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Il y a 5 jours
Les vaccins contre la Covid-19 rendent-ils stériles ?
Aucune donnée ne permet de l’affirmer.
 
Depuis le début des campagnes de vaccination contre la Covid-19, une rumeur circule sur le fait que ces vaccins pourraient rendre stériles, rumeur jamais étayée par des données objectives.
Rappelons que ces vaccins ont, depuis plus d’un an (depuis le début des essais cliniques de phase 3), été administrés à presque 3 milliards d’adultes dont certains en âge de procréer. Pourtant, parmi tous les effets indésirables signalés aux autorités sanitaires, aucun problème de fertilité n’a été signalé. Certaines femmes ont rapporté un retard de règles juste après une injection, mais en aucun cas une absence durable de règles.
De plus, les gynécologues-obstétriciens recommandent désormais la vaccination contre la Covid-19 dès la décision de programmer une grossesse (mais aussi à tout moment au long de la grossesse). En effet, un épisode de Covid-19 pendant le 3e trimestre de la grossesse peut avoir de graves conséquences pour la mère et pour le fœtus. Selon le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT), « En prévision d’une grossesse, Il n’y a aucun délai à respecter entre une vaccination par vaccin à ARNm ou à vecteur viral contre la Covid-19 et le début d’une grossesse. »
Enfin, dans les études de phase 3 dont les participantes (plusieurs dizaines de milliers de femmes de plus de 18 ans) continuent à être régulièrement suivies (comme l’impose la loi), de nombreuses grossesses ont été mises en route, sans que les problèmes d’infertilité soient plus nombreux que chez les personnes non vaccinées.
Pour finir, rappelons qu’aucun vaccin commercialisé à ce jour n’a jamais causé des troubles de la fertilité.
En conclusion, cette rumeur est sans fondement et n’a été propagée que pour effrayer les futures mamans.

Sources
Le rapport de l’Agence du médicament sur les effets indésirables des vaccins 
Les recommandations du Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT)
Il y a 6 jours
Hors Covid-19, quels sont les autres vaccins qui utilisent la technologie ARNm ?
 
De très nombreux vaccins de ce type sont en essais cliniques, y compris contre certains cancers.
 
Les vaccins contre la Covid-19 utilisant l’ARN messager sont les premiers de ce type à être commercialisés. Mais les entreprises spécialisées dans ce domaine sont en train de développer des vaccins à ARNm contre de nombreuses autres maladies.
Actuellement, des essais cliniques sont menés contre diverses maladies infectieuses comme, par exemple :
  • la grippe,
  • le VIH/sida,
  • la bronchiolite du nourrisson,
  • le virus Zika,
  • le cytomégalovirus (de la famille de l’herpès),
  • le virus d’Epstein-Barr (responsable de la mononucléose), etc.
Des essais cliniques contre certains cancers sont également en cours. Dans le contexte du cancer, les vaccins à ARNm ne sont pas destinés à protéger contre l’apparition de ces cancers, mais à aider le système immunitaire des patients à combattre les cellules cancéreuses (leur usage relève alors de l’immunothérapie). Dans ce cas, l’immunité développée cible des protéines indispensables à la croissance et à la multiplication des cellules cancéreuses. Parmi les cancers visés aujourd’hui :
  • le cancer de la prostate,
  • le cancer du sein triple négatif,
  • le cancer de l’ovaire,
  • le mélanome (cancer de la peau),
  • le cancer du pancréas,
  • le cancer colorectal, etc.
L’intérêt des vaccins à ARNm est également étudié dans d’autres maladies, par exemple des maladies génétiques (phénylcétonurie, maladie du stockage du glycogène, par exemple).
Avec le succès des vaccins ARNm contre la Covid-19, beaucoup de fonds sont actuellement investis pour étendre les bénéfices de cette technologie au plus grand nombre de maladies.
 
Sources
Le portefeuille de recherche de Moderna
Le portefeuille de recherche de BioNTech
Il y a 6 jours
Le coronavirus de la Covid-19 affecte-t-il le cœur ?
Oui, parfois, ainsi que les vaisseaux sanguins.
 
