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les questions et les décodages

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Il y a 42 jours
En pratique, que faire si on a des symptômes de la COVID-19 ou si on est cas contact ?
Cela semble complexe, mais pas tant que ça.
 
Si vous avez des symptômes, vous serez pris.e en charge par votre médecin et vous ferez un test de dépistage dès que possible.
  • S’il est négatif, vous souffrez d’un autre virus respiratoire, probablement bénin.
  • S’il est positif, vous devrez vous isoler pendant 7 jours après le début de la maladie ou 2 jours après la fin de vos symptômes si ceux-ci persistent plus de 7 jours après le début de la maladie.
Ensuite, masque et gestes barrières sont bien sûr de rigueur.
Les choses sont un peu plus complexes pour les cas contacts, que ce soient les personnes avec qui vous vivez ou les personnes que vous avez côtoyées « de près », c’est-à-dire sans masque ou sans distanciation physique pendant les 5 jours précédant le début de vos symptômes.
 
Pour les personnes qui partagent votre domicile : elles devront s’isoler (avec vous) dès le début de vos symptômes.
  • Si votre test est négatif, tout va bien.
  • Si votre test est positif, elles devront 1) faire un test de dépistage dès que possible, 2) continuer à s’isoler tant que vous êtes malade et 7 jours après la fin de vos symptômes, 3) refaire un test 7 jours après la fin de vos symptômes. Entre les deux tests, elles continueront bien sûr à s’isoler avec vous. Cet isolement prend fin si le résultat du 2e test est négatif.
Si elles développent des symptômes entre les deux tests, elles continueront à s’isoler et feront un test dès que possible (sans attendre les 7 jours après la fin de vos symptômes).
 
Pour les personnes que vous avez côtoyées « de près » : elles devront également s’isoler dès que vous leur annoncerez votre suspicion de COVID-19.
  • Si votre test est négatif, tout va bien.
  • Si votre test est positif, elles feront elles-mêmes un test de dépistage 7 jours après leur dernier contact avec vous (pas avant !). En attendant le résultat de ce test, elles resteront isolées.
 
Et les personnes qui vivent avec les personnes que vous avez côtoyées ? Elles devront faire exactement comme les personnes que vous avez côtoyées. Si votre test est positif, elles feront un test 7 jours après le dernier contact que vous avez eu avec leur conjoint ou colocataire.
 
Sources
La fiche de l’Assurance maladie « Que faire si j’ai des symptômes évoquant la COVID-19 ? »
La fiche de l’Assurance maladie « J’ai été en contact à risque avec une personne malade du COVID-19 »
Il y a 44 jours
La patate douce est-elle un féculent ou un légume ?
Plutôt un féculent, mais sucré.

Comme la pomme de terre, la patate douce est un tubercule. Mais, comme son nom le signale, elle est plus sucrée que la pomme de terre.
Dans une pomme de terre, la quasi totalité des glucides est sous forme d’amidon, d’où sa classification en féculent. Dans une patate douce, l’amidon ne représente que la moitié des glucides, l’autre moitié étant composée de sucre (12g de glucides pour 100g de patate douce cuite au total, 15g de glucides pour 100g de pomme de terre).
À la différence des légumes, la patate douce (comme la pomme de terre) est relativement pauvre en fibres : 3g pour 100g de patate douce cuite (1,6g pour la pomme de terre). Elle n’est donc pas considérée comme un légume.
La patate douce pourrait être considéré comme une sorte de féculent riche en sucre. Habituellement, les féculents sont définis comme des aliments où la quasi totalité des glucides sont de l’amidon. Dans le cas de la patate douce, on a affaire à un féculent sucré.
Rappelons que les féculents sont essentiels à notre alimentation, en particulier lorsqu’ils sont complets (dans le cas des céréales). Le Programme national nutrition santé recommande d’en manger au moins une fois par jour et insiste sur le fait qu’ils ne font pas grossir.

