Il est bien trop tôt pour l’affirmer.

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Récemment, le PDG du laboratoire Pfizer a indiqué que l’apparition du variant Omicron pourrait nécessiter une 4e injection de vaccin contre la Covid-19 pour maintenir leur efficacité. Sa déclaration est-elle scientifiquement justifiée à ce jour (début décembre 2021) ?
Pour l’instant, cette déclaration est tout à fait prématurée. En effet, nous ne savons rien, dans la vie réelle, d’une éventuelle résistance d’Omicron vis-à-vis de l’immunité acquise après une Covid-19 ou une vaccination complète. Ce que nous savons, c’est que, dans le tube à essai, le variant Omicron est moins sensible à la neutralisation par les anticorps que les autres variants, ce qui semble suggérer une possibilité accrue de se contaminer ou de transmettre Omicron en étant vacciné, mais ne dit rien sur une éventuelle diminution de la protection immunitaire contre les formes sévères et les hospitalisations en cas d’infection par Omicron.

Ces premiers tests dans le tube à essai montrent que les personnes qui ont des taux élevés d’anticorps auront probablement plus de chance d’être efficacement protégées contre une infection par Omicron : c’est en particulier le cas des personnes qui ont eu un épisode de Covid-19 + 2 injections de vaccin ou de celles qui ont eu 3 injections de vaccins (ces personnes ont des taux très élevés d’anticorps dans le sang). Il est peu probable que ces personnes nécessitent une 4e injection tant que leur taux d’anticorps restera élevé.
 
Ce qui nous amène à la seconde raison pour laquelle la déclaration du PDG de Pfizer est prématurée. À l’heure actuelle, nous ne savons pas combien de temps ces personnes conserveront des taux d’anticorps élevés. Lorsque les immunologistes essaient de prévoir cette durée, à partir de la vitesse de diminution des anticorps après deux injections de vaccin, ils estiment une durée d’efficacité de la 3e injection d’environ 12 mois avant que les taux d’anticorps ne passent au-dessous du seuil estimé efficace. L’apparition d’Omicron ne va pas modifier cette vitesse de diminution, mais probablement augmenter la valeur du seuil efficace (car il faut davantage d’anticorps pour neutraliser Omicron). Dans ce cas, un rappel (4e injection) serait nécessaire avant 12 mois. Mais pour l’instant, ce ne sont que des hypothèses.
 
En conclusion, et en attendant des données obtenues dans la vie réelle, il est déjà possible de dire que la protection contre Omicron passera très probablement par une vaccination complète (3 injections ou 2 injections après une infection). Ensuite, nous verrons. Un rappel annuel (comme pour la grippe saisonnière) pourrait suffire jusqu’à la fin de la pandémie.
 
Sources
 
Une première étude sur la sensibilité d’Omicron aux anticorps neutralisants
Sur la protection obtenue après 3 injections de vaccin Comirnaty
Attention Cet article d'actualité rédigé par un auteur scientifique reflète l'état des connaissances sur le sujet traité à la date de sa publication. Il ne s'agit pas d'une page encyclopédique régulièrement remise à jour. L'évolution ultérieure des connaissances scientifiques peut le rendre en tout ou partie caduc.

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