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les questions et les décodages

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Le 05/06/2020
Le coronavirus se transmet-il plus facilement en milieu sec ou humide ?
Plutôt dans les climats froids et secs.
 
Le coronavirus responsable de la Covid-19 peut être transmis sous une grande variété de climat (y compris dans des villes situées sur l’Équateur comme Singapour). Deux études ont cherché à corréler la transmission de la Covid-19 avec le climat, en s’appuyant sur la fréquence des cas de transmission localement.
La première, provenant de l’université d’Oxford, a observé que le nombre de cas de Covid-19 semble inversement proportionnel à la température moyenne, au taux d’humidité absolue et à la vitesse moyenne du vent (après ajustements pour la durée du jour, la pression atmosphérique, les taux de précipitation et le taux d’ozone). Donc une transmission plutôt facilitée dans des climats froids et secs, comme la grippe saisonnière.
La seconde, irano-américaine, a identifié, pour mars 2020, un « corridor de forte transmissibilité » assez étroit : entre 30 et 50° de latitude, avec une température moyenne de 5 à 11°C, une humidité absolue de 4 à 7 g d’eau par m3 d’air et une humidité spécifique de 3 à 6 g d’eau par kg d’air, ce qui correspond de nouveau à un climat plutôt froid et sec.
Mais le coronavirus est un virus assez adaptable. Même si sa transmission semble plus facile sous un climat froid et sec, elle est également possible sous les climats chauds et humides comme le montre l’évolution actuelle de la pandémie dans les pays tropicaux.
 
Sources
L’étude d’Oxford, 20 mars 2020
L’étude irano-américaine, 5 mars 2020.
Le 05/06/2020
On dit que les enfants transmettent moins le virus. Mais à partir de quel âge n'est-on plus un enfant ?
Il n’y a pas d’âge précis, les changements sont progressifs.
 
C’est une excellente question. En médecine, l’âge considéré comme la fin de l’enfance varie selon le contexte : 13 ans pour certains pédiatres, 15 ans pour avoir le droit de participer à certains essais cliniques, par exemple. Certains médecins considèrent que la puberté marque la fin de l’enfance. Le carnet de santé remis aux familles parle, lui, d’enfant jusqu’à l’âge de 15 ans.
Dans le contexte de la Covid-19, il ne semble pas qu’il y ait un âge où tout change en termes de transmission du virus. Les changements se font de façon progressive. Les adolescents ne semblent pas transmettre le coronavirus de manière beaucoup plus forte que les enfants. Mais il existe encore de nombreuses incertitudes sur cette question de la transmission selon l’âge. Ce qui clair, c’est que les personnes infectées qui ne développent pas de symptômes transmettent moins le virus (en tout cas, moins longtemps). Les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sont plus souvent asymptomatiques, donc moins contaminants.
 
Sources
« COVID-19 chez l’enfant : état des connaissances en amont de la réouverture des écoles », un document de Santé Publique France, 20 mai 2020
Le 05/06/2020
Covid-19 : Comment sait-on que l'on n'est plus contagieux ?
Sans test, on ne peut pas le savoir de manière certaine.
 
Lors d’épisode de Covid-19, on estime en général que la personne cesse d’être contagieuse 14 jours après la fin des symptômes. Cette durée, reprise par les autorités sanitaires, est une durée moyenne.
Une étude chinoise a cherché à isoler des gènes du coronavirus SARS-CoV-2 dans les fosses nasales de 191 personnes pendant et après la COVID-19. Ils les ont retrouvé pendant une moyenne de 20 jours après le début des symptômes (les valeurs s’échelonnaient entre 17 et 24 jours). Un patient en présentait encore 37 jours après le début de sa maladie.
Une autre étude, menée à Hong Kong, a retrouvé des traces de coronavirus jusqu’à 25 jours après le début des symptômes. Dans certains cas, le virus est réapparu après avoir disparu pendant quelques jours. Ces résultats doivent être relativisés : trouver des gènes de coronavirus ne signifie pas trouver du virus en état d’infecter une autre personne.
Autre élément à considérer : la durée de persistance des gènes du virus après une COVID-19 semble être plus longue chez les personnes qui ont eu une forme sévère de la maladie (et donc probablement une quantité importante de virus dans l’organisme). Par exemple, une autre étude chinoise a montré que, chez les personnes ayant eu une forme légère de la COVID-19, le virus avait disparu en moyenne 10 jours après le début des symptômes. Par contre, chez les personnes ayant eu une forme sévère, le virus était toujours présent 10 jours, voire 20 jours après le début des symptômes. De plus, selon l’étude de Hong Kong, les personnes âgées, qui ont des formes plus sévères de COVID-19 avec une quantité importante de virus dans l’organisme, continuent à avoir des traces de virus plus longtemps que des personnes plus jeunes.
Ainsi donc, il semble qu’une personne qui a souffert d’une forme sévère de COVID-19 soit potentiellement contagieuse pendant 2 semaines après la guérison. Mais les personnes qui ont eu une forme légère le sont probablement moins longtemps, pendant probablement une semaine après la guérison.
Le seul moyen d’être certain de ne plus être contagieux est de faire un test virologique (pour détecter le virus dans le fond de gorge, par pour mesurer la présence d’anticorps). En l’absence, on ne peut pas être certain. Mais, de nouveau, dans la vaste majorité des cas, les patients ont cessé d’être contagieux 14 jours après la fin des symptômes.