Sources
Fiche « Patate douce cuite », Tables CIQUAL, Anses
Les féculents : au moins un féculent complet par jour car ils sont naturellement riches en fibres, Manger Bouger Programme national nutrition santé
Il y a 44 jours
Y a-t-il des risques à manger du poisson cru ?
Oui, mais ils peuvent être prévenus.

Comme tous les aliments frais, le poisson cru, s’il n’est pas soigneusement conservé au froid, sans épisodes de réchauffement, peut être à l’origine d’intoxications alimentaires. Mais concentrons-nous sur les risques propres au poisson cru ou faiblement préparé (marinades au citron, par exemple).
Les poissons hébergent fréquemment des parasites, en particulier des vers de la famille des Anisakidés (Anisakis ou Pseudoterranova, par exemple). Ces vers, lorsqu’ils sont ingérés vivants, provoquent rapidement des troubles digestifs, des maux de ventre et des réactions allergiques qui peuvent être graves et se compliquer en péritonite. En France, les cas d’infestation par ces vers sont rares (environ une dizaine par an). Au Japon, où la consommation de poisson cru est fréquente, il y aurait plusieurs milliers de cas chaque année.
De très nombreuses espèces de poissons hébergent ces vers : hareng, maquereau, morue/cabillaud, lotte, merlan et merlu, etc. Les seiches et les calamars peuvent aussi être infestés. Les poissons d’eau douce (perche, truite, omble chevalier, brochet, saumon, etc.) peuvent héberger un tænia (Diphyllobothrium). Mais les cas de contamination par ce dernier sont extrêmement rare.
Pour prévenir l’infestation par ces parasites, les professionnels de la pêche réfrigèrent et éviscèrent rapidement les poissons pêchés (pour que les vers ne migrent pas depuis les intestins). Ensuite, lors de la préparation et du conditionnement des poissons, un contrôle visuel est opéré (ces vers sont visibles à l’œil nu). Enfin, l’ensemble des produits issus de poisson et commercialisés pour être consommés crus doivent être congelés pendant un minimum de 24 heures à température inférieure ou égale à -20°C ou pendant un minimum de 15 heures à une température inférieure ou égale à -35°C, pour tuer les parasites. Pour cette raison, en France, les sushis et sashimis, par exemple, ne sont préparés qu’à partir de poisson congelé. Le poisson pêché soi-même et destiné à être consommé cru doit être entreposé dans un congélateur domestique pendant au moins 7 jours.
D’autres risques peuvent être liés à la consommation de poisson, cuit ou cru :
  • l’intoxication par des métaux lourds (méthylmercure) chez des espèces de poissons carnassiers (thon, espadon, par exemple) ou vivant dans des mers très polluées (par exemple, la mer Baltique). Pour cette raison, les autorités sanitaires recommandent de manger de poisson seulement 2 fois par semaine, en alternant les espèces.
  • sous les tropiques, la ciguatera est une intoxication par une toxine sécrétée par une algue et qui persiste dans la chair des poissons (en particulier, le barracuda).
Pour toutes ces raisons, il est déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux jeunes enfants et aux personnes âgées et fragiles de consommer du poisson cru afin d’éviter tout risque d’intoxication.
De plus, les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 30 mois doivent éviter les poissons les plus exposés au méthylmercure : requin, marlin, espadon, lamproie, siki. De plus, ils doivent limiter leur consommation de poissons susceptibles d'être fortement contaminés à 150 g par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 g par semaine pour les enfants de moins de 30 mois. Ces poissons sont la baudroie (lotte), le thon, le loup de l’Atlantique, les anguilles, l’empereur, le flétan de l’Atlantique, le mulet, le brochet, les dorades, le pageot, les raies, l’esturgeon, etc.
 
Sources
Le parasitisme des produits de la pêche, qu’est-ce que c’est ?, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 2018

Les recommandations officielles sur la consommation de poisson : Consommation de poissons et exposition au méthylmercure, Anses, 2016
Il y a 49 jours
Le microbiote intestinal est-il capable de réguler le taux de sucre dans le sang ?
Il semble effectivement y contribuer, en tout cas chez la souris.

