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Il y a 5 jours
Le curcuma (turméric) est-il efficace contre l’arthrose ?
Les études sérieuses manquent pour confirmer cette efficacité.
 
Le curcuma (également appelé turméric) est une plante de la famille du gingembre qui a longtemps été utilisé comme un conservateur alimentaire naturel. La poudre de curcuma est l’ingrédient principal du curry et lui confère son intense couleur jaune. Au cours de recherches récentes, la poudre de rhizome de curcuma a été proposée comme anti-inflammatoire dans des maladies inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde et l'arthrose.
Le rhizome de curcuma contient un ensemble de substances, les curcuminoïdes, dont la curcumine est la plus abondante. Chimiquement, ces substances possèdent des propriétés anti-inflammatoires. Néanmoins, du fait d’une absorption intestinale faible, des concentrations sanguines de curcumine de l’ordre de celles utilisées dans les études ne peuvent pas être obtenues par voie orale (la curcumine y était administrée en perfusion).
Des études ont montré qu’une substance issue du poivre, la pipérine, augmente significativement l’absorption de la curcumine par l’intestin. Mais elle agit en augmentant la perméabilité globale de la paroi de l’intestin ce qui peut être source de problèmes de santé. Plus récemment, de nouvelles formes de curcuma sont apparues, en théorie plus absorbables par l’intestin (nanoparticules, phospholipides). Mais les données cliniques manquent sur leur efficacité et leur éventuelle toxicité.
En 2016, une analyse croisée d’études existantes sur arthrose et curcumine a conclu qu’il existe des signes encourageants concernant l’effet d’un gramme de curcumine par jour en cas d’arthrose. Néanmoins, les études analysées concernaient de petits nombres de patients et ces signes favorables restent à confirmer par une étude plus vaste.
En l’absence d’études convaincantes, les autorités de santé européennes ont, en 2018, estimé que les produits contenant de la curcumine « ne peuvent pas prétendre contribuer au fonctionnement normal des articulations ». Cette revendication d’effet est désormais interdite pour les compléments alimentaires contenant de la curcumine.
Le curcuma est l’exemple typique de la faiblesse des études sur l’efficacité des substances d’origine naturelle. Plus de 120 études cliniques ont fait l’objet de publications scientifiques, mais aucune n’était suffisamment puissante pour en tirer des conclusions définitives. Néanmoins, les articles scientifiques dithyrambiques ne manquent pas, souvent à l’initiative d’entreprises qui commercialisent le curcuma. Il reste à espérer que les nouvelles formes de curcumine (par exemple, les nanoparticules) permettront aux entreprises qui les produisent d’investir les fonds nécessaires à de vastes études méthodologiquement irréprochables.
 
Sources
La monographie sur le curcuma de l’Agence européenne du médicament, 2017 
L’analyse croisée des études portant sur arthrose et curcuma, 2016
Une étude comparant curcuma et ibuprofène dans le traitement de l’arthrose du genou, 2014
Il y a 6 jours
Est-il vrai qu’il ne faut jamais enlever le cérumen de ses oreilles et le laisser sortir naturellement ?
On peut en ôter l’excès avec un mouchoir en papier humidifié.
 
