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Il y a 5 jours
Le coronavirus de la Covid-19 affecte-t-il le cœur ?
Oui, parfois, ainsi que les vaisseaux sanguins.
 
Il peut paraître étonnant qu’un virus dit « respiratoire » comme celui de la Covid-19 puisse affecter le cœur. Pourtant, chez les personnes qui font une forme symptomatique de l’infection, il n’est pas rare d’observer des symptômes non seulement cardiaques (inflammation du muscle ou de l’enveloppe du cœur, chez un quart des patients hospitalisés) mais aussi vasculaires (inflammation des vaisseaux sanguins, qui font partie du même système que le cœur).
Ces symptômes peuvent s’expliquer par la présence, sur certaines cellules du cœur et de la paroi des vaisseaux sanguins, de récepteurs (les « récepteurs ACE2 ») sur lesquels la protéine Spike (S) du coronavirus peut se fixer. Cette fixation déclenche la production de substances capables de créer une réaction inflammatoire locale. Cette réaction locale augmente le risque de développer un caillot de sang là où les vaisseaux sont enflammés, ce qui peut aggraver la Covid-19.
L’inflammation des petits vaisseaux sanguins (la « vascularite ») est très probablement à l’origine de très nombreux symptômes non-respiratoires chez les personnes qui font une forme sévère de Covid-19. Certains experts suspectent que cette inflammation peut devenir chronique et être en partie responsable de ce qu’on nomme désormais « Covid long ».
Le coronavirus peut également infecter des cellules qui sont autour des vaisseaux sanguins (les « péricytes ») qui jouent un rôle dans l’adaptation des vaisseaux sanguins aux besoins en oxygène locaux, mais aussi dans la réponse immunitaire à un agresseur infectieux.
Il reste encore beaucoup à découvrir sur les effets du coronavirus de la Covid-19 hors de l’appareil respiratoire. Avec les découvertes qui s’accumulent, il semble que de nombreux symptômes de ce type (dans le cerveau, les intestins, les reins par exemple) sont liés aux effets du virus sur les cellules des vaisseaux sanguins de ces organes et sur leur fonctionnement.
 
Sources
Covid-19 et atteintes myocardiques, Revue médicale suisse, 2021
« Le muscle cardiaque à l’épreuve de la Covid-19 », Vidal, 2020
« Covid-19 est aussi une maladie inflammatoire vasculaire », Le Monde, 2020
Il y a 8 jours
Quel est le risque d’inflammation du cœur après une vaccination contre la Covid-19 ?
Il existe essentiellement pour les garçons de moins de 25 ans et reste très rare.
 
Après 5,3 milliards d’injections de vaccins contre la Covid-19 dans le monde, on commence à avoir une vision globale et quantifiée des effets indésirables de ces vaccins. Concernant les vaccins à ARNm, la vaccination des adolescents et des jeunes adultes a révélé des effets indésirables cardiaques qui n’avaient été observés que de manière exceptionnelle chez les personnes plus âgées.
Ces effets indésirables consistent en une inflammation transitoire du muscle cardiaque (une « myocardite ») ou de la membrane qui entoure le cœur (une « péricardite »). Ils sont observés dans les jours qui suivent l’injection de vaccins à ARNm. Ils sont essentiellement observés chez les jeunes hommes (entre 12 et 25 ans) après la deuxième injection. Ils se résolvent spontanément avec du repos. Les symptômes sont une douleur dans la poitrine, un souffle court et des sensations de palpitations. Aucun décès n’a été signalé, contrairement à de nombreuses rumeurs. 
En juillet 2021, le Comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament a fait le point sur ces effets indésirables. Sur 177 millions de doses de vaccin Comirnaty (Pfizer) injectées en Europe, 145 cas de myocardite et 138 cas de péricardite ont été signalés fin juin. Sur 20 millions de doses de Spikevax (Moderna) injectées, 19 cas de myocardites et 19 cas de péricardites ont été signalés. Il s’agit donc d’événements exceptionnels.
Aux États-Unis, dans une étude sur 8,9 millions d’adolescents de 12 à 17 ans, les myocardites n’ont représenté que 4,3 % de tous les effets indésirables rapportés, soit environ 400 cas.
En Israël, un suivi de 885 000 personnes vaccinées avec Comirnaty a montré que les myocardites touchent en moyenne 2,7 personnes sur 100 000 vaccinées. Dans la même étude, les chercheurs ont identifié que, pendant un épisode de Covid-19, le nombre de personnes souffrant de myocardite est de 11 personnes sur 100 000 personnes malades. On voit donc que le risque de développer une myocardite lors d’une Covid-19 est 4 fois plus élevé qu’à la suite d’une vaccination par Comirnaty. Au vu de ces données, les autorités sanitaires américaines et européennes ont renouvelé leurs recommandations de vacciner les 12-25 ans contre la Covid-19.
 