Votre question fait référence a une étude parue fin août 2020 dans la revue scientifique Science.
Cette étude, menée chez la souris, suggère que des cellules nerveuses (neurones), situées dans la paroi de certaines régions de l’intestin (la partie terminale de l’intestin grêle et le côlon), peuvent directement influencer l’appétit et le taux de sucre dans le sang (glycémie). Ces neurones sont organisés en petites structures dans la paroi, les plexus d’Auerbach et ceux de Meissner. Ils sont également impliqués dans le contrôle des mouvements et des sécrétions de l’intestin.
Ces neurones ont la particularité d’être sensibles à la fois au volume et à la nature des aliments présents dans l’intestin, mais aussi à des messagers chimiques sécrétés par certaines des bactéries qui composent notre microbiote intestinal (la « flore intestinale »).
Dans l’étude récemment publiée, les auteurs ont montré que ces neurones sont effectivement sensibles au microbiote intestinal et qu’ils sont directement connectés au foie et au pancréas, ce qui pourrait expliquer leurs effets sur le taux de sucre dans le sang.
Rappelons que le taux de sucre dans le sang est également régulé par de nombreux autres facteurs dont deux hormones, l’insuline et le glucagon. La place de ces neurones dans le contrôle global de la glycémie reste à comprendre de manière fine.
Quelles conséquences pour la santé humaine ? Pour l’instant, aucune. Cette découverte reste d’ailleurs à confirmer chez l’homme. Elle constitue une brique supplémentaire dans notre compréhension des mécanismes complexes qui lient notre microbiote intestinal et notre métabolisme (c’est-à-dire la façon dont notre corps stocke ou utilise l’énergie apportée par les aliments).
 
Sources
L’étude récemment publiée dans la revue Science : Microbiota-modulated CART+ enteric neurons autonomously regulate blood glucose, Science, 2020
Il y a 49 jours
Les probiotiques Lactobacillus et Bifidobacterium sont-ils clés pour le système immunitaire ?
Les autorités sanitaires européennes pensent que ce n’est pas le cas.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui peuvent coloniser temporairement notre intestin. Sous ce terme, on regroupe des bactéries (bifidobactéries, lactobacilles, lactocoques, etc.) et des levures (saccharomycètes).
Pendant quelques années, les producteurs de produits laitiers ont commercialisés des yaourts dont ils vantaient les bénéfices pour le maintien de l’immunité, en particulier ceux contenant du bifidus (des bifidobactéries). Vous avez sûrement remarqué que ces produits, s’ils existent toujours, ne sont plus promus pour leurs éventuels bienfaits sur l’immunité. Que s’est-il passé ?
Pour qu’un produit alimentaire (aliment ou complément alimentaire) puisse se prévaloir de bénéfices en termes de santé (ce qu’on appelle les « allégations de santé »), il est nécessaire que ces bienfaits soient, au vu des connaissances scientifiques, reconnus comme raisonnables par l’Agence européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority, EFSA).
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant une très grande variété de probiotiques (de toutes espèces, dont les bifidobactéries et les lactobacilles).
Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que les produits qu’elles ont examiné ne peuvent ni prétendre contribuer au bon fonctionnement du système immunitaire et renforcer la résistance aux infections, ni réduire la sensibilité du système immunitaire aux allergènes, ni maintenir le bon état des défenses immunitaires de la peau (entre autres bienfaits proposés pour les probiotiques). Ces revendications d’effet sont désormais interdites. Il est remarquable de noter qu’aucune allégation de santé relative aux probiotiques déposée par les industriels auprès de l’EFSA n’a été reconnue comme valide.
La contribution des probiotiques au renforcement des défenses naturelles des nourrissons, reconnue par l’ancienne Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, désormais Anses), en particulier avec la souche Bifidobacterium lactis Bb12, n'a pas été validée par les autorités sanitaires européennes en 2012.
Donc, pour l’instant, on ne peut pas affirmer que ces probiotiques ont un bénéfice dans le maintien d’une immunité efficace.
 
Sources
La liste des allégations de santé interdites et autorisées par l’EFSA, : EU Register of nutrition and health claims made on foods, European commission, 2016