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Le 20/11/2020
La mélatonine a-t-elle un intérêt dans la prévention de la Covid-19 ?
Aucune étude ne le prouve.
 
Des articles circulent sur internet qui semblent pointer un intérêt de la prise de mélatonine pour prévenir la Covid-19. Qu’en est-il ?
Pour rappel, la mélatonine est une hormone fabriquée par une région du cerveau (épiphyse ou glande pinéale) pendant la nuit. Sa sécrétion régule les rythmes quotidiens en fonction de la luminosité et informe l’organisme sur la saison selon les variations de la durée du jour.
Depuis quelques années, la mélatonine connaît un certain succès populaire pour soulager les troubles du sommeil et prévenir les effets du décalage horaire. Un médicament contenant de la mélatonine existe, destiné à soulager les troubles du sommeil chez les personnes de plus de 50 ans.
Dans le contexte de la Covid-19, l’intérêt pour la mélatonine provient d’une étude américaine qui a tenté de corréler le taux d’infection par le coronavirus aux habitudes de vie des personnes. Pour cela, ces chercheurs ont analysé les données issues d’une cohorte de 27 000 personnes suivies depuis quelques années. Ils ont observé que les personnes qui prenaient de la mélatonine présentaient une réduction du risque d’avoir un test Covid-19 positif de 28 % (52 % pour les personnes afro-américaines). Cette réduction du risque était toujours présente lorsque les autres variables (âge, sexe, tabagisme, autres maladies) étaient prises en compte.
Que penser de cette étude ? Elle montre une corrélation entre prise de mélatonine et risque réduit de Covid-19, mais en aucun cas n’indique que la mélatonine est responsable de cette réduction. Par exemple, prendre de la mélatonine indique peut-être que l’on prend davantage soin de sa santé en général. Dans ce cas, la prise de mélatonine est simplement un indicateur d’habitudes plus complexes qui, elles, ont un effet sur le risque de Covid-19.
Le seul moyen d’évaluer l’effet direct de la mélatonine sur la prévention de la Covid-19 serait de mener un essai clinique avec un placebo (essai randomisé en double aveugle) sur un grand nombre de personnes exposées au risque de Covid-19, par exemple des professionnels de santé.
 
Sources
L’étude américaine sur une cohorte de patients, 2020
Le 16/11/2020
Est-il vrai qu’on ne peut pas conserver les sushis d’un jour au lendemain ?
Effectivement, ils doivent être consommés dans la journée.
 
Les sushis qui contiennent du poisson cru doivent être conservés à 4°C maximum et consommés dans la journée de leur confection. Il n’est pas possible de les conserver au réfrigérateur d’un jour sur l’autre, le poisson cru étant particulièrement fragile en termes de qualité sanitaire.
Les sushis qui ne contiennent pas de poisson cru (par exemple, ceux qui ne contiennent que des légumes et des algues) peuvent être conservés une nuit au réfrigérateur (maximum 4°C) mais leur qualité gustative s’en trouve diminuée (en particulier, le riz sèche et devient dur).
Le sushi est un aliment qui, traditionnellement, est confectionné sous les yeux du client pour une consommation immédiate.
 
Sources
Avis de l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire, 2015
Le 13/11/2020
La Covid-19 peut-elle être dangereuse pour le cœur des sportifs ?
Oui, en particulier pour les sportifs de haut niveau.

Chez certaines personnes, la Covid-19 peut être à l’origine de problèmes cardiaques, entraînant parfois le décès. En effet, le coronavirus responsable de cette maladie peut infecter les cellules musculaires du cœur, provoquant des lésions localisées du muscle cardiaque. De plus, les réactions inflammatoires propres à la Covid-19 peuvent avoir des effets indésirables sur le cœur et sur le péricarde (la membrane qui entoure le cœur).
Ces lésions du cœur, le plus souvent sans conséquences graves, sont courantes lors de Covid-19. Elles surviennent chez au moins un patient hospitalisé sur 5, et chez plus de la moitié des personnes souffrant de problèmes cardiaques préexistants. Elles sont également observées chez des personnes qui ont eu une forme légère, voire asymptomatique, de l’infection.
Chez les sportifs, ces lésions cardiaques peuvent avoir de graves conséquences. Aux Etats-Unis, un joueur de basket-ball professionnel de 27 ans, remis d’une forme légère de Covid-19, est mort subitement pendant l'entraînement. Dans une étude de l’université de l’Ohio, 15% des 26 athlètes universitaires testés après une Covid-19 légère à modérée se sont révélés être atteints de myocardite (inflammation du muscle cardiaque). Dans une autre étude, menée à l’université de West Virginia, environ un tiers des 56 athlètes universitaires testés (ayant eu une Covid-19 avérée) présentaient des signes de péricardite, une inflammation du péricarde, sans systématiquement présenter de signes de myocardite.
Ces observations ont des conséquences en pratique. Tout d’abord, les cardiologues estiment désormais que, par prudence, tout sportif de haut niveau ayant eu une Covid-19 doit s’assurer de sa santé cardiaque en consultant rapidement un spécialiste qui pratiquera les examens complémentaires nécessaires.
Par ailleurs, des lésions cardiaques ayant été observées chez de jeunes sportifs qui avaient développé une forme asymptomatique de Covid-19, il est probable que certains jeunes sportifs présentent des anomalies cardiaques sans avoir conscience d’être à risque. La question se pose donc de contrôler le statut sérologique (la présence d’anticorps signalant une infection passée par le coronavirus) de tous les jeunes sportifs de haut niveau, afin de systématiquement contrôler la santé cardiaque de ceux qui ont été infectés.
Pour les sportifs amateurs, les choses sont moins claires. S’ils sont, comme tous les patients atteints de Covid-19, exposés à des anomalies cardiaques après leur maladie, les risques liés à ces anomalies sont moins évidents. Les sportifs amateurs qui souffrent de troubles cardiaques légers (des troubles du rythme bénins, par exemple) devraient consulter un cardiologue après une Covid-19. Pour les autres, l’importance de ces examens de contrôle est moins nette, sauf pour les personnes qui souffrent de séquelles durables de leur infection (les « Covid longs »).
 