Sources
Les données de l’Agence européenne du médicament, juillet 2021 
Les données américaines, juillet 2021
Les données israéliennes, août 2021
Il y a 9 jours
Que penser des sérums d’épilation qui disent éliminer les poils à la racine ?
Similaires aux crèmes dépilatoires, ils exposent aux mêmes risques d’irritation de la peau.
 
Quel est le mode d’action des produits dépilatoires ? Dans tous les cas, il s’agit de dissoudre la kératine qui constitue les poils et les cheveux. Pour y parvenir, ces produits utilisent quasiment tous une même substance, l’acide thioglycolique ou thioglycolate de sodium, parfois accompagnée d’urée et, pour maintenir un pH basique, d’hydroxyde de sodium (plus connu sous le nom de… soude caustique). L’acide thioglycolique et l’urée font « fondre » la kératine qui peut ensuite être éliminée au rinçage.
 
Mais les poils et les cheveux ne sont pas les seuls à être constitués de kératine. C’est aussi le cas des couches supérieures de la peau. Pour cette raison, les produits dépilatoires doivent être rapidement rincés, au risque de provoquer des rougeurs, des irritations, voire des vésicules de peau décollée (comme une ampoule) qui témoignent d’une brûlure chimique.
La plupart des sérums d’épilation ne sont pas différents des crèmes dépilatoires. Comme ces dernières, ils dissolvent la kératine, y compris dans la partie supérieure du bulbe pileux (un peu sous le niveau de la peau, ce que le rasage ne fait pas). Mais ils n’éliminent pas le poil complètement et assurent une épilation qui n’est pas définitive.
 
Récemment, on a vu apparaître des sérums d’épilation (parfois dits « d’origine naturelle ») sans acide thioglycolique ni urée. Dans ces sérums, le pouvoir dépilatoire est seulement assuré par la soude caustique (hydroxyde de sodium). Pour parvenir à une épilation efficace par la soude, il est nécessaire que sa concentration soit suffisante dans le produit. Ce qui expose aux effets indésirables de la soude caustique, bien connus des dermatologues : irritation, rougeurs, voire brûlures.
 
Pour rappel, la soude caustique est un élément essentiel de la fabrication des savons. Ces savons résultent de l’action de la soude sur un corps gras (huile végétale, voire gras animal). Dans la méthode dite « de saponification à froid », lorsque la soude est trop dosée par rapport au corps gras, il reste de la soude active dans le savon et celui-ci provoque alors des démangeaisons, des irritations et des rougeurs. Pour éviter ce défaut, les fabricants surdosent leurs savons « à froid » en corps gras (5 % de plus que ce qui est théoriquement nécessaire pour neutraliser la soude). Même pour un savon, qui reste peu de temps sur la peau, la présence de soude peut être irritante. Il en de même pour les produits dépilatoires qui en contiennent.
 
Sources
Sur l’acide thioglycolique (thioglycolate, acétomercaptan)
Sur l’hydroxyde de sodium (soude caustique)
Sur l’utilisation de la soude dans la fabrication des savons
Il y a 9 jours
L’ivermectine pourrait-elle être un traitement de la Covid-19 ?
On n’en sait encore rien, les données sont contradictoires.
 
L’ivermectine est un médicament qui est utilisé depuis des années contre les parasites de l’homme (en particulier la gale) et des animaux. Lors de tentatives d’identification de substances pouvant bloquer la multiplication du coronavirus de la Covid-19 dans le tube à essai, l’ivermectine a montré un intérêt potentiel. Comme il s’agit d’une substance largement utilisée et dont on connaît bien la toxicité éventuelle, elle a naturellement fait l’objet de petites études préliminaires chez l’animal et chez l’homme, dans le but de confirmer ou non son effet.
À ce jour, début août 2021, il n’existe pas de consensus scientifique sur l’intérêt de l’ivermectine dans le traitement de la Covid-19. Certaines études chez les animaux ont été positives (par exemple, une étude d’une équipe de l’Institut Pasteur sur les hamsters dorés), d’autres ont été négatives. Chez l’homme, les études cliniques ont été menées sur des effectifs trop petits pour pouvoir se prononcer clairement. D’autres études sont en cours : la base de données internationale des essais cliniques ClinicalTrials.gov liste 75 études cliniques sur les effets de l’ivermectine dans le traitement de la Covid-19.
Fin mars 2021, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un communiqué déconseillant la prescription d’ivermectine hors des essais cliniques, par manque de preuves. Un groupe de travail de l’OMS « a examiné les données regroupées de 16 essais contrôlés randomisés portant au total sur 2 407 patients ambulatoires ou hospitalisés atteints de COVID-19. Il a conclu que les données selon lesquelles l’ivermectine permettrait de réduire la mortalité, la nécessité d’un recours à la ventilation mécanique, la nécessité d’une hospitalisation et la durée avant une amélioration clinique chez les patients COVID-19 étaient « très peu fiables », en raison de la petite taille des essais et des limites méthodologiques des données d’essai disponibles, notamment du faible nombre d’effets indésirables. »
Fin juillet, la Cochrane Library, une référence dans le monde de l’analyse des essais cliniques, a publié une analyse croisée des études cliniques disponibles. Cette analyse n’a pas permis de confirmer ou d’infirmer les effets de l'ivermectine sur le nombre de décès, sur l’aggravation ou l’amélioration de l'état des patients et sur les effets indésirables, par rapport au placebo ou aux soins habituels. La Cochrane Library soutient les recommandations de l’OMS sur un usage limité aux essais cliniques.
Dans les semaines qui viennent, nous devrions avoir les résultats de l’essai Solidarity, un essai en vie réelle et à grande échelle.
Pour finir, il est à noter que, dans l’étude de l’Institut Pasteur sur les hamsters dorés, l’ivermectine ne semblait pas agir contre le virus (pas de diminution de la charge virale) mais en régulant le système immunitaire (pour éviter les complications inflammatoires). Il reste donc encore des choses à découvrir sur le mode d’action de l’ivermectine, en général.
 