Il peut paraître étonnant qu’un virus dit « respiratoire » comme celui de la Covid-19 puisse affecter le cœur. Pourtant, chez les personnes qui font une forme symptomatique de l’infection, il n’est pas rare d’observer des symptômes non seulement cardiaques (inflammation du muscle ou de l’enveloppe du cœur, chez un quart des patients hospitalisés) mais aussi vasculaires (inflammation des vaisseaux sanguins, qui font partie du même système que le cœur).
Ces symptômes peuvent s’expliquer par la présence, sur certaines cellules du cœur et de la paroi des vaisseaux sanguins, de récepteurs (les « récepteurs ACE2 ») sur lesquels la protéine Spike (S) du coronavirus peut se fixer. Cette fixation déclenche la production de substances capables de créer une réaction inflammatoire locale. Cette réaction locale augmente le risque de développer un caillot de sang là où les vaisseaux sont enflammés, ce qui peut aggraver la Covid-19.
L’inflammation des petits vaisseaux sanguins (la « vascularite ») est très probablement à l’origine de très nombreux symptômes non-respiratoires chez les personnes qui font une forme sévère de Covid-19. Certains experts suspectent que cette inflammation peut devenir chronique et être en partie responsable de ce qu’on nomme désormais « Covid long ».
Le coronavirus peut également infecter des cellules qui sont autour des vaisseaux sanguins (les « péricytes ») qui jouent un rôle dans l’adaptation des vaisseaux sanguins aux besoins en oxygène locaux, mais aussi dans la réponse immunitaire à un agresseur infectieux.
Il reste encore beaucoup à découvrir sur les effets du coronavirus de la Covid-19 hors de l’appareil respiratoire. Avec les découvertes qui s’accumulent, il semble que de nombreux symptômes de ce type (dans le cerveau, les intestins, les reins par exemple) sont liés aux effets du virus sur les cellules des vaisseaux sanguins de ces organes et sur leur fonctionnement.
 
Sources
Covid-19 et atteintes myocardiques, Revue médicale suisse, 2021
« Le muscle cardiaque à l’épreuve de la Covid-19 », Vidal, 2020
« Covid-19 est aussi une maladie inflammatoire vasculaire », Le Monde, 2020
Il y a 9 jours
Quel est le risque d’inflammation du cœur après une vaccination contre la Covid-19 ?
Il existe essentiellement pour les garçons de moins de 25 ans et reste très rare.
 
Après 5,3 milliards d’injections de vaccins contre la Covid-19 dans le monde, on commence à avoir une vision globale et quantifiée des effets indésirables de ces vaccins. Concernant les vaccins à ARNm, la vaccination des adolescents et des jeunes adultes a révélé des effets indésirables cardiaques qui n’avaient été observés que de manière exceptionnelle chez les personnes plus âgées.
Ces effets indésirables consistent en une inflammation transitoire du muscle cardiaque (une « myocardite ») ou de la membrane qui entoure le cœur (une « péricardite »). Ils sont observés dans les jours qui suivent l’injection de vaccins à ARNm. Ils sont essentiellement observés chez les jeunes hommes (entre 12 et 25 ans) après la deuxième injection. Ils se résolvent spontanément avec du repos. Les symptômes sont une douleur dans la poitrine, un souffle court et des sensations de palpitations. Aucun décès n’a été signalé, contrairement à de nombreuses rumeurs. 
En juillet 2021, le Comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament a fait le point sur ces effets indésirables. Sur 177 millions de doses de vaccin Comirnaty (Pfizer) injectées en Europe, 145 cas de myocardite et 138 cas de péricardite ont été signalés fin juin. Sur 20 millions de doses de Spikevax (Moderna) injectées, 19 cas de myocardites et 19 cas de péricardites ont été signalés. Il s’agit donc d’événements exceptionnels.
Aux États-Unis, dans une étude sur 8,9 millions d’adolescents de 12 à 17 ans, les myocardites n’ont représenté que 4,3 % de tous les effets indésirables rapportés, soit environ 400 cas.
En Israël, un suivi de 885 000 personnes vaccinées avec Comirnaty a montré que les myocardites touchent en moyenne 2,7 personnes sur 100 000 vaccinées. Dans la même étude, les chercheurs ont identifié que, pendant un épisode de Covid-19, le nombre de personnes souffrant de myocardite est de 11 personnes sur 100 000 personnes malades. On voit donc que le risque de développer une myocardite lors d’une Covid-19 est 4 fois plus élevé qu’à la suite d’une vaccination par Comirnaty. Au vu de ces données, les autorités sanitaires américaines et européennes ont renouvelé leurs recommandations de vacciner les 12-25 ans contre la Covid-19.
 
