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les questions et les décodages

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Il y a 17 jours
Le coronavirus responsable de la COVID-19 est-il présent dans le sperme ?
Oui, mais on ne sait pas si ce sont des virus capables d’infecter une autre personne.
 
Une étude récente a retrouvé des traces de coronavirus SARS-CoV-2 (responsable de la COVID-19) dans le sperme d’hommes malades ou convalescents. Ceci n’est pas surprenant. En effet, certaines cellules présentes dans les testicules portent à leur surface le récepteur sur lequel le coronavirus se fixe pour infecter une cellule (le récepteur ACE2).
Cette étude chinoise portant sur 38 patients a retrouvé du coronavirus dans le sperme de 6 patients (15,8 %). Le virus était surtout présent dans le sperme de patients souffrant de symptômes de l’infection (26,7 % de ces patients contre 8,7 % des patients convalescents).
Attention, ce qui a été retrouvé dans le sperme, ce sont des traces de l’ARN (le matériel génétique) du coronavirus. On se sait pas si ces traces sont liées à la présence de virus capable d’infecter une personne. Il est possible que les cellules des testicules soient infectées mais ne produisent que des fragments de virus incapables d’infecter d’autres cellules (et donc des personnes).
Si d’autres études montraient la présence de coronavirus infectant dans le sperme, il faudrait alors considérer la fellation comme une voie possible de contamination.
 
Sources
L’étude chinoise sur la présence de coronavirus dans le sperme, 7 mai 2020
 
Il y a 17 jours
Comment s'aperçoit-on qu'un masque ne protège plus ? Peut-on le tester en soufflant sur une flamme ?
Il est impossible de tester l’efficacité d’un masque chez soi.
 
Malheureusement, hors laboratoire de test, il n’existe aucune manière de savoir si un masque protège ou non. Souffler sur une bougie ne sert à rien. Si vous parvenez à éteindre une bougie avec un masque, c’est que vous ne savez pas comment porter un masque correctement. Même le plus artisanal des masques bloque le souffle suffisamment pour que la bougie reste allumée !
Ceci étant dit, il est important de se souvenir que, à l’exception des masques FFP2 (en bec de canard), les masques en tissu ou chirurgicaux sont d’abord destinés à protéger LES AUTRES au cas où vous seriez infecté(e). Leur capacité filtrante vise à éviter que vous projetiez des gouttelettes infectées sur les autres personnes et les surfaces.

Ils protègent également le bas de votre visage au cas où une personne infectée (et ne portant pas de masque) projetterait des gouttelettes en votre direction. Ils vous protègent aussi en évitant que vous portiez vos doigts souillés à votre bouche ou votre nez (mais ils ne vous empêchent pas de vous toucher les yeux, ce qui peut aussi vous contaminer !).
C’est pour cette raison que le port du masque ne doit pas réduire la fréquence du lavage des mains. Et c’est aussi pour cette raison qu’un masque porté dans un environnement potentiellement contaminant doit être jeté après usage, ou lavé systématiquement dans le cas des masques en tissu. Il pourrait héberger du coronavirus sur sa face extérieure.
N’oubliez pas de vous laver les mains avant de et après avoir manipulé un masque.
 
Sources
Les informations du gouvernement sur les masques grand public, 27 avril 2020
Il y a 17 jours
La pratique d’un sport aide-t-elle à guérir plus rapidement de la COVID-19 ?
Pour l’instant, on n’en sait rien, mais cela serait logique au vu des données sur les autres infections respiratoires.
 
Malheureusement, nous ne disposons pas de suffisamment de recul pour connaître les effets de l’activité physique sur la prévention ou la convalescence de la COVID-19.
Mais il est intéressant de se pencher sur ce que l’on sait des liens entre pratique sportive et immunité face aux infections respiratoires bénignes. Il existe beaucoup d’études scientifiques à ce sujet.

Pour résumer simplement, une activité physique régulière semble à la fois contribuer à prévenir les infections respiratoires courantes (les rhumes, par exemple) et, en cas d’infection, réduire la durée des symptômes (lorsqu’on compare avec des personnes sédentaires). Par exemple, une étude menée auprès de 36 femmes sédentaires en surpoids a montré que 6 semaines d’exercice physique modéré et régulier réduisent significativement la fréquence et la sévérité d’infections respiratoires bénignes, possiblement en lien avec une plus grande efficacité du système immunitaire. De très nombreuses études ont également rapporté des effets similaires.
De plus, des données épidémiologiques semblent indiquer que les personnes qui pratiquent une activité physique régulière ont moins de risque de développer la grippe saisonnière ou une pneumonie (et d’en décéder). Mais ces études sont difficiles à interpréter parce que les personnes qui pratiquent une activité physique régulière sont aussi celles qui font le plus attention à leur santé (elles mangent équilibré, ne fument pas, etc.).
Par contre, l’entraînement sportif intense, comme celui des athlètes, expose à un risque plus élevé d’infections respiratoires (parce que le système immunitaire est affaibli par l’intensité de l’entraînement).
 
