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les questions et les décodages

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Il y a 3 jours
Est-il vrai que les tests PCR et antigénique de la Covid-19 peuvent abimer le cerveau ?
Non. Mais les personnes qui présentent des anomalies des sinus doivent le signaler.
 
La rumeur selon laquelle les prélèvements destinés à rechercher le virus de la Covid-19 (écouvillonage de la paroi du nasopharynx) pourraient endommager le cerveau date du début de la mise en place de ces tests au printemps 2020.
Depuis cette date, et malgré les milliards de tests effectués, seuls quelques cas isolés de complication ont été signalés dans la littérature scientifique. En aucun de ces cas, le cerveau n’a été endommagé.
Parmi ces complications, on distingue :
  • des cas où l’extrémité de l’écouvillon est restée dans le nasopharynx (3 cas sur plus de 11 500 prélèvements dans une étude sur le sujet) et où elle a dû être retirée par un otorhinolaryngologiste.
  • deux cas de dommages aux méninges (enveloppes du cerveau) chez des personnes qui souffraient de hernies méningées (encéphalocèle) dans le nasopharynx. Suite à une anomalie congénitale ou à un accident, ces enveloppes faisaient hernie dans la cavité du nasopharynx. Dans ces deux cas, il y a eu déchirure d’une partie des méninges herniées avec écoulement du liquide céphalorachidien dans le nasopharynx (et, dans un cas, une méningite infectieuse s’est déclarée). Ces deux cas ont été rapidement résolus par une intervention chirurgicale (pour refermer les méninges) et, dans le cas de la méningite, par un traitement antibiotique.
En conclusion, la pratique d’un écouvillonage du nasopharynx est sûre, mais les personnes qui souffrent d’anomalies des sinus ou des fosses nasales doivent se signaler au professionnels de santé en charge du prélèvement (ces anomalies ne concernent en général qu’une seule narine).
Après le prélèvement, si un écoulement de liquide persiste au-delà d’une heure, il convient de rapidement le signaler à son médecin traitant pour envisager des examens complémentaires.
 
Sources
Les cas où l’extrémité de l’écouvillon est resté dans le nasopharynx 
Les deux cas de hernies méningées endommagées :
Cas 1
Cas 2
Il y a 11 jours
Pourquoi les chiffres de contamination par la Covid-19 ne sont-ils pas plus élevés en Afrique ?
Pour au moins 3 raisons.
 
Avant de répondre à cette question, il est important de la reformuler : pourquoi ces chiffres sont-ils bas en Afrique sub-saharienne et équatoriale ? En effet, dans les pays d’Afrique du Nord comme dans ceux de l’Afrique australe (Afrique du Sud, Mozambique, Angola, Botswana, etc.), le nombre de cas est élevé lors de vagues, comme en Europe.
 
Cela étant précisé, pourquoi si peu de cas dans ces pays (même si la Covid-19 y est néanmoins présente) ? Au moins trois explications possibles, dont les effets s’ajoutent :
  • dans ces pays, l’identification d’un cas se fait lorsque la personne consulte pour des symptômes modérés à sévères. À l’exception de certains grands centres urbains, les personnes sans symptômes ne se font pas tester (pas de tracing des cas contacts et faible disponibilité des tests). On compte donc quasi uniquement les cas nettement symptomatiques.
  • l’âge médian dans ces pays est bien plus faible que dans les pays industrialisés (par exemple 18,5 ans au Cameroun ou 20,7 ans en Côte d’Ivoire, contre 41,2 ans en France), donc leurs habitants sont moins sujets aux formes suffisamment sévères pour justifier une consultation ou une hospitalisation, et être identifiées.
  • du fait de leur climat tropical tout au long de l’année, la vie sociale et familiale dans ces pays a plutôt lieu en extérieur ou dans des lieux largement aérés, ce qui réduit le risque de contamination.
 
Pour toutes ces raisons, le nombre de cas identifiés et l’impact sanitaire de la pandémie restent modérés dans ces pays.
 