Sources
Les données de l’Agence européenne du médicament, juillet 2021 
Les données américaines, juillet 2021
Les données israéliennes, août 2021
Il y a 10 jours
L’ivermectine pourrait-elle être un traitement de la Covid-19 ?
On n’en sait encore rien, les données sont contradictoires.
 
L’ivermectine est un médicament qui est utilisé depuis des années contre les parasites de l’homme (en particulier la gale) et des animaux. Lors de tentatives d’identification de substances pouvant bloquer la multiplication du coronavirus de la Covid-19 dans le tube à essai, l’ivermectine a montré un intérêt potentiel. Comme il s’agit d’une substance largement utilisée et dont on connaît bien la toxicité éventuelle, elle a naturellement fait l’objet de petites études préliminaires chez l’animal et chez l’homme, dans le but de confirmer ou non son effet.
À ce jour, début août 2021, il n’existe pas de consensus scientifique sur l’intérêt de l’ivermectine dans le traitement de la Covid-19. Certaines études chez les animaux ont été positives (par exemple, une étude d’une équipe de l’Institut Pasteur sur les hamsters dorés), d’autres ont été négatives. Chez l’homme, les études cliniques ont été menées sur des effectifs trop petits pour pouvoir se prononcer clairement. D’autres études sont en cours : la base de données internationale des essais cliniques ClinicalTrials.gov liste 75 études cliniques sur les effets de l’ivermectine dans le traitement de la Covid-19.
Fin mars 2021, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un communiqué déconseillant la prescription d’ivermectine hors des essais cliniques, par manque de preuves. Un groupe de travail de l’OMS « a examiné les données regroupées de 16 essais contrôlés randomisés portant au total sur 2 407 patients ambulatoires ou hospitalisés atteints de COVID-19. Il a conclu que les données selon lesquelles l’ivermectine permettrait de réduire la mortalité, la nécessité d’un recours à la ventilation mécanique, la nécessité d’une hospitalisation et la durée avant une amélioration clinique chez les patients COVID-19 étaient « très peu fiables », en raison de la petite taille des essais et des limites méthodologiques des données d’essai disponibles, notamment du faible nombre d’effets indésirables. »
Fin juillet, la Cochrane Library, une référence dans le monde de l’analyse des essais cliniques, a publié une analyse croisée des études cliniques disponibles. Cette analyse n’a pas permis de confirmer ou d’infirmer les effets de l'ivermectine sur le nombre de décès, sur l’aggravation ou l’amélioration de l'état des patients et sur les effets indésirables, par rapport au placebo ou aux soins habituels. La Cochrane Library soutient les recommandations de l’OMS sur un usage limité aux essais cliniques.
Dans les semaines qui viennent, nous devrions avoir les résultats de l’essai Solidarity, un essai en vie réelle et à grande échelle.
Pour finir, il est à noter que, dans l’étude de l’Institut Pasteur sur les hamsters dorés, l’ivermectine ne semblait pas agir contre le virus (pas de diminution de la charge virale) mais en régulant le système immunitaire (pour éviter les complications inflammatoires). Il reste donc encore des choses à découvrir sur le mode d’action de l’ivermectine, en général.
 
Sources
L’étude de l’Institut Pasteur sur les hamsters dorés, 12 juillet 2021
Le communiqué de l’OMS, 31 mars 2021
L’analyse croisée de la Cochrane Library, 28 juillet 2021
Les essais en cours sur l’ivermectine dans la Covid-19