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les questions et les décodages

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Il y a 1 jour
Est-il vrai que le Congrès des États-Unis est exempté de vaccin Covid-19, comme les milliers d’employés de Moderna et de Pfizer ?
C’est faux.
 
Aux États-Unis, comme en France, la vaccination n’est pas obligatoire, sauf pour certaines catégories de personnes. Cette obligation touche beaucoup plus de professionnels qu’en France (où elle ne concerne que les professionnels de santé et les personnels en contact avec des personne malades ou âgées).

Par exemple, aux États-Unis, toutes les entreprises qui comptent 100 employés ou plus (dont les laboratoires pharmaceutiques) ont l’obligation de s'assurer que leurs employés reçoivent le vaccin ou subissent un test Covid-19 chaque semaine.
De plus, le Président Biden a signé un décret exigeant que tous les travailleurs de l'exécutif fédéral reçoivent le vaccin (donc tous les fonctionnaires fédéraux, y compris ceux travaillant au Congrès). Le président Biden a également signé un décret qui impose ce mandat aux employés des entreprises qui font des affaires avec le gouvernement fédéral et qui, dans ce contexte, rencontrent des employés fédéraux. Concernant les parlementaires du Congrès, on estime que 81 % d’entre eux ont été vaccinés, selon des chiffres publiés en septembre 2021 (voir Sources).

Le Center for Medicare and Medicaid Services (CMS, l’équivalent de notre Assurance maladie) prévoit d'exiger que les travailleurs de la santé de la plupart des établissements participant à Medicare et Medicaid (les deux systèmes d’assurance santé publics) reçoivent le vaccin. L’obligation vaccinale généralisée à tous les professionnels de santé a été décrétée par le Président Biden, mais elle est, à ce jour, remise en question devant la justice.
D’autres obligations vaccinales existent selon les États.
 
Sources
 
Les obligations vaccinales fédérales et État par État, 30 novembre 2021
Sur le pourcentage de parlementaires vaccinés, 2 septembre 2021
Il y a 2 jours
Dans quelles maladies un vaccin n’empêche-t-il ni la contamination ni la transmission ?
Plusieurs maladies dont la grippe, la varicelle, la tuberculose, etc.
 
Avec la pandémie de Covid-19, de nombreuses personnes découvrent que, parfois, un vaccin contre une infection n’empêche pas forcément la contamination ni la transmission du micro-organisme en cause.

Outre la Covid-19, c’est également le cas de la grippe saisonnière. Le vaccin contre cette infection respiratoire prévient les symptômes de la grippe dans 25 à 60 % des cas selon les années (le vaccin change chaque année pour s’adapter au mieux aux prédictions concernant les souches dominantes). Mais, comme pour la Covid-19, le vaccin contre la grippe saisonnière est beaucoup plus efficace (autour de 90 %) pour prévenir les formes graves et les hospitalisations, en particulier chez les personnes âgées de plus de 65 ans et chez celles qui souffrent de comorbidités (diabète, maladies cardiorespiratoires ou rénales, etc.).

Autre exemple, le vaccin contre les gastroentérites à rotavirus chez les nourrissons. La vaccination permet d’éviter 75 à 80 % des gastroentérites modérées, 85 à 95 % des infections sévères et 95 à 100 % des hospitalisations dues aux rotavirus. Globalement, la vaccination permet d’éviter 40 à 60 % de toutes les hospitalisations pour gastroentérite des petits enfants (toutes causes confondues).
Dans le cas du vaccin contre la varicelle, le vaccin protège à 80 % contre toutes les formes de varicelle et à 90 % contre les varicelles graves ou compliquées. Dans 20 % des cas, l’enfant vacciné est contagieux.

Enfin, concernant le BCG, le vaccin contre la tuberculose, ce vaccin réduit la probabilité de contracter la tuberculose de 19 à 27 % (oui, vous avez bien lu) et réduit la progression d’une tuberculose déjà active de 71 %.