Sources
Une synthèse sur Covid-19 et troubles cardiaques
L’étude de l’université de l’Ohio
L’étude de l’université de West Virginia
Le 09/11/2020
La deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 est-elle causée par une nouvelle mutation ?
C’est possible, en particulier dans certains pays européens. Mais elle ne l’a pas provoquée.
 
Récemment, des chercheurs suisses ont publié un article en préprint (c’est-à-dire sans relecture critique par des experts du domaine) sur une nouvelle mutation du coronavirus responsable de la Covid-19.
Selon ces chercheurs, cette nouvelle souche de virus, appelée 20A EU.1 et apparue l’été dernier en Espagne, serait aujourd’hui la souche la plus fréquemment observée en Europe lors de cette deuxième vague de l’épidémie. En effet, l’équipe suisse l’aurait retrouvée chez 80 % des patients au Royaume-Uni et en Espagne, 60 % des patients irlandais et 40 % des patients suisses et français.
À ce jour, cette nouvelle souche ne semble pas être plus transmissible ou plus dangereuse que les autres souches observées jusqu’ici. Elle est seulement la plus fréquente dans des pays dont les citoyens vont fréquemment en vacances en Espagne. Ainsi, il est probable qu’elle ait essaimé depuis l’Espagne lorsque des touristes contaminés sont rentrés dans leur pays d’origine.
Les coronavirus sont des virus qui mutent fréquemment et, dans la très grande majorité des cas, ces mutations sont sans effet sur la maladie et sa dissémination. Le seul intérêt de l’étude suisse, si ses résultats sont confirmés, est de rappeler que la libre circulation des personnes en temps d’épidémie est une source de dissémination de l’infection. C’est également cette libre circulation qui fait que la deuxième vague que nous observons touche toutes les régions de France, à l’inverse de la première vague plutôt observée dans l’Est et l’Ile-de-France. Les brassages estivaux de population ont assuré une diffusion homogène du virus sur l’ensemble de notre territoire.
Ainsi, s’il se trouve que la deuxième vague est marquée par cette souche de virus, il serait faux de penser que cette vague ne serait pas survenue sans cette mutation. La souche prédominante au printemps aurait tout aussi bien suffit à la faire apparaître.
 
Sources
 
L’étude suisse publiée en préprint, 2020
Le 03/11/2020
Le diabétique de type 2 est-il vraiment un sujet à risque face à la COVID-19 ?
Seulement en cas de diabète non équilibré ou avec des complications.
 
Certaines conditions médicales augmentent le risque de développer une forme sévère de COVID-19. C’est le cas des diabètes (type 1 et type 2) mais seulement s’ils ne sont pas équilibrés par un traitement, ou si le patient présente d’autres facteurs de vulnérabilité, par exemple l’obésité dite « morbide » (index de masse corporelle – IMC - supérieur à 40 kg/m2).
Dans l’étude Open SAFELY, une étude britannique sur les facteurs de risque qui reste la référence, le diabète non contrôlé par les traitements multiplie le risque de forme sévère de COVID-19 par un facteur moyen de 2,35. L'obésité modérée (IMC de  30-34,9 kg/m2) multiplie le risque par 1,27 et l'obésité morbide (IMC supérieur à 40 kg/m2) par 2,27. Ces personnes doivent donc scrupuleusement respecter les mesures barrières (masque, gel hydro-alccolique, distanciation physique, aération des locaux), en particulier si elles sont âgées de plus de 65 ans.
Chez les diabétiques dont le traitement est équilibré, le risque de forme sévère de COVID-19 est le même que celui de personnes du même âge et présentant le même état de santé général (hors diabète).
Attention, la COVID-19, comme toute infection, présente le risque de déstabiliser un diabète jusque-là sous contrôle. C’est pourquoi la Haute autorité de santé (HAS) rappelle, dans un document sur le sujet, les signes les plus fréquents d’aggravation du diabète : augmentation des urines, soif, perte de poids. De plus, la HAS incite les personnes diabétiques à appeler leur médecin (ou le SAMU) face à certains symptômes : fièvre, toux, fatigue, perte de goût et d’odorat, diarrhée, douleurs thoraciques, etc.
Aux patients diabétiques dont la glycémie est équilibrée et ne présentant pas de complications, la HAS rappelle également qu’il est primordial de poursuivre leur traitement et leur implication dans leur propre prise en charge, afin que leur diabète continue à être équilibré.
 
Sources
 
L’étude OpenSAFELY, 2020
« Diabète et épidémie de COVID-19 : poursuivre son traitement et rester vigilant », 2020
« Coronavirus et diabète : ce qu’il faut savoir », Fédération française des diabétiques, 2020