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Le 06/05/2021
L’excès de cholestérol est-il pour 80 % génétique, et seulement pour 20 % alimentaire ?
Cela dépend du type d’hypercholestérolémie.
 
Il est impossible de répondre à cette question pour une raison simple : il n’existe pas UN type d’excès de cholestérol mais DES types d’excès de cholestérol différents dans leurs causes et leurs facteurs aggravants.

Par exemple, chez certaines personnes (environ 1 sur 500, soit 130 000 personnes en France), l’excès de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) est d’origine purement génétique, c’est « l’hypercholestérolémie familiale ». Chez ces personnes, les cellules, en particulier celles du foie, ne peuvent pas capter le cholestérol LDL ou pas suffisamment. Elles souffrent d’un excès de cholestérol sanguin très tôt dans leur vie et cet excès est observé même avec une alimentation équilibrée. Cette prédisposition particulière est transmissible à leur descendance.

Pour les personnes qui souffrent d’excès de cholestérol LDL hors forme familiale, les causes de cet excès sont diverses selon les cas :
  • hérédité (moins fortement que dans la forme familiale) ;
  • alimentation trop riche en graisses d’origine animale et en cholestérol ;
  • surpoids et obésité ;
  • activité physique insuffisante ;
  • sexe : les hommes ont un taux de cholestérol LDL plus élevé ;
  • présence d’une autre maladie, par exemple le diabète, l'hypothyroïdie, les maladies du foie et du rein, etc., maladies qui peuvent, elles-mêmes, avoir une prédisposition génétique.
Dans chacun de ces cas, les taux sanguins de cholestérol sont déterminés par un ensemble de facteurs. Par exemple, parce que l’obésité est un facteur de risque d’hypercholestérolémie, l’alimentation et l’activité physique régulière vont jouer un rôle essentiel dans la prévention et le contrôle de ce problème de santé chez les personnes qui ont tendance à être en surpoids, voire obèses. L’alimentation jouera un rôle moins déterminant chez des personnes qui, sans souffrir d’hypercholestérolémie familiale avérée, ont quand même une prédisposition génétique à légèrement moins capter le cholestérol LDL au sein des cellules.

Mais dans tous les cas, les mesures hygiéno-diététiques à appliquer sont sensiblement les mêmes :
  • limiter la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol - les deux sont souvent associés dans les aliments - et augmenter celle de graisses insaturées (en particulier d’acides gras oméga-3) et de fibres.
  • diminuer sa consommation de boissons alcoolisées et arrêter de fumer.
  • pratiquer chaque jour une activité physique soutenue et modérée.
 
Sources
L’association des personnes qui souffrent d’hypercholestérolémie familiale
Des informations de référence sur l’excès de cholestérol LDL et ses traitements, VIDAL
Le 14/01/2020
Comment réduire son taux sanguin de cholestérol LDL sans médicaments ?
Grâce à des règles hygiéno-diététiques simples à adopter.
 
Le traitement contre l’excès de cholestérol LDL (« mauvais cholestérol ») consiste d’abord à adopter des règles d’hygiène de vie et de diététique. Ces mesures sont essentielles mais elles ne doivent pas être excessivement contraignantes pour être suivies dans la durée : le bon régime anti cholestérol, c’est celui que vous pourrez adopter de manière durable.
Les mesures recommandées consistent essentiellement à limiter la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol - les deux sont souvent associés dans les aliments - et à augmenter celle de fibres. L’arrêt du tabac est également vivement recommandé.
S’il n’y avait que 3 mesures simples à retenir pour réduire l’apport quotidien en graisses saturées et en cholestérol, ce seraient les suivantes :
  • évitez d’utiliser le beurre pour cuisiner ;
  • réduisez fortement votre consommation de charcuterie grasse telle que rillettes, saucissons, saucisses et lardons ;
  • évitez de manger du fromage à tous les repas.
D’autres mesures peuvent être adoptées :
  • remplacez le beurre par de la margarine aux phytostérols ;
  • dans les gâteaux, remplacez le beurre par de l’huile ou de la margarine (150 ml d’huile remplacent 200 g de beurre) ;
  • dégraissez les bouillons de viande en les plaçant au réfrigérateur, dégraissez les viandes au couteau avant de les cuisiner ;
  • privilégiez les viandes maigres de poulet, dinde ou lapin, ainsi que le poisson, même gras ;
  • mangez une poignée de fruits à coque non salés tous les jours (noix, amandes, noisettes, etc.) ;
  • préférez les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés ;
  • limitez votre consommation de produits à base de noix de coco ;
  • évitez d’acheter des produits contenant des graisses hydrogénées (acides gras trans) et des huiles de palme, de coprah ou de palmiste, riches en acides gras saturés ;
  • mangez plus de fibres. Les fibres réduiraient l’absorption du cholestérol alimentaire par l’intestin. On les trouve dans les fruits, les légumes, les légumes secs et les céréales complètes.
La consommation de jaune d’œuf (riche en cholestérol) a moins d’impact sur le taux sanguin de cholestérol qu’on ne l’a dit. Son effet semble variable selon des facteurs génétiques propres à chacun.
Chez les personnes en surpoids, limiter l’apport global en matières grasses est prioritaire par rapport à la réduction du cholestérol alimentaire. Perdre du poids contribue à réduire le taux de cholestérol LDL et le risque de maladies cardiovasculaires.
De plus, pratiquer chaque jour une activité physique modérée permet de perdre du poids, contribue à réduire le taux sanguin de cholestérol LDL et augmente celui de cholestérol HDL. L’entraînement optimal pour garder la forme consiste à pratiquer trois fois par semaine une activité d’endurance telle que marche rapide, vélo ou natation, pendant environ 45 minutes. Si trois mois d’application de ces règles ne suffisent pas à ramener le taux de cholestérol LDL à des valeurs acceptables, un traitement médicamenteux est nécessaire.