La peau du conduit auditif contient des glandes sécrétant une matière onctueuse et jaune, le cérumen ; celui-ci a pour fonction de piéger les particules étrangères et d’en débarrasser le conduit. Normalement, il s’élimine vers l’extérieur, emportant les petits morceaux de peau morte. Mais, parfois, il arrive qu’il s’accumule dans le conduit auditif et forme un bouchon. 
Le risque de bouchon augmente lorsque l’oreille accroît sa production de cérumen. Le travail en milieu poussiéreux, le port de bouchon d'oreilles ou de prothèses auditives et le nettoyage à l’aide d'un coton-tige, qui pousse le cérumen au fond du conduit, constituent des causes fréquentes de bouchons. De plus, certaines personnes produisent spontanément de grandes quantités de cérumen, d'autres ont un conduit auditif externe étroit ou coudé qui gêne l'élimination naturelle du cérumen.
Pour nettoyer les oreilles sans augmenter le risque de favoriser un bouchon de cérumen ou de blesser le conduit, mieux vaut prendre l’habitude de nettoyer l’orifice externe du conduit auditif sans avoir recours à des bâtonnets : il suffit de l’essuyer avec un mouchoir en papier humidifié placé autour du petit doigt. En règle générale, un nettoyage d'oreilles tous les 8 à 10 jours est suffisant, sans aller au-delà de la partie la plus externe du conduit.
Chez les personnes qui ont tendance à avoir des bouchons de cérumen, certains médecins ORL préconisent d’appliquer tous les jours un corps gras (par exemple, de l’huile d’amande douce) dans le conduit auditif, avec un coton-tige, mais en restant dans la partie la plus externe du conduit. En hydratant les cellules de la paroi du conduit, ce corps gras réduirait la production de fragments de peau morte et apaiserait la paroi du conduit.
Pour les personnes qui souffrent régulièrement de bouchons de cérumen, il est possible d’utiliser régulièrement une solution auriculaire en bain d’oreilles pendant une dizaine de minutes, suivi d’un lavage à l’aide d’une poire auriculaire contenant un peu d’eau tiède. Attention, il convient de ne pas utiliser ces solutions sans avis médical en cas de douleur à l’oreille, de port d’aérateurs transtympaniques (yoyo), de problèmes d’équilibre ou d’antécédents de chirurgie de l’oreille.
 
Sources
Traitement et prévention des bouchons de cérumen, Assurance maladie, 2019
Il y a 10 jours
Que penser des sérums d’épilation qui disent éliminer les poils à la racine ?
Similaires aux crèmes dépilatoires, ils exposent aux mêmes risques d’irritation de la peau.
 
Quel est le mode d’action des produits dépilatoires ? Dans tous les cas, il s’agit de dissoudre la kératine qui constitue les poils et les cheveux. Pour y parvenir, ces produits utilisent quasiment tous une même substance, l’acide thioglycolique ou thioglycolate de sodium, parfois accompagnée d’urée et, pour maintenir un pH basique, d’hydroxyde de sodium (plus connu sous le nom de… soude caustique). L’acide thioglycolique et l’urée font « fondre » la kératine qui peut ensuite être éliminée au rinçage.
 
Mais les poils et les cheveux ne sont pas les seuls à être constitués de kératine. C’est aussi le cas des couches supérieures de la peau. Pour cette raison, les produits dépilatoires doivent être rapidement rincés, au risque de provoquer des rougeurs, des irritations, voire des vésicules de peau décollée (comme une ampoule) qui témoignent d’une brûlure chimique.
La plupart des sérums d’épilation ne sont pas différents des crèmes dépilatoires. Comme ces dernières, ils dissolvent la kératine, y compris dans la partie supérieure du bulbe pileux (un peu sous le niveau de la peau, ce que le rasage ne fait pas). Mais ils n’éliminent pas le poil complètement et assurent une épilation qui n’est pas définitive.
 
Récemment, on a vu apparaître des sérums d’épilation (parfois dits « d’origine naturelle ») sans acide thioglycolique ni urée. Dans ces sérums, le pouvoir dépilatoire est seulement assuré par la soude caustique (hydroxyde de sodium). Pour parvenir à une épilation efficace par la soude, il est nécessaire que sa concentration soit suffisante dans le produit. Ce qui expose aux effets indésirables de la soude caustique, bien connus des dermatologues : irritation, rougeurs, voire brûlures.
 
Pour rappel, la soude caustique est un élément essentiel de la fabrication des savons. Ces savons résultent de l’action de la soude sur un corps gras (huile végétale, voire gras animal). Dans la méthode dite « de saponification à froid », lorsque la soude est trop dosée par rapport au corps gras, il reste de la soude active dans le savon et celui-ci provoque alors des démangeaisons, des irritations et des rougeurs. Pour éviter ce défaut, les fabricants surdosent leurs savons « à froid » en corps gras (5 % de plus que ce qui est théoriquement nécessaire pour neutraliser la soude). Même pour un savon, qui reste peu de temps sur la peau, la présence de soude peut être irritante. Il en de même pour les produits dépilatoires qui en contiennent.
 
