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les questions et les décodages

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Il y a 1 jour
Quand les personnes de 65 à 74 ans pourront-elles être vaccinées contre la Covid-19 ?
Probablement à partir de début avril 2021.
 
Fin février 2021, à l’exception des professionnels de santé, des personnes à risque très élevé de formes sévères, des travailleurs migrants ou des personnes handicapées vivant en foyers ou établissements, les personnes âgées de 65 à 74 ans sont, de fait, exclues de la campagne de vaccination contre la Covid-19 : trop jeunes pour être éligibles aux vaccins à ARN, trop âgées pour être éligibles au vaccin AstraZeneca. Pourtant, les personnes de cet âge, et en particulier celles souffrant de maladies augmentant le risque de formes sévères de Covid-19, présentent un risque plus élevé d’hospitalisation en cas d’infection. Quand peuvent-elles espérer être vaccinées ?
Même s’il est impossible de répondre précisément à cette question, quelques éléments permettent d’entrevoir le moment où ces personnes pourront être vaccinées.

Tout d’abord, sur les 3 vaccins déjà commercialisés, deux informations. Concernant les vaccins à ARN, les capacités de production, en particulier celles du vaccin Moderna, vont considérablement augmenter en mars 2021 avec la mise en route de plusieurs unités de production en Europe. De plus, les résultats d’une grande étude clinique américaine portant sur le vaccin AstraZeneca devraient être rendus publics en mars : cette étude a enrôlé de nombreuses personnes de plus de 65 ans, donc nous devrions enfin avoir des données fiables sur l’efficacité de ce vaccin dans cette population. Il est donc possible que l’usage de ces 3 vaccins soit étendu aux moins de 75 ans début avril.

De plus, début mars, les autorités sanitaires vont examiner les données du vaccin Janssen / Johnson & Johnson (vaccin administré en une seule injection), données qui semblent prometteuses, au moins dans les pays où ne sévissent pas les variants sud-africain et brésilien. Ce vaccin sera vraisemblablement commercialisé mi-mars et donc disponible début avril en France.
Il est donc probable que les quantités de vaccins disponibles et pouvant raisonnablement être utilisés chez les 65-74 ans augmentent fortement début avril 2021. Si c’est le cas, leur vaccination deviendra possible, d’abord chez celles et ceux présentant des facteurs de risque autre que l’âge (diabète, maladie respiratoire chronique, obésité, etc.), puis chez toutes les personnes de cette classe d’âge.

Edit du 2 mars 2021 : Le gouvernement a annoncé ce jour que le vaccin AstraZeneca peut désormais être proposé aux personnes âgées de 65 à 74 ans et présentant un ou plusieurs facteurs de risque pour les formes sévères de Covid-19 (les « comorbidités »). Cette décision fait suite à une recommandation de la Haute autorité de santé corrigeant sa recommandation précédente concernant ce vaccin. Désormais, parmi les personnes âgées de 65 à 74 ans, seules celles sans facteur de risque sont en attente d’un vaccin. 

Sources
Les données du vaccin Janssen présentées à la FDA, 24 février 2021
L’étude américaine portant sur le vaccin AstraZeneca
Il y a 2 jours
Les gels douche dits « sans savon » sont-ils adaptés aux peaux sensibles ?
Pour répondre à votre question, nous vous conseillons la lecture d’un article publié par deux chercheurs en cosmétologie sur le site The Conversation. Il fait le point sur cette affaire de « savon sans savon » ou « syndet », des agents chimiques issus du pétrole qui permettent de contrôler le pH (l’acidité) du produit de lavage, et donc de l’adapter aux peaux sensibles, intolérantes ou atopiques.
 
Sources 
Couteau C et Coiffard L. Les mystères du savon sans savon. The Conversation, 2016
Il y a 2 jours
Mâcher un chewing-gum peut-il faciliter la digestion ?
Il se pourrait que oui.
 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le fait de mâcher un chewing-gum semble avoir un effet stimulant sur le fonctionnement du tube digestif.

Les études scientifiques disponibles sur ce sujet ont été réalisées dans un contexte particulier. En effet, à la suite d’une intervention chirurgicale sur l’intestin, il arrive que l’on observe des difficultés, pour l’intestin, à reprendre son activité (sa « motricité »). Il se produit une sorte de paralysie temporaire de l’intestin (appelée « iléus »). Pour retrouver une motricité intestinale normale, les chirurgiens digestifs proposent depuis longtemps à leurs patients de mâcher du chewing-gum dans les heures qui suivent leur réveil de l’anesthésie.

L’idée derrière cette pratique est que, par voie réflexe, les mouvements de mastication (habituellement associés à la prise de nourriture) déclenchent des contractions des fibres musculaires qui se trouvent tout au long du tube digestif, de la même manière que le début du repas déclenche les mouvements digestifs indispensables à la digestion.
Diverses études contrôlées ont été menées sur cette pratique, études qui semblent confirmer les bénéfices qu’il y a à mâcher du chewing-gum après une intervention chirurgicale sur les intestins.

Par extension, il se pourrait que mâcher un chewing-gum après un repas puisse contribuer à la digestion, en tout cas stimuler les mouvements du tube digestif pendant celle-ci (mais sans effet sur la dimension « chimique » de la digestion). Néanmoins, aucune étude scientifique ne s’est formellement penchée sur le sujet.
 
Sources
Une analyse croisée des études portant sur les effets de la mastication de chewing-gum après une chirurgie de l’intestin, 2017.
Il y a 13 jours
Est-il vrai qu’il existe une flore pulmonaire comme il existe une flore intestinale ?
Absolument.
 
Même si les scientifiques le suspectaient depuis longtemps, ce n’est que depuis 2008 que l’on sait avec certitude qu’il existe un microbiote (une « flore ») pulmonaire comme il existe un microbiote intestinal, bucco-dentaire, vaginal ou cutané.

Ce microbiote particulier s’installe au cours des deux premiers mois suivant la naissance et, comme pour le microbiote intestinal, sa toute première composition varie selon si le nouveau-né est né à terme ou prématuré, par les voies naturelles ou par césarienne. Les micro-organismes qui vont former le microbiote pulmonaire proviennent de la bouche, de l’air inhalé et du microbiote intestinal. Environ deux mois après la naissance, ce microbiote est stabilisé et change peu au cours de la vie.

La composition de ce microbiote varie selon la localisation dans l’appareil respiratoire (bronches, bronchioles ou alvéoles pulmonaires). Il contient essentiellement des bactéries (Neisseria, Streptococcus, Prevotella, Veillonella, Fusobacterium, etc.) mais aussi des bactériophages (des virus qui s’attaquent aux bactéries) et des champignons microscopiques (Aspergillus, Saccharomyces, etc.).
La densité en micro-organismes du microbiote pulmonaire est bien moindre que celle présente dans les intestins, mais leur biodiversité est tout aussi importante, voire plus selon certains scientifiques.

Le rôle de ce microbiote pulmonaire est très similaire à celui des autres microbiotes que nous hébergeons : contribution à l’architecture pulmonaire (il semble favoriser la formation d’alvéoles pulmonaires plus petites et plus nombreuses), barrière protectrice contre les infections respiratoires, éducation et maintien des défenses immunitaires dans les bronches et les poumons.

Les équipes scientifiques commencent tout juste à explorer les déséquilibres de la flore pulmonaire dans les maladies respiratoires chroniques comme la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), l’asthme ou la mucoviscidose. Comprendre ces déséquilibres pourrait ouvrir la porte à des traitements à base de probiotiques (des micro-organismes similaires à ceux de la flore) en complément des traitements classiques.

Par ailleurs, une rumeur a couru, au printemps 2020, sur le rôle présumé d’une famille de bactéries présente au sein de tous nos microbiotes, les Prevotella, dans l’apparition des symptômes liés à la Covid-19. Cette rumeur était sans fondement et aucune étude n’a mis en évidence un rôle significatif des Prevotella dans la Covid-19, ni comme cause, ni comme facteur favorisant la sévérité de la maladie.
 
Sources
Un article très complet sur ce que l’on sait de la flore pulmonaire par la Société française de microbiologie, 2020
Un article des Décodeurs du quotidien Le Monde sur la rumeur des Prevotella, 24 avril 2020
Il y a 20 jours
Doit-on porter deux masques superposés comme le recommandent les Américains ?
À condition de respecter certaines règles, cela semble mieux protéger qu’un seul masque chirurgical ou en tissu.
 
Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains viennent d’annoncer de nouvelles recommandations concernant le port de masque pour prévenir les cas de COVID-19. Selon les CDC, mieux vaut porter un masque bien ajusté, voire deux masques à la fois, mais en respectant certains principes.

Ces nouvelles recommandations trouvent leur origine dans des études faites sur des « mannequins tousseurs ». Selon ces études, lorsque un masque chirurgical (jetable) est porté par un « tousseur », seulement 42 % des gouttelettes de toux sont bloquées. En combinant le masque jetable avec un masque en tissu par-dessus, 92,5 % des particules expulsées par la toux sont bloquées.

De plus, en mesurant le nombre de gouttelettes déposées sur un mannequin disposé en face d’un « tousseur » non masqué, ces études ont montré que la combinaison des deux masques réduit de 83 % la quantité de gouttelettes auxquelles s’expose le mannequin masqué (comparé au port d’un simple masque chirurgical). Cette réduction était de 96,4 % si les deux mannequins étaient équipés de doubles masques. Ainsi, l'association d'un masque en tissu sur un masque chirurgical réduit considérablement la propagation du virus à d'autres personnes, mais aussi l'exposition au virus lorsqu’on est en présence d’une personne infectée.

À la suite de ces études, et dans le contexte actuel de variants du coronavirus plus transmissibles, les CDC recommandent :
  • soit de porter un masque FFP2 (très jointif) ;
  • soit de porter une combinaison d’un masque chirurgical jetable (avec une barrette métallique pour bien l’ajuster à l’arête du nez) sur lequel on place un masque en tissu pour améliorer l’étanchéité du dispositif. Dans ce cas, les CDC recommandent également de nouer les boucles du masque chirurgical à leur base (voir photo et vidéo dans les Sources) puis de replier et d'aplatir le pli sur les côtés pour améliorer un peu plus l’ajustement de ce masque.
  • soit de porter un masque en tissu composé de plusieurs couches de tissu superposées, de grande taille et bien ajusté au visage. La grande taille est particulièrement importante pour les hommes barbus (la barbe nuit à l’étanchéité).
Ces nouvelles recommandations confirment un principe qui était déjà suspecté : le pouvoir protecteur des masques tient tout autant à leur recouvrement et leur ajustement au visage qu’à leur matériau (même si celui est important à la fois pour la protection et le confort respiratoire).
Attention, les CDC déconseillent de superposer deux masques chirurgicaux jetables, ou de placer un masque en tissu sur un masque FFP2.

Sources
Les nouvelles recommandations des CDC, 10 février 2021
Une vidéo qui explique comment nouer les boucles d’un masque chirurgical
Masque resserré