Ainsi, on voit bien que l’efficacité des vaccins contre la Covid-19 est en ligne avec celles d’autres vaccins pour lesquels le public se pose moins de questions. Ce qui importe dans un vaccin, c’est davantage sa capacité à prévenir les formes graves et les hospitalisations (donc les décès). Sur ce plan, les vaccins contre la Covid-19 ont une efficacité remarquable.
 
Sources
 
Sur le vaccin contre la grippe saisonnière
Sur le vaccin contre la gastroentérite à Rotavirus
Sur le vaccin contre la varicelle
Sur le BCG
Il y a 3 jours
Est-il vrai que plus un virus mute, plus il perd en virulence ?
Pas toujours.
 
Comment le variant d’un virus voit-il le jour ? En acquérant des mutations, c’est-à-dire des modifications de certains de ces gènes. Pour qu’une mutation apparaisse, il faut que le virus commette une erreur en copiant son patrimoine génétique lors de sa multiplication. En l’absence de multiplication, pas de mutation. Plus le virus se multiplie, plus de nouvelles mutations peuvent apparaître. Ainsi, la probabilité d’apparition d’un variant est directement fonction :
  • du nombre de particules de virus présents dans le monde à un instant donné, donc le nombre de personnes infectées ;
  • de la capacité de ce virus à se transmettre et à se multiplier abondamment.
En d’autres termes : beaucoup de virus + beaucoup de multiplication = beaucoup de mutations. C’est pour cela qu’il est si important de combattre une épidémie dans tous les pays où elle sévit, simultanément.

Une fois ce rappel sur les mutations fait, intéressons-nous à ce qui permet à un variant de survivre et de se disséminer largement. Il existe une grande compétition entre les différents variants d’un même virus. Celui qui se multiplie le mieux et qui se transmet le plus facilement va prendre le dessus sur les autres. C’est ce qui s’est passé avec le variant Delta qui a pris le dessus sur le variant Alpha. Et avec le variant Alpha qui avait pris le dessus sur le variant D614G.

Une mutation qui défavorise un virus va le condamner à disparaître très rapidement, supplanté par les variants plus actifs. À l’inverse, une mutation qui rend le virus plus transmissible ou plus virulent va favoriser sa prédominance. Pour cette raison, on ne peut pas dire que plus un virus mute, plus il perd en virulence. Dans certains cas, cela est vrai : un grand nombre de mutations peuvent rendre le virus moins capable de se transmettre et de se multiplier. Mais dans d’autres cas, c’est la somme de plusieurs mutations synergiques qui va rendre le virus plus transmissible et davantage capable de se reproduire.

Le variant Omicron qui nous inquiète actuellement possède 32 mutations et semble néanmoins être tout à fait performant. Le temps dira s’il est capable de supplanter le variant Delta, prédominant à la date de rédaction de cette réponse.
 
Sources
 
« Comprendre les variants du coronavirus en 5 questions », France Culture, mars 2021
Il y a 3 jours
La 3e dose provoque-t-elle plus d’effets indésirables que les deux premières ?
Non, cela ne semble pas être le cas.
 
Depuis le 24 août 2021, la Haute autorité de santé préconise une dose de rappel de vaccin contre la Covid-19 chez les personnes de 65 ans et plus et celles à risque de formes graves de Covid-19. Le périmètre de la dose de rappel a récemment été élargi à tous les adultes de plus de 18 ans, au moins 5 mois après la 2e dose.

Au 11 novembre 2021, 102 effets indésirables « graves » (c’est-à-dire justifiant une consultation médicale) ont été rapportés depuis le début des rappels vaccinaux (avec le vaccin Comirnaty Pfizer). Aucun nouveau type d’effet indésirable n’a été identifié chez les personnes ayant eu une dose de rappel. Le profil des effets indésirables rapportés est similaire à celui rapporté chez les personnes âgées prioritaires au début de la campagne de vaccination.