Sources
L’étude sur les femmes sédentaires en surpoids, 1990
Une synthèse des connaissances sur l’effet de l’activité physique et du sport sur l’immunité, 2019
Une présentation sur entraînement physique et infections respiratoires, Service de santé des armées, 2006
Il y a 17 jours
Les tests sérologiques COVID-19 sont-ils fiables ?
Pas encore suffisamment pour les généraliser.
 
Un test sérologique consiste à détecter et doser dans le sang les anticorps que le système immunitaire a fabriqués contre certaines protéines spécifiques du coronavirus. Il existe différents types d’anticorps : immunoglobulines M, G ou A qui apparaissent progressivement pendant la maladie. Seuls les anticorps dits « neutralisants » protègent d’une éventuelle réinfection.
Les tests sérologiques disponibles actuellement (il y en aurait 260 différents qui cherchent à être homologués !) sont encore imparfaits. Certains ne mesurent qu’un seul type d’anticorps (ce qui est moins efficace que de détecter plusieurs types en même temps). De plus, ils dépistent des anticorps sans pouvoir prédire si ces anticorps sont protecteurs vis-à-vis d’une réinfection. Ils servent seulement à savoir si une personne a été infectée par le coronavirus.

Aujourd’hui, les tests sérologiques utilisés en France pour la recherche épidémiologique ont une sensibilité de 90 % et une spécificité de 98 %. Ce qui veut dire que le test détecte les anticorps spécifiques du coronavirus chez 90 % des gens qui l’ont vraiment attrapé, et qu’il n’en détecte pas chez 98 % de ceux qui ne l’ont pas eu. Cela peut sembler très fiable, mais cela signifie également que 10 % des personnes contaminées auront un test négatif à tort, et que 2 % des non-contaminées auront un test faussement positif.
En d’autres termes, si on pratique un test sérologique sur 100 personnes qui n’ont pas été contaminées mais qui veulent savoir si elles ont eu la COVID-19, 2 personnes seront faussement rassurées par un test positif. Elles penseront avoir été contaminées et  oublieront les gestes barrières alors qu’elles peuvent potentiellement attraper et transmettre le virus. Deux sur 100, cela peut paraître peu, mais cela fait 2000 sur 100 000, 20 000 sur un million, ce qui fait beaucoup de personnes faussement rassurées qui pourraient attraper et transmettre le coronavirus.

Que 10 % des personnes contaminées ait un test sérologique faussement négatif est moins grave, puisqu’elles continueront à appliquer les gestes barrières alors qu’elles ont des anticorps. Personne n’en pâtira.
C’est à cause de tous ces problèmes de fiabilité que la Haute autorité de santé s’est prononcée contre l’usage des tests sérologiques actuels pour délivrer des « passeports d’immunité » qui dispenseraient leurs bénéficiaires des mesures de distanciation sociale.
Des tests sérologiques plus performants devraient être disponibles dans les semaines ou les mois qui viennent.
 
Sources
Les recommandations de la Haute autorité de santé sur les tests sérologiques, 2 mai 2020
Il y a 17 jours
Le rhume des foins me rend-il plus vulnérable face au coronavirus ?
Non.
 
Le rhume des foins (allergie saisonnière liée au pollen) ne fait pas partie des maladies qui augmentent le risque de formes sévères de COVID-19. Les personnes qui en souffrent ne sont donc pas plus vulnérables face au coronavirus.
Les médicaments du rhume des foins les plus courants (les antihistaminiques) ne semblent pas non plus augmenter le risque de formes sévères de COVID-19. Il est donc possible de les prendre pour soulager les symptômes de l’allergie saisonnière.
Certaines personnes, très allergiques, sont traitées avec des médicaments anti-inflammatoires de la famille de la cortisone. Si c’est votre cas, demandez conseil à votre médecin traitant.
 
Sources
« Prise en charge en ville par les médecins de ville des patients symptomatiques en phase épidémique de COVID-19 », Ministère de la santé, 20 mars 2020