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les questions et les décodages

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Il y a 2 jours
Les gels douche dits « sans savon » sont-ils adaptés aux peaux sensibles ?
Pour répondre à votre question, nous vous conseillons la lecture d’un article publié par deux chercheurs en cosmétologie sur le site The Conversation. Il fait le point sur cette affaire de « savon sans savon » ou « syndet », des agents chimiques issus du pétrole qui permettent de contrôler le pH (l’acidité) du produit de lavage, et donc de l’adapter aux peaux sensibles, intolérantes ou atopiques.
 
Sources 
Couteau C et Coiffard L. Les mystères du savon sans savon. The Conversation, 2016
Il y a 13 jours
Est-il vrai qu’il existe une flore pulmonaire comme il existe une flore intestinale ?
Absolument.
 
Même si les scientifiques le suspectaient depuis longtemps, ce n’est que depuis 2008 que l’on sait avec certitude qu’il existe un microbiote (une « flore ») pulmonaire comme il existe un microbiote intestinal, bucco-dentaire, vaginal ou cutané.

Ce microbiote particulier s’installe au cours des deux premiers mois suivant la naissance et, comme pour le microbiote intestinal, sa toute première composition varie selon si le nouveau-né est né à terme ou prématuré, par les voies naturelles ou par césarienne. Les micro-organismes qui vont former le microbiote pulmonaire proviennent de la bouche, de l’air inhalé et du microbiote intestinal. Environ deux mois après la naissance, ce microbiote est stabilisé et change peu au cours de la vie.

La composition de ce microbiote varie selon la localisation dans l’appareil respiratoire (bronches, bronchioles ou alvéoles pulmonaires). Il contient essentiellement des bactéries (Neisseria, Streptococcus, Prevotella, Veillonella, Fusobacterium, etc.) mais aussi des bactériophages (des virus qui s’attaquent aux bactéries) et des champignons microscopiques (Aspergillus, Saccharomyces, etc.).
La densité en micro-organismes du microbiote pulmonaire est bien moindre que celle présente dans les intestins, mais leur biodiversité est tout aussi importante, voire plus selon certains scientifiques.

Le rôle de ce microbiote pulmonaire est très similaire à celui des autres microbiotes que nous hébergeons : contribution à l’architecture pulmonaire (il semble favoriser la formation d’alvéoles pulmonaires plus petites et plus nombreuses), barrière protectrice contre les infections respiratoires, éducation et maintien des défenses immunitaires dans les bronches et les poumons.

Les équipes scientifiques commencent tout juste à explorer les déséquilibres de la flore pulmonaire dans les maladies respiratoires chroniques comme la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), l’asthme ou la mucoviscidose. Comprendre ces déséquilibres pourrait ouvrir la porte à des traitements à base de probiotiques (des micro-organismes similaires à ceux de la flore) en complément des traitements classiques.

Par ailleurs, une rumeur a couru, au printemps 2020, sur le rôle présumé d’une famille de bactéries présente au sein de tous nos microbiotes, les Prevotella, dans l’apparition des symptômes liés à la Covid-19. Cette rumeur était sans fondement et aucune étude n’a mis en évidence un rôle significatif des Prevotella dans la Covid-19, ni comme cause, ni comme facteur favorisant la sévérité de la maladie.
 
Sources
Un article très complet sur ce que l’on sait de la flore pulmonaire par la Société française de microbiologie, 2020
Un article des Décodeurs du quotidien Le Monde sur la rumeur des Prevotella, 24 avril 2020
Il y a 23 jours
Un jus de citron tiède à jeun est-il vraiment bon pour la santé ?
On n’en sait rien.
 
Elle tourne, elle tourne la rumeur sur le web et les réseaux sociaux… Boire un jus de citron tiède à jeun le matin apporterait une multitude de bienfaits pour la santé : détoxification, perte de poids, soulagement des ballonnements et problèmes d’intestin, prévention du cancer et des effets de l’âge… la liste est longue.

Peu sucré, riche en vitamines C et B9 (folates), en potassium, phosphore, fer et en anti-oxydants, le jus de citron est, comme tous les jus d’agrumes, un aliment intéressant du point de vue nutritionnel, essentiellement comme source de vitamine C. Donc, sur le principe, un jus de citron tous les jours, pourquoi pas ?

