 
La rumeur selon laquelle les prélèvements destinés à rechercher le virus de la Covid-19 (écouvillonage de la paroi du nasopharynx) pourraient endommager le cerveau date du début de la mise en place de ces tests au printemps 2020.
Depuis cette date, et malgré les milliards de tests effectués, seuls quelques cas isolés de complication ont été signalés dans la littérature scientifique. En aucun de ces cas, le cerveau n’a été endommagé.
Parmi ces complications, on distingue :
  • des cas où l’extrémité de l’écouvillon est restée dans le nasopharynx (3 cas sur plus de 11 500 prélèvements dans une étude sur le sujet) et où elle a dû être retirée par un otorhinolaryngologiste.
  • deux cas de dommages aux méninges (enveloppes du cerveau) chez des personnes qui souffraient de hernies méningées (encéphalocèle) dans le nasopharynx. Suite à une anomalie congénitale ou à un accident, ces enveloppes faisaient hernie dans la cavité du nasopharynx. Dans ces deux cas, il y a eu déchirure d’une partie des méninges herniées avec écoulement du liquide céphalorachidien dans le nasopharynx (et, dans un cas, une méningite infectieuse s’est déclarée). Ces deux cas ont été rapidement résolus par une intervention chirurgicale (pour refermer les méninges) et, dans le cas de la méningite, par un traitement antibiotique.
En conclusion, la pratique d’un écouvillonage du nasopharynx est sûre, mais les personnes qui souffrent d’anomalies des sinus ou des fosses nasales doivent se signaler au professionnels de santé en charge du prélèvement (ces anomalies ne concernent en général qu’une seule narine).
Après le prélèvement, si un écoulement de liquide persiste au-delà d’une heure, il convient de rapidement le signaler à son médecin traitant pour envisager des examens complémentaires.
 
Sources
Les cas où l’extrémité de l’écouvillon est resté dans le nasopharynx 
Les deux cas de hernies méningées endommagées :
Cas 1
Cas 2
Il y a 4 jours
La méditation de pleine conscience présente-t-elle des risques pour les adolescents ?
Pas en tant que telle. Mais la vigilance est de mise sur certains de ses promoteurs.
 
Votre question fait référence à une lettre envoyée par des syndicats d’enseignants et des associations de parents d’élèves au ministre de l’Éducation, à la suite de la mise en place d’ateliers de méditation de pleine conscience (MPC) dans certains collèges. Ces ateliers ont pour vocation d’apprendre aux adolescents à améliorer leur capacité d’attention et à gérer leur stress.

La MPC, développée dans un contexte médical, apprend à porter délibérément son attention sur le moment présent, sans jugement de valeur. Pendant une séance, malgré les images et les pensées qui surgissent, la personne maintient une attention soutenue et focalisée, avec un changement de perspective par rapport à soi. Si elle s’inspire de techniques bouddhistes, la MPC est laïque et ne promeut aucune forme de religion.

Cette technique de relaxation et de recentrage de l’attention a été évaluée en 2014 par une analyse croisée (méta-analyse) de 47 études cliniques (dont seulement 10 ont été estimées de bonne qualité) portant sur plus de 3 000 patients anxieux ou déprimés. Dans ces études, la MPC ne s’est pas révélée plus efficace que d’autres thérapies non médicamenteuses utilisées dans la gestion du stress ou de l’anxiété (comme l’activité sportive, les activités de relaxation musculaire ou les thérapies cognitivo-comportementales).  En 2018, une nouvelle analyse croisée de 18 études a montré que la MPC, utilisée comme seule intervention thérapeutique, avait « un effet modeste à modéré sur l’anxiété et la dépression ».

En octobre 2017, une quinzaine d’experts, sous la direction d’un psychologue australien se sont inquiétés de voir la MPC utilisée pour une grande diversité de troubles, sans preuves formelles, simplement parce qu’elle était devenue populaire. Mais, même pour ces praticiens qui s’inquiétaient de son usage parfois irraisonné en psychiatrie, cette pratique n’est pas remise en cause dans son principe. En particulier, aucun effet indésirable négatif n’a été rapporté dans les études.

L’attitude des syndicats d’enseignants et des associations de parents porte essentiellement sur les structures qui pourraient proposer cette pratique et dont certaines pourraient avoir des visées de type sectaire ou de gain financier. De fait, la Milivudes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a reçu plusieurs signalements au sujet de la méditation (ainsi qu’au sujet du yoga) ces dernières années. Mais cette Mission n’a pas, pour l’instant, émis de mise en garde particulière concernant la MPC.
 
