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Le 21/09/2020
Sport et production d'endorphines : mythe ou réalité ?
Réalité.
 
Depuis 30 ans, de très nombreuses études ont confirmé que l’exercice physique, mené avec une intensité et une durée suffisantes, stimule la production d’une endorphine, l’endorphine béta, par le cerveau. Cette sécrétion d’endorphine dans le sang réduit la douleur provoquée par l’effort, améliore la résistance des muscles aux lactates (responsables des crampes) et provoque un état légèrement euphorique. Par contre, un entraînement physique trop intensif nuit à la production de cette béta endorphine.
Contrairement à ce qu’on peut lire dans la presse grand public, la dépendance à l’activité physique, réelle chez certains sportifs, ne semble pas due à cette sécrétion d’endorphine et à un éventuel effet de manque provoqué par l’arrêt de l’activité physique.
Les endorphines ne sont pas les seules substances psychoactives qui sont sécrétées pendant le sport. C’est également le cas de la dopamine et de la sérotonine, deux messagers chimiques qui provoquent également une sensation de bien-être. Pour toutes ces raisons, et probablement d’autres qui restent à découvrir, la pratique régulière d’une activité physique ou d’un sport exerce un effet positif sur le moral. Pour les personnes anxieuses ou dépressives, l’activité physique fait même partie de la prise en charge thérapeutique.
 
Sources
« Les effets de l’activité physique sur le moral », Axa Prévention
Deux articles scientifiques sur la sécrétion d’endorphines pendant le sport
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1553453/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9257407/
Une étude sur la dépendance au sport et les endorphines
Le 09/09/2020
Les probiotiques Lactobacillus et Bifidobacterium sont-ils clés pour le système immunitaire ?
Les autorités sanitaires européennes pensent que ce n’est pas le cas.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui peuvent coloniser temporairement notre intestin. Sous ce terme, on regroupe des bactéries (bifidobactéries, lactobacilles, lactocoques, etc.) et des levures (saccharomycètes).
Pendant quelques années, les producteurs de produits laitiers ont commercialisés des yaourts dont ils vantaient les bénéfices pour le maintien de l’immunité, en particulier ceux contenant du bifidus (des bifidobactéries). Vous avez sûrement remarqué que ces produits, s’ils existent toujours, ne sont plus promus pour leurs éventuels bienfaits sur l’immunité. Que s’est-il passé ?
Pour qu’un produit alimentaire (aliment ou complément alimentaire) puisse se prévaloir de bénéfices en termes de santé (ce qu’on appelle les « allégations de santé »), il est nécessaire que ces bienfaits soient, au vu des connaissances scientifiques, reconnus comme raisonnables par l’Agence européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority, EFSA).
En 2012, les autorités de santé européennes (EFSA et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant une très grande variété de probiotiques (de toutes espèces, dont les bifidobactéries et les lactobacilles).
Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que les produits qu’elles ont examiné ne peuvent ni prétendre contribuer au bon fonctionnement du système immunitaire et renforcer la résistance aux infections, ni réduire la sensibilité du système immunitaire aux allergènes, ni maintenir le bon état des défenses immunitaires de la peau (entre autres bienfaits proposés pour les probiotiques). Ces revendications d’effet sont désormais interdites. Il est remarquable de noter qu’aucune allégation de santé relative aux probiotiques déposée par les industriels auprès de l’EFSA n’a été reconnue comme valide.
La contribution des probiotiques au renforcement des défenses naturelles des nourrissons, reconnue par l’ancienne Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, désormais Anses), en particulier avec la souche Bifidobacterium lactis Bb12, n'a pas été validée par les autorités sanitaires européennes en 2012.
Donc, pour l’instant, on ne peut pas affirmer que ces probiotiques ont un bénéfice dans le maintien d’une immunité efficace.
 
Sources
La liste des allégations de santé interdites et autorisées par l’EFSA, : EU Register of nutrition and health claims made on foods, European commission, 2016
Le 09/09/2020
Le microbiote intestinal est-il capable de réguler le taux de sucre dans le sang ?
Il semble effectivement y contribuer, en tout cas chez la souris.

Votre question fait référence a une étude parue fin août 2020 dans la revue scientifique Science.
Cette étude, menée chez la souris, suggère que des cellules nerveuses (neurones), situées dans la paroi de certaines régions de l’intestin (la partie terminale de l’intestin grêle et le côlon), peuvent directement influencer l’appétit et le taux de sucre dans le sang (glycémie). Ces neurones sont organisés en petites structures dans la paroi, les plexus d’Auerbach et ceux de Meissner. Ils sont également impliqués dans le contrôle des mouvements et des sécrétions de l’intestin.
Ces neurones ont la particularité d’être sensibles à la fois au volume et à la nature des aliments présents dans l’intestin, mais aussi à des messagers chimiques sécrétés par certaines des bactéries qui composent notre microbiote intestinal (la « flore intestinale »).
Dans l’étude récemment publiée, les auteurs ont montré que ces neurones sont effectivement sensibles au microbiote intestinal et qu’ils sont directement connectés au foie et au pancréas, ce qui pourrait expliquer leurs effets sur le taux de sucre dans le sang.
Rappelons que le taux de sucre dans le sang est également régulé par de nombreux autres facteurs dont deux hormones, l’insuline et le glucagon. La place de ces neurones dans le contrôle global de la glycémie reste à comprendre de manière fine.
Quelles conséquences pour la santé humaine ? Pour l’instant, aucune. Cette découverte reste d’ailleurs à confirmer chez l’homme. Elle constitue une brique supplémentaire dans notre compréhension des mécanismes complexes qui lient notre microbiote intestinal et notre métabolisme (c’est-à-dire la façon dont notre corps stocke ou utilise l’énergie apportée par les aliments).
 