Tiède, pourquoi tiède ? Les nombreux partisans du jus de citron tiède expliquent que, glacé, ce n’est pas bon pour la digestion et que, chaud, cela pourrait détruire les vitamines. Mais aucune explication sur le fait de le boire tiède plutôt qu’à température ambiante. Ou alors tiède veut dire à température ambiante ? Mystère.

À jeun, pourquoi à jeun ? L’idée défendue est de prendre son jus de citron une demi-heure avant le petit déjeuner. Supposément pour qu’il agisse mieux, un peu à la manière de certains médicaments à prendre à jeun. Certains évoquent également le fait que, pris à jeun, le jus de citron serait plus alcalinisant pour l’organisme (c’est-à-dire plus à même d’augmenter temporairement le pH du sang). Et qu’un régime alcalinisant serait bon pour la santé. Le souci, c’est que si vous recherchez un effet alcalinisant, le jus de citron est bien moins efficace que le jus d’orange. En fait, il n’est quasiment pas alcalinisant selon une étude assez bien faite publiée en 2006.

Sur les bienfaits du jus de citron tiède à jeun le matin, la science ne dit… rien ! Absolument aucun morceau de science à se mettre sous la dent. L’effet alcalinisant semble absent, la richesse en vitamine C confirmée. Quant aux effets sur les intestins, la perte de poids et le cancer, cela reste de la spéculation pure.
Ce qui est certain avec le jus de citron, c’est qu’il est acide. Et l’émail des dents n’aime pas les attaques acides qui font le lit des caries. Pour cette raison, certains défenseurs du jus matinal recommandent de le diluer avec beaucoup d’eau, voire de le boire à la paille pour qu’il n’entre pas en contact avec les dents.

Certaines personnes qui ont suivi les conseils des bloggeurs sur le jus de citron à jeun ont signalé avoir connu de plus fréquents épisodes de brûlures d’estomac ou de reflux acides. Il est probable que cet effet indésirable soit essentiellement présent chez des personnes qui ont déjà une tendance aux acidités gastriques. Donc probablement à éviter si c’est votre cas.
 
Pour en savoir plus
 
La composition du jus de citron maison (tables Ciqual, Anses)
L’article d’un médecin néphrologue sur l’effet des jus d’agrumes sur le pH de l’organisme, 2018
L’étude de 2006 sur le pouvoir alcalinisant des jus d’agrumes (en anglais, expliquée en français dans la référence ci-dessus)
Il y a 27 jours
Peut-on prévenir les cancers ?
Oui, on estime que 40 % des cas de cancers peuvent être prévenus.
 
Quatre cancers sur 10 résultent de l’exposition à des facteurs de risque liés à nos modes de vie et comportements, et pourraient donc être évités. Cela représente 142 000 cancers évitables sur un total de 355 000 diagnostiqués chaque année en France.
Pour se protéger du cancer, il est préférable d’adopter certaines habitudes de vie.
 
Arrêter le tabac : le tabac est la première cause de cancer, tous cancers confondus (1 cancer sur 5, un décès dû au cancer sur 3). Pour y parvenir, il est préférable de se faire accompagner par un professionnel de santé.
 
Modérer sa consommation d’alcool : la consommation de boissons alcoolisées est la 2e cause de cancer, tous cancers confondus (8% des cancers, 16 000 décès par an sur les 41 000 liés à la consommation d’alcool). Les recommandations sont de ne pas boire plus de 2 verres par jour, et pas tous les jours. Mais le risque de cancer est augmenté dès le premier verre.
 
Manger plus équilibré : une alimentation déséquilibrée serait responsable de 5,4 % des cancers. Pour prévenir le cancer, mieux vaut manger beaucoup de fruits et de légumes et un petit peu de protéines animales (viandes, poissons, œufs... en réduisant la part des viandes rouges et charcuteries et en limitant la consommation de poissons à deux ou trois fois par semaine).
 
Surveiller son poids : près de 19 000 nouveaux cas de cancers en France seraient attribuables à une surcharge pondérale en 2015, soit 5,4 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers.
 