Sources
 
Sur l’âge médian dans les pays d’Afrique tropicale
Sur le nombre de cas dans ces pays
Il y a 15 jours
Le café fait-il maigrir ?
Il n’existe aucune étude sérieuse allant dans ce sens.
 
L’action supposée du café sur le poids serait due à la caféine qu’il contient. La caféine est une substance de la famille des méthylxanthines présente dans de très nombreuses plantes : café, thé, cacao, kola, yerba maté, guarana, etc. Certains compléments alimentaires destinés à favoriser la perte de poids utilisent fréquemment la caféine comme coupe-faim et pour ses propriétés diurétiques, le plus souvent en association avec d’autres substances comme la synéphrine.
 
Aucune preuve n'existe quant à l'action de la caféine sur le contrôle du poids ou sur les performances sportives. Depuis 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des compléments alimentaires contenant de la caféine. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits ne peuvent pas prétendre :
  • aider à perdre du poids ou à maintenir un poids optimal, en augmentant le métabolisme de base (pour brûler des calories) ou en favorisant l’utilisation de la graisse par le corps ;
  • augmenter les performances physiques (immédiates ou d’endurance), ou retarder la fatigue lors de l’effort (chez les sportifs, la caféine n’est plus considérée comme une substance dopante).
Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les compléments alimentaires contenant de la caféine. De plus, les effets coupe-faim de la caféine sont limités et disparaissent chez les personnes qui en consomment régulièrement.
 
Attention, les doses maximales conseillées de caféine dépendent de l’âge et de l’état de santé de la personne. Pour un adulte, cette dose maximale varie de 200 à 400 mg par jour selon les pays, 400 mg par jour selon l'EFSA. Les femmes enceintes et celles qui allaitent ne devraient pas consommer plus de 200 mg de caféine par jour. Pour rappel, 125 ml de café filtre contiennent environ 95 mg de caféine, 125 ml de café à l’italienne en contiennent 62 et une petite tasse d’espresso, 55.
 
Sources
 
La base de données de l’EFSA sur les allégations santé des aliments
Un article de fond sur la caféine, VIDAL, 2016
Il y a 18 jours
Existe-t-il des anticorps facilitant la Covid-19 ?
Seulement chez de rares personnes non vaccinées ayant souffert de cette maladie.
 
Que sont les « anticorps facilitants » ? Dans de rares cas, il arrive que l’immunité développée à la suite d’une infection ou d’une vaccination puisse faciliter une réinfection ou une infection par un micro-organisme voisin. Pendant longtemps, les scientifiques ont pensé que ce phénomène (exceptionnel) était dû à la présence d’anticorps particuliers facilitant cette nouvelle infection (anticorps dits « facilitants »).
 
Aujourd’hui, on sait qu’il n’existe pas d’anticorps particuliers de ce type, mais que, selon leur concentration dans le sang, certains anticorps peuvent être à la fois protecteurs ou facilitants. Lorsqu’un anticorps de ce type est présent en grande quantité dans le sang, il protège contre la maladie. Lorsqu’il diminue après quelques mois ou années (ce qui est normal), il peut se révéler facilitant, le plus souvent vis-à-vis d’une infection avec un micro-organisme proche mais pas identique à celui ayant provoqué l’immunité initiale (par exemple, une autre souche du même micro-organisme).
 
Dans le contexte de la vaccination, la prévention de ce phénomène passe par des injections de rappel suffisamment rapprochées pour maintenir un taux sanguin d’anticorps élevé, mais aussi par l’usage de vaccins actualisés pour les souches dominantes au moment de la vaccination (comme on le fait pour la grippe chaque année).
 
Dans le contexte de la Covid-19, le seul exemple de facilitation de l’infection a été observé (dans le tube à essai) avec le sérum de patients ayant souffert d’une forme sévère de cette maladie. Ces sérums augmentaient le nombre de cellules en culture infectées par SARS-CoV-2. Mais ce phénomène n’a pas été observé de manière significative dans la vie réelle : il n’existe que peu de cas documentés où un deuxième épisode de Covid-19 a été plus grave que le premier. De la même manière, chez les personnes vaccinées contre la Covid-19 qui souffrent néanmoins de cette infection, les symptômes sont moins sévères que chez les personnes non vaccinées infectées.
 