Sources
L’étude chinoise sur 191 personnes, 9 mars 2020
L’étude de Hong Kong, 23 mars 2020
L’étude chinoise qui compare la persistance du SARS-CoV-2 selon la sévérité de la maladie, 19 mars 2020
Le 02/06/2020
Une tisane gingembre - curcuma peut-elle éliminer les calculs rénaux ?
Au contraire, elle pourrait les favoriser.
 
Considérant ce que les études scientifiques ont montré, la consommation de tisane gingembre – curcuma n’est pas du tout une bonne idée lorsqu’on souffre de calculs rénaux.
En effet, chez 70 % des patients, les calculs rénaux sont formés d’oxalate de calcium et les personnes qui en souffrent doivent veiller à réduire leur apport alimentaire en oxalates (et en sel). Les oxalates se trouvent en quantité dans le cacao et le chocolat, les épinards, la rhubarbe, les blettes, le brocoli, le céleri, la betterave, les fraises, les noix, les produits dérivés du soja, etc.
Le gingembre et le curcuma sont deux épices qui contiennent de grandes quantités d’oxalates : 1,5 g pour 100 g de gingembre séché, 1,9 g pour 100 g de curcuma séché. C’est aussi le cas pour la cardamome et la cannelle. Ce sont donc des aliments dont la consommation est à surveiller lorsqu’on souffre de calculs rénaux.
Boire au moins 2 litres de liquides par jour est important pour prévenir l’apparition de calculs rénaux. Mais mieux vaut boire de l’eau ou, en quantité raisonnable, du jus d’orange dilué.
 
Sources
L’étude sur la richesse de diverses épices en oxalates, 2012.
Les recommandations alimentaires de l’Association française d’urologie pour les personnes souffrant de calculs rénaux, 2015.
Le 26/05/2020
Est-il vrai que la Covid-19 est due à une bactérie ?
Non, elle est due à un virus.
 
La Covid-19 est due à un virus de la famille des Coronavirus, des virus dits « à ARN » et « enveloppés », qui sont peu résistants dans le milieu extérieur et sont rapidement détruits par l’eau savonneuse.
Chez l’homme, les coronavirus provoquent également 15 à 20 % des rhumes dans les pays tempérés (avec les coronavirus OC43, 229E, HKU1 et NL63) et le MERS (une infection transmise par les dromadaires). Le SRAS, une maladie apparue en 2002 et disparue en 2003, était également due à un coronavirus très proche de celui de la Covid-19.
La rumeur a couru il y a quelques semaines sur le rôle présumé d’une famille de bactéries, les Prevotella, présentes dans tous nos microbiotes (flore intestinale, flore de la peau, flore de la bouche et des organes génitaux, mais aussi flore des bronches). Cette rumeur était sans fondement et aucune étude n’a mis en évidence un rôle significatif des Prevotella dans la Covid-19, ni comme cause, ni comme facteur favorisant la sévérité de la maladie.
 
Sources
Un article des Décodeurs du quotidien Le Monde sur la rumeur des Prevotella, 24 avril 2020
Une mise au point de l’Agence France Presse sur les Prevotella, 28 avril 2020