Pratiquer une activité physique régulière : en permettant de mieux contrôler son poids, l’activité physique régulière, associée à une alimentation équilibrée, contribue à réduire le risque de cancer. C’est particulièrement vrai pour les cancers du sein et les cancers colorectaux.
 
Se protéger du soleil : l’exposition aux rayons ultra-violets (soleil, cabines de bronzage) est responsable de 3 % des cancers. Mieux vaut porter des vêtements couvrants, un chapeau et s’enduire régulièrement de lotion protectrice avec un FPS (facteur de protection solaire) élevé (plus de 30).
 
Se vacciner contre les virus responsables de cancers : les vaccinations contre l’hépatite B (responsable de cancers du foie) et les infections à papillomavirus (responsables de cancers du col de l’utérus) sont efficaces pour se protéger de ces cancers particuliers.


Sources
Réduire les risques de cancers, Institut national du cancer
Il y a 43 jours
Laver les fruits et légumes à l’eau courante suffit-il à les débarrasser des pesticides ?
Mieux vaut les blanchir rapidement ou utiliser un bain de bicarbonate de soude.
 
Même si, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses), les taux de pesticides présents sur les fruits et légumes ont fortement diminué ces dernières années, il est légitime de se demander comment réduire les traces de pesticides présentes à la surface des fruits et des légumes « non bio ».
En 2018, des chercheurs ont publié une synthèse des connaissances scientifiques sur les effets du lavage pour éliminer les pesticides sur la peau des fruits et légumes. Selon les études évoquées dans cette synthèse, l’effet du lavage varie selon la nature de pesticide : ceux solubles dans l’eau ont davantage tendance à être éliminés que ceux qui sont solubles dans les matières grasses. Par exemple, la tralométhrine, le pyrifénox ou le pyridabène, souvent présents sur les tomates et les poivrons, sont peu éliminés par le rinçage car ils sont gras. De plus, les pesticides qui ont tendance à pénétrer la peau des fruits et légumes sont plus difficiles à éliminer par un rinçage.
Quelle est la meilleure méthode pour éliminer le plus possible les traces de pesticides ? Les auteurs de la synthèse signalent que, mieux que le rinçage sous l’eau froide (pendant 5 minutes, ce qui est très long), la méthode la plus efficace consiste à faire rapidement blanchir les fruits et légumes dont on souhaite consommer la peau : une minute dans l’eau bouillante immédiatement suivie d’un rinçage à l’eau froide (pour préserver les couleurs des fruits et légumes).

Les auteurs évoquent également le fait de faire tremper les fruits et légumes dans une eau vinaigrée (une cuillère à café par litre d’eau) ou additionnée de détergents, ce qui semble plus efficace que l’eau. Mais ils signalent que l’on ne sait pas grand chose des produits issus de la réaction du vinaigre ou du détergent avec les pesticides. Il est donc indispensable de bien les rincer après ce type de bain.
Une autre étude, publiée en 2017, a observé qu’un bain de 15 minutes contenant du bicarbonate de soude (50 g par litre d’eau) diminue plus efficacement les traces de pesticides sur les pommes qu’un bain d’eau pure ou un bain contenant une petite dose d’eau de javel, pour la même durée de trempage. De nouveau, mieux vaut rincer les fruits et légumes après ce bain.
Deux méthodes (blanchiment rapide et bain de bicarbonate de soude, dans les deux cas suivi d’un rinçage rapide à l’eau) semblent donc plus efficaces que le rinçage prolongé à l’eau pure. Néanmoins, ces méthodes n’éliminent pas les pesticides qui auraient pénétré la peau, ni ceux qui pourraient se trouver dans la pulpe. Pour complètement éliminer les pesticides présents sur et dans la peau, seul l’épluchage est efficace. Mais il réduit la richesse nutritionnelle des fruits et légumes (moins de vitamines, de polyphénols (anti-oxydants) et de fibres).
 
Sources
 
L’avis de l’Anses sur la présence de pesticides sur les fruits et légumes, 2018
La synthèse des connaissances sur les effets du rinçage, 2018
L’effet d’une solution vinaigrée, 2017
L’effet des bains de bicarbonate de soude et de javel diluée, 2017