Sources
L’étude de l’Institut Pasteur sur les hamsters dorés, 12 juillet 2021
Le communiqué de l’OMS, 31 mars 2021
L’analyse croisée de la Cochrane Library, 28 juillet 2021
Les essais en cours sur l’ivermectine dans la Covid-19
Il y a 10 jours
Pourquoi les vaccins provoquent-ils des effets indésirables ?
Parce que le système immunitaire réagit comme lors d’une infection, en moins intense.
 
Le principe des vaccins est de permettre au système immunitaire de monter une réponse spécifique et durable contre un virus ou une bactérie responsable de maladie. Ils n’ont pas pour fonction de stimuler l’immunité en général mais d’apprendre au corps à reconnaître et à se défendre contre un agresseur infectieux particulier, dans la durée.

Après l’injection d’un fragment de cet agresseur, le système immunitaire réagit comme s’il s’agissait d’une infection. En particulier, il déclenche les mécanismes de défense habituels que sont la fièvre et la production d’interférons et de diverses substances inflammatoires. Il est donc normal et prévisible qu’une injection de vaccin produise ces symptômes (mais avec une intensité moindre et une durée plus brève que lors d’une infection). Ce sont les « symptômes pseudo-grippaux » et les réactions au point d’injection (rougeur, douleur).

Ces effets indésirables, transitoires, varient selon le vaccin (composant actif et adjuvant), la sensibilité de chacun, le fait qu’il s’agisse ou non d’un rappel, etc. Ils disparaissent en 24 à 48 heures, parfois plus pour certains vaccins (par exemple celui contre la fièvre jaune).

Exceptionnellement, il arrive que des effets indésirables moins « génériques » surviennent. C’est par exemple le cas des inflammations du muscle et de l’enveloppe cardiaque (myocardite et péricardite) chez les jeunes hommes vaccinés par un vaccin à ARNm contre la Covid-19. Ou d’une affection appelée « syndrome de Guillain-Barré » (où le système immunitaire se retourne contre les nerfs de la personne vaccinée) pour plusieurs vaccins. Pourquoi observe-t-on ces effets indésirables particuliers ?
En fait, la plupart d’entre eux sont également observés lors de l’infection naturelle par le virus ou la bactérie contre lequel le vaccin est censé protéger. La myocardite/péricardite est observée lors de Covid-19 chez de nombreux jeunes hommes (4 fois plus fréquemment qu’après la vaccination), le syndrome de Guillain-Barré est observé après toutes sortes d’infections virales, même les plus banales. Lors de vaccination, le système immunitaire réagit comme face à la maladie et, dans de très rares cas, il peut se retourner contre certains organes (le cœur ou les nerfs dans les exemples choisis) de la même manière qu’il le ferait face à l’infection naturelle. Ces effets indésirables exceptionnels disparaissent rapidement car la réaction immunitaire s’apaise plus rapidement après une vaccination qu’après une infection.

Parfois, il est difficile de comprendre l’origine d’un effet indésirable exceptionnel. C’est le cas des thromboses observées avec le vaccin AstraZeneca chez les moins de 55 ans. De nombreuses hypothèses ont été formulées, mais aucune n’a encore été formellement démontrée.
 
Sources
Effets indésirables et sécurité des vaccins, Vaccination Info Services
Vaccins : Effets indésirables et réactions secondaires - Distinguer le vrai du faux, InfoVac-France
Les effets indésirables des vaccins contre la COVID-19, Organisation mondiale de la santé.