Récemment, des mouvements de désinformation vaccino-sceptiques ont mis en avant le risque d’apparition d’anticorps facilitants après la vaccination contre la Covid-19. Comme nous l’avons vu, il n’existe pas d’anticorps facilitants à proprement parler, il s’agit plutôt d’une affaire de concentration sanguine. Néanmoins, face à ce risque éventuel, les autorités de santé surveillent étroitement la santé des personnes vaccinées, pendant les essais cliniques et après. Début 2022, 4 milliards de personnes ont été vaccinées contre la Covid-19 et aucun signe de maladie aggravée par la vaccination n’a été signalé.
 
Sources
 
Un article sur les rares maladies parfois aggravées par l’immunité, VIDAL Actus, 2020
L’étude sur le sérum de patients atteints de formes graves de Covid-19, 2020
Il y a 21 jours
Comment un vaccin qui n’empêche pas les contaminations peut-il réduire les formes graves ?
Parce que les deux ne relèvent pas de la même forme d’immunité.
 
Pour comprendre comment cela est possible, il est nécessaire de retourner aux bases de notre immunité. Nous avons en fait trois systèmes immunitaires (inné, humoral, cellulaire), dont deux (les deux derniers) sont capables de mémoriser l’exposition aux germes infectieux et sont donc stimulés par la vaccination. Les systèmes immunitaires humoral et cellulaire sont regroupés sous le nom d’« immunité adaptative ».
 
Le système immunitaire humoral repose sur les anticorps. Certains d’entre eux « emballent » le virus et l’empêchent de pénétrer dans les cellules, d’autres agissent pour stimuler et réguler le système immunitaire dans son ensemble.
L’action du système immunitaire cellulaire repose sur diverses cellules (lymphocytes, monocytes, macrophages, etc.). Parmi les lymphocytes, les B fabriquent les anticorps et gardent en mémoire l’identité du virus (entre autres). Les lymphocytes T agissent eux en « chef d’orchestre » de l’immunité (lymphocytes T4 ou CD4), en tueurs de cellules infectées par le virus (cellules Natural Killer) ou en activateurs de ces cellules tueuses (lymphocytes T8 ou CD8). Bien d’autres cellules immunitaires existent, avec des fonctions spécialisées.
 
La prévention des formes graves repose sur les anticorps mais, pour beaucoup, elle est due à l’action de l’immunité cellulaire. En effet, les cellules immunitaires sont capables d’éliminer les « usines à virus » que sont les cellules infectées, réduisant ainsi la quantité de virus dans le corps et évitant un effet « boule de neige ». Ces cellules jouent également un rôle dans la régulation de l’inflammation provoquée par l’infection (lorsqu’elle est excessive, cette inflammation est la cause des complications de la maladie). Après vaccination, l’immunité cellulaire obtenue est plus durable que l’immunité humorale, et elle est moins sensible à la différence entre variants.
 
La prévention de la transmission, mais aussi la prévention de l’infection sans symptômes, ou légère à modérée, repose sur la présence de taux d’anticorps suffisants dans le sang. Elle repose également pour beaucoup sur la présence d’anticorps au niveau des parois du nez, du pharynx et des bronches. S’ils sont excellents pour augmenter les taux sanguins d’anticorps, les vaccins injectables n’induisent que faiblement cette production locale d’anticorps. Pour cette raison, les chercheurs explorent actuellement la possibilité de compléter les vaccins injectables par des vaccins administrés directement dans le nez, plus efficaces pour déclencher cette immunité locale.
 
Sources
 
L’immunité vaccinale expliquée clairement, Ministère de la Santé du Québec
Une vidéo bien faite sur l’immunité adaptative, Réseau Canopé