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Il y a 1 jour
Covid-19 : faut-il avoir peur du variant A.30 ?
Rien ne le justifie.
 
Le 25 octobre 2021, une lettre parue dans la prestigieuse revue scientifique Nature a évoqué un nouveau variant du coronavirus de la Covid-19, nommé A.30, qui serait capable d’infecter certaines cellules en présence des anticorps issus de la vaccination contre cette infection. Cette publication a inquiété certains de nos lecteurs.

Le variant A.30 a été détecté chez quelques patients en Suède et en Angola, et on estime qu’il est apparu en Tanzanie. Ce n’est pas un variant fréquent et il n’existe aucun signe montrant que sa fréquence aurait récemment augmenté. Ce variant est particulier car il accumule plusieurs mutations inédites sur sa protéine S (celle qui est utilisée pour les vaccins contre la Covid-19). En particulier, A.30 porte la mutation E484K qui, chez les variants Bêta (« sud-africain ») et Gamma (« brésilien »), a montré une capacité à rendre le coronavirus légèrement moins sensible aux anticorps issus de la vaccination et aux anticorps monoclonaux (les anticorps « synthétiques » parfois utilisés pour traiter la Covid-19).

La lettre publiée dans Nature rapporte les résultats de tests in vitro (dans le tube à essai) montrant que, en présence d’anticorps, le variant A.30 infecte plus facilement certains types de cellules (mais pas d’autres), y compris en présence d’anticorps monoclonaux ou d’anticorps issus de la vaccination par les vaccins Pfizer et AstraZeneca. Mais ce travail ne montre pas que A.30 échappe davantage à ces anticorps que les variants Bêta et Gamma (la même mutation, E484K, montre les mêmes effets sur A.30 que sur Bêta et Gamma).

L’intérêt de cette étude est de montrer que certaines mutations de la protéine S changent la préférence du virus en termes de cellules cibles. Elle ne montre pas que A.30 soit moins sensible aux anticorps que Bêta ou Gamma, ni que A.30 soit capable de supplanter Delta comme variant dominant. Rappelons que Bêta et Gamma n’ont pas résisté à la vague Delta et sont devenus beaucoup moins fréquents, y compris en Afrique du Sud et au Brésil.

Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter pour ce variant qui n’est d’ailleurs pas listé comme « variant d’intérêt » justifiant d’être suivi. Les vaccins actuels restent efficaces contre les formes sévères dues à Bêta et Gamma et devraient également le rester contre A.30.
 
Sources

La lettre publiée dans Nature, 2021
 
Il y a 1 jour
Comment évolue la paralysie faciale chez un enfant ?
Elle guérit spontanément en quelques mois.
 
La paralysie faciale périphérique, ou paralysie de Bell, est une perte du contrôle de certains muscles du visage, le plus souvent d’un seul côté. Elle est due à une inflammation du nerf facial. Les causes de la paralysie de Bell sont très variées et, dans certains cas, elles restent difficiles à identifier.

Chez les enfants, les causes les plus fréquentes sont :
  • un coup de froid sur un côté du visage (par exemple du côté d’une fenêtre ouverte dans une automobile) ;
  • une infection : otite moyenne, oreillons, herpès (le même que pour les boutons de fièvre), grippe, rhinopharyngite, zona, méningite, maladie de Lyme, mononucléose infectieuse, etc. Les infections virales semblent être la cause la plus fréquente de paralysie faciale chez les enfants.
  • un traumatisme : fracture du rocher (l’os situé derrière l’oreille), chirurgie de l’oreille ou de la glande parotide, ou compression du nerf facial lors de l’accouchement par exemple.
Chez les adultes, de nombreuses autres causes sont possibles : diabète, sclérose en plaques, tumeurs, infection par le VIH/sida, etc.
 
Plus rarement, la paralysie de Bell peut être l’un des signes du syndrome de Guillain-Barré, une inflammation généralisée de certains nerfs (en particulier des jambes) qui apparaît après une infection virale ou bactérienne. Chez les adultes, des cas de syndrome de Guillain-Barré ont été rapportés après une vaccination, sans que l’on puisse prouver de lien direct (quelques cas de paralysie de Bell ont été décrits après la vaccination contre la Covid-19).

Le syndrome de Guillain-Barré est rare chez les petits enfants (quasiment jamais avant l’âge de 5 ans). Il n’a jamais été démontré que les vaccinations provoquent un syndrome de Guillain-Barré chez les enfants, ni une paralysie faciale. En 2012, une étude a spécifiquement essayé de trouver un lien entre vaccination et paralysie faciale chez l’enfant et n’a pu identifier aucun cas de ce type de paralysie lié à une vaccination.
 
La paralysie de Bell guérit spontanément. Parfois, selon la cause suspectée, le médecin peut prescrire des médicaments antiviraux ou des corticostéroïdes (médicaments de la famille de la cortisone). Dans certains cas, cela peut prendre entre 6 et 12 mois, mais les symptômes finissent toujours par disparaître.
 
Sources
 
Sur la paralysie de Bell chez les enfants, Société française de pédiatrie, 2017
Sur la paralysie de Bell en général, Assurance maladie, 2021
Sur le syndrome de Guillain-Barré, Orphanet, 2007
L’étude qui n’a trouvé aucun lien entre vaccination et paralysie faciale chez les enfants, 2012
Il y a 1 jour
Les produits des abeilles (propolis, gelée royale, miel..) ont-ils des bienfaits reconnus ?
Oui mais essentiellement comme source de nutriments.
Les produits de la ruche sont souvent vantés pour leurs bienfaits. Petit tour d’horizon de ces produits et de leurs bienfaits réels ou supposés.
 
Voir la réponse complète
Il y a 2 jours
Les personnes vaccinées contre la Covid-19 sont ou seront-elles plus fragiles face aux autres infections ?
Non, il n’existe aucune donnée dans ce sens.
 
Dans les médias de désinformation sur la Covid-19, cette affirmation revient parfois, sans aucune étude scientifique pour la justifier.
Administrer un vaccin entraîne l’apparition d’une immunité spécifique à l’antigène qui est injecté (cet antigène est en général une protéine de la bactérie ou du virus contre lequel le vaccin a été développé). Il enrichit notre mémoire immunitaire contre un nouveau danger. Il n’existe aucun exemple de vaccin qui diminuerait l’immunité contre d’autres micro-organismes infectieux, c’est-à-dire qui appauvrirait notre immunité.

Être plus fragile vis-à-vis d’infections, c’est être « immunodéprimé ». Les causes les plus fréquentes de l’immunodépression sont :
  • certains médicaments (comme ceux utilisés pour prévenir le rejet d’une greffe d’organe, certaines chimiothérapies anticancéreuses, certains traitements contre les maladies inflammatoires chroniques, par exemple) mais pas les vaccins ;
  • certaines maladies acquises qui affectent le système immunitaire (par exemple l’infection par le VIH/sida ou certains cancers du sang ou de la moelle osseuse) ;
  • certaines maladies génétiques qui se traduisent par des défauts de l’immunité (qui provoquent une immunodépression dès la naissance) ;
  • les effets de l’âge sur le système immunitaire (à un degré bien moindre que les causes précédentes).
Dans l’histoire de la médecine, aucun vaccin n’a jamais été la cause d’une immunodépression et il n’existe aucune raison scientifique de penser qu’il en sera autrement avec les vaccins contre la Covid-19. Les milliards de personnes vaccinées depuis le début de 2021 n’ont pas montré de fragilité accrue vis-à-vis d’autres infections, y compris contre l’infection par le VIH/sida contrairement à ce que certains médias de désinformation continuent à prétendre, certainement pour effrayer leurs lecteurs.

Rappelons enfin que la vaccination contre la Covid-19 réduit le risque d’hospitalisation à la suite de cette infection de 90 % (une efficacité durable, même contre le variant Delta) et réduit également le risque de Covid-19 symptomatique de 60 à 90 % selon le vaccin et le délai depuis la vaccination.
 
Sources
 
Sur les causes d’immunodépression

 
Sur l’efficacité des vaccins contre la Covid-19
 
Il y a 2 jours
Comment manger suffisamment de protéines quand on est végan ?
En diversifiant les sources de protéines végétales.
 
Quelles sont les principales sources de protéines végétales ? Essentiellement :
  • les légumineuses : haricots secs, lentilles, pois, pois chiche, fèves, etc. mais aussi les produits issus du soja comme le tempeh, le tofu ou les protéines de soja texturées ;
  • les graines oléagineuses (c’est-à-dire dont on peut tirer de l’huile) : noix, noisette, amande, arachide, etc.
  • les céréales complètes (qui contiennent du gluten, une protéine), mais aussi le quinoa ;
  • le seitan, c’est-à-dire le gluten de blé (pour les personnes qui tolèrent le gluten).
La spiruline, une algue microscopique vendue déshydratée, est également une source importante de protéines végétales et peut être utilisée pour enrichir les plats.
 
Certaines protéines végétales sont pauvres en certains acides aminés indispensables (les acides aminés sont les briques qui forment les protéines) : la lysine pour les céréales, les acides aminés soufrés pour les légumineuses.
Pour obtenir une alimentation équilibrée en acides aminés à partir de protéines végétales, il est ainsi utile d'associer différentes sources de protéines végétales : des légumineuses avec des céréales (riz, blé, maïs, etc.). Par exemple, une association entre le riz et le soja permet d’équilibrer l’apport en lysine, faible dans le riz mais élevé dans le soja, et l’apport des acides aminés soufrés, faible dans le soja mais élevé dans le riz.
 
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’apport quotidien minimal recommandé de protéines est de 0,83 grammes par kg de poids (par exemple, 50 grammes par jour pour une personne de 60 kg). Idéalement, pour les personnes âgées de moins de 60 ans, cet apport ne doit pas dépasser 2,2 grammes par kg de poids et par jour (132 grammes pour une personne de 60 kg). Les personnes plus âgées devraient ingérer 1 gramme par kg de poids et par jour. 
Pour parvenir à ingérer ces quantités de protéines dans une alimentation végan, ainsi que tous les acides aminés nécessaires, il est indispensable de diversifier son alimentation en variant les sources de protéines végétales.
 
Sources
 
« Apport en protéines : consommation, qualité, besoins et recommandations », Anses, 2007
« Note au sujet des menus à base de protéines végétales dans les cantines scolaires », Anses, 2020