Sources
Sur l’acide thioglycolique (thioglycolate, acétomercaptan)
Sur l’hydroxyde de sodium (soude caustique)
Sur l’utilisation de la soude dans la fabrication des savons
Il y a 20 jours
Les solutions micellaires pour le visage sont-elles moins irritantes qu'un savon en cas de peaux sensibles ?
Cela ne semble pas être le cas, car elles contiennent des détergents.
 
Les solutions micellaires (ou « eaux micellaires ») sont des solutions qui contiennent de petites particules solubles dans l’eau et capables de pièger les matières grasses. Ces particules sont appelées « micelles ». Elles se composent de détergents (des « tensioactifs »), du même type que ceux utilisés dans des savons liquides (voire dans certains détergents de ménage), en particulier le PPG-1 PEG-9 lauryl glycol éther (PPG : polypropylène glycol, PEG : polyéthylène glycol). D’autres détergents peuvent également être présents, par exemple le sodium lauryl sulfate. Ce dernier est connu depuis longtemps pour irriter la peau, il est même utilisé comme substance irritante standard dans des tests de produits protecteurs.
De plus, des dermatologues mettent en garde contre certaines des substances utilisées comme stabilisateurs et conservateurs dans les eaux micellaires, en particulier l’EDTA (interdit dans certains pays) ou le cetrimonium chloride.
Les eaux micellaires sont-elles moins irritantes ? Rien ne le prouve et leur mode d’utilisation (sans rinçage) laisse persister des résidus de détergents sur la peau. Les dermatologues conseillent de rincer le visage après son usage, comme après tout détergent.
Il est à noter que, sur les forums de consommateurs, les personnes qui ont une peau sensible se plaignent, après usage d’eaux micellaires, de picotements, de tiraillements, d’une impression de dessèchement ou encore de rougeurs.
 
Sources
Sur le pouvoir irritant du sodium lauryl sulfate
Un comparatif publié par la revue 60 millions de consommateurs, 2016
Un comparatif publié par la revue Que Choisir, 2021
Il y a 27 jours
Le zinc stimule-t-il l’immunité ?
Oui, en particulier chez les personnes carencées.

Le zinc est un métal indispensable à l’action de centaines d’enzymes dans l’organisme. Il est, entre autres, nécessaire à la croissance, à la vision, à la maturation sexuelle, au fonctionnement du système immunitaire ainsi qu’au renouvellement des os, de la peau et des cheveux.
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant du zinc. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre, entre autres, « contribuer au fonctionnement normal du système immunitaire » si et seulement si ces produits contiennent au moins 1,5 mg de zinc pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion.
Selon la littérature scientifique, le zinc a un effet stimulant sur l’immunité, mais essentiellement chez les personnes carencées, c’est-à-dire les personnes souffrant de maladies intestinales chroniques, de maladies du rein, de malnutrition, d’alcoolodépendance, ou les personnes très âgées. Par exemple, un apport en zinc, en vitamines C et E et en bêta-carotène est utilisé pour traiter les troubles de la rétine liés à l'âge (DMLA).
Cependant, attention ! Prendre des compléments de zinc sur une longue période expose à une baisse de l’immunité et à une carence en cuivre. La dose quotidienne maximale à ne pas dépasser est de 40 mg pour un adulte.
La dose quotidienne de zinc recommandée est de 11 mg pour les hommes et les femmes enceintes, et de 8 mg pour les femmes, y compris celui contenu dans les aliments. Le zinc se trouve en quantité intéressante dans les huîtres, le germe de blé, le foie, les viandes, les crustacés et les graines de sésame.
De plus, pour être actifs, les compléments de zinc doivent être ingérés au moins deux heures avant ou après les compléments alimentaires contenant du fer, les antibiotiques de la famille des cyclines et des quinolones, les traitements contre l'ostéoporose, et les médicaments destinés à neutraliser l'acidité de l'estomac. Attention, les aliments contenant de la caféine diminuent également l'absorption du zinc par l'intestin.
En conclusion, un apport en zinc peut être envisagé pour renforcer l’immunité chez les personnes très âgées, souvent exposées à un risque de carence due à une mauvaise absorption intestinale, ainsi que chez les personnes dénutries et celles qui souffrent de dépendance à l'alcool.
 
Sources 
Le rapport de l’EFSA sur les allégations santé
Un article de synthèse sur le zinc et l’immunité contre les virus, 2019