Sources
« Cholestérol et/ou triglycérides élevés : quel traitement ? », Assurance maladie, 2019
« Maîtriser son taux de cholestérol », Fédération française de cardiologie.
Le 02/01/2020
Le taux de cholestérol doit-il rester en dessous de 2 g par litre ?
 
Cette valeur vaut seulement pour le cholestérol total.
 
À partir de 50 ans, un dosage systématique du cholestérol est effectué tous les cinq ans chez les femmes et tous les trois ans chez les hommes.
On distingue :
  • le cholestérol total qui inclut les taux de cholestérol HDL et LDL, ainsi qu’un cinquième du taux de triglycérides. Le taux de cholestérol total est habituellement inférieur à 2 g/l.
  • le cholestérol LDL, également appelé « mauvais cholestérol », qui compose la majorité du cholestérol total.
  • le cholestérol HDL, également appelé « bon cholestérol », dont le rôle est de capter le cholestérol en excès dans le sang et de le conduire au foie pour qu’il soit éliminé avec la bile.
Des facteurs dits « de risque cardiovasculaire » sont pris en compte pour déterminer le taux souhaitable de cholestérol LDL :
  • l’âge : plus de 50 ans pour un homme ou plus de 60 ans pour une femme.
  • les antécédents familiaux de maladie cardiaque précoce (infarctus) : le risque existe lorsque le père du patient a eu un accident cardiaque avant 55 ans (ou la mère avant 65 ans).
  • l’usage du tabac ou son arrêt depuis moins de trois ans.
  • une hypertension artérielle, même traitée.
  • un diabète de type 2.
  • un taux sanguin de cholestérol HDL inférieur à 0,40 g/l (un taux supérieur à 0,60 g/l annule un facteur de risque).
Le taux de cholestérol LDL souhaitable est déterminé par le médecin en fonction de la présence de facteurs de risque cardiovasculaire. En l’absence de facteur de risque, un taux de cholestérol LDL est considéré comme normal lorsqu’il est inférieur à 1,9 g/l. Si le patient présente un ou plusieurs facteurs de risque (par exemple, un homme de plus de 50 ans), cette valeur limite est de 1,3 g/l (voire 1,0 g/l ou 0,7 g/l si le risque cardiovasculaire est très élevé). Au-delà, des mesures thérapeutiques doivent être prises.
Un homme de 50 ans (un facteur de risque) qui présente un taux de cholestérol LDL de 1,5 g/l et un taux de cholestérol HDL de 0,65 g/l ne sera pas considéré comme nécessitant une prise en charge médicale, car son taux de cholestérol HDL annule le risque lié à l’âge.
 
Sources
« Diagnostic et surveillance des anomalies lipidiques du sang », Assurance Maladie
« Prise en charge des dyslipidémies », 2017

 
Le 17/12/2019
Quels sont les effets indésirables des statines ?
S’ils sont le plus souvent bénins, la vigilance est de mise lors de douleurs musculaires.
 