Pour en savoir plus
 
La méta-analyse de 47 études sur la MPC de 2014 (en anglais)
Les dérives sectaires identifiées par la Milivudes, 2010
Un article qui fait le point sur cette polémique, France Info, 20 janvier 2021
Il y a 8 jours
ADN, ARN, nucléotides… de quoi parle-t-on ?
D’un livre de recettes qui est copié pour fabriquer les protéines.
 
Au cœur de nos cellules, dans un espace protégé appelé « noyau », se trouvent nos chromosomes. Ceux-ci peuvent être visualisés comme des bobines composées d’un fil à deux brins appelé ADN (acide désoxyribonucléique), très « entortillé » sur lui-même. L’ADN est le support de nos gènes, le livre de recettes pour fabriquer les protéines indispensables à la vie.

Les brins d’ADN forment une sorte d’échelle en spirale, la double hélice, composée d’un empilement de molécules appelées « nucléotides ». Selon leur composition, on distingue 4 nucléotides différents dans l’ADN : l’adénine (A), la cytosine (C), la thymidine (T) et la guanine (G). C’est le nombre et l’ordre de ces nucléotides sur le brin d’ADN qui définit la nature et la fonction de chaque gène, un peu comme des mots dans une phrase.

Lorsque la cellule veut fabriquer une protéine, elle déclenche l’activation du gène correspondant. Parce que le livre de recettes (ADN) est dans le noyau et les ouvriers (ribosomes) dans le reste de la cellule, il est nécessaire de créer une copie temporaire de la recette qui va être transportée hors du noyau. Cette copie temporaire est l’ARN messager (acide ribonucléique messager) qui reflète parfaitement l’original. Les ribosomes vont lire cette copie de recette et fabriquer la protéine en question avant que la copie ne soit détruite.
Il existe d’autres types d’ARN (ARN de transfert, ARN ribosomique, petit ARN nucléique, etc.)  qui remplissent d’autres rôles dans la cellule, toujours en lien avec la synthèse des protéines. Ils sont eux aussi composés de nucléotides, ces briques de base du langage des gènes.
 
Sources
 
Une vidéo courte qui explique l’ADN, Agence France Presse
Une vidéo courte qui explique l’ARN, Vive les SVT
Il y a 8 jours
Est-ce que le corps humain se calcifie en prenant de l’âge ?
Hors maladies particulières, seulement au niveau de certains vaisseaux sanguins.
 
Dans le corps, le calcium se trouve essentiellement dans les os et dans les dents. Il en existe également de petits cristaux dans l’oreille interne qui jouent un rôle dans le maintien de l’équilibre.
Lors de certaines maladies, des dépôts de calcium se forment dans des organes : par exemple, des calculs rénaux mais aussi des calculs dans les voies biliaires ou pancréatiques, voire dans les canaux par où la salive arrive dans la bouche.

D’autres maladies peuvent s’accompagner de dépôts de calcium dans certains organes : les cancers du sein, de la thyroïde, de la prostate ou des testicules, par exemple. Mais aussi dans la peau (sarcoïdose), le foie, l’intestin, les poumons, etc. Lors de problèmes articulaires chroniques, ces dépôts peuvent également apparaître dans les tendons et autour des articulations.
 
Hors de ces maladies, l’âge s’accompagne d’une calcification de certains vaisseaux sanguins, en particulier les artères du cœur (« coronaires ») et l’aorte (la grosse artère qui distribue le sang oxygéné au corps). Cette calcification est plus importante chez les personnes qui souffrent de diabète, d’hypertension artérielle ou d’insuffisance rénale chronique. La calcification des artères est considérée comme un facteur de risque de maladie cardiovasculaire (infarctus, AVC, par exemple) mais, parmi les experts, un débat existe sur la question.

Aujourd’hui, les cardiologues ne sont pas tous d’accord sur la signification de cette accumulation de calcium. En simplifiant un débat complexe, certains estiment que le suivi de cette calcification contribue à dépister précocement les personnes à risque de faire un infarctus ou un AVC (en association avec d’autres mesures de dépistage du risque), alors que d’autres sont plus prudents et considèrent que ce suivi est peu intéressant chez les personnes qui n’ont jamais connu de problème cardiaque (mais utile chez celles qui ont des antécédents de ce type).

Il y a un paradoxe de l’accumulation de calcium dans les artères coronaires : elle semble associée à un risque accru d’accident cardiaque mais elle augmente lorsqu’un patient prend des statines, des médicaments destinés à lutter contre l’excès de cholestérol et qui protègent contre les accidents cardiovasculaires !
 
En conclusion, lorsqu’on vieillit, il est normal que le calcium s’accumule dans les artères mais le rôle de cette calcification dans la survenue d’accidents cardiovasculaires n’est pas encore clairement défini.
 
Sources
 
Deux études sur la calcification des vaisseaux sanguins liée à l’âge
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3761061/
https://link.springer.com/article/10.1007/s13670-013-0063-4