Sources
L’étude récemment publiée dans la revue Science : Microbiota-modulated CART+ enteric neurons autonomously regulate blood glucose, Science, 2020
Le 02/09/2020
Le kéfir a-t-il un effet sur la santé ?
La grande variété de kéfirs rend difficile la recherche sur ce sujet.

Il existe deux sortes de kéfirs très différents : le kéfir de lait et le kéfir de fruits (ou kéfir d’eau). Les deux sont le produit d’une fermentation par des micro-organismes, une association de bactéries et de levures, différente pour chaque type de kéfir.
Le kéfir de lait est produit industriellement et fréquemment vendu dans les supermarchés. Le kéfir de fruits est généralement une production domestique, à partir de grains de kéfir que les personnes obtiennent auprès d’un proche.
De nombreuses études ont été menées sur les effets du kéfir de lait, essentiellement dans le tube à essai ou sur les animaux, ce qui rend difficile la généralisation de leurs résultats à l’homme. De plus, selon les kéfirs, les associations de bactéries et de levures ne sont pas homogènes (sauf dans le kéfir de lait produit industriellement, mais même dans ce cas elles peuvent varier selon les producteurs). De plus, pour le kéfir de fruits, le pH et la composition minérale de l’eau utilisée semble modifier considérablement la composition du kéfir obtenu. Pour toutes ces raisons, les résultats obtenus avec une association de micro-organismes ne peuvent pas être généralisés aux autres associations, ce qui rend la recherche complexe.
Il est donc impossible de confirmer un bénéfice pour la santé des kéfirs en général. Les domaines de la santé dans lesquels le kéfir de lait a été étudié sont la digestion, le contrôle des maladies inflammatoires, le soutien des défenses immunitaires, le contrôle du taux de cholestérol dans le sang, l’intolérance au lactose (sucre du lait), etc. Il existe peu d’études sur les effets des kéfirs de fruits.
Comme tous les produits laitiers, le kéfir de lait est une bonne source de protéines et de calcium, en particulier pour les personnes intolérantes au lactose.
Attention, le kéfir de fruits étant produit au domicile, il arrive que des défauts dans sa préparation le rendent laxatif, voire provoquent des diarrhées.

Sources
Microbiological, technological and therapeutic properties of kefir: a natural probiotic beverage, PMC, 2013
The Buffer Capacity and Calcium Concentration of Water, PMC, 2019
Le 01/09/2020
Est-il dangereux de faire du sport avec un masque ?
Non, même si cela peut réduire la performance.

La réponse à cette question dépend du masque en question : masque chirurgical, masque en tissu, masque FFP2 ? Globalement, il n’existe aucune évidence d’un danger à porter un masque en faisant du sport, mais il est probable que cela réduise les performances lors d’effort intense.
Peu de recherches ont été menées sur cette question dont la pertinence est liée à la crise sanitaire que nous traversons. Une étude a néanmoins été publiée en 2018 sur les effets du masque chirurgical sur la distance parcourue pendant 6 minutes de marche. En effet, ce test est fréquemment pratiqué pour évaluer les capacités d’une personne âgée. Or il arrive que, pour des raisons de fragilité de la personne face aux infections, ce test se fasse en portant un masque chirurgical. Cette étude a montré que ce type de masque ne modifie par la distance parcourue en 6 minutes de marche.
Mais ce test n’est pas du sport à proprement parler. Les médecins du sport interrogés répondent à votre question en disant 1) que l’exercice sportif n’est pas compatible avec le port d’un masque FFP2 (qui réduit fortement la ventilation), 2) que les masques chirurgicaux ou en tissu auront probablement tendance à réduire les performances lors d’effort intense en réduisant la capacité à s’hyperventiler. Mais aucun ne parle de danger, le sportif s’adaptant à ses nouvelles capacités respiratoires.
Si vous êtes sportif, vous pouvez pratiquer un test, à condition de vous procurer un oxymètre de pouls, un petit appareil disponible en pharmacie ou en ligne qui se fixe au bout du doigt et qui mesure la saturation du sang en oxygène. Vous pourrez ainsi contrôler cette saturation au repos sans masque, au repos avec votre masque, en pratiquant un sport sans masque (par exemple en faisant un jogging à l’extérieur) et en pratiquant le même sport avec un masque. Vous vérifierez ainsi que le port du masque ne diminue par la concentration de votre sang en oxygène.
 
Sources
Effet du port d’un masque de soins lors d’un test de marche de six minutes chez des sujets sains, Revue des Maladies Respiratoires, 2018
Oxymétrie colorimétrique, Wikipedia