Concernant les 26 cas de décès dans les jours suivant la 3e dose déclarés depuis le début du suivi, ces cas concernaient des personnes âgées, pour la plupart résidant en EHPAD ou en résidence vieillesse et présentant de lourdes comorbidités. Au vu des connaissances actuelles sur le vaccin Comirnaty et des éléments renseignés sur les cas à ce jour, rien ne permet de conclure que ces décès sont liés au vaccin.

Aux États-Unis, du 12 août au 19 septembre 2021, aucun effet indésirable inattendu n'a été observé parmi 22 191 personnes qui ont reçu une 3e dose de vaccin Covid-19 Pfizer et qui avaient été équipées d’un système de suivi de ces effets indésirables. La plupart des réactions signalées étaient légères à modérées, transitoires et le plus souvent signalées le lendemain de la vaccination.
En conclusion, il semble que l’injection de rappel du vaccin contre la Covid-19 (« 3e dose ») produise le même type d’effets indésirables que les 2 premières.
 
Sources
 
Les données françaises sur les effets indésirables de la 3e dose, 11 novembre 2021
Les données américaines sur les effets indésirables de la 3e dose, 1er octobre 2021
Il y a 4 jours
L'aspirine augmente-t-elle le risque d'insuffisance cardiaque ?
L’étude qui le suggère est de très mauvaise qualité.
 
Votre question fait référence à une étude récente publiée dans ESC Heart Failure qui a fait grand bruit dans la presse grand public et médicale. Selon cette étude, la prise d’aspirine augmenterait le risque d’insuffisance cardiaque, ce qui serait problématique puisque de très nombreuses personnes présentant un risque cardiovasculaire élevé prennent de petites doses d’aspirine pour ses propriétés anticoagulantes.
Pour dire les choses sans détours, cette étude est de très mauvaise qualité méthodologique. Certains cardiologues se sont même demandé comment elle avait pu être publiée en l’état. En effet, il s’agit d’abord d’une étude observationnelle (sans groupe contrôle randomisé, sans placebo). Or pour affirmer l’effet d’un médicament, ces deux conditions sont indispensables.

De plus, de l’aveu même des auteurs de l’article : « Nous disposions d'informations sur la consommation d'aspirine et d'autres médicaments au moment de l'inclusion dans l’étude, mais nous n'avons pas pu analyser la prise de médicaments en tant que covariable dépendant du temps. » Cela signifie que, pendant les 5 années de l’étude, ces auteurs n’ont jamais vérifié que les patients qui prenaient de l’aspirine au début de l’étude continuaient à le faire régulièrement. Or on sait que de nombreux patients ne la prennent pas régulièrement, voire l’arrêtent. D’ailleurs les auteurs précisent : « Nous ne disposons d'aucune information sur l'adhésion aux médicaments prescrits. »
Ensuite, les auteurs précisent : « En raison des informations dichotomiques sur la consommation d'aspirine, nous n'avons pas pu évaluer l'effet de la dose. » En d’autres termes, leur seule information sur la consommation d’aspirine était de savoir si le patient en prenait au début de l’étude, mais sans savoir la dose prise, ni au début, ni pendant l’étude !

Pour finir, les auteurs reconnaissent : « Nous manquions de données (…) pour mieux caractériser les incidents d'insuffisance cardiaque (…) et nous manquions de données pour distinguer l'insuffisance cardiaque ischémique (infarctus) et non ischémique. » En bref, ils ont considéré comme insuffisance cardiaque des événements qui n’en étaient peut-être pas vraiment…

En conclusion, cette étude est de trop mauvaise qualité pour pouvoir être prise au sérieux. Rappelons que de nombreuses études, bien conçues, ont montré l’intérêt de l’aspirine à faible dose pour prévenir les rechutes chez les personnes qui ont souffert de problèmes cardiaques, ainsi que pour prévenir ces problèmes chez les personnes qui sont à haut risque d’en développer.
 
Sources
 
L’étude publiée dans ESC Heart Failure, 22 novembre 2021
Les recommandations officielles sur la prescription d’aspirine à faible dose, juin 2012