Les statines sont des médicaments destinés à contrôler le taux de cholestérol dans le sang. Plusieurs études ont montré que les statines ont un rôle important pour prévenir les accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite) et pour réduire le risque de mortalité, en particulier chez les patients présentant un risque cardiovasculaire élevé (par exemple, ceux qui ont déjà eu un accident de ce type).
Néanmoins, le bénéfice du traitement est individuel et doit être estimé par le médecin en fonction des risques encourus. Les personnes qui prennent des statines doivent faire l’objet d’une surveillance médicale régulière. Un premier bilan sanguin est établi après 4 à 6 semaines de traitement et celui-ci est éventuellement adapté par le médecin. Ensuite, un bilan sanguin est pratiqué tous les 3 à 6 mois pour vérifier l’efficacité du traitement.
Les effets indésirables des statines sont le plus souvent bénins : troubles digestifs (constipation, nausées, flatulences, diarrhées, douleurs abdominales), maux de tête, fatigue, vertiges ou crampes. Mais des effets indésirables considérés comme graves existent chez moins de 1 % des utilisateurs et surviennent surtout à fortes doses : augmentation des enzymes du foie (transaminases), atteintes musculaires (lésions musculaires, destruction du tissu musculaire). Des études ont montré que les statines peuvent également augmenter la glycémie. Chez les patients à risque de diabète, une surveillance de la glycémie peut être recommandée.
Si vous prenez un médicament de la famille des statines et que vous ressentez des crampes, des douleurs musculaires, une sensibilité ou une faiblesse musculaire inexpliquée (en particulier au niveau des bras ou des cuisses), signalez-le immédiatement à votre médecin. Les atteintes musculaires sont observées plus fréquemment chez les personnes de plus de 70 ans, celles qui souffrent d’alcoolodépendance, d’insuffisance rénale, d’hypothyroïdie, etc.
Attention, le jus de pamplemousse interagit avec deux statines : la simvastatine et l’atorvastatine. Sa consommation expose à un risque de surdosage et une augmentation des effets indésirables de ces deux statines. Les personnes qui sont traitées par ces médicaments doivent s’abstenir de consommer du pamplemousse (jus et fruit).
 
Sources
« Usage des statines », Assurance maladie, 2013
« Cholestérol et/ou triglycérides élevés : quel traitement ? », Assurance maladie, 2019
Le 12/12/2019
Est-ce que les acides gras oméga-3 sont utiles pour la santé des adultes ?
Chez certaines personnes, pour prévenir les accidents cardiovasculaires.
 
Les huiles extraites des poissons gras sont riches en acides gras oméga-3, dont les deux principaux sont l’acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA). Certaines huiles végétales (en particulier, celles de lin, de chanvre, de cameline ou de pérille) contiennent également des quantités importantes d’acides gras oméga-3. Parmi ceux-ci, l’acide alpha-linolénique (ALA) est le plus abondant.
Depuis 2012, après examen des données scientifiques, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) ont estimé que les produits contenant des oméga-3 de poisson peuvent prétendre contribuer au fonctionnement normal du cœur si et seulement si ces produits contiennent au moins 40 mg d'EPA/DHA pour 100 g et 100 kcal de produit, et s'ils apportent au moins une dose quotidienne de 250 mg d’acides gras oméga-3 des huiles de poisson.
De plus, les aliments contenant du DHA et de l'EPA peuvent prétendre :
  • contribuer au maintien des fonctions normales du cerveau et d’une vision normale si et seulement s’ils contiennent au moins 40 mg de DHA pour 100 g et 100 kcal de produit, et si la personne en ingère au moins 250 mg par jour ;
  • contribuer à maintenir une pression sanguine normale chez les adultes, à condition d’apporter au moins 3 g de DHA et d’EPA par jour, sans dépasser 5 g par jour ;
  • contribuer à maintenir des taux de triglycérides normaux chez les adultes, à condition d’apporter au moins 2 g de DHA et d’EPA par jour (ou 2 g de DHA), sans dépasser 5 g par jour.
Chez une personne en bonne santé, trois repas par semaine contenant environ 100 g de poisson gras, tel que saumon, hareng ou maquereau, suffisent à couvrir les besoins en acide gras oméga-3.
Concernant les acides gras oméga-3 des huiles végétales, l’EFSA estime que les produits en contenant peuvent prétendre contribuer au maintien de taux sanguins de cholestérol normaux si et seulement si ces produits contiennent au moins 0,3 g d'acide alpha-linolénique pour 100 g et 100 kcal de produit, et s'il apportent au moins une dose quotidienne de 2 grammes d’acide alpha-linolénique (ALA).
En 2018, deux publications scientifiques ont rendu plus complexe l’analyse de l’efficacité des acides gras oméga-3 sur la prévention cardiovasculaire :
  • une analyse croisée de 79 études cliniques randomisées contre placebo (112 000 patients) n’a trouvé aucun bénéfice d’une supplémentation en DHA et EPA en terme de prévention cardiovasculaire, ni chez les patients en bonne santé, ni chez les patients ayant eu un accident cardiovasculaire. Cette même analyse croisée indique que la supplémentation en oméga-3 végétaux (ALA) montre une faible, mais significative, réduction du risque de décès suite à un infarctus, d’accident cardiovasculaire en général et de troubles du rythme cardiaque.
  • la même année, une autre étude, REDUCE-IT, menée sur plus de 8 000 patients traités par des statines (contre l’excès de cholestérol) et présentant un risque aggravé d’accident cardiovasculaire (excès de triglycérides, antécédents personnels d’accident cardiovasculaire ou diabète), a montré que 4 grammes d’EPA par jour pendant 5 ans semble significativement réduire de 25 % le risque d’accident cardiovasculaire majeur chez ces patients particuliers.
En conclusion, les oméga-3 pourraient apporter un bénéfice aux patients à risque cardiovasculaire aggravé.
 
Sources
Les conclusions de l’EFSA
L’analyse croisée des 79 études cliniques, 2018
L’étude REDUCE-IT, 2018