Parce que les deux ne relèvent pas de la même forme d’immunité.

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Pour comprendre comment cela est possible, il est nécessaire de retourner aux bases de notre immunité. Nous avons en fait trois systèmes immunitaires (inné, humoral, cellulaire), dont deux (les deux derniers) sont capables de mémoriser l’exposition aux germes infectieux et sont donc stimulés par la vaccination. Les systèmes immunitaires humoral et cellulaire sont regroupés sous le nom d’« immunité adaptative ».
 
Le système immunitaire humoral repose sur les anticorps. Certains d’entre eux « emballent » le virus et l’empêchent de pénétrer dans les cellules, d’autres agissent pour stimuler et réguler le système immunitaire dans son ensemble.
L’action du système immunitaire cellulaire repose sur diverses cellules (lymphocytes, monocytes, macrophages, etc.). Parmi les lymphocytes, les B fabriquent les anticorps et gardent en mémoire l’identité du virus (entre autres). Les lymphocytes T agissent eux en « chef d’orchestre » de l’immunité (lymphocytes T4 ou CD4), en tueurs de cellules infectées par le virus (cellules Natural Killer) ou en activateurs de ces cellules tueuses (lymphocytes T8 ou CD8). Bien d’autres cellules immunitaires existent, avec des fonctions spécialisées.
 
La prévention des formes graves repose sur les anticorps mais, pour beaucoup, elle est due à l’action de l’immunité cellulaire. En effet, les cellules immunitaires sont capables d’éliminer les « usines à virus » que sont les cellules infectées, réduisant ainsi la quantité de virus dans le corps et évitant un effet « boule de neige ». Ces cellules jouent également un rôle dans la régulation de l’inflammation provoquée par l’infection (lorsqu’elle est excessive, cette inflammation est la cause des complications de la maladie). Après vaccination, l’immunité cellulaire obtenue est plus durable que l’immunité humorale, et elle est moins sensible à la différence entre variants.
 
La prévention de la transmission, mais aussi la prévention de l’infection sans symptômes, ou légère à modérée, repose sur la présence de taux d’anticorps suffisants dans le sang. Elle repose également pour beaucoup sur la présence d’anticorps au niveau des parois du nez, du pharynx et des bronches. S’ils sont excellents pour augmenter les taux sanguins d’anticorps, les vaccins injectables n’induisent que faiblement cette production locale d’anticorps. Pour cette raison, les chercheurs explorent actuellement la possibilité de compléter les vaccins injectables par des vaccins administrés directement dans le nez, plus efficaces pour déclencher cette immunité locale.
 
Sources
 
L’immunité vaccinale expliquée clairement, Ministère de la Santé du Québec
Une vidéo bien faite sur l’immunité adaptative, Réseau Canopé
Attention Cet article d'actualité rédigé par un auteur scientifique reflète l'état des connaissances sur le sujet traité à la date de sa publication. Il ne s'agit pas d'une page encyclopédique régulièrement remise à jour. L'évolution ultérieure des connaissances scientifiques peut le rendre en tout ou partie caduc.

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