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les questions et les décodages

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Il y a 2 jours
L’excès de cholestérol est-il pour 80 % génétique, et seulement pour 20 % alimentaire ?
Cela dépend du type d’hypercholestérolémie.
 
Il est impossible de répondre à cette question pour une raison simple : il n’existe pas UN type d’excès de cholestérol mais DES types d’excès de cholestérol différents dans leurs causes et leurs facteurs aggravants.

Par exemple, chez certaines personnes (environ 1 sur 500, soit 130 000 personnes en France), l’excès de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) est d’origine purement génétique, c’est « l’hypercholestérolémie familiale ». Chez ces personnes, les cellules, en particulier celles du foie, ne peuvent pas capter le cholestérol LDL ou pas suffisamment. Elles souffrent d’un excès de cholestérol sanguin très tôt dans leur vie et cet excès est observé même avec une alimentation équilibrée. Cette prédisposition particulière est transmissible à leur descendance.

Pour les personnes qui souffrent d’excès de cholestérol LDL hors forme familiale, les causes de cet excès sont diverses selon les cas :
  • hérédité (moins fortement que dans la forme familiale) ;
  • alimentation trop riche en graisses d’origine animale et en cholestérol ;
  • surpoids et obésité ;
  • activité physique insuffisante ;
  • sexe : les hommes ont un taux de cholestérol LDL plus élevé ;
  • présence d’une autre maladie, par exemple le diabète, l'hypothyroïdie, les maladies du foie et du rein, etc., maladies qui peuvent, elles-mêmes, avoir une prédisposition génétique.
Dans chacun de ces cas, les taux sanguins de cholestérol sont déterminés par un ensemble de facteurs. Par exemple, parce que l’obésité est un facteur de risque d’hypercholestérolémie, l’alimentation et l’activité physique régulière vont jouer un rôle essentiel dans la prévention et le contrôle de ce problème de santé chez les personnes qui ont tendance à être en surpoids, voire obèses. L’alimentation jouera un rôle moins déterminant chez des personnes qui, sans souffrir d’hypercholestérolémie familiale avérée, ont quand même une prédisposition génétique à légèrement moins capter le cholestérol LDL au sein des cellules.

Mais dans tous les cas, les mesures hygiéno-diététiques à appliquer sont sensiblement les mêmes :
  • limiter la consommation d’aliments riches en graisses saturées et en cholestérol - les deux sont souvent associés dans les aliments - et augmenter celle de graisses insaturées (en particulier d’acides gras oméga-3) et de fibres.
  • diminuer sa consommation de boissons alcoolisées et arrêter de fumer.
  • pratiquer chaque jour une activité physique soutenue et modérée.
 
Sources
L’association des personnes qui souffrent d’hypercholestérolémie familiale
Des informations de référence sur l’excès de cholestérol LDL et ses traitements, VIDAL
Il y a 5 jours
Prendre de l’acide palmitoléique (« oméga-7 ») présente-t-il un intérêt ?
À ce jour, aucun. Cela pourrait de plus augmenter le risque de certaines maladies.
 
L’acide palmitoléique est un acide gras mono-insaturé (comme l’acide oléique – oméga-9), donc de nature différente des acides gras essentiels poly-insaturés (oméga-3 et oméga-6). L’acide palmitoléique est l’un des acides gras les plus abondants dans notre corps, en particulier dans le tissu adipeux (les graisses) et le foie. En d’autres termes, nous ne manquons pas d’acide palmitoléique, nous aurions même tendance à en avoir un peu trop ! Comme tous les lipides, il sert à stocker de l’énergie lorsque notre apport calorique est supérieur à nos besoins.

Depuis une vingtaine d’années, les scientifiques se sont penchés sur le rôle de l’acide palmitoléique dans la prise de poids, l’apparition de diabète de type 2 (le diabète des personnes âgées), les maladies cardiovasculaires ou les cancers. Ces études faisaient suite à des résultats intéressants obtenus chez la souris. Mais les résultats des études menées dans l’espèce humaine ne sont pas très clairs. Certaines études ont suggéré un rôle aggravant dans l’apparition de ces maladies (qui sont toutes favorisées par le surpoids), d’autres un rôle plus protecteur, en particulier concernant le diabète de type 2. De plus, un excès d’acide palmitoléique dans le sang pourrait être lié à un risque plus élevé de cancer du sein, de la prostate, du cerveau ou de la vésicule biliaire.

Cette absence de résultats clairs et convaincants est en partie due à la qualité (médiocre) des études, mais aussi à l’influence d’autres facteurs comme l’âge, le sexe ou l’origine ethnique des participants.

Récemment, on a vu apparaître des compléments alimentaires riches en acide palmitoléique contenant de l’huile d’argousier, de macadamia ou de noisetier chilien (gevuina). Ces compléments sont proposés contre la sécheresse des muqueuses (yeux, bouche, vagin), pour lutter contre l’excès de cholestérol, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 ou l’excès de poids. Aucune de ces allégations de santé n’est soutenue par des études de bonne qualité méthodologique. De nouveau, rappelons que l’acide palmitoléique est l’un des lipides les plus abondants dans notre corps, ce qui ne plaide pas pour l’intérêt d’en prendre par ailleurs.
 
Sources
Un article de synthèse sur ce que l’on sait des effets de l’acide palmitoléique sur la santé, 2017
Il y a 5 jours
Y a-t-il un bénéfice à jeûner entre le dîner et le déjeuner du lendemain ?
Peut-être, pour contrôler le poids et prévenir le diabète de type 2.
 
Ces dernières années, plusieurs études scientifiques ont été publiées sur les effets de ce que ces études appellent le « jeûne intermittent » ou le « jeûne circadien ». Ce type de jeûne consiste à respecter tous les jours un intervalle de temps sans prise alimentaire dont la durée varie, selon les études, entre 14 et 16 heures. Dans la plupart des études, ce jeûne avait lieu l’après-midi et la nuit. Le plus souvent, ces études étaient menées chez des personnes en surpoids ou obèses.
Il est difficile de synthétiser les résultats de ces études en quelques lignes. Pour simplifier, le jeûne intermittent aurait un effet positif sur le contrôle du poids, réduirait la pression artérielle, diminuerait le taux d’insuline dans le sang, améliorerait la sensibilité des cellules à l’insuline (et donc préviendrait le diabète de type 2) et, peut-être, réduirait les symptômes des maladies inflammatoires chroniques. Ces bénéfices seraient observés même chez les personnes dont le poids ne varie pas lors de jeûne intermittent.
Pourtant, certains nutritionnistes relativisent ces effets positifs. Tout d’abord parce que ce jeûne est difficile à respecter sur la durée (la sensation de faim est parfois intolérable), ensuite parce qu’il nuit à la vie sociale de celles et ceux qui le respectent, et enfin parce que ce jeûne ne respecte pas les recommandations nutritionnelles. Celles-ci sont de répartir les 3 repas tout au long la journée et de faire un petit-déjeuner complet.
Ce qui est certain, c’est que le jeûne intermittent ne s’adresse qu’aux adultes en bonne santé. Chez les personnes diabétiques, par exemple, le fait de sauter le petit-déjeuner a des conséquences négatives sur le contrôle de la glycémie tout au long de la journée. De la même manière, les femmes enceintes ou qui allaitent, comme les personnes anorexiques ou boulimiques, ne devraient jamais pratiquer le jeûne intermittent.
Dans tous les cas, la pratique du jeûne intermittent devrait se faire sous contrôle médical et respecter les recommandations en termes d’équilibre alimentaire.
 
Sources
Une étude des effets du jeûne intermittent chez les hommes obèses, 2018
Une étude sur les effets du jeûne intermittent sur la tension artérielle et le risque cardiovasculaire chez l’homme, 2019
Une étude sur les effets négatifs de la suppression du petit-déjeuner chez les personnes diabétiques, 2017
Il y a 5 jours
Le jeûne est-il bon pour la santé ?
On n’en sait rien, même si cela ouvre des pistes intéressantes.
 
Répondre à cette question est complexe. En effet, de quel jeûne parle-t-on ? Un jour de jeûne hydrique (uniquement des boissons non caloriques) par semaine ? Un jeûne à base de jus de légumes pendant une semaine ? Un jeûne de type Ramadan qui dure, selon la saison, entre 11 et 18 heures sans nourriture ni boisson tous les jours pendant un mois ? Un jeûne partiel (seulement la moitié des calories habituellement consommées) pendant des semaines ou des mois ? Il semble évident que ces différents types de jeûne auront des effets différents sur la santé.
De plus, la plupart des études sur les jeûnes ont été menées chez les rongeurs et il est difficile de les généraliser à l’espèce humaine. Chez l’homme, les études menées ont généralement concerné des jeûnes dits « intermittents » (1 ou 2 jours de diète hydrique) ou dits « périodiques » (de plus longues durées avec moins de 1 000 calories par jour). Ces études ont essentiellement été menées chez des personnes en surpoids ou obèses dans une optique d’amaigrissement, ce qui limite leur portée pour la population générale.
Ce que l’on sait, c’est que le jeûne, quel qu’il soit, modifie le métabolisme de notre corps, contraint de trouver son énergie en brûlant des graisses, ce qui entraîne une perte de poids et, peut-être, une réduction du risque de développer une maladie du cœur ou des vaisseaux sanguins. Le jeûne a également un effet sur la composition de notre microbiote (« flore intestinale »). L’impact du jeûne sur le développement de certaines maladies comme le diabète de type 2, la maladie d’Alzheimer ou celle de Parkinson, par exemple, n’a fait l’objet d’aucune étude convaincante chez l’homme.
En ce qui concerne les effets du jeûne sur le développement des cancers, l’Institut national du cancer (INCa) a publié en 2017 un document qui synthétise les connaissances actuelles. Selon l’INCa, les études sur le sujet ne permettent pas de conclure à l’intérêt du jeûne en prévention ou en traitement des cancers. Chez les patients atteints de cancer, la perte de poids et de masse musculaire observée lors de jeûne n’est pas favorable à l’évolution de la maladie.
Rappelons enfin que les résultats d’une étude de restriction calorique menée pendant 25 ans chez les macaques rhésus par le National Institute of Aging (États-Unis) ont montré qu’avoir une alimentation réduite diminue significativement le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers (dont le surpoids est un facteur de risque), mais n’augmente pas la longévité moyenne.
Pour conclure, la plupart des articles scientifiques sur le sujet s’accordent à dire que des études bien menées sur les effets du jeûne chez l’homme seraient très utiles car il existe des signes pointant vers de possibles bénéfices. Mais il est trop tôt pour l’affirmer.
 
Sources
Une synthèse des connaissances sur l’impact des jeûnes sur la santé, 2017
Une synthèse des connaissances sur l’impact des jeûnes sur le métabolisme, 2017
La fiche de l’INCa sur « Jeûne, régimes restrictifs et cancers », 2017
L’étude sur la restriction calorique chez les macaques rhésus, 2012
Il y a 5 jours
Manger trop d'œufs, est-ce mauvais pour la santé ?
Finalement, il semblerait que oui.
La question de l’impact de la consommation d’œufs sur la santé du cœur et des vaisseaux sanguins (par le biais du cholestérol) agite la communauté médicale depuis des dizaines d’années. Parce qu’un jaune d’œuf contient entre 200 et 250 mg de cholestérol, et qu’un taux sanguin élevé de LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol) est lié à un risque cardiovasculaire plus élevé, les nutritionnistes ont longtemps recommandé de ne pas consommer plus de 2 ou 3 œufs par semaine (le nombre variait selon